Flemmard_Curieux | Wow vous vous êtes envoyé sur le HS aujourd’hui… Bon en remontant j’ai pu retrouver les réponses à ma dernière intervention.
corran a écrit :
Sauf que les entreprises A, dans les faits, ça n'existe pas, à part des start-ups post-IPO, qui n'ont pas vocation à le rester. Car l'ambition d'une boîte, c'est de générer plus de cash que ce qu'elle a besoin de réinvestir pour croître. Ce cash, elle a 3 solutions pour l'employer :
- le garder, et le voir ne rien rapporter et compter pour presque 0 dans sa valorisation
- verser un dividende
- procéder à des rachats d'actions
Du point de vue de l'actionnaire qui entend le rester, le rachat d'actions est optimal, puisqu'il augmente mécaniquement sa part des profits futurs. En second vient la perception d'un dividende, car c'est la perception d'un revenu qui n'obère pas sa part profits futurs.
Le pire, c'est une entreprise qui garde son cash, car :
- ce cash est peu voire pas valorisé dans les modèles de valorisation, car, à juste titre, ceux-ci se construisent sur des multiples de profits futurs, donc cela ne vient pas augmenter le cours de l'action
- c'est un signe donné au marché que son allocation du capital est mauvaise, ce qui vient plutôt déprimer son cours que l'augmenter
Dire que "toucher un dividende ou vendre le nombre d'actions équivalent ça revient au même", c'est séduisant théoriquement, mais en fait, c'est une vue de l'esprit qui ne se vérifie pas empiriquement
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L’exemple que j’ai donné avait pour seul et unique but d’illustrer mon propos. Le but n’était absolument pas de dire que ces archétypes de société existent réellement. Mais bien d’expliquer que fondamentalement, qu’une partie de la performance d’un actif soit redistribuée sous forme de dividende ou non ne change rien pour l’investisseur (en dehors des considérations d’imposition, et sur hypothèse d’efficacité des marchés, blabla blabla…).
Je pense que nous avons une philosophie d’investisseur très différente. Je ne suis pas du tout un stock pickeur; tout simplement car rationnellement, je n'estime pas pouvoir faire mieux que intelligence collective du marché (pour une question de connaissance, temps, ressource, accès à l'info, capitaux...). J'ai une approche d'investissement patrimonial, avec pour seul objectif de maximiser mon rendement attendue pour un budget de risque fixé.
J’aimerais fortement rebondir sur la phrase en gras. Personnellement, ce qui m’intéresse dans une classe d'actif c'est son couple rendement/risque. Si j'ai 2 portefeuilles d'actifs qui ont le même rendement attendu, pour le même risque; je n'ai que faire que l'un distribue ou non une partie de sa performance. Mettons maintenant que je souhaite générer une rente annuelle qui correspond à 2% de ce portefeuille, sans considération d’impôts. Que je le fasse en encaissant mes dividendes, ou en vendant suffisamment de parts, c'est la même chose. J'aurais autant de risque de voir la valeur de mon patrimoine diminuer pendant la rente.
Alors maintenant, la discussion de dire que le patrimoine constitué uniquement d'actions à dividende a en fait un rendement/risque plus intéressant que l'autre (bien que par définition moins diversifié), c'est une autre histoire.
Pour résumer, mon exemple ne visait pas du tout à lancer un débat sur les meilleurs options qu'a une entreprise pour utiliser son cash.
Néanmoins, pour rebondir sur tes remarques: tu dis qu'une entreprise n'a que ces 3 façons d'utiliser son cash: le stocker, le distribuer en div ou racheter des actions. Tu parles donc d'une entreprise qui a généré du cash, mais qui n'a aucune façon viable de le ré-investir? Oui dans ce cas là évidement, re-distribuer le profit est l'option la plus intéressante pour l'investisseur. Et je suis d'accord avec toi, une entreprise qui stock son cash ce n'est pas intéressant pour l'investisseur, et ça s'en ressent sur la valuation. Mais alors quid d'une entreprise qui à la possibilité de ré-investir? Via de la recherche et du développement (R&T, R&D), de l'investissement en ressources humaines et/ou machines, le rachat d'un concurrent ou d'un fournisseur?
Je suis pas du tout un expert de la question, mais à mes yeux, il y a quand même un grand nombre d'entreprises qui soit:
- Ne génèrent tout de façon pas encore de profit (là on est dans le cas de l'IPO effectivement)
- Cherche à grandir en prenant une plus grande part de marché
- Souhaite conserver leur part de marché dans un marché en expansion
- Souhaite attaquer un autre marché
Alors, ne se contenter de n'investir que dans les entreprises qui détachent des dividendes suffisent, n'est ce pas laisser sur la table toutes celles qui ne sont pas aussi avancées dans leur cycle de vie?
Milamber83 a écrit :
Allez, je peux pas résister, pour référence -> https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3 [...] ani-Miller !
Par contre, niveau fiscal, vendre une partie de ses actions pour récupérer du cash v.s. encaisser un dividende peut être sérieusement différent.
Pour un particulier résident fiscal en France (je parle après 2018 pour éviter le cas des abattements pour durée de détention): imposition plein pot ou report des moins values éventuelles de cession sur 10 ans dans le premier cas, et 40% d'abattement sur les dividendes si non soumis à la flat tax dans le second.
Du coup, entre deux mêmes lignes de portefeuille censées croître en prix, une capitalisante et une distribuante, j'aurais tendance à préférer celle distribuante...
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haha intéressant, c'est vrai que le parallèle est frappant.
Sinon oui la fiscalité rend les supports capitalisant ou distribuant différents. Dans le cas d'une démarche de création de patrimoine, la version me capitalisante me semble tjrs plus intéressante. Dans un second temps, pour générer une rente, tu parles du 40% d'abattement sur les divs, mais il faut une TMI faible (0/14%) pour que ce soit plus rentable que de passer par le PFU non? Alors, si les années a -8% sur les ETFs te font peur, sache que tu peux avoir des années à -40% aussi. De même pour un portefeuille d'action à dividende.
Quand je t'entends parler de HY pour générer des revenus, ça me fait encore plus peur d'ailleurs. Car si autant sur le cas d'actions à dividende, on peut statiquement penser qu'à long terme ton capital augmentera même si tu ne ré-investis par les dividendes. Dans le cas du HY, ton capital aura mécaniquement tendance à diminuer (taux de défaut non négligeable). Les coupons élevés du HY doivent aussi compenser la perte statistique (par défaut) du capital.
Bref la conclusion est qu'il faut s'intéresser à la performance totale d'un actif (relativement à son risque).
L'un des avantages du dividende, c'est que cela permet à certains investisseurs de s'extraire de certains biais psychologiques, en ne regardant plus la valorisation de leur portefeuille.
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