Sur le fond, Bercy aurait-il raison d’exclure les ETF swapés dans le PEA ?1. Oui totalement : l’avantage fiscal du PEA doit servir exclusivement l’investissement européen
2. Oui plutôt : le swap respecte la lettre de la loi mais clairement pas son esprit
3. Oui, mais uniquement pour les nouveaux ETF créés à l’avenir
4. Oui, mais seulement avec une clause de grand-père intégrale pour les positions existantes
5. Je suis partagé : la logique de Bercy se défend, mais changer les règles maintenant serait une erreur
6. Non plutôt : le panier européen est réellement acheté, donc l’objectif du PEA reste en partie rempli
7. Non : ces ETF respectent exactement les règles fixées par l’État, point
8. Non, et ce serait une grave erreur pour l’attractivité du PEA et l’épargne long terme
9. Non, c’est surtout une manière détournée d’inciter les Français à investir davantage en Europe
10. Je me moque de « l’esprit du PEA » : donnez-moi juste mon ETF World avec un faible TER
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corran | Flemmard_Curieux a écrit :
C'est une vue de l'esprit de penser que l'action à dividende est plus safe car tu ne touches pas le capital. "potentiellement tu limites l’espoir de gain" -> ne limite tu pas l'espoir de gain en retirant tes dividendes au lieu de les investir? Pourtant tu limitera d'autant le capital investi...
Bon globalement tu touches en plein dans le coeur du biais dividende, qui est probablement le plus fort et le plus populaire. Alors soit, je vais tenter d'y répondre au mieux. Quelle est réellement la différence entre détacher ou non un dividende ?
Généralement une entreprise peut décider de soit:
- Re-investir son cash, généralement quand justement l'entreprise a des perspectives d'évolution et de croissance (entreprise type A)
- Ou bien redonner une partie de ses revenus sous forme de dividendes, lorsque l'entreprise n'a pas réellement de perspective d'évolution (entreprise type B)
Mettons maintenant, pour l'exemple que le titre des entreprises A et B vale "100" (hypothèse ici de marché efficace, prix reflétant les futurs cash flow attendues et le risque systématique).
Maintenant A et B ont chacune très bien marché, et ont généré l'équivalent de 10 revenue par actions.
- L'entreprise A cherche à croître. Elle re-investi -- elle grossi donc d'autant plus (et donc ses futures cash flow aussi) et vaut 110.
- L'entreprise B n'a pas de perspective d'évolution. Elle redonne tout sous forme de dividende. Elle ne grossit donc pas, son titre reste à 100, il n'y a pas de raison que ses revenus futurs augmentent (dans les faits, comme suzebull l'a rappelé, le dividende est priced-in. L'action grossit donc jusqu'à ce que le dividende soit détaché, et retombe ensuite à la valeur initiale). Et l'investisseur reçoit 10, qu'il peut lui si il le souhaite re-investir et obtenir 1.1* le nombre d'actions initiales.
Alors l'exemple est volontairement simpliste, dans le but d'illustrer mon propos. Mais dans les deux cas, le détachement ou non du dividende n'a fondamentalement pas de différence.
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Sauf que les entreprises A, dans les faits, ça n'existe pas, à part des start-ups post-IPO, qui n'ont pas vocation à le rester. Car l'ambition d'une boîte, c'est de générer plus de cash que ce qu'elle a besoin de réinvestir pour croître. Ce cash, elle a 3 solutions pour l'employer :
- le garder, et le voir ne rien rapporter et compter pour presque 0 dans sa valorisation
- verser un dividende
- procéder à des rachats d'actions
Du point de vue de l'actionnaire qui entend le rester, le rachat d'actions est optimal, puisqu'il augmente mécaniquement sa part des profits futurs. En second vient la perception d'un dividende, car c'est la perception d'un revenu qui n'obère pas sa part profits futurs.
Le pire, c'est une entreprise qui garde son cash, car :
- ce cash est peu voire pas valorisé dans les modèles de valorisation, car, à juste titre, ceux-ci se construisent sur des multiples de profits futurs, donc cela ne vient pas augmenter le cours de l'action
- c'est un signe donné au marché que son allocation du capital est mauvaise, ce qui vient plutôt déprimer son cours que l'augmenter
Dire que "toucher un dividende ou vendre le nombre d'actions équivalent ça revient au même", c'est séduisant théoriquement, mais en fait, c'est une vue de l'esprit qui ne se vérifie pas empiriquement |
glandoll | corran a écrit :
Sauf que les entreprises A, dans les faits, ça n'existe pas, à part des start-ups post-IPO, qui n'ont pas vocation à le rester. Car l'ambition d'une boîte, c'est de générer plus de cash que ce qu'elle a besoin de réinvestir pour croître. Ce cash, elle a 3 solutions pour l'employer : - le garder, et le voir ne rien rapporter et compter pour presque 0 dans sa valorisation - verser un dividende - procéder à des rachats d'actions Du point de vue de l'actionnaire qui entend le rester, le rachat d'actions est optimal, puisqu'il augmente mécaniquement sa part des profits futurs. En second vient la perception d'un dividende, car c'est la perception d'un revenu qui n'obère pas sa part profits futurs. Le pire, c'est une entreprise qui garde son cash, car : - ce cash est peu voire pas valorisé dans les modèles de valorisation, car, à juste titre, ceux-ci se construisent sur des multiples de profits futurs, donc cela ne vient pas augmenter le cours de l'action - c'est un signe donné au marché que son allocation du capital est mauvaise, ce qui vient plutôt déprimer son cours que l'augmenter Dire que "toucher un dividende ou vendre le nombre d'actions équivalent ça revient au même", c'est séduisant théoriquement, mais en fait, c'est une vue de l'esprit qui ne se vérifie pas empiriquement
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Après Apple et Amazon gardent autant de cash pour acheter des concurrents ou car ça fait bien ? Globalement, à part ce genre de boîtes, les boîtes rentables versent toutes des dividendes. L'exception technologique des années 2000 est pour moi une exception, est-ce un/le nouveau modèle économique ? |