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Le sondage annuel: qui va gagner l'UTMB 2026?


 
25.0 %
 5 votes
1.  Vincent Bouillard, le Seigneur
 
 
0.0 %
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2.  Caleb Olson
 
 
20.0 %
 4 votes
3.  Ben Dhiman
 
 
5.0 %
 1 vote
4.  Baptiste Chassagne
 
 
15.0 %
 3 votes
5.  Theo Detienne
 
 
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6.  Jonathan Albon sous Doliprane
 
 
5.0 %
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7.  Zach Miller, au sprint bien sur
 
 
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8.  Hannes Namberger
 
 
20.0 %
 4 votes
9.  Courtney Dauwalter au scratch, oui oui
 
 
10.0 %
 2 votes
10.  Un Chamoniard écolo excédé
 

Total : 23 votes (3 votes blancs)
Sondage à 2 choix possibles.
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Auteur Sujet :

Trails et courses de montagne

n°71763304
Amraz
Martyr nigaud et aventurier
Posté le 25-10-2024 à 11:50:27  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

Chou Andy a écrit :

Bon j'ai finalisé mon programme 2025 :o

 

Février Marathon 42km 0,1
Avril Ventoux 50km 2000
Mai GR73 50km 3300
Juin 90km MB 6000

 

Je commence à prendre goût à planifier 9 mois à l'avance :o


Il est ou le templiers 2025 ?


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France = triple championne du monde de rugby 1995-2011-2023
mood
Publicité
Posté le 25-10-2024 à 11:50:27  profilanswer
 

n°71763306
perrout
BBQs everyday
Posté le 25-10-2024 à 11:50:48  profilanswer
 

pulpipi a écrit :


 
Et l'idée d'aller crapahuter en montagne ne sera que pour trouver un lieu sur pour échapper à la folie des hommes.
 


C'est pas déjà le cas?  [:oettingzer davidoff]


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I live on the frozen surface of a fireball where cities come together to hate each other in the name of sport.
n°71763316
pulpipi
Un ours cé relativement gros
Posté le 25-10-2024 à 11:51:29  profilanswer
 

Amraz a écrit :


Il est ou le templiers 2025 ?


 
C'est la première moitié  [:le guide:1]

n°71763320
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 25-10-2024 à 11:52:14  profilanswer
 

Amraz a écrit :


Il est ou le templiers 2025 ?

 

On peut dormir à combien dans ton van ?


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J'aurais voulu être un businessman
n°71763358
Amraz
Martyr nigaud et aventurier
Posté le 25-10-2024 à 11:56:33  profilanswer
 

12.
+ La tente.

 

Mais comme tu es elite tu auras le logement offert a Millau


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France = triple championne du monde de rugby 1995-2011-2023
n°71763363
perrout
BBQs everyday
Posté le 25-10-2024 à 11:57:25  profilanswer
 

la poutance a écrit :


2 pleins, les péages, le parking, faut voir.
Mais chacun fait bien comme il veut, y compris se demander comment ergoter.


Ceux qui voulaient aller en caisse, ils n'avaient qu'à passer par le canal traditionnel non?  :pt1cable:

 

Je me demande si le MMB n'aurait meme pas pu envisager organiser des navettes depuis certaines grandes villes. Je suis sur qu'il y a moyen de remplir des bus dédiés (donc, directs et avec horaires en accord avec les courses) depuis Paris ou Lyon au moins.

Message cité 2 fois
Message édité par perrout le 25-10-2024 à 11:58:17

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I live on the frozen surface of a fireball where cities come together to hate each other in the name of sport.
n°71763412
Naxos
\o/
Posté le 25-10-2024 à 12:03:50  profilanswer
 

perrout a écrit :


Ceux qui voulaient aller en caisse, ils n'avaient qu'à passer par le canal traditionnel non?  :pt1cable:  


Mais avec tirage au sort :jap:


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[Folio Photos]
n°71764078
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 25-10-2024 à 13:58:30  profilanswer
 

Comme avant. Ça ne change pas grand chose pour eux, ils ont juste 2x fois moins de chance, mais comme ils ne connaissent pas les probabilités initiales c'est indolore :o


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J'aurais voulu être un businessman
n°71764377
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 25-10-2024 à 14:36:50  profilanswer
 

Et sinon l'UTHG repart en 2025, pour ceux qui aiment descendre, ce sera mi-juin :o


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J'aurais voulu être un businessman
n°71764434
la poutanc​e
wacca wacca wacca
Posté le 25-10-2024 à 14:44:49  profilanswer
 

perrout a écrit :


Ceux qui voulaient aller en caisse, ils n'avaient qu'à passer par le canal traditionnel non?  :pt1cable:  
 
Je me demande si le MMB n'aurait meme pas pu envisager organiser des navettes depuis certaines grandes villes. Je suis sur qu'il y a moyen de remplir des bus dédiés (donc, directs et avec horaires en accord avec les courses) depuis Paris ou Lyon au moins.


La navette Paris-Chamonix remplie de trailer, how about no

mood
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Posté le 25-10-2024 à 14:44:49  profilanswer
 

n°71764455
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 25-10-2024 à 14:47:33  profilanswer
 

la poutance a écrit :


La navette Paris-Chamonix remplie de trailer, how about no

 

C'est en Hoka, qu'on gueule, qu'on gueule, c'est en Hoka, qu'on gueule le plus fort  [:grosratpoilu:5]


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J'aurais voulu être un businessman
n°71768883
Ayuget
R.oger
Posté le 26-10-2024 à 14:57:15  profilanswer
 

CR Diagonale des Fous 2024

 

https://rehost.diberie.com/Picture/Get/r/324020

 

Intro

 

Je ne sais plus comment j’ai découvert la Diagonale des Fous. Certainement il y a déjà plus de 15 ans car mon beau-père s’y était inscrit, la fleur au fusil, après avoir bouclé un Ultra-Marin. Une blessure l’avait empêché de prendre le départ, mais peut-être était-ce le début de quelque chose, lui qui était là ces derniers jours pour me supporter.

 

Sur le plan sportif, l’année 2024 s’est bien passée, sauf que ma grosse course de préparation, l’Ultra Trail du Haut Giffre, sensée m’entraîner à gérer une nuit dehors en conditions difficiles, a été annulé au bout de quelques heures à cause du déluge ayant tristement provoqué un décès et de nombreux blessés.

 

Il se trouve qu’avec ma femme, on avait dans la tête depuis des années de vivre une parenthèse à l’étranger, et un collègue de ma boîte m’a donné une idée l’année dernière : il nous a annoncé qu’il restait dans l’entreprise, mais qu’il déménageait sur l’île de la Réunion. Je ne savais pas que c’était possible, mais ça fait sens: je suis dans une boîte d’informatique qui est déjà internationale et qui a déjà des employés en télétravail complet. Ni une ni deux, on décide donc de profiter aussi de l’opportunité et de venir à la Réunion pour un an ou deux. On décide de s’installer à Saint-Pierre.

 

Qui dit Réunion, dit donc “Diagonale des Fous”. Je me dis que, tant qu’à être là, autant se frotter à la distance reine. Surtout que je n’étais pas sûr de pouvoir la boucler dès la première année. Le hasard fait que notre voisin, créole, est un coureur d’ultra ayant déjà bouclé de nombreuses fois la course (8 fois je crois!). Coïncidence vous dîtes?

 

J’ai la joie d’être tiré au sort (en mars) pour ce qui sera mon premier 100 miles. Mes faits d’armes niveau longue distance se limitent à 2 “100K”, le Nice by UTMB fin 2022, et le Val d’Aran mi-2023 (avorté à 100 kils). Une durée d’effort de 21h maximum, on va partir pour le double cette fois-ci.

 

Challenge accepted.  [:-odysseus-:4]

 

La préparation

 

Nous sommes arrivés sur l’île fin juillet, ce qui me laissait 2 gros mois et demi de préparation spécifique pour cette Diagonale. J’ai réalisé de gros blocs, incluant de la rando en famille pendant mes vacances et le week-end, une course de préparation fin-août (la CiMaSaRun, 56k et 3900D+ dans les 3 cirques) et de grosses semaines en septembre.

 

Résultat sur la période du 26 juillet au 13 octobre:

 
  • 160h
  • 1100km
  • 45K D+


C'est un volume que je n’avais jamais fait jusqu’à présent sur une aussi courte période, mais c’est passé sans problème (à part une extrême fatigue à la fin d’un bloc). Je suis content d’avoir pu bien bosser le D+/D- (même si le ratio n’est pas dingue) car c’était forcément compliqué à Nantes où j’habitais et mon corps a bien réagi. J’ai compté uniquement sur mes sorties sur le terrain et ai négligé un aspect: le renforcement musculaire. Vous verrez que je vais le regretter.

 

L’objectif

 

Il est toujours difficile de savoir ce qui est réaliste comme objectif. D’habitude, je prends le classement de l’année précédente, regarde l’index UTMB des arrivants, en choisit un ou deux proches du mien et cela me donne un temps de référence.

 

Mais l’exercice est plus compliqué ici : le parcours est différent de l’année dernière (proche de celui de 2019 cependant), mais plus long. Comment ces 10 kilomètres supplémentaires vont jouer ? Et puis, sur 100 miles, la variance est bien plus grande, dû à la durée de l’effort et le fait qu’on paye cash des erreurs, lorsqu’on se retrouve à traîner sa carcasse à 1 ou 2 km/h après avoir explosé en vol.

 

Je choisis de partir sur 40h. Cela me semble réaliste, bien que peut-être un peu optimiste vu la longueur du parcours. Tant pis, je cale mes temps de passage là dessus (en utilisant un calculateur mis en ligne par des passionnés qui n’a pas l’air trop mal foutu, plus mes expériences de reconnaissance).

 

Départ - Domaine Vidot (14K / 650D+): la folie

 

Le départ est sur le site de Ravine Blanche, peu après l’emplacement du marché forain de Saint-Pierre. On arrive une heure et demie en avance, on se ravitaille une dernière fois avant de rentrer dans nos sas respectifs. Je pars dans le premier sas grâce à mon index UTMB pourtant pas fou (620, mais jamais sur 100M). Déjà un premier mouvement de foule pour se mettre au plus proche de la barrière, cela promet.

 

30 minutes avant le départ, les “élites” passent à côté de nous pour se rendre sur la ligne de départ, je reconnais David Hauss et d’autres. C’est ensuite à notre tour d’être lâchés, ça joue encore des coudes pour gratter quelques places. Ce côté là du trail m’énerve, mais j’imagine que chacun a déjà sa performance en tête.

 

Je me mets dans ma bulle, pense à ce déménagement à la Réunion, à ces derniers mois d’entraînement, à l’aventure qui va se dérouler sous mes semelles. Ludovic Collet essaye de mettre l’ambiance - c’est son métier - alors que cela n’est pas nécessaire: on sent une énergie immense montant de la foule.

 

3 minutes. Africa Maloya retentit enfin. Je crois que le speaker parle encore mais ne l’écoute plus. Domaine Vidot, Mare à Boue, Cilaos : je me projette mentalement vers ces trois lieux qui vont cadencer le début de ma course.

 

C’est parti, et quelle folie. Je connais bien cette avenue puisque j’habite depuis trois mois à Saint-Pierre, mais elle est transfigurée par l'événement et il y a du monde, partout. On ne sait plus où donner du regard. On m’en avait parlé de ce départ, mais il faut vraiment le vivre. J’arbore mon plus beau sourire “tranche papaye” pendant ces premiers kilomètres le long du front de mer. Je pars tranquillement à 5 au kil’, tape dans les mains tendues, profite un maximum. Déjà le peloton s’étire et certains foncent pour remonter. Vas-y Bobby, la course est longue.

 

On remonte vers Terre-Sainte via une petite côte et on passe juste à côté de chez moi. Un petit check aux enfants, un bisous à ma femme et c’est reparti. Il commence à pleuvoir légèrement, ce qui sera le thème d’une bonne partie de ce début de course. Bassin Plat, puis les champs de cannes, la ville et la fournaise s’éloignent. Je connais bien cette section et cours tant que la pente n’est pas trop forte. Je regarde le cardio, qui est bon, en endurance, je ne pars à priori pas trop vite.

 

Après un début de course de 14 kilomètres (et 650D+) majoritairement sur route et chemin très peu technique, j’arrive au Domaine Vidot en 1h25, déjà 15 minutes en avance sur des prévisions un peu trop conservatrices sur le début de course. Il y a beaucoup de spectateurs ici aussi, ce rallumage temporaire de la folie de début de course avant de plonger dans la nuit pour de bon fait du bien. Je me sens vraiment bien, pas en sur-régime, le cardio est bon, je ne vois pas pourquoi ralentir.

 

Ravito express où je remplis mes 2 flasques (j’en avais aussi une de remplie dans le dos), car je sais que la prochaine section est de 19km (pour 1500D+) jusqu’à Notre-Dame-De-La-Paix. Les kilomètres en plus par rapport à l’année dernière sont là. Un coureur demande aux bénévoles “dans combien de kilomètres le premier ravito ?”, ils répondent “10”. Je leur dit, “Non il y a 19”, mais ils n’en démordent pas. Tant pis, moi je connaîs la vérité, j’ai fait la reco.

 

Domaine-Vidot - Mare à Boue (41K / 2100D+ / 1200D-): l’euphorie puis la raison

 

Je ressors du Domaine Vidot et entame la montée vers Notre-Dame de la Paix. 19.4k et 1330D+ sur ce segment que j’avais aussi reconnu. Aucune difficulté réelle, on reprend d’abord un sentier (le sentier de la fraise!) puis la route pour enfin retrouver le sentier de la forêt de Petite-Ile. Je me sens toujours bien et progresse à bon rythme.

 

A un moment, je double une fille qui avançait plutôt bien. Je regarde le dossard “Maryline Nakkache”. Je me dit “Oh ben merde, je suis peut-être en train de déconner, on part pour 100 miles, pas pour un 50K”. Elle me redouble rapidement, mais je crois qu’implicitement, ca me fait me calmer.

 

La pluie refait son retour avant l’arrivée à Notre-Dame (où je pointe 120e !) et je sors la veste que je ne garderai que quelques minutes, il fait toujours trop chaud, cela fait étuve.

 

Je perds 23 places sur la section entre Notre-Dame et Nez de Boeuf, mais j’attribue plus ça au fait que j’ai pris un peu de temps au ravito de Notre-Dame pour me changer et bien prendre la nourriture nécessaire pour la suite. Dans mes souvenirs je ne me fais pas doubler tant que ça sur cette section.

 

La section Nez-de-Boeuf vers Mare-à-Boue n’a rien d’exceptionnelle, c’est relativement plat, peu technique, surtout en descente. Il faut quand même faire particulièrement gaffe sur pas mal de kilomètres où le sentier est bordé de barbelés et où j’ai alors frôlé le drame : je trébuche, et le naturel fait que j’essaie de me rattraper avec ce que j’ai sous la main: le barbelé. Heureusement, je mets la main au bon endroit et c’est sans suite, mais j’aurais pu me faire très très mal.

 

https://rehost.diberie.com/Picture/Get/r/324024

 

Arrivé à Mare à Boue, c’est la sortie de la nuit, extinctions des feux. J’ai une heure d’avance sur mes prévisions et retrouve mon assistance. Au final je m’arrêterais 13 minutes ici (ce qui explique à nouveau les places perdues) et je pense que c’est une première petite erreur du point de vue du chrono pur.

 

Au niveau ravitaillement, un Yop et un peu de riz et grain (lentilles).

 

Mare à Boue - Cilaos (20K / 1200D+ / 1550D-) : l’ami Kerveguen

 

Juste avant de repartir de Mare à Boue, j’ai quand même mal au ventre (déjà 7 heures de gels et barres à la con) et file donc aux toilettes pour un caca express.  [:psedo:3]

 

Elles sont au bord du chemin, c’est pratique car cela permet des rencontres lorsqu’on ressort tout frais et léger, prêt à repartir : en ressortant, je tombe nez à nez avec quelqu’un que je reconnais : Sylvaine Cussot.

 

J'essaie un "Salut Sylvaine"  [:justhynbrydhou:5] et on discute un peu mais elle me fait vite comprendre qu’elle est concentrée et qu’elle ne veut pas causer (je peux comprendre, si chaque coureur la soûle…). Je pars devant mais elle me re-dépassera dans la montée vers Kerveguen, on voit qu’elle gère bien sa course.

 

Suit effectivement un peu de boue mais par rapport à un trail breton en février, ça reste de la rigolade.. Non, ce qui est dur c’est la montée interminable vers le Coteaux Kerveguen, presque 700D+ dans les cailloux, je n’ai pas apprécié. Mais c’est là que je fais la connaissance d’Henri, coureur au nom royal ayant la particularité d’avoir sa Speedgoat gauche complètement éventrée. Il est dégouté, la paire est neuve. Heureusement, il a une paire de rechange à Cilaos. Comme pour moi, c’est son premier 100 miles et il vise 36 heures. Chaud le bonhomme.

 

C’est clairement la première vraie difficulté du parcours en on en chie, mais on finit par arriver au ravitaillement où le bénévole nous sort le fameux “il vous reste 2 kilomètres jusqu’en haut”. On prend donc notre mal en patience pour enfin, au détour d’un piton rocheux, apercevoir le gîte du Piton des Neiges et enfin arriver en haut de la fameuse descente du Bloc : 4km, 1100D-. Je la connaissais bien (je l’avais déjà faite deux fois, dont une en course) et savait qu’elle était longue et technique. L’option choisie est donc de la descendre tranquillement, pour ne pas se flinguer musculairement et ne pas tomber ou se blesser. Rien à signaler dans cette descente, je fais le yo-yo avec Henri et d’autres coureurs, certains nous dépassent, clairement plus à l’aise que moi en descente. Cela reste un point faible qu’il me faudra travailler.

 

On arrive enfin au bout après une grosse heure et on repart dans un groupe de 4 ou 5 coureurs vers Cilaos, d’abord via la route, puis par le sentier de la “Roche Merveilleuse” (qui - spoiler - n’a rien de merveilleuse). Tout le groupe me dit viser les 35 heures, ce qui me fait dire “t’es en train de faire une belle course”.

 

J’arrive à Cilaos au bout de 11h52 de course, soit près d’une demi-heure d’avance sur mes prévisions. Kerveguen a fait mal, mais le rythme est toujours bon, et le moral est là !

 

Je récupère le sac d’allègement et prends le temps de me laver les pieds et jambes, re-crémer les pieds, et de changer de chaussures. J’avais privilégié les S/Lab Genesis sur cette première partie, mais vais continuer avec les Hoka Mafate Speed 4. Ce sont de vrais chaussons et elles portent le nom de la section que je vais affronter, c’est forcément un bon signe, non? Il se trouve que le temps file, je récupère mes gels & barres, charge un peu mon téléphone, puis file manger des pâtes et du poulet d’un goût douteux.

 

Je repartirai finalement après 30 minutes d’arrêt, ce qui je pense est un peu excessif. Mais bon, rien de grave non plus. Hasard, je repars avec Henri qui me dit “Chouette, on repart ensemble”. J’avoue que l’idée d’avoir un compère pour la prochaine section jusqu’à Marla me sied bien.

 

Les habitués de la Diag’ disent “La course commence à Cilaos”. Eh bien, que la course commence !

 

Cilaos - Sentier Scout (21K / 1800D+ / 1400D-): le Taïbit puis brouillard

 

Cilaos marquant notre retour à la civilisation, je ne fus pas étonné de retrouver cette ferveur qui nous avait bercée lors du début de course. Il se trouve aussi que - bien que je n’y sois allé que deux fois auparavant - j’ai un affect particulier avec ce lieu, que je trouve majestueux, au milieu des remparts de verdure.

 

On repart donc sous de précieux applaudissements sur le sentier des porteurs, qui descend jusqu’à la cascade Bras-Rouge. Pas de difficulté, je reste dans les baskets (des Salomon, maintenant!) de mon camarade et on arrive rapidement à la traversée de la rivière. S'ensuit un avant-goût, un amuse-bouche, de ce qu’on va arpenter : une montée assez sèche pour retrouver la route et le pied du mythique col du Taïbit. Nous progressons à bon rythme, tout va bien, même si la digestion du “poulet / pâtes” du ravito de CIlaos est compliquée de mon côté.

 

A quelques dizaines de mètres du ravitaillement au pied du col, nous entendons “allez on se bouge” et un rire très communicatif. C’est une dame, assise sur le muret, qui rigole de toute son âme et qui encourage les coureurs. Quel coup de boost. Merci madame !

 

On remplit les flasques puis on entame la montée. Pas de souvenir marquant à part que c’est long, mais c’est plutôt là où je suis à l’aise. Même si on n’a pas la chaleur extrême (il fait gris) de l’année passée, il fait lourd et on y laisse des forces. Soudain on entend de la musique et au détour d’un n-ième lacet, et on découvre, posé là, une ribambelle de personnes enjouées nous servant la fameuse “tisane ascenseur”. Je refuse dans un premier temps mais me dit que ça ne peut que me faire du bien. La fin de l’ascension sera lente mais à un rythme constant, et enfin, on bascule au sommet. Rien à voir avec la beauté extrême de mon dernier passage lors de la CiMaSa au lever de soleil où on distinguait le Piton des Neiges et le Coteau Kerveguen sous des couleurs orangées. On ne voit rien, on se croirait début décembre entre Saint-Etienne et Lyon.

 

Une fois en haut, c’est parti pour un peu moins de 500D- vers Marla. On y arrive assez vite et c’est la fête là-bas. On me demande un pas de danse en arrivant au ravitaillement : c’est mal connaître mes qualités, mais je m’y plie et sors un truc ridicule. Marla rime avec caca (le plat de Cilaos était vraiment limite…) et c’est reparti. Prochain point stratégique : la sortie vers Salazie et la Plaine des Merles mais surtout le départ du Sentier Scout, où ma famille m’attend.

 

J’ai peu de souvenirs francs de cette section, à part qu’on commence par monter vers la Plaine des Tamarins, complètement dans le brouillard. Soudain, au milieu du sentier, on tombe nez à nez avec un troupeau de vaches. Elles semblent blazées. Normal, on passe à un pénible 8km/h alors que Mathieu Blanchard et Jean-Philippe Tschumi les ont enrhumées quelques heures avant. La sortie de Mafate via le col de Fourche est simple, il faut juste faire attention juste après avoir basculé, le sentier est alors à flanc de falaise et mon voisin (coureur du GRR lui aussi) m’avait averti que le dernier mort en course, c’était là.  [:max evans]

 

Il faut savoir qu’à Salazie, le temps est souvent pluvieux et c’est le cas aujourd’hui. On est enveloppés dans une sorte de brouillard de pluie et la température chute. Je sors la veste pour ne pas attraper froid. J’ai récupéré Henri je ne-sais-plus-où et on fait un passage express au ravitaillement de la Plaine des Merles. On file vers le départ du Sentier Scout, deux gros kilomètres plus loin. Enfin, la famille ! Mentalement ça me fait un bien fou. Henri file devant, je ne le reverrai plus. Le bougre terminera top 100 en un peu plus de 36 heures. Une performance royale  [:moonzoid:5]

 

Je m'assois et mange du poulet et du riz, confectionnés par ma chère et tendre. Manger chaud à ce moment de la course est un vrai plus et je prend mon temps. Les encouragements fusent, mes enfants me font un câlin, que demander de plus ? J’ai alors exactement une heure d’avance sur mes prévisions. Je viens de pointer 166e. Mais avec le recul, ce moment de la course marque un point de bascule, c’est le début de la fin. Je suis entamé et surtout, en dette de sommeil: on est en milieu d’après-midi, je n’ai pas dormi depuis la veille.

 

J’aurais pu m’assoupir là, la voisine avait posé une tente pour son mari qui n’arrivera que quelques heures plus tard. Mais je m’y refuse, porté par la course, le chrono. Non pas par le classement, mais par le fait que j’ai l’impression d’aller bien ce qui me fait dire qu’il faut que je continue à avancer.

 

Je choisis de repartir, sûrement stressé par les 13 minutes passées et le fait que mon compagnon de route soit déjà si loin devant. Mes proches ne me le diront qu’après la course, mais ils voient ma fatigue et sont un peu inquiets.

 

Sentier Scout - Passerelle d’Oussy (12K / 370D+ / 1650D-) : les rochers ont de la truffe

 

Un bisou et c’est parti, une longue descente vers Aurère. De mémoire elle n’est pas si difficile, mais je n’avance pas bien. Je me fais un peu doubler mais pas trop. Je crois que c’est là où j’ai commencé à ressentir les douleurs aux ischios en descente qui vont m’handicaper jusqu’à l’arrivée. Surtout, je me rends compte que je commence à voir des formes sur le bord du chemin. Au début, c’est vraiment en périphérie de la vision : j’aperçois une étoile, … Puis, ce sont des têtes d’animaux sur les rochers, un peu comme on croit discerner des formes dans les nuages. Je reste lucide et ne m’inquiète pas trop, le rocher a clairement une tête de chien, non ?  [:my god:1]

 

Mais je commence à maudire ma décision de ne pas avoir dormi avec mes proches sous la tente, ces 8km (300D+, 800D-) sont interminables. Ma décision est prise : tu dormiras à Aurère. La descente vers l'ilet doit être merveilleuse par temps dégagé: on passe par le passage de “Deux Fesses” où le sentier est très peu large. A droite c’est le vide. De mémoire on a une corde pour sécuriser le passage, je me saisi, vu mon état c’est plus sûr. S'ensuit un passage sur une crête qui doit lui aussi être éblouissant par beau temps. Là on n’y voit rien mais c’est tout de même assez mystique, à défaut d’être vertigineux.

 

https://rehost.diberie.com/Picture/Get/r/324023

 

Après de longues minutes, je traverse d'abord le village d’Ilet-à-Malheur, qui porte bien son nom au vu de nom état, puis continue vers Aurère à peine deux kilomètres plus loin.

 

Enfin, j’arrive au ravitaillement et me précipite vers la tente médicale. Je suis accueilli par de jolies filles  [:mestraim] qui m’installent sur un lit militaire et me bordent avec une couverture de survie. C’est royal, il n’y a quasiment personne. Seul problème : la musique est à fond. Tant pis, je ferme les yeux, leur demande de me réveiller dans 15 minutes et m’essaie à la micro-sieste (travaillée à la maison les semaines d’avant-course). Je ne crois pas dormir pour de bon, mais le “reset” est plutôt efficace, je repars après avoir mangé 2 ou 3 conneries, remercie encore les bénévoles et file, la frontale sur la tête car il est prêt de 18h, la nuit va tomber.

 

La sieste a fait du bien pour mon manque de sommeil, mais n’a évidemment pas réparé mes muscles : la descente vers la passerelle d’Oussy, fond du fond de Mafate, est très compliquée, dans la même veine que celle vers Aurère. 600D- où je me ferai passer par pas mal de coureurs. Mais je serre les dents, je sais qu’un double KV nous attend pour sortir de Mafate et que, là, je devrais arrêter l’hémorragie en termes de chrono et classement. Et qui sait, peut-être qu’ensuite, ça ira mieux en descente ?

 

Je sais que les ultras sont faits de hauts et de bas et qu’après l’euphorie du début, je suis dans un creux. Mais on en sort des creux, et mentalement, je ne pense qu’à une chose : le sommet du Maïdo. Et j’ai toujours 35 minutes d’avance sur mes prévisions, donc tout ne va pas si mal, non?

 

Passerelle d’Oussy - Sommet du Maïdo (11.5K / 2000D+ / 320D-) : Stairway to heaven

 

Au menu : 10 bornes et 2000D+. On est bien. Moi qui aime les montées, je suis servi. C’est parti pour une première montée hyper sèche vers la canalisation des Orangers, via l’îlet des Lataniers. C’est raide et interminable. Les quelques repères visuels que j’avais de mes précédentes aventures dans Mafate sont gommés : on est de nuit. Je transpire fort malgré les températures clémentes mais ne m’arrête jamais.

 

Enfin les Lataniers sont déposés, enfin on rattrape le sentier de la canalisation des Orangers. L’îlet n’est plus loin, mais les quelques 200D+ restants font un peu mal, le village était plus près dans mes souvenirs. Le plateau de l’îlet des Orangers se dresse enfin, avec son école où a lieu le ravitaillement. J’adore aussi cet endroit où l’esprit Mafatais est bien ancré. Pourvu qu’il ne disparaisse jamais. Je n’ai plus trop de souvenir de ce que je fais au ravitaillement mais, de mémoire, je ne traîne pas: j’ai le Maïdo dans la peau.  [:roger21:1]

 

J’avais beau connaître la section qui suit vers la Brèche (pied du Maïdo, croisement pour aller vers Roche-Plate), je la croyais vraiment plus courte. Elle m’a fait assez mal, mais je crois me souvenir y doubler un ou deux coureurs et cela me porte. On y est enfin, au pied du colosse. Le spectacle qu’il nous offre est alors majestueux : un ballet de lucioles, dessinant un chemin à travers le mur qui s’impose à nous. C’est à la fois énergisant et démoralisant, tant les lumières terminant leur périple semblent loin. On entend déjà les supporters qui sont massés là-haut.  [:nico42]

 

La fatigue est toujours là et, connaissant la dureté de l’ascension qui arrive, je choisis de sortir les écouteurs. Je ne les avais jamais utilisés en course, mais avait anticipé qu’ils pourraient me servir dans la nuit, à cet endroit précis. Led Zeppelin, AC/DC, The Sheepdogs, Laurent Voulzy, Air, Springsteen, The Police, …. nombreux seront les artistes qui me porteront jusqu’en haut du monstre. Les clameurs sont de plus en plus proches, j’y suis presque. Mais le sentier sur la fin est bordé par le précipice, il ne faut pas se laisser emballer. Attention jusqu’au bout. Je sors enfin de Mafate sous les applaudissements de nombreux badauds, massés, là, au milieu de la nuit. Merci à eux pour leur énergie. Je me rappelle avoir eu envie d’hurler de satisfaction. Je ne l’ai finalement pas fait, mais le cri intérieur était bien là.  [:ayuget:3]

 

Il est environ 23 heures, et après 25 heures de course, je suis alors 168e et en avance de 45 minutes sur mes prévisions. J’ai alors vaincu ce qui - je pensais - était le plus dur de la course. Je m’étais malheureusement trompé.

 

Sommet du Maïdo - La Possession (33.5K / 900D+ / 2900D-): la descente aux enfers

 

Il faut savoir que le ravitaillement n’est pas en haut du Maïdo, mais deux kilomètres plus loin. On évolue alors sur la crête dans la forêt et on a le droit à une succession de petits “coup de cul” qui ne sont pas les bienvenus après ce double KV. Enfin je me ravitaille et pars pour les 17 kilomètres de descente et 1900D- que je sais très longs.

 

Petit aparté sur l’alimentation : il faut savoir que jusqu’à l’Ilet des Orangers, j'arrivais à peu près à consommer ce que j’avais prévu, c’est à dire principalement de la boisson énergétique Naak, des barres et gels Maurten / Baouw / Naak, en visant environ 60g de glucides par heure. Mais depuis, ça se gâte. Le goût omniprésent du sucre en bouche me dégoûte, malgré mes tentatives de manger salé dès que je le peux (j’avais amené des noix de cajou, …). Je n’en peux plus de ces gels Maurten mais essaie de me forcer à les avaler. Néanmoins, j’ai l’impression que niveau digestion, quelque-chose se bloque. Je mange mais ça ne passe plus trop. Je bois beaucoup (j’ai peur des crampes) mais ça ressort rapidement.

 

Et j’ai toujours mal aux ischios, je n’arrive pas à descendre correctement. Le sentier n’est pas vraiment roulant non plus, mais ma vitesse est lamentable. Je me fais abondamment doubler. On finit au bout de 12/13 kilomètres par arriver à Sans-Souci et on récupère de la route. J’essaie de courir mais je suis au ralenti, je ne vais pas bien. Le moral est dans les chaussettes, je ne sais pas combien de coureurs m’auront passé mais au moins une bonne vingtaine. De Sans-Souci à Savannah, on passe par une zone résidentielle inintéressante mais je préfère à ce moment-là la route aux sentiers : cela me force à courir. Enfin, la deuxième base de vie se dresse au loin.  [:dieu_roger]

 

Malgré une descente extrêmement lente, je ne perds que 7 minutes sur mes prévisions et gagne même 12 places. Cela doit s’expliquer par les abandons devant à cet endroit car c’est certain que j’ai, en vrai, fait une très mauvaise descente. Il est alors trois heures du matin et je suis extrêmement fatigué. Épuisé. Lessivé. Je me dis que ça serait une bonne idée de dormir 15 minutes encore. Mais avant, j’ai la brillante idée de passer voir les kinés. Pourront-ils me redonner une seconde vie ? Ils commencent - à deux - un massage énergique. “Dis-donc t’es bien tendu aux ischios”  [:double c] , sans blague…

 

Je dors ensuite (enfin somnole) et part prendre mon sac d’allègement. Là, ayant déjà passé vingt minutes à la base de vie, je fais n’importe quoi : je change de chaussettes + Nok mais oublie un brossage de dents qui aurait été bénéfique et surtout, oublie de manger. Il faut dire que l’endroit était glauque : un grand carré bordé de tentes avec tables, ravitaillement, … mais PERSONNE. Aucun bruit à part les groupes électrogènes. Quel décalage par rapport à l’énergie folle des bénévoles et des lieux dans Mafate. Je repars, on traverse directement la rivière des galets et on monte via le “sentier de bord”. Mine de rien il y a quand même 600D+ et j’ai du mal à repartir. Les kinés ont sûrement fait un bon taf, mais les jambes sont raides et il faut réchauffer les muscles.

 

La montée est longue et je l’apprécie bien moins que lors de ma reconnaissance. En haut, on bascule dans le fameux chemin Kalla, une blague - heureusement courte - de sentier qui descend souvent à pic, avec de gros rochers, des branches au milieu du chemin, …  Je me fais doubler pas mal mais double un autre éclopé qui n’avance plus. Courage mec, on est dans la même galère  [:jean_risitas:1]

 

Il y a un ravitaillement au pied du chemin Kalla, mais je n'en ai que peu de souvenirs. Je n’ai réellement pas avancé sur cette section : j’ai fait 38 minutes de plus que mes prévisions, mis 2 fois de temps que pendant ma reco (où j’étais frais, certes). Je passe exactement dans mes temps de passage prévus mais le constat est amère : je n’ai plus une minute d’avance et suis au fond du trou. Pas bon signe… Une fois parti du ravito, ça remonte un peu puis on récupère l’autre saloperie de cette fin de course : le chemin Ratinaud. C’est comme le chemin Kalla, mais en pire. On a même des palettes à certains endroits pour t’aider à descendre, et un immense pneu posé là, au détour du chemin, pour nous emmerder.

 

Je suis dans le dur. Malgré les 15 minutes de sommeil à Savannah, les hallucinations reviennent à grand pas. Je commence à voir des chaises de camping au milieu du chemin. Sûrement un message de mon cerveau “t’es en train de déconner mec, faut te poser”. Je pense à Casquette Verte et ses hallucinations de sorcières lors de l’une de ses Diag’... Je vois aussi des personnes au bout du chemin qui sont en fait des rochers. Pour peu que les branches sur le côté forment vaguement un rectangle, je vois un but de foot. Je n’ai pas peur car je sais que j’hallucine et je ne tangue pas non plus. Mais le signal est fort. Une seule chose m’anime désormais : retrouver ma famille à la Possession.

 

J’y arriverai vers 8 heures et presque 32 heures de course (et 35 minutes de retard sur mes prévisions). Je suis au bout de ma vie, mais il ne reste que 20 bons kilomètres. Je ne doute jamais que je vais y arriver. Au pire, je me traînerai et finirai en 50 heures, mais j’y arriverai. Mon fils m’a préparé un ravitaillement aux petits oignons mais je vais le décevoir : je n’ai qu’une envie c’est dormir et me revoilà dans la tente médicale. Je vois que les médecins me regardent bizarrement et me demandent “Vous êtes sûr que ça n'est qu’un manque de sommeil ?”. Je dois avoir vraiment une gueule de déterré (spoiler: j’ai les photos et c’est le cas)  [:djokochut:2]

 

15 minutes, je ressors (sans manger encore, quel con…) et retrouve ma famille juste après le ravito. Je me pose sur une chaise de camping et ça me fait du bien car je manque de lucidité. Ma femme me remplit les flasques avec un n-ième sachet de boisson Naak. Elle m’encourage, me fait mettre un t-shirt propre, casquette saharienne. Heureusement qu’elle est lucide car je ne le suis plus : il commence à faire très chaud. Autant tout le début de course s’est fait sous la grisaille, ici il fait déjà 25 degrés sous un grand soleil.

 

Le passage qui suit est le légendaire “Chemin des Anglais”, les pavés de l’enfer.

 

La Possession - Grande Chaloupe (7K / 360D+ / 350D-) : sus aux Anglois

 

Après un nouveau câlin aux enfants, je repars vers la longue ligne droite le long de la quatre voie qui me mènera au chemin des Anglais. Je trottine péniblement mais me force à courir (7:42 du kil’ pas si mal !).  Dans la tête je me dit “donne tout putain, t’y es presque, n’explose pas complètement”. Il reste quand même 21 bornes et 1200D+ et ça peut être très très très long si tu commences à t’arrêter au bord du chemin.

 

On entame l’avant-dernière difficulté du parcours : le redouté “Chemin des Anglais”. C’est un chemin pavé construit par les Français au 18e siècle pour faciliter le passage des charrettes entre la Possession et Saint-Denis. Il a été baptisé au nom de nos meilleurs ennemis suite à la guerre du début du 19e, parce que les Anglais s’en sont servis pour attaquer Saint-Denis (pas con !). Bon, les charrettes passaient peut-être il y a 300 ans mais là c’est un amas de dalles de pierre dans tous les sens. Heureusement, il reste un passage relativement préservé au milieu du chemin, on peut y courir relativement vite lorsqu’on est en forme.

 

Ça monte dur sur la première partie pour rejoindre une sorte de plateau. Le soleil tape fort mais je m’accroche. Je bois beaucoup, il ne manquerait plus que les crampes arrivent. Tout d’un coup, un missile arrive derrière moi: il s’agit d’un des premiers du trail du Bourbon. Il est suivi d’un camera runner, je m’écarte du milieu du chemin pour le laisser passer. Le drone est aussi de la partie. J’aimerais beaucoup retrouver les images pour pouvoir voir à quel point j'avançais minablement. Néanmoins je me force à continuer à courir sur le plat mais la chaleur m’accable. Je croise un traileur local dans l’autre sens qui doit voir ma détresse et me propose une petite canette de coca. Merci, ça m'a requinqué.

 

Un autre traileur du Bourbon me croise : Nicolas Rivière, un coureur local d’un excellent niveau. Il m’encourage vivement et me donne un peu de son énergie. Merci l’ami.  [:mika94400:4]

 

Je mets 20 minutes de plus que prévu sur cette section et perds 20 places mais j’ai l’impression de l’avoir relativement bien gérée. J’ai couru, certes très lentement, lorsque c’était possible. Je ne me suis pas trop fait doubler et ce retard et déclassement sont sûrement liés à mon arrêt de prêt de vingt minutes à la Possession.

 

On reprend 350D- pour descendre à la Grande-Chaloupe et c’est à nouveau très dur mais je m’accroche. La famille sera au ravito aussi et j’essaie de ne penser qu’à des choses positives : “tu as arrêté l'hémorragie, tu avances toujours et il ne reste qu’une grosse montée et descente”.

 

La Grande-Chaloupe - Colorado (8.5K / 830D+ / 150D-) : Mud Day

 

Je repars du ravito reboosté, il reste 850D+ et une descente finale de 5 kilomètres pour 650D-. J’enclenche le mode guerrier.  [:lefrogg:2]

 

On retrouve le chemin des Anglais (eh oui, c’est jamais fini avec ces fichus Anglois) qui cette fois monte à pic. C’est dur mais c’est la fin, je monte les mains sur les cuisses “à la Kilian”. J’en ai le style mais pas la grâce, dans le brouillard je fais ma trace. Arrivant d’arriver au lieu dit “Saint-Bernard”, on prend un petit sentier rempli de boue et d’un coup se dresse un mur pour rejoindre la route. Raide, dix mètres de torrent de boue. Je m’accroche à la végétation, mets les mains où je peux. Un bénévole là haut me crie “le truc boueux qui ressemble à un serpent, c’est une corde”. Merci.

 

Je m’extirpe du bourbier sur la route sans me douter que ça n'était que le début des emmerdes. Sale mais tenace, je m’élance sur la route pour rejoindre le prochain ravitaillement. Je ne vais pas bien vite mais je me force à courir. Ravito de Saint-Bernard, je suis 195e. J’ai perdu 40 places sur cette fin de course et ça n'est pas fini. D’un côté 30 minutes de sieste, 5 de massage, et je-ne-sais-combien de pause au ravito, c’est logique. Combiné à mon allure de gastéropode…

 

On quitte Saint-Bernard par un chemin qui redescend (aïe mes jambes) puis commence la montée vers le Colorado. 4 bornes et 350D+ seulement sur cette section, facile non ? L’horreur oui… On évolue sur un single tracé au milieu de la végétation, avec une terre argileuse. La pluie a créé des toboggans de boue. J’ai un mal fou à progresser même si les jambes répondent toujours à peu près en montée. Je dois m’accrocher à la végétation sur le côté, lorsqu’il y en a, pour pouvoir continuer à progresser. Souvent, pas d’autres choix que de mettre les mains et de crocher la terre avec les ongles pour essayer de créer une prise. Cette montée est interminable par sa difficulté, mais de longues minutes après, le Colorado se dessine enfin.

 

J’aurais mis 2h25 sur cette section (un peu moins peut-être, en enlevant le ravito de Grande Chaloupe), faite en 1h30 à l’entraînement (sur un terrain sec). Pas si mal, sur le fond.

 

Le Colorado est un parc depuis lequel on a une vue imprenable sur Saint-Denis et où le week-end on est censé trouver de la vie : des familles pique-niquant, des enfants jouant au ballon… Là, à part une chape de nuages et des bénévoles emmitouflés, on ne voit personne.

 

Je check la montre au pointage : 38h35. Je me dit avec une certaine émotion  “tu vas le faire ce sub 40h !”.

 

Colorado - La Redoute (5K / 21D+ / 650D-) : dernier effort

 

Il reste cinq kilomètres de descente (650D-), je me force à courir sur les deux premiers qui sont en légère pente. Attention, ça ne va pas toujours pas vite, je suis à 9 minutes du kilomètre.

 

J’affiche le ClimbPro pour avoir une idée de ce qui reste niveau D-. Je trouve que ce dernier ne défile pas bien vite et le temps défile. J’avais reconnu cette descente pourtant, mais cela me surprend. Je m’attelle donc à essayer de descendre le plus énergiquement possible, comme si les jambes étaient fraîches. Je n’ai plus de douleurs à ce moment, seule l’arrivée compte. Comme quoi, la force du mental…

 

J’entend Ludovic Collet au loin, je vois enfin le D- restant fondre, plus que 300m, plus que 200m, plus que 100m. Reste deux ou trois lacets et je suis en bas. Coup d'œil à la montre: ça va le faire. Je passe sous le pont, il me reste 500m. C’est dans la poche, je file vers la ligne en courant. J’ai l’impression d’aller vite mais je dois être à 7km/h, peu importe.

 

Ludo anime un des nombreux podiums donc n’annoncera pas mon arrivée triomphante, mais je m’en fiche, je rentre dans l’enceinte du stade en passant dans le couloir de barrières et récupère mes enfants, un dans chaque main. On franchit ensemble la ligne en courant. Le chronomètre géant du stade affiche 39 heures 41 minutes et 35 secondes (202e). Mission accomplie.  [:sangokai:5]

 

Après tant d’effort, de souffrances, de doutes, de hauts, de bas, de chaud, de froid, de chaises de camping imaginaires, de rochers à la tête de chien, de Gels Maurten, de pluie, de soleil, de sourires, d’encouragements, je fond en larmes dans les bras de ma femme et mes enfants. On reste là, pendant quelques secondes suspendues, dans notre bulle au milieu du brouhaha. C’est notre moment, à jamais. Par la suite je m’effondrerai dans l’herbe au milieu du stade, me ferai masser par les kinés aux petits soins et mettrai 10 minutes à faire 200m pour rejoindre la voiture.

 

Peu m’importe, je suis à jamais fou.

 

Bilan

 

Je ne peux que être satisfait de ma course:  c’était mon premier 100 miles - et c’est à priori un des plus durs au monde - et je le boucle quand même à une bonne place (202e sur 2850 partants) et dans le temps que je m’étais fixé. On a surtout vécu une aventure en famille, qui m’a porté lorsque je n’allais pas bien. C’est aussi leur performance.

 

J’ai eu des hauts et des bas (très bas), mais je pense que c’est inhérent à ces courses extrêmes : il est sûrement rare que tout aille bien. Pour s’en conforter, il suffit de voir les élites qui explosent devant eux aussi (même si, on en convient, leur niveau d’effort est sur une autre planète).

 

Dans les jours qui ont suivi, j’ai beaucoup pensé à Henri, avec qui j’ai partagé beaucoup de kilomètres. Je pense qu’on a un niveau théorique comparable (il a un index proche, était arrivé juste derrière moi à la CiMaSa, …). Il finit la course 99e en un peu plus de 36 heures et me colle donc plus de 3 heures 30. Il s’avère que, même s’il s’est échappé à Sentier Scout, il n’avait que 25 minutes d’avance à la sortie du Maïdo. La différence est qu’il n’a pas (ou moins) craqué sur la fin de course. Comme je disais, top 100 sur la Diag’ pour un premier ultra, “chapeau l’artiste”. Sa performance me laisse présager ce qu’aurait pu être une course parfaite. Mais avec des “si”, on refait le monde et je me mets à apprécier ma course, imparfaite, rude, pleine d’émotions.

 

Je vois bien sûr plein de choses à améliorer, comme la nécessité absolue de me renforcer musculairement (eh oui feignasse, fallait se bouger), une technique en descente toujours à améliorer, une alimentation à revoir (les boissons d’effort Naak c’est un grand oui, leurs barres/gaufres/gels aussi, les gels Maurten sur 20h+ d’effort c’est non, …) et des ravitaillements à optimiser malgré tout pour un objectif chrono.

 

Ensuite, je me pose forcément des questions sur la gestion du sommeil. Comment faire pour ces ultras partant tard ? Des pilules de caféine (j’avais des gels caf’ mais je n’ai pas l’impression qu’ils aient grandement servi…) ? J’avais pourtant très très bien dormi le mois avant la course et en abondance, je n’ai donc pas pris le départ en dette de sommeil.

 

Enfin, je me demande si, malgré mes bonnes sensations, je ne suis pas parti trop vite. Ai-je brûlé trop de carburant dans cette première partie ? Je ne pense pas, mais je manque de recul sur ces efforts ultra longs. Je serais curieux d’avoir votre avis, amis ultra-traileurs d’HFR.

 

Allez, assez parlé, voilà mon fameux graphique de récap:

 

https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/324019

 

Et le Strava : https://www.strava.com/activities/12690846727

 


Message cité 3 fois
Message édité par Ayuget le 26-10-2024 à 14:58:36
n°71768951
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 26-10-2024 à 15:25:27  profilanswer
 

Quel CR  [:kazama:3]
Bravo [:implosion du tibia]

 

Tu sais combien de temps vous restez sur l'île ?


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J'aurais voulu être un businessman
n°71768972
Ayuget
R.oger
Posté le 26-10-2024 à 15:32:58  profilanswer
 

Chou Andy a écrit :

Quel CR [:kazama:3]
Bravo [:implosion du tibia]

 

Tu sais combien de temps vous restez sur l'île ?


Merci ! On s'est dit un an ou deux, on fera le bilan en début d'année prochaine (perso j'aimerais bien 2 ans  :D )

n°71769231
Corran Hor​n
lol
Posté le 26-10-2024 à 16:59:15  profilanswer
 

Félicitations Ayuget, superbe CR

n°71769256
Je@nb
Kindly give dime
Posté le 26-10-2024 à 17:05:44  profilanswer
 

Bravo ! Top CR, et l'infographie finale :love:

n°71769498
darkpotpot
:3 muuuuuuuuuuuuuUUUUUUU
Posté le 26-10-2024 à 18:22:20  profilanswer
 

Ce CR  [:endraum]
Félicitations en tout cas  [:implosion du tipsa:1]

n°71769517
_deskira_
Posté le 26-10-2024 à 18:27:17  profilanswer
 

Tellement de souvenirs :love:
 
Well done .. ça donne bien envie d'y retourner :o

n°71769620
Amraz
Martyr nigaud et aventurier
Posté le 26-10-2024 à 18:50:58  profilanswer
 

[:papycool52:1] La machine


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France = triple championne du monde de rugby 1995-2011-2023
n°71770898
SenorPollo
Posté le 26-10-2024 à 22:43:27  profilanswer
 

Ayuget [:implosion du tibia] Cette émotion à la fin, j'y étais avec toi [:lergo:3] Je valide ce CR :o
Par contre oui les gels en ultra c'est non, ça a dû t'éclater le bide et le pancréas tous ces pics glucidiques, c'est ok éventuellement les dernières heures mais sinon il faut plutôt consommer du solide tant que tu peux et des compotes/purées :jap:

Message cité 1 fois
Message édité par SenorPollo le 27-10-2024 à 06:58:04
n°71771105
EvilTyler
ex-Consultant Hippie
Posté le 26-10-2024 à 23:03:10  profilanswer
 

Ayuget a écrit :

CR Diagonale des Fous 2024
 


 
Super CR, ça donne envie  :love:


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More GG, more skill
n°71771865
Ayuget
R.oger
Posté le 27-10-2024 à 05:47:38  profilanswer
 

SenorPollo a écrit :

Ayuget [:implosion du tibia] Cette émotion à la fin, j'y étais avec toi [:lergo:3] Je valide ce CR :o
Par contre oui les gels en ultra c'est non, ça a dû t'éclater le bide et la rate tous ces pics glucidiques, c'est ok éventuellement les dernières heures mais sinon il faut plutôt consommer du solide tant que tu peux et des compotes/purées :jap:


Pour les gels je ne suis pas sûr que ça te fasse des pics glucidiques si forts, ça dépend de leur composition (sucres complexes ou pas, ...), non ? Et il me semble que pas mal de personnes tournent principalement à ça en ultra  [:dks] (Ludo Pommeret, ...)

 

Les compotes ça donne la chiasse et le rapport poids/glucides n'est pas top (même si j'en ai pris quelques unes, j'aime bien la version salée Naak  :love: )

 

Par contre là où tu pointes quelque chose c'est que je n'ai pas pris assez de barres. J'en avais 6 (Naak) pour toute la course et je les ai réparties. C'est con parce que je sais qu'elles passent bien.

 

J'aurais sûrement dû me baser en prio sur ca (en incluant quand même quelques gels) tant que ça passe.

 

Niveau gels, j'aime bien les gels Baouw (alors que leurs compotes et barres non), il faudra que j'essaie la prochaine fois.

n°71771992
yipi
Posté le 27-10-2024 à 08:09:53  profilanswer
 

Ayuget a écrit :

CR Diagonale des Fous 2024
 
https://rehost.diberie.com/Picture/Get/r/324020
 
Allez, assez parlé, voilà mon fameux graphique de récap:
 
https://rehost.diberie.com/Picture/Get/f/324019
 
Et le Strava : https://www.strava.com/activities/12690846727
 
 


 
Je ne sais pas si qui m’impressionne le plus: la qualité du CR, ou la performance réalisée pour un premier 100 miles. :ouch:  
 
T’as survécu, grand fou ! Et quelle expérience !  

n°71773785
sundae cen​t
Posté le 27-10-2024 à 15:06:51  profilanswer
 

Bravo, magnifique CR [:implosion du tipsa:1]

n°71774601
wizz83400
Posté le 27-10-2024 à 18:10:05  profilanswer
 

Ayuget a écrit :

CR Diagonale des Fous 2024
 
 


 
Félicitation pour la perf et le CR de qualité !
 
J'aime beaucoup le graphique de récap'  :love:

n°71774604
Naxos
\o/
Posté le 27-10-2024 à 18:11:36  profilanswer
 

Super CR, et bravo pour la course surtout. Respect [:implosion du tibia]


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[Folio Photos]
n°71774715
gars_lent
Pas rapide
Posté le 27-10-2024 à 18:32:11  profilanswer
 

Énorme Ayuguet quelle expérience!


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Porte bien son pseudo.
n°71778409
chocobn69
Posté le 28-10-2024 à 09:53:07  profilanswer
 

Super CR et magnifique course Ayuget, merci !

n°71778704
Loreak
Posté le 28-10-2024 à 10:46:33  profilanswer
 

Félicitations Ayuget !
Je ne sais pas comment tu as fait pour conserver la motivation au vu des dernières dizaines de km, respect.

n°71778823
mafspirit
Posté le 28-10-2024 à 11:08:41  profilanswer
 

Bravo!

n°71779333
tck-lt
Posté le 28-10-2024 à 12:52:41  profilanswer
 

Bravo.


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War Roak Gwengamp
n°71781707
Ayuget
R.oger
Posté le 28-10-2024 à 18:58:27  profilanswer
 

Merci pour vos retours  [:fedefail:4]

 

Va falloir se trouver un nouvel objectif maintenant  :O

n°71782183
Amraz
Martyr nigaud et aventurier
Posté le 28-10-2024 à 20:16:51  profilanswer
 

Muté en Indonésie pour faire l'ultra de 20k d+ de jsais plus qui quavait fait ici  [:metal slug]


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France = triple championne du monde de rugby 1995-2011-2023
n°71784575
Narm
3dfx gone, but never forgotten
Posté le 29-10-2024 à 08:41:52  profilanswer
 

Attention  [:durandal2]  [:furiouss:3]  
 
Gère ta Boucle – 6h – 42km, 1050m d+
Contexte :
Quand Denis, mon voisin qui m’a initié à la course à pied, m’a proposé ce défi, il y a plusieurs mois, j’ai dis oui. Le principe est simple : une boucle de 7,5km, 150m de d+ à faire une 1h. Si tu le fais en moins d’une heure tu souffles dans la base de vie puis tu repars à la prochaine heure. Si tu le fais en plus, t’es éliminé. Le classement se fera à l’ordre d’arrivée de la dernière boucle.  
Je pensais que l’été serait loin derrière nous et que j’aurais eu le temps de reprendre un entrainement sérieux.  
Voyons ça :  
 https://rehost.diberie.com/Picture/Get/r/324536
Bref, ça fluctue, je ne peux pas m’entrainer comme je veux. On rajoute que c’est compliqué sur le plan professionnel (négociation pour l’année prochaine avec mon principal client qui représente 40% de mon CA), personnel (no comment) et aussi sur le plan du sport (pas le temps de courir, ou alors des reproches..zut j’avais dis no comment  :whistle: ) et 5kg de plus sur la balance.  [:911gt3]  
 
Préparation spécifique : rien, un peu de séances de côtes, du seuil aérobie et une sortie la plus longue de 2h.  [:kewyn:2]  
Mais bon, outre Denis, il y a mon compère Cédric qui va venir le faire aussi.  
 
Avant course ;
Je dors mal, et je m’aperçois à 2h30 du mat que si j’ai bien réglé mon réveil, je ne l’ai pas activé. Sans le réveil pipi, je ne serais pas en train de rédiger ce CR.  [:on_a_les_droits:6]  
Je me lève à 5h30, déjeune, premier caca et décolle de la maison à 6h15 ; le départ est prévu à 7h, je suis laaarge. Je vois que Denis est reveillé, j’envoie un message à Cédric ; pas de réponse.  
J’arrive sur place à 6h30, je repère ma chaise attitrée, dépose mes affaires et me prépare.  
Je décide de partir en pantalon de trail, tee shirt manche longue et que je changerai à mi-course. Je prends avec moi le matos obligatoire (téléphone, couverture du survie) et une flasque de 250ml. Tout tiens dans la ceinture intégrée et la ceinture supplémentaire, c’est parfait.  
6h45 Denis arrive, on discute un peu et l’organisateur nous explique que suite aux précipitations de ces dernières semaines, le tracé est réduit à 7km au lieu de 7,5km mais que le d+ passe de 150 à 185m.  [:super_pourri]  
 
Et qu’il y aura deux classements : celui annoncé mais également un classement au cumul des temps mi à chaque boucle.  
Ah et pour rompre la monotonie, on changera de sens toutes les deux heures. Enfin,  il annonce les favoris et surprise de ma part quand j’entends mon nom.  [:siluro]  Après réflexion, c’est qu’il a été voir la côté ITRA et a regardé les résultats d’un homonyme qui a 570 points  [:chrisbk]  
.  
Il nous invite à rentrer dans le sas, il est 6h55 pas de Cédric : je l’appelle. Il me répond qu’il a du repartir chez lui, il avait oublié son dossard dans l’autre voiture. Vu où il est, il ne sera jamais à l’heure pour le départ.  [:haha prozac]  
 
La course  
7h : c’est le départ. Ils sont 40 à partir sur le 12h et nous sommes 66 à partir sur le 6h.  
L’ambiance est festive, ça papote dans tous les sens. On sent que les personnes sur cette course ont de l’expérience et sont affutés : là où certains mettent un sac de trail pour une crouse de 7km, ici quasi personne ne s’est chargée outre mesure.  
On commence par une portion goudronnée de 1km. La vache, ça part vite, on décide avec Denis rester derrière pour attendre Cédric : on se dit qu’au pire, il y a le meneur d’allure 55’ devant nous, tant qu’on le voit, on est bon.  
On entre dans un chemin forestier, ça mouille les pieds, on voit les frontales qui font une farandole. C’est joli. Mais alors qu’on avait facilement 250m de retard sur le groupe devant nous, on les rattrape : ça bouchonne à la traversée du premier ruisseau ; beaucoup essayent de sauter par-dessus pour ne pas se tremper les pieds. Ensuite, c’est un single montant.  
Quand vient mon tour, le gars devant relache une ronce, j’ai le réflexe de lever le bras et ça m’arroche la manche, je fais un mouvement réflexe et je pousse Denis dans le ruisseau. Bref, après quelques secondes j’arrive à m’en sortir et attaque la montée. Ce n’est que 15m de D+, mais c’est déjà glissant et merci la corde mise à disposition pour s’aider. Je me demande ce que ça sera dans 6h.  
 
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(Je suis derrière en orange)
 
Le circuit se poursuit avec un long single en devers sur une terre argileuse. C’est long, je me traine et je me dis que je ne tiendrais jamais les 6h. Je suis vraiment dans le mal, on descend, on monte avec des cordes, on traverses des ruisseaux. Je regarde la montre : ça ne fait que 30 minutes.  
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On est toujours avec le meneur d’allure 55’ mais pas de trace de Cédric : on espère qu’il sera autorisé à quand même prendre le départ et qu’il arrivera à boucler dans les temps. Ou alors disqualifié du classement mais qu’il puisse au moins faire la course avec nous.  
Le meneur d’allure nous indique qu’on a passé la partie la plus technique et c’est vrai : moins de grosse montée, c’est plus roulant, plus plaisant. Par contre on a complètement perdu de vu les autres personnes, on doit être à peine une dizaine autour du meneur d’allure quand enfon on revoit les lumières du village et qu’on retrouve le bitume pour 700m jusqu’au gymnase.  
Quand on rentre, on fait sonner une cloche.  
 
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Un juge note manuellement notre numéro de dossard. Bouclé en 53’, je suis content et qui est-ce qu’on voit dans cette ambiance surchauffée ? Notre Cédric : on discute et on s’aperçoit qu’il a du nous doubler quand on était en prise avec les ronces car il n’a pris le départ qu’avec 5 minutes de retard.  
On profite du buffet bien garni (croissants, thé, café, jus de fruits, chocolat noir, gâteaux…), je bois de ma potion iso maison et il est l’heure de repartir. Nous repartons tous les trois, le jours se lève, je me sens moins dans le dur
 
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(Avec Cédric)
 
8h : 2e boucle, nous repartons tous.  
Avec la lumière qui se lève, la forêt devient moins difficile, on fait cette boucle en papotant : nous ne sommes pas autant largué que celle d’avant, nous rencontrons de nouveaux visages. Certains passages sont bien casse-gueule car en plus il s’est mis à pleuvoir. Et les petits ruisseaux ont déjà grossi : pas le choix pour les petites tailles comme moi, c’est pieds et jambes jusqu’aux mollets mouillés. Mais je note que Les Peregrines, que je n’avais testé qu’une fois, font bien le jobs et aucune douleur à signaler.  
On rentre complètement trempés mais content d’être là. 2e boucle en 50 minutes. Une fois dans le gymnase, plein de personnes se changent : je me dis que je le ferai à mi course, avec un peu de chance il arrêtera de pleuvoir.  
Des cacahuètes et des tucs on fait leur apparition, et ça fait du bien de manger un peu de salé.  
 
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Ma tête en voyant le salé au ravitaillement  
 
9h : 3e boucle, 65 partants sur le 6h, on change de sens.  
On laisse tomber les frontales, on part avec l’excitation de faire le tracé en sens inverse. Vu les montées de bâtard qu’on a eu, je me dis que ça promet pour les descentes. Le fait d’attaquer par la partie moins technique permet d’étirer le peloton, et on se surprend à faire pac-man.  [:ahmedamine]  
Cette fois ci, on est en milieu de la course, encore de nouvelles têtes. Je m’aperçois que soit j’ai une technique de descente pas trop mauvaise, soit les autres ont encore plus peur. Mais à chaque grosse descente , on double par poignées des gens qui les font en marchand.  
Cette 3e boucle passe très vite et quand ma montre indique 20km, on est de retour sur le bitume. Je dis à Denis « 1h45 pour 20km, on est pas mal ». Il réagit en éclatant de rire : j’avais zappé 1h. Nous en étions à 2h45 en réalité. On revient au gymnase et je file direct aux toilettes.  [:gandalf-ze-wizard]  
Gros soulagement, mais quand je sors, il me reste que 2 minutes : quelques tucs, cacahuètes, je recharge ma flasque et c’est reparti.  
 
10h :  4e boucle, 64 partants sur le 6 heures.  
On repart, pas de douleurs et on décide avec Denis et Cédric de chacun faire la course à son rythme. Denis préfère être conservateur car il commence à avoir des douleurs. Cédric part loin devant, j’avance à un bon rythme et je double encore une fois pas mal de participants.  
A un moment, je me dis que je suis entrain de griller des cartouches mais c’est vraiment le pied de doubler un tas de personne et de me sentir bien. Bon, j’ai oublié de reprendre des pâtes de fruits lors de la pause mais c’est pas grave.  
 
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Le terrain est devenu très compliqué par endroit, mais la pluie ne tombe plus que par intermittence. Je double Marie-Amélie Le Fur et je me dis qu’avec sa prothèse ça doit être super chaud dans ces conditions.  
On arrive, j’hésite à me mettre en short et à changer de tee shirt. Après 30 secondes d’hésitations, je préfère me jeter sur le buffet, surtout que saucisses, fromages et rillettes ont fait leur apparition. Manquait plus que du rouge et on aurait été un samedi midi chez mamie.  [:hish]  
 
11h : 5e boucle, 54 partants sur le 6 heures.  
Quand on sort, la différence de température me fais frissonner ; je vois qu’au moment du départ de nombreuses personnes restent sur leurs chaises. C’est la première fois que je vais dépasser les 4h d’effort cumulés, je plonge dans l’inconnu.  [:max evans]  
On refait la boucle dans le premier sens, et c’est bien plus difficile. Je commence à avoir les tétons irrités, je regrette de ne pas avoir changé de tee shirt. J’essaye de relancer mes mollets commencent à me dire qu’ils ont on marre dans les montées. Mes quadris eux commencent à raidir dans certaines descentes bien prononcées.  
L’ambiance est radicalement différente de la première boucle : le silence est de mise, à croire que tout le monde est concentré pour ne pas se casser la figure ou pour se préserver pour la dernière boucle qui établira le classement scratch.  
On sort enfin de la demie heure bien technique, ça va mieux mais je sens que je suis essoufflé.  
J’essaie de relancer : ça raidit, et chaque passage dans un fossé rempli d’eau est une bénédiction pour les mollets.  
Bref, je reviens en trottinant à la base de vie. Je bois beaucoup, je mange pas mal, j’hésite à enfin enlever le pantalon mais je renonce de peur de chopper une crampe fatale. Par contre, je change le haut. Je me dis qu’il reste deux minutes, je suis laaarge.  Ca fait bizarre de changer de matière… sauf que j’ai les doigts un peu engourdis et je galère à remettre les épingles. 30 secondes avant le départ. Bon yolo, ça tiendra avec 3 épingles, je prends cette fois ci deux flasques pour finir de m’hydrater sur la partie bitumée.  
 
12 h : 6e boucle, 45 partants sur le 6h
Ca part vite, je vois Denis et Cédric qui se tirent la bourre devant.  
 
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J’essaie de suivre à 5 o kilo mais à peine arrivé sur la partie herbeuse, je comprends que c’est une mauvaise idée.  
Lorsque au bout de 5 minutes en forêt, je me casse la figure dans un dévers de glaise, je comprends que c’est une très mauvaise idée : ça me couple le souffle et je me raidis au point que je me demande comment je vais pouvoir repartir.  
Je me raisonne : l’objectif, c’est d’être finisher, avec l’entrainement que j’ai des les jambes ça sera déjà une belle victoire.  
Je continue tranquillement, en buvant toutes les 10 minutes, j’écoute les bruits de la forêt : je suis esseulé. Je ne rattrape ni ne me fait rattraper. On sort de la zone technique, je sais que j’ai encore 20 /25 minutes tranquilles et qu’après c’est fini. J’essaie de prendre un maximum de plaisir.  
Goudron, je relance rattrape une ou deux personnes, cloche à l’arrivée et c’est terminé.  
 
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(Je sais, je fais peur  [:narm:3]  )
 
Je suis content d’être allé jusqu’au bout. Ça ma semblé bien plus dur que mes précédents trails de 30+km : le d+ ainsi que les conditions piégeuses et le manque d’entrainement y sont pour beaucoup ;  
Je rejoins Denis et Cédric qui se sont tirés la bourre jusqu’au bout ; j’espère que je pourrais être avec eux l’année prochaine.  
Niveau classement ça donne sur la dernière boucle : Denis 17e, Cédric 19e et moi-même 32e sur 45e finishers. Au classement des temps cumulés Cédric 20e, Denis 38e, moi 40e.  
 
Le Strava : https://www.strava.com/activities/12691405927


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Besoin d'un dépannage informatique dans le 41 ?
n°71784893
Le_Rescato​r
Posté le 29-10-2024 à 09:40:10  profilanswer
 

Difficile de courir ensemble sur 42km mais ce format de boucles permet de le faire, c'est sympa entre potes :jap:
 
D'ailleurs dans les courses au format un peu différent, j'ai déjà fait une 4 boucles différentes de 10-12 km, une sorte de trèfle à 4 feuilles, tu repasses par le départ à chaque fois, tu as le choix de t'arrêter ou continuer, bonne ambiance à chaque fois.
 
J'ai vu aussi une course relai à 3, chacun fait 12-15km, et la dernière étape de 6 km se fait tous ensemble. Ou bien le 1er fait 44km, le 2e le rejoint pour faire les 32 derniers km, le 3e rejoint les 2 autres pour faire les 20 derniers km (sympa quand les niveaux ou la préparation sont différents).


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Plus tard, c'est souvent trop tard
n°71784988
Je@nb
Kindly give dime
Posté le 29-10-2024 à 09:52:02  profilanswer
 

Bravo Narm ! Tu as l'air de t'être bien amusé :D.
J'avoue que ça me tente moyen ce genre de courses pour l'instant même si c'est vrai que faire des pauses chaque heure c'est pas mal mais trop hamster pour moi :D

n°71785606
$crounz
Désolé, c'est de la merde.
Posté le 29-10-2024 à 11:13:50  profilanswer
 

Salut Narm et merci pour ton CR, ça fait très envie ce genre de challenge !


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>>Feedback<< Topic ACH/VTE
n°71791927
perrout
BBQs everyday
Posté le 30-10-2024 à 11:44:56  profilanswer
 

Ayuget a écrit :

Merci pour vos retours  [:fedefail:4]  
 
Va falloir se trouver un nouvel objectif maintenant  :O


Quelle course et quelle perf pour un premier 100 miles. Mais surtout quel CR, c'est très bien écrit!
(et le Chou qui demande combien de temps tu restes pour gratter un lit pour 2025 :o )
 
Allez hop je passe à celui de Narm.


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I live on the frozen surface of a fireball where cities come together to hate each other in the name of sport.
n°71792032
Chou Andy
Would you know my nem
Posté le 30-10-2024 à 11:58:10  profilanswer
 

J'ai déjà une ex à St-Pierre  :O


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J'aurais voulu être un businessman
n°71794092
franzoi
Posté le 30-10-2024 à 17:12:41  profilanswer
 

Wildstrubel 110 75 – 3900D+
 
Oui, c’était il y a presque 2 mois. J’ai autant procrastiné la fin du CR que mon renforcement musculaire en prépa :o. Enfin, le voila !
 
Intro
J’avais mis cette course dans un coin de la tête depuis la première édition car le parcours avait l’air superbe et logique, ce qui avait été confirmé par les quelques CR parus ici. Aussi, quand des potes proposent d’aller y faire un tour cette année, je n’hésite pas longtemps.
Ça représentait un sacré défi pour moi. Depuis 6 ans et un UTMB qui me parait déjà dans une autre vie, mon seul trail en haute montagne était un 70km l’année passée, terminé complètement en PLS.  
Pour la prépa de mon trail de l’année dernière, j’avais fait de longues sorties mais pas toujours assez qualitatives. Cette année, j’essaie donc de faire plus de dénivelé, à force d’enchaînements de côtes de 80m d+ [:haha frite]. Je place aussi quelques week-ends chocs mais le plus gros ne totaliseras que 65km et 3000d+. C’est un peu léger.
 
Avant-couse
Une dizaine de jour avant la course, on commence à consulter la météo, et on voit tout de suite que cela risque d’être compliqué. Une grosse perturbation s’annonce dans la semaine, avec risque de neige. Dès le lundi, l’orga active le kit grand froid. Le mercredi, je vois que ça s’excite sur Facebook au sujet d’une prétendue doudoune. Je m’aperçois que l’orga a modifié en dernière minute la liste de matos en ajoutant cette troisième couche « de type doudoune », sans rien préciser d’autre. Pour être sûr d’être dans les clous, je vais donc vite chercher un truc premier prix chez décathlon, mais il est clair que ce sera impossible de la faire rentrer dans le sac de trail et sans doute bien moins adapté que des vêtements techniques plus fins.
À part ça, aucune communication de l’organisation au niveau des alternatives possibles pour le parcours. Cela se contente de balancer des images « qui font rêver » des parcours en version soleil et les CV des favoris, mais il n’y a pas grand monde pour répondre aux interrogations légitimes des coureurs sur les réseaux sociaux. Les mauvaises langues diront qu’il faut laisser le temps aux traileurs d’arriver et de consommer à Crans-Montana  :o.
Je démarre pour Crans-Montana le jeudi. Dans la journée, première info de l’orga sur le parcours. On va zapper la montée à la cabane du Wildstrubel et le départ est reporté à samedi 6h (au lieu de dimanche 22h30) pour éviter le gros des chutes de neige. C’est assez rassurant de partir de jour au vu des conditions, mais j’avoue qu’en voyant les prévisions, je reste assez inquiet. On annonce -5° sur les cols avec du vent smiley glace et je me demande vraiment si je veux prendre le risque de partir dans ces conditions.  
La journée du jeudi se termine par une petite balade dans les rues de Crans. Les boutiques ne sont pas vraiment destinées à un public de sportif mais plutôt là pour me rappeler qu’il ne me reste plus que 8 ans pour ne pas rater ma vie [:eife].
Deuxième épisode du feuilleton parcours le vendredi au réveil : on ne peut plus passer du côté du canton de Berne. Le Gemmipass et les cols suivants s’annoncent impraticables. Du coup le parcours devient un tour exclusivement en Valais, à des altitudes plus réduites et de seulement 70km de long. Évidemment, ça fait nettement moins rêver que le parcours de base. Mais, étant donné les conditions annoncées, cette décision est plutôt un soulagement pour moi.
Le jour J, lever à 4h30 et déjeuner baguette choco pour un maximum de pic glycémique  :o. On se masse sur la ligne de départ. Deux minutes avant le départ, le speaker rappelle que c’est la première vague. Quoi, il y a deux vagues ? Je suis évidemment dans la deuxième [:eric le-looser] et je m’abstiens donc de partir. Heureusement car ceux qui resquillaient de vague étaient bons pour une pénalité de 1h sur le temps final [:john_tgv:8]. Un ¼ d’heure plus tard, c’est parti !
 
Crans-Montana – Crans Montana. 6km – 270D+. Position : NA  :o  
On démarre sous un léger crachin. J’ai évidemment laissé la doudoune à l’hôtel, faut pas déconner. On commence à prendre des chemins larges pour sortir de Crans, c’est sans intérêt jusque-là. Après 25’ et 3km, le téléphone sonne dans ma ceinture. Je me dis que je consulterai les messages de mes proches plus tard, quand je serai dans le dur. Mais ça commence à s’agiter, puis à s’arrêter autour de moi. On vient en fait de recevoir un message de l’orga annonçant une course neutralisée et nous demandant de revenir au départ. Difficile à comprendre à ce moment-là : il ne fait pas froid et il n’y a pas de neige où on est. Bref, retour au départ en se félicitant de ne pas avoir été dans la première vague. Là, tout le monde s’entasse dans une salle. On reçoit assez vite l’info qu’un nouveau départ aura lieu à 8h30. Les bénévoles de Varneralp (premier col à franchir) auraient signalé que le passage était impossible car le balisage n’était plus visible à cause de la neige et du vent. Comme déjà signalé sur le topic, c’est bien sur assez incompréhensible qu’ils n’aient pas été vérifier les conditions avant de lâcher les coureurs. Je trouve que ça reste pourtant très calme dans la salle. Je ne vois personne s’énerver ou engueuler les personnes de l’orga. Il faut dire que ces dernières se font plutôt discrètes. Pour ma part, l’interruption me permet de faire une petite pause dans des toilettes bien confortables, ce qui prive la suite du CR de son principal intérêt [:ramucho].
 
Crans-Montana – Cordonna 11km / 480D+ - 565e
8h30 donc :  nouveau départ. Certains ont renoncé (j’ai vu quelques cas sur Strava), mais c’est une petite minorité. L’armada UTMB est là et la mission est clairement de faire passer la pilule le plus discrètement possible. Ludo Collet est exagérément enthousiaste au micro et lance une ola. Catherine Poletti passe dans les rangs pour taper dans les mains… Par contre, pour les infos pratiques sur le nouveau parcours on pouvait se débrouiller avec Livetrail, heureusement rapidement à jour. Le parcours devient un aller-retour de 50km vers Leukerbad, avant une boucle vers le barrage de Tseuzier. Le tout avec une altitude max décoiffante de 1900m  :o .
Le départ est donné et on refait avec enthousiasme le début de parcours déjà testé 2h auparavant  :o . On arrive vite dans des singles et, s’il y a bien un peu de neige sur les bas-côtés, le chemin est lui bien boueux. Ça s’annonce chiant, d’autant qu’on est en forêt, en file indienne, avec un temps gris qui bouche tout le paysage. Ça ne me dépayse pas trop des trails belges hivernaux [:tim_coucou]. Niveau forme, RAS pour le moment, on se contente de suivre le mouvement.
 
Cordonna – Leukerbad 15km / 810D+ – 538e
Peu après le premier ravito, on arrive à un endroit où le balisage diffère par rapport à la trace GPS téléchargée juste avant le départ. Le groupe dans lequel je suis opte pour la trace GPS. Je pense que ce serait mieux de suivre le balisage mais je prends le même parcours que les autres [:personne:1]. Finalement, les parcours se rejoignent quelques kilomètres plus loin mais l’option qu’on a choisie était bien plus roulante et nous fait gagner 1km. Ce ne sera bien sûr pas sans provoquer quelques râleries de la part des lésés qui auront bien suivi le balisage.
Le paysage devient plus sympa à l’approche de Leukerbad. C’est plus dégagé (même si on a vue sur la route en contrebas), on passe près de petits chalets, dans un pré occupé par des vaches, on se sent enfin en Suisse. À l’approche du ravito (enfin, à l’approche moins quelques kilomètres  :o ), je commence à croiser les premiers. C’est bien moins le bordel que ce qu’on aurait pu craindre car les chemins sont assez larges. Certains encouragent, le moment est même sympa. En plus, le parcours est assez roulant à cet endroit et je me sens bien.
Le ravito a lieu dans le hall sportif de Leukerbad. Comme à chaque ravito, je commence par une bonne tasse de bouillon. Comme il est trop chaud et que l’eau plate est trop loin, je le dilue à l’eau pétillante. Une bénévole fait un commentaire incrédule sur ce mélange. Elle n’est manifestement pas très au fait des excentricités culinaires des traileurs. J’avais pourtant l’impression d’avoir fait très soft sur ce coup-là.
 
Leukerbad – Cordonna 15km – 707D+ - 517e
Je ne traine pas au ravito et j’ai le moral en sortant. Je dépasse pas mal dans les 5km qui suivent, sans doute trop car je vais le payer plus tard. C’est à mon tour de croiser les retardataires et c’est plutôt bon pour le moral. Je suis quand même étonné d’en croiser encore plus de 5km après avoir quitté le ravito. La journée sera longue pour eux (ou plutôt raccourcie par les barrières horaires  :o ).
Peu avant le ravito de Cordonna, on aborde la première vraie montée jusque-là. Et là, ça ne va plus. J’accuse le coup. Je force pour rester dans le rythme de mon groupe et ne pas me mettre sur le côté mais je sens que je suis en train de me mettre bien dans le rouge. Mais surtout, j’attrape mal à la nuque, de plus en plus. J’avais déjà eu cela sur des trails auparavant, mais jamais à ce point. À mi-montée, on arrive à l’endroit où la trace et le balisage diffèrent. Cette fois, un bénévole nous oriente vers le balisage, ce qui prolonge la montée et mon calvaire. J’arrive au-dessus tant bien que mal et range les bâtons mais les douleurs persistent. J’arrive au ravito dans un grand creux physique et mental.
 
Cordonna- Crans-Montana 11km – 716D+ - 598e :fear:
Je sais qu’après le ravito on aborde la plus longue montée du parcours, en direction du lieu-dit « Cave du Sex » [:dileste3:2]. Je décide de la faire sans les bâtons, en espérant améliorer, ou au moins ne plus aggraver l’état de mon dos. Je suis toujours un peu à la peine dans la montée mais pas davantage que dans la précédente faite avec les bâtons. Je me dis juste que ceux qui me voient avec les bâtons accrochés dans le dos pour la plus grosse montée du parcours doivent se questionner sur ma santé mentale [:grubnatz:4].  
Après le sommet, c’est principalement de la descente assez douce vers Crans-Montana. Mais dès que j’essaie de trottiner, j’ai de grosses pointes de douleurs à la nuque. Les jambes ne sont pas top top non plus. Bref, je fais toute cette portion en marchant et me fais complètement rouler dessus par des dizaines de coureurs. J’envisage déjà l’abandon à Crans-Montana. L’appart de location est à 250m du départ, avec une bière dans le frigo, trop tentant…
On termine par une descente courte mais très raide [:vyse]. Là je me fais passer par des dossards <100 et je comprends que la course repassera par là à la fin. Ce n’est pas tant le fait que les premiers arrivent déjà alors qu’il me reste une boucle de 25km qui est difficile à encaisser mais plutôt savoir qu’il faudra se retaper cette descente des enfers.
Arrivée au ravito de Crans-Montana. Il est décevant. Depuis le CR Swisspeaks de perrout, je n’attendais que de voir à quelle spécialité locale on aurait droit sur le Wildstrubel. Et là : rien. Juste du bouillon de base en salé [:echtebess:2]. Le ravito est constitué d’une table sous une tonnelle. Ceux qui veulent se changer ou juste s’assoir doivent trouver des endroits de fortune, en plein air, dans l’humidité. Vu mon état, je m’enquiers de la barrière horaire du ravito suivant mais personne n’est capable de me répondre. À ce moment, les pensées d’abandon qui m’avaient accompagné toute l’heure précédente m’ont cependant abandonné, je fais ma routine de ravito machinalement, en coupant le cerveau sur les pensées négatives.  
 
Crans-Montana – Barrage du Tseuzier 9km – 700D+ - 572e
Je repars donc avec un meilleur moral. Le parcours passe juste devant la porte de mon logement mais je reste fort [:nozdormu]. On commence par du plat le long d’un bisse. Je réessaye de courir et ça va mieux. J’ai toujours mal à la nuque mais la douleur n’est plus aigüe et me repermet de supporter les impacts (plus très souples  :o ) de la course. Le chemin s’élève bientôt et c’est sympa : du balcon le long d’une vallée encaissée, mais juste pas assez vertigineux que pour réveiller mon vertige. Il est 19h et le vent froid se fait sentir. Je remets la veste et ne la quitterai plus jusqu’à la fin. La dernière portion avant le barrage est plus raide, et bien boueuse. Comme je n’ai toujours pas les bâtons, je dois avancer plié en deux pour m’accrocher aux touffes d’herbe. Je me dis que ce serait quand même plus facile en ressortant les bâtons, mais j’ai la flemme. Au-dessus, j’ai de nouveau un coup de moins bien. Je fais toute la traversée du barrage en marchant. Ça commence à cailler sévère à ce moment-là. Alors que la température était clémente pendant la journée et que j’ai ma première couche bien mouillée de transpiration, j’ai l’impression qu’on doit maintenant être proche ou sous le 0 [:bakk12]. Il ne fait pas bon s’attarder (certains abandonnerons là pour hypothermie) et je fais un ravito express malgré la sympathie de la jeune équipe de bénévoles à cet endroit.
 
Barrage du Tseuzier – Crans-Montana 14km – 329D+ - 564e
Pour me réchauffer, je me dis qu’il faut me hâter. Ça tombe bien, après une petite remontée, on aborde de la descente pas trop raide parfaite pour dérouler les jambes. Et là, petit miracle : moi qui ai l’habitude de m’écrouler dans les dernières descentes d’ultra, je réussi à prendre un bon petit rythme et à rattraper des gens. J’y prends même un certain plaisir. On arrive à la section de la Bisse du Ro. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est en sentier en corniche, par moment sur des constructions en bois accrochées à la falaise et dont l’image est recyclée à l’infini sur toutes les vidéos promotionnelles de la course. C’est censé être beau … sauf que là il fait tout noir [:the cart:2]. Ha si seulement le premier départ n’avait pas du être neutralisé, j’aurais pu voir ça de jour ! (Bon si j’étais un peu meilleur aussi  :o ). Avec mon presque double-mètre, je craignais cette section avec ses passages très bas creusés dans la roche mais c’est finalement assez court.  
On arrive enfin sur Crans-Montana et on commence à entendre des bruits de l’aire d’arrivée et … on repart pour un tour ! plutôt que de plonger sur l’arrivée, on nous fait longer tout le haut de la station d’ouest en est, sur des chemins sans intérêt. J’ai déjà plus que le kilométrage théorique de la course sur la montre et là, un traileur «kisiconnait » me dit qu’il reste 4km, ça ne fait pas plaisir. On rejoint enfin la descente infernale déjà empruntée sur la première boucle. Je ne dois pas aller plus vite que quelques heures auparavant mais le moral est bien meilleur cette fois. Dans la dernière ligne droite, il me prend même l’envie de sprinter. Je me prends pour Zach Miller et suis fier de moi. La vidéo d’arrivée a malheureusement été éditée pour me faire apparaitre plus lent qu’en réalité [:killterion:3] . Je récupère le lot finisher : un couteau suisse et une bière locale (valeur >5€ au bar quand même [:atom1ck]) et file à l’appart. Une grosse demi-heure après l’arrivée je suis déjà dans mon petit pyjama.
 
Conclusion
A titre personnel, je suis quand même relativement déçu. Je n’ai pas l’impression que la préparation quand même plus spécifique que d’habitude m’ai fait beaucoup progresser. Je reste très médiocre dans les descentes un peu raides et m’attendais aussi à mieux en montée. Surtout, il faut que je trouve un moyen de remédier à mes douleurs à la nuque qui ont vraiment handicapé ma course.
Sur l’organisation, on peut saluer le fait qu’ils aient pu rebondir et proposer un parcours dans ces circonstances particulières. Vu tous les frais et la logistique engagés pour être au départ, je préférais une course au rabais qu’un ticket de réduction sur l’année suivante.
Outre le ravito du kilomètre 50 plus que minimaliste, j’aurais quand même deux critiques principales sur cette course. D’abord, bien sûr, le « faux départ » à 6h. De la neige était prévue la nuit, c’est assez incompréhensible que des ouvreurs n’ai pas été envoyés sur le point le plus haut du parcours suffisamment en avance.  
Ensuite, comme déjà signalé, la communication. Entre le lundi et le jeudi précédant la course, aucun message ou mail pour expliquer les alternatives possibles alors qu’il était clair que faire le parcours initial semblait extrêmement compromis. Mais par contre de la communication « corporate » avec des images magnifiques d’endroits où on se doutait qu’on ne pourrait pas accéder. Je suis conscient que les organisateurs étaient eux aussi dans l’incertitude, mais ne fût-ce qu’un message quotidien pour expliquer où ils en étaient dans la réflexion aurait été le bienvenu, par exemple pour signaler si une annulation pure et simple était à l’ordre du jour ou pas avant qu’on prenne la route pour la Suisse.
 
Voilà, c’est enfin fait pour le CR, yapluka consulter les courses de l’année prochaine pour faire le programme  :)  
 
 

n°71794408
mikimike2
Posté le 30-10-2024 à 18:14:49  profilanswer
 

CR grands trail d'Auvergne 360° 135km 5800m D+

 

le contexte
L'objectif 2024 était de terminer mon premier 100miles, mission accomplie avec l'ultra01 au mois de juin (vous pouvez fouiller le topic pour retrouver le CR d'une courez bien humide)
Pour le deuxième semestre j'ai eu envie de m'aligner de nouveau sur la plus longue course des grand trails d'Auvergne. Je reste sur un sentiment d'inachevé sur cette course car j'ai du abandonner comme un nul en 2023 au 80eme kilomètre sur déshydratation, en ayant géré comme un débutant mon alimentation et mon hydratation.
J'y vais donc en warrior, j'ai une revanche à prendre [:moonblood6:3]

 

avant course
Pour une fois, j'abandonne les organisations à l'arrache, j'ai pris un hôtel à Thiers, à 20min de la ligne de départ au lac d aubusson.
Arrivée à Thiers à 13h pour terminer une journée de télétravail, puis récupération du dossard à 18h et retour à l'hôtel pour un dernier repas puis dodo.
Réveil à 1h pour un dernier petit déjeuner, préparation puis direction le départ qui est prévu à 3h du matin.
Tous les signaux sont au vert, la prepa a été bonne, laffutage bien géré, hâte d'en découdre.

 

Lac daubusson / col du perthuis km 22
Connaissant le parcours jusqu'au km 80, je sais que le début est montant quasi en continu, pas très pentu, beaucoup de faux plats, pas la peine de s'exciter sur cette portion, il faut juste gérer tranquillement. Je laisse les lapins partir devant, il y aura plus de 100km pour les rattraper. Je prends le pari de courir tout le temps,même en faux plat, la marche uniquement pour les plus gros dénivelés techniques. Je pointe au km 20 en 2h30, à une décevante 63eme place
https://rehost.diberie.com/Picture/Get/r/324859

 

col du perthuis/col de la loge 42km
Toujours beaucoup de sous bois et de faux plat, rien de bien technique, mais des montées bien cassé patte malgré tout, mais pas très longues( jamais plus de 500m de d+).
Je sais surtout que sur cette portion,on arrive sur les crêtes des monts du forez au lever du jour, ce qui garanti un joli spectacle. Ce fut le cas encore cette année mais cette fois j'arrive avant les photographes officiels :O, je n'aurais pas droit à ma photo souvenir lever de soleil.

Spoiler :

https://rehost.diberie.com/Picture/Get/r/324855]


J'arrive au ravito plutôt frais, toujours en gestion. Je prend le temps de bien boire et bien manger (j'essaie de compter mes glucides par heure pour une fois). Les pauses pipi confirment que tout va bien.
Par contre je sens que niveau intestinal, il se passe quelque-chose, il faudra faire une pause à un moment donné ( ce qui est exceptionnel chez moi, en général mon transit s'arrête en course).
Passage en 5h50, à une décevante 53eme place.

 

col de la loge / chalmazel 55km
Le jour s'est bien levé maintenant mais les conditions météo changent, pas de grosse pluie mais un vent qui souffle de plus en plus fort (rafales à 60/70) et qui est hyper désagréable sur les crêtes dégagés. Quelques gouttes viennent en remettre une couche de temps en temps pour le côté désagréable, et surtout c'est le brouillard qui commence à venir gâcher le paysage.
Ça ne m'empêche pas d'avancer tranquillement, je suis dans un petit groupe 5/6 coureurs ou on se dépasse mutuellement au gré du parcours, dont notamment un duo mixte qui me sape le moral tant ils semblent faciles ( on enreparlera plus tard) alors que mes jambes piquent un peu avec cette succession infinie de bosselettes.
Chalmazel c'est la première base de vie où je compte changer de t-shirt, refaire le stock en vivre et vite repartir, n'ayant pas d'assistance, il faut que je sois hyper efficace.
Hasard incroyable, je croise un ancien collègue parisien que je n'ai pas vu depuis 10 ans au moins, 1er M3 de la course en 2023. Il n'est pas au mieux, il a chuté sur le parcours et à mal au dos depuis.
Dans ma tête, j'arrive quand même à me dire que c'est une place de gagner pour moi (esprit trail, tout ça...) [:perrout:3]
Mes intestins me réclament toujours une pause mais c'est la queue aux toilettes, ça attendra

Spoiler :

https://rehost.diberie.com/Picture/Get/t/324861


Spoiler :

https://rehost.diberie.com/Picture/Get/t/324862

 

chalmazel/col du beal 78km
C'est cette portion que j'avais mal géré en 2023, 25km sans ravito et plus de 1000m de d+.
Je pars avec 1,5l de flotte cette fois, mais ça ne sera pas utile. Le vent souffle en tempête, on enchaîné direct avec un 1/2 KV en remontant des pistes de ski, dans le brouillard donc visibilité hyper réduite.
Les conditions sont dantesques la haut, c'est long et infernal d'avoir le vent et l'humidité en permanence dans la face [:jhonnny:2]
Les écarts se creusent dorénavant, le fameux duo me rattrapent de nouveau, j'ai du les dépasser au ravito, nouveau coup au moral....
Par contre il est vraiment temps de faire une pause technique, j'attends l'arbre où le rocher qui va bien, 30 secondes de pause et c'est reparti, bien soulagé [:so-saugrenu:3] [:hunters:2]
Au final je gère hyper bien, toutes les portions compliquées de 2023 passent sans soucis, et la dernière montée ou j'avais mis plus de 2 heures à l'agonie,cette fois je la monte sans problème, en solitaire.

Spoiler :

https://rehost.diberie.com/Picture/Get/t/324860

 

col du beal / la renaudie 115km
Il pleut vraiment, je sors la veste de pluie. Je ne m'attarde pas à ce ravito ou j'avais abandonné en 2023.
Je vois de nouveau le duo, mais madame n'a plus l'air très fraîche, je sens quelle va prendre une pause avec ses enfants présents sur le ravito. Comme quoi, il ne faut jamais trop se fier aux impressions et aux allures des autres mais rester concentré sur sa propre allure.
Il reste 50km à partir de la, c'est très descendant en profil. J'applique ma stratégie: commencer à prendre des risques à partir d'ici, car j'ai ma carte à jouer.
Donc, j'accélère en descente, mais je me rend compte qu'il faudra que je travaille ça, j'arrive à me faire dépasser malgré mes prises de risques [:mareek:1]
Après cette longue descente, on enchaîné avec 7km de montée non stop, en faux plat essentiellement, mais trop dur de courir la dessus après près 100km de course.
Ça m'acheve mentalement, dans mes calculs, je suis en train de louper mon objectif de moins de 21h. Je reste en contact visuel d'un Master 2 qui monte plus vite que moi, mais que je rattrape à chaque descente et chaque portion plate.

 

Le Master 2 que je suivais va s'assoir et demande l'aide d'un bénévole, il ne sent pas bien et paraît être au bout du rouleau. Comme quoi, encore une fois,il ne faut pas se fier aux impressions.
La base de vie ressemble à une auberge, plein de monde en pause longue pour manger, boire et discuter avec leur assistance, j'hallucine un peu. Je sens que je vais gratter pas mal de places, je refais le plein, je change tshirt et chausette, une Brioche au chocolat pour le plaisir et c'est reparti. Je pars du ravito, il est 19h21, et j'ai prévu 5h dans mon plan pour faire les 30km restants. Ça semble donc mort pour mon objectif de moins de 21h

 

La Renaudie / Lac d'aubusson135 km
Je reste motivé malgré la déception. Je reste sur l'objectif de courir le plus vite et le plus longtemps possible partout où c'est faisable.
Par contre le parcours devient très rapidement horrible avec des mares d'eau et de boue sur des sentiers laboures par les milliers de coureurs des autres course passés avant nous. 30min après avoir changé de chaussettes, j'ai déjà les pieds trempés, fallait mettre les pieds dedans, pas le choix [:jovial:3]
En dehors de ces passages, c'est hyper roulant. Je doublé effectivement quelques éclopés qui n'arrive plus à courir dont un groupe de 4. Je reconnais un qui m'avait doublé tout fougueux 50km plus tôt, il n'a plus de jambes [:haha]
Je profite des longs faux plats que j'avale à plus de 10km/h, je savoure de dépasser encore du monde. Les dernières montees sont faciles et courtes, ça me fait un bien fou. Je suis clairement en avance par rapport à ce que j'avais prévu, je me rend compte que je vais largement sub 21h à cette allure :)
Dernier ravito à 10km de l'arrivée, je ne m'attarde pas, je range les bâtons et go pour le dernier sprint.
Dernière blague des organisateurs avec une indication des 2500 derniers mètres alors qu'il en reste 4 à ma montre , pas cool
J'arrive au lac, j'entends le speaker au loin, je dépasse un dernier couple qui finit la course de 84km.
Dernier sprint pour passer la ligne avec classe
Temps officiel :20h28
33 ème sur 140 finishers

 

Objectif plus qu'accompli, je boucle les 30 derniers kilomètre en 4h et en gagnant près de 15 places

 

Le bilan
Course hyper bien géré, pas d'erreur de ma part, jamais au fond du trou, et impression de voler sur la fin
J'arrive à faire top30 environ sur ces courses maintenant, reste à voir ce que je peux faire poir faire Top 20.

 

Rendez vous en 2025 pour le grand raid 73 version 110km et 7700m de D+ puis l'UTMJ justement pour viser un Top 20.

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Message édité par mikimike2 le 30-10-2024 à 18:18:59
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