Nice UTMB 50k, premier trail
Contexte :
Je cours depuis environ 2 ans.
Jusqu’à cette course, j’avais fait un peu de route (5km, 10km, Semi) avec des temps très moyens mais en progrès (28mn pour mon 5km, et j’ai finalement couru quasiment à la même allure mon 10 puis mon semi).
J’habite la majorité de l’année à Moscou, mais je suis des Alpes-Maritimes et je passe toujours quelques-mois par an chez la famille dans l’arrière-pays mentonnais où le sentier de rando est accessible en sortant du jardin, et j’avais l’habitude de faire quelques randos par an dans les Alpes. Je suis donc avec intérêt le trail depuis mes petits débuts en course à pied.
Pour ce premier trail, j’avais repéré le Nice by UTMB qui tombait très bien dans le calendrier. Il me permettait de faire une bonne partie de la prépa en France avec les terrains qu’il faut (et pour cause, il passe par le sommet d’à côté). L’année dernière je l’avais repéré trop tard, j’y étais donc bénévole.
Avec le peu d’expérience que j’ai, je regarde un peu la petite distance, le 20k. Néanmoins le profil ne me plait pas trop. Ce n’est pas du tout de la montagne, à quoi bon, autant refaire un semi-route. Non, le 50k sera parfait pour profiter à fond de mon séjour ici. La date est fixée à début octobre.
La prépa :
Abonné à campus coach qui m'accompagne depuis mes débuts, je poursuis avec eux sur l'objectif trail.
Je commence donc la prépa à Moscou. Forcément, c’est plat et c’est d’ailleurs la montagne qui me manque le plus quand je suis là-bas. Mais pas très loin d’où j’habite se situe la colline de Krylatskoe qui sert de pistes de ski l’hiver. 50m de d+, ce n’est pas la folie mais il y a des pourcentages et les premières sorties longues là-bas permettent de bien se mettre cher autant en montée qu’en descente en les enchaînant bien.
Retour à la maison en juillet. L’endroit idéal pour le trail. Je sors de la maison et j’ai du 15% et plus, je peux même faire un KV. Je me régale lors des SL, j’aurais les derniers mois même 2 SL par semaine. Le tout a été agrémenté par des sprints en côtes (peut-être trop ?), des variations d’allures et autres seuils que je ferais autour du stade du coin, un peu d’ef que je ferai sur la route vallonée et de l’endurance active en fin de prépa. Je m’organiserais même un petit weekend choc dans le Mercantour avec nuit en refuge et sommet de 3000m, un régal.
La course :
Nous voilà sur le col d’Eze, un samedi matin avant le lever de soleil. Il fait froid bordel et je suis arrivé super tôt parce que l'UTMB nous permettait de réserver des navettes et donc il fallait prendre ce qu’il y avait. Au final aucun contrôle, on a été quelques-uns à se faire avoir.
Les SAS partent petit à petit. Je me réchauffe en attendant sous les premiers rayons de soleil et voilà que c’est l’heure de nous les noobs. On blague un peu entre néophytes, bonne ambiance.
8h30, c’est parti avec un bon faux plat montant, voir même une vraie côte goudronnée qui nous emmène d’Eze au golf club de Monaco. Ca part à balle, moi je reste en course-marche pour rester dans une zone de cardio pas trop haute. Je discute avec un roumain qui a l’air bien moins entrainé que moi et qui s’efforce à courir alors qu’il est bien plus haut en pulse. Il bosse au Luxembourg, ne sait pas trop à quoi s’attendre. Je lui dis de faire gaffe quand même, et je finis par le lâcher sans faire exprès au bout de quelques minutes.
On attaque alors la plus grosse ascension avant le col de Guerre et c’est un peu l’euphorie. C’est la partie que je connais bien, et j’ai l’impression d’être plus efficace que d’autres sur les parties où tout le monde marche. Au Col de Guerre je rattrape un des types avec lesquels j’avais sympathisé dans le sas, il vient du crossfit, un peu comme moi qui faisait de l’haltéro plus jeune. Les bons cuissots ça fait bien marcher !
Arrivé sur la portion plane avant d’attaquer le Baudon, on discute un peu mais je lâche son groupe. Je devais être en zone 3. J’aurais peut-être mieux fait de garder de l’énergie pour plus tard ?
Passage au col de la Madone, il y a de la famille c’est sympa, et on attaque la cime du Baudon que je connais par cœur, habitant à côté. Je double un paquet de monde
mais je finis par arriver dans de vrais bouchons.
Je me rattrape dans la descente que je connais bien, je suis même surpris que certains la trouvent technique, soient tant sur le frein. Après c'est vrai qu'il avait plu la veille donc c'était pas mal glissant sur le haut. Je bourrine sur la fin plus roulante sachant que le premier ravito solide est proche.
Après le premier ravito à Peille, malheur
, c’est la partie où il faut courir et on a déjà fait presque 30km. Je commence à avoir mal au bide. Même si du volume j’en ai fait, avec 6 séances semaines et des sorties de rando-course de 3h30 ou 4h30, j’arrive quand même dans une zone inconnue. Je m’accroche tant bien que mal en EF, je pense au prochain ravito, je rigole un peu avec un couple qui avait l’air bien en galère aussi mais je craque à quelques encablures de Gap, voyant un duo marcher. J’essaie un peu de relancer, je marche. Je sympathise avec un belge qui dit n’avoir pas pu s’entrainer à cause d’une blessure et qui vise juste une arrivée avant l’obscurité.
Le ravito assisté à Gap fait du bien, ma mère m’a même emmené un teeshirt de rechange, ça fait du bien. J’ai pu rester pas mal assis et je repars en meilleur forme. Je cours le long de la route avant d’attaquer la dernière grosse difficulté. Dans le peloton beaucoup de coureurs la redoutent, c’est là où il y a les plus forts pourcentages. Je suis plutôt confiant, je sais qu’elle n’est quand même pas très longue même si je ne l’ai pas repérée. A nouveau, je vois que je suis plus à l’aise en montée que d’autres. Mais bon un paquet m’avait remonté sur la longue partie roulante. Gros coup de mou pas très loin du sommet, les gros pourcentages à ce moment de la course m’ont quand même surpris ! Je me repose adossé à un arbre
Au sommet je discute avec un parisien et voilà qu’on se trompe de chemin ! Un australien m’embrouille en nous expliquant qu’il avait regardé la carte et qu’on pouvait rattraper la trace plus bas mais c’était des conneries !
Bref je remonte vers le sommet tant bien que mal et on attaque la descente.
Descente plutôt technique, moins demandeuse en énergie. Je redouble pas mal de monde après en avoir eu marre de ceux marchants par peur du caillou ou de la racine, et je me faufile derrière un type finissant le 100M. Il est même surpris que je descende bien étant en fin de peloton du 50. Ca fait un peu de bien. Impressionnant en tout cas de voir ces machines du 100k ou du 100M nous rattraper tranquille.
Ce nouveau temps fort ne va pas durer très longtemps, la délivrance approche, mais il faut courir pour rejoindre la prom ! Nice semble si proche et loin à la fois. Je m’accroche et je tiens le rythme avec 2-3 gars. J'ai depuis un moment une petite envie de pisser. Je me mets sur un côté, hop. Bon, rien qui sort, et c’est rouge. Doit y avoir un problème !
Bon je continue, j’arrive vers le port de Nice où je commence à marcher à nouveau sur le plat. Je suis cuit ! Mais on arrive à travers la foule qui se balade, fin d’aprem à Nice, il y a du monde ! Et on croise également des finishers qui nous encouragent, tout comme les passants. Allez, je me remotive. Je revois l’australien de tout à l’heure pour la dernière ligne droite même s’il finira par me lâcher juste avant la ligne.
Du 6 au kilo putain c’est dur, je m’accroche. Je finis sur la ligne avec les yeux rouges.
Un bon soulagement, de l'émotion. C’était peut-être ambitieux comme course vu mon expérience mais quelle aventure !
Je prends le repas de finisher avec quelqu’un mais cette envie de pisser me tracasse. En plus ils n’ont pas fourni l’eau. J’abrège, je vais chercher où je peux boire et pisser. Mais j’ai toujours le même problème alors je décide d’aller rendre visite aux infirmières. Après quelques petits verres de bouillon ça va mieux. Je m’étais bien hydraté pendant la course, je finissais mes flasques à chaque fois mais vraisemblablement je n’ai pas pris assez de salés aux ravitos et j’ai ingurgité pas mal de gels et de barres sucrées ce qui n’a pas aidé. Ca me fera une bonne leçon et une anecdote à raconter !
Et maman est fière, c'est peut-être l'essentiel
Strava : https://www.strava.com/activities/12583392531/overview