Citation :
Les joueurs d’aujourd’hui n’ont pas énormément de différences avec ceux que j’ai entraînés. L’espèce bouge, mais bouge peu, même si le jeu de rugby a subi quelques percussions qui l’ont un tantinet transformé. De fait, il en a subi une grosse. Et c’est le champ moral qui a été touché. À partir de l’an 2000, il y a eu un changement de loi: on sera rugbyman pour réussir sa vie. Le statut professionnel, qui a mûri lentement mais sûrement depuis les années 1960, touche un peu l’âme. Les rugbymen sont toujours aussi sociables. Mais ils sont pros. Ils sont mercenaires au sens propre du terme, car ils vont jouer pour ceux qui les payent. Le rugby, lui, souffre, mais reste un jeu sublime. Interrogé sur les affaires qui ont éclaté en Argentine et qui ont sali l’image du rugby Français, Daniel Herrero réagit à sa manière. Extrait: Je vois avec une forme d’inquiétude les choses d’aujourd’hui. La jeunesse est turbulente, et c’est l’une de ses richesses. Mais, entre la turbulence et l’espièglerie, il y a des proximités. Et entre l’espièglerie et la bêtise, ça s’approche encore. De fait, le jeune, quand il rencontre la force du groupe, est potentiellement à l’orée d’une aventure sublime pour l’homme et, en même temps, d’un certain nombre de risques qu’il n’évacuera jamais: la violence potentielle, l’irrespect des autres… Car, à chaque carrefour, il y a risque. […] Le jeu de rugby, lui, n’est pas coupable. Au contraire. Le jeu de rugby est encore une espérance. D’aucuns le penseraient même à l’échelle sociétale, comme moi. Mais il n’est pas pompier de la société. Il ne va pas éteindre tous les feux. Le monde ovale n’a jamais estimé que notre jeu était un remède. Il est une expérience de vie. Daniel Herrero
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