barnabe | headlift a écrit :
Citation :
Jacques Santini (sélectionneur de l'équipe de France): "Je pense que cela a été un match très âpre, très disputé. On savait que les Grecs allaient nous poser pas mal de problèmes. Après une première mi-temps où nous sommes restés un peu trop sur la réserve, on pensait que les événements allaient être plus favorables en seconde mi-temps. Si l'on en juge par le nombre de situations dangereuses, on aurait effectivement pu marquer un but. Mais un trop grand nombre de déchets techniques et un manque de lucidité dans les dernières minutes ne nous ont pas permis de revenir au score. Le fait que les champions en titre ne conservent jamais leur bien s'explique peut-être par le fait que les adversaires sont encore plus motivés de rencontrer le tenant. Même si je pense que l'on a eu une possession de balle supérieure à celle des Grecs, nous avons eu un trop gros déchet dans les passes, les centres et surtout au niveau de la première passe spontanée. Les quatre équipes que nous avons rencontrées ont produit du jeu mais en ayant comme principe défensif de nous proposer un bloc compact où les dix joueurs de champ se positionnaient devant leur gardien. Ayant des espaces réduits, nous n'avons pas eu la spontanéité et la lucidité nécessaires pour faire la différence. En amenant deux joueurs frais dans les couloirs nous avons essayé d'écarter encore plus le jeu et en plaçant Zidane un peu plus bas au niveau de Makelele on a peut-être trop abusé de longs ballons, surtout au niveau aérien où la défense grecque était très présente dans ces duels. Peut-être aussi qu'individuellement nous n'étions pas dans un bon jour. C'était un quart de finale et le fait de jouer sur la réserve et d'être attentiste a donné le résultat que vous avez vu. Nous sommes tous très déçus car nous voulions poursuivre cette aventure sur le plan humain et sportif. Nous avons un trop grand respect des adversaires pour ne pas savoir accepter une défaite. J'assume ma part de responsabilités dans cette élimination, qu'elle soit de 99 % ou de 1 %. Ce n'est pas à moi de le déterminer. J'ai vécu une expérience extraordinaire, des moments très forts qui resteront parmi les plus importants de ma carrière. Mais ma détermination sera toujours intacte tant que j'aurais le plaisir d'être dans le football. Les supporteurs de Tottenham (1re div. anglaise) peuvent me faire confiance pour d'autres aventures. Avec les Bleus il y aura quelqu'un d'autre à ma place. Je ne sais dire s'il s'agit de la fin d'une génération, cela sera aux joueurs de prendre leur décision avec mon successeur."
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d'accord avec Barnabé sur son analyse. Sinon, ce qui me frappe dans la déclaration à rallonge de ce brave Santini, c'est que tout cela ressemble à la déclaration d'un homme politique qui vient de se prendre une énorme baffe dans la gueule à des élections, et qui déclare un truc du genre "oui, mais bon, on fait quand même + 2% en valeur des voix par rapport à il y a cinq ans..." ou un truc du genre. Bref, tout pour noyer le poisson. Ce qu'il y a de terrible, c'est de ne pas dire "OUI, ON A ETE MAUVAIS, ON ASSUME, BRAVO LES GRECS ET QUE LE MEILLEUR GAGNE POUR L'EURO". A chaque fois c'est pareil, on coupe les cheveux en quatre, on se trouve de fausses excuses, et on se dit qu'on n'a pas été si mauvais.
Putain, ça existe pas l'auto-critique, la vraie, dans le foot ? (nom de Zeus)
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Tout ce que raconte Jacques Santini n'est pas faux, c'est normal c'est l'entraineur donc il est bien placé...mais je suis d'accord pour dire que cela ressemble beaucoup à un discours politique, c'est-à-dire un discours pas faux, mais un discours qui tente de noyer le poisson avec une analyse, certe objective, mais pour moi qui ne va pas à l'essentiel : l'équipe de France a été dominée parce qu'elle n'a pas été capable, parce qu'elle n'a pas eu la volonté d'exercer un pressing constant sur le porteur du ballon grec, parce qu'elle s'est contenté de gérer au rythme d'un diesel, en se disant : "c'est bon, Titi ou Zizou vont bien en planter un avant la fin du match" ou encore "c'est bon, c'est pas la peine d'aller aider sylvestre ou Liza vu que Thuram va nous nettoyer tout ça...Sincèrement je pense que l'Equipe de France a péché par suffisance, ou par arrogance même. (ce ne sont que des hypothèses de ma part...)
Pour moi la raison principale de la défaite française, de l'incurie de son jeu est la motivation et l'absence flagrante d'un vrai leader (certains préfèrent le terme "winner"...), d'un coach ou d'un joueur capable de trouver les bons mots, capable d'imposer une discipline dans le jeu tactique, dans le replacement défensif, de faire respecter les consignes, d'une personne qui en impose suffisament pour que les joueurs le repectent et que ses consignes soient suivies.
Pour moi l'Equipe de France a souffert d'un manque d'autorité, d'un surplus de démocratie...Je m'explique :
C'est l'un des arguments qu'on ressort parfois en parlant de l'équipe des Pays-Bas, pour expliquer ses absences de résultats, alors qu'ils produisent toujours un très bon football. La Hollande a toujours été dans l'Europe un pays très progressiste, un pays où le status de l'individu, les libertés individuelles ont toujours été en avance sur le reste des pays (par exemple la loi sur le cannabis, la législation assez favorables au squatteurs, législation sur les mariages homosexuels, etc.) Les Pays Bas ont souvent été le pays où les intellectuels persécutés dans leur pays se sont réfugié. Toute cette digression pour dire que discuter c'est bien, débattre constructivement est même très bien, mais que à un moment il faut quelqu'un pour décider et trancher, il faut quelqu'un pour dire : "on va faire comme ça et pas autrement, et vous avez intérêt à faire comme j'ai dit..."
Ce qui évite les flottements, les errements, les questions existentielles...
Ce rôle de coach, la personne qu'on respecte, qu'on craint presque, la personne qui dicte la tactique qu'on doit scrupuleusement respecter, la personne qui sait quoi faire parce que c'est le coach, la personne qui impose les choix tactiques et qui dit "c'est comme ça et pas autrement parce que je le dis, si t'es pas content tu sors...", a manqué à l'équipe de France. Discuter c'est bien, marquer c'est mieux. Et non tu ne le fais pas comme tu le sens (même si t'as de la bouteille et que tu t'appelles Zidane, Pirès, Henry, Trézéguet ou Thuram ou Desailly), tu fais comme je dis.
Les joueurs de l'équipe de France sont de grands joueurs, mais à force de trop discuter, à force de se croire supérieur aux autres joueurs (même si c'était inconscient), à force de se dire : "jusqu'ici, tout va bien...", ils ont échoué.
Le parcours de l'Euro 2004 de l'équipe de france ressemble par certains égards à celui de l'équipe italienne (même si celle-ci a produit par moment un jeu bien plus plaisant que celui de l'équipe de France) : une somme de joueurs individuellement très forts avec beaucoup d'expérience, mais se voyant trop beaux et se croyant capables de s'auto-gérer. Je pense qu'il est très difficile d'avoir une équipe démocratique (une équipe "entre copains" ) qui soit efficace. Le Portugal et l'Angleterre, la grèce ont un entraineur allochtone(non autochtone) ce qui favorise la séparation entre le "coaching" et les joueurs.
Avoir un entraineur de nationalité étrangère n'est pas obligatoire pour avoir un vrai "directeur de jeu". Ce rôle était tenu lors du mondial 1998 par Aimé Jacquet et la motivation de faire bonne figure dans son pays, lors de l'Euro 2000 par Laurent Blanc et Didier Deschamps (pour moi Lemerre=Santini "Ah quel chance j'ai de coacher parmi les plus grands joueurs du monde..." Aimé Jacquet c'était plutôt "On se sort les doigts du cul et on donne tout ce qu'on a..." ), lors du mondial 2002 par personne, lors de l'Euro 2004 par personne. Discuter c'est bien, appliquer les consignes aussi. Aucun joueur français ne s'est véritablement arraché. Non, ils se sont crû plus fort que l'adversaire, ils se sont déja vus en demi-finale, ils se sont crû capables de s'auto-motiver et de s'auto-gérer. La mayonnaise n'a pas pris. Ni Zidane, ni Henry, ni aucun autre "cadre" n'a sû motiver les joueurs, n'a sû remplacer sur le terrain le coach.
Quel futur sélectionneur pour l'équipe de France de football ? (Domenech serait bien) Mais certains joueurs ont acquis une telle dimension que c'est difficile de trouver un entraineur qui "en impose"...
Bon maintenant c'est bon, tout le monde redescend sur terre..."t'as joué comme une m...e pendant l'Euro et tu la ramènes?"
P.S. : Ouf! merci d'avoir été au bout.... Message édité par barnabe le 26-06-2004 à 04:16:08
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