Citation :
Trezeguet est apparu remonté lors du point presse.
Comment vous sentez-vous ?
On est bien, on a tous envie de débuter la compétition. J'avoue que c'est un petit peu long malgré les matches amicaux et le stage en famille à Tignes. Mais désormais nous sommes à deux jours du premier match contre la Suisse. Ce sera une rencontre délicate, de haut niveau, c'est ce qu'on a envie de connaître. Ce sera le point de départ d'une nouvelle aventure.
En quoi, ce match face à la Suisse sera-t-il délicat ?
C'est un premier match dans un tournoi. On a effectivement gagné les matches amicaux, mais ça ne compte pas. Là, ça va donner le ton. On est prêt. Un succès, nous motiverait, ça nous permettrait d'être bien dans nos têtes. On a un collectif impressionnant avec des joueurs de haut niveau qui évoluent dans des grands clubs. On a la qualité, à Domenech de mettre en place son système. Pensez-vous être titulaire ?
On a tous toujours envie d'être titulaire. Domenech doit avoir son équipe en tête. Je m'adapte, comme tout le monde. Au fond de toi tu espères toujours. Le but final de cette équipe c'est de gagner cette compétition. On devra tous rester le plus disponible possible pour donner le max.
Avez-vous été rassuré par votre but face à la Chine ?
Bien sûr, pour un attaquant, c'est important de marquer. Ça fait du bien dans la tête. En club, tout s'est bien passé cette saison mais en sélection ce n'est pas la même chose. On a moins le temps de travailler ensemble. "Surpris d'être remplacé"
Qu'avez-vous ressenti lors de votre remplacement ?
J'ai été surpris. Je ne fais pas les choix. Je suis entré pour remplacer quelqu'un qui s'était blessé. Ça nous a beaucoup touché même si ça fait partie du métier. Il y avait match nul contre la Chine chez nous et c'était un match à gagner. Ça a payé car on a fini par l'emporter 3-1. C'est à moi de l'accepter. Ce n'est pas dans ma nature d'aller demander des explications. Comment réagissez vous aux critiques de ceux qui estiment que votre relation avec Henry n'est pas très fructueuse ?
Je connais Titi depuis Monaco en 1997. On a vécu beaucoup de choses ensemble. Chacun à ses qualités et on essaye tous les deux de s'adapter à lautre. Des fois ça marche et d'autre fois ça ne marche pas. Moi, j'essaye d'être à disposition de l'équipe. Mais franchement, la qualité qu'on a en France avec Titi (Henry), Saha, Djib (Cissé) et moi, on ne la trouve pas partout. Ensuite, c'est au coach de décider du système et à nous de nous adapter.
Que pensez-vous de cette équipe de Suisse ?
C'est une équipe qu'on connaît bien et qui nous a déjà mis en difficulté. Il ne faut pas oublier que lors des deux matches de qualifications on avait eu pas mal de problèmes. On avait des blessés alors que cette fois nous serons tous là. Ce ne sera pas la même histoire. Ensuite en 2002, on était content de commencer par le Sénégal et on avait connu la défaite. La Suisse, cela va nous permettre de savoir où on en est vraiment. "Etre bien en place, ça veut dire quoi ?"
Votre relation avec Zidane ne fonctionne-t-elle pas mieux qu'avec Henry ?
Etre à côté de Zidane ou Henry, ça me touche beaucoup car ce sont des joueurs de grandes qualités et des amis. Sur le terrain, je me sens bien avec les deux. Pour ma part, j'ai déjà beaucoup prouvé en club avec Monaco et en Italie et j'ai aussi beaucoup prouvé en équipe nationale aussi. Des fois, on entend des opinions injustes. A la fin, ce sont les numéros (sélections et buts, ndlr) qui comptent. C'est ma façon de voir les choses. En 2002, on avait les mêmes attaquants. Pourquoi, cela changerait-il aujourd'hui ?
J'ai vu une émission, je ne sais plus laquelle... Enfin si je sais mais je ne veux pas le dire. Enfin, malgré la présence de Henry, Cissé et moi, il fallait d'abord avoir une équipe en place et ensuite attaquer. Il y a 3 ou 4 équipes au niveau des sélections qui ont des joueurs de cette qualité. Quand on a cette possibilité, il faut y aller sans trop réfléchir. Avec le Brésil, il y a Kaka, Ronaldo, Ronaldinho, Adriano, Robinho et compagnie. S'ils le font pourquoi pas nous. On dit qu'il faut être bien en place, ça veut dire quoi ? L'exemple, c'est le Brésil. Ils ne se posent pas de questions, ils vont au bout.
Le jeu de l'équipe de France est-il trop défensif ?
Ça, on est bien en place puisqu'on ne prend pas de but. Domenech a une idée en tête et il ira jusqu'au bout. On a 4 défenseurs et trois milieux. Et si les deux latéraux attaquent, ils défendent beaucoup aussi. S'il veut qu'on marque ou pas, c'est à lui de demander. Nous, on aime attaquer. Estimez-vous que l'équipe de France pourrait jouer avec Henry, Trezeguet, Saha, Ribéry...
Impossible !
C'est impossible en France ?
Oui, c'est impossible en France.
A cause du sélectionneur ?
Domenech a mis un système et une équipe en place. Il faudra aller au bout avec cette idée. Le coach a envie d'avoir une équipe qui maîtrise, je suis d'accord avec ça aussi. Il écoute les joueurs, c'est normal. Après il faut respecter ses choix.
Pensez-vous être le seul à penser de cette manière ?
Si je suis le seul ? Mais le Brésil, c'est le foot...
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