Bouchet règle ses comptes ...
Aujourdhui, le journal du dimanche publie des extraits dune longue lettre ( 23 pages !) qua adressé Christophe Bouchet à RLD, aux membres du directoire et à ceux du conseil de surveillance de lOM.
Extraits.
- Droits TV : « lUCPF vient dentériner la nouvelle répartition des droits TV pour laquelle jai inlassablement ferraillé, défendant bec et ongles lOM et cest une estafette ( ndgob : en loccurrence Régis Rebuffat, avocat et membre du conseil de surveillance), mandaté oralement par RLD, qui a paraphé ce document. »
- Siège administratif : «
que les salariés ont déménagé vers la Commanderie ou jaurai tant aimé les voir sextasier devant ces nouvelles conditions de travail. Des installations modernes regroupant ladministratif, les médias et le sportif. En plus dun siècle dexistence, personne ny était parvenu. Jen suis fier. (
) »
- Acariès : «
Comme le formule Acariès, à sa façon, « tas pris une tonne doseille hein ? Alors fais place nette ! ». On consomme, on te paie, on te jette. A ce prix là, dois-je embrasser ? »
- Corzani : «
parfait compagnon de la ménagère, roi de la fête des mères. » Il est selon Bouchet le responsable des fuites sur les frais de lancien président.
- Lembauche de sa femme : Validée par le conseil de surveillance.
- Ses successeurs : «
Et la nouvelle équipe mise en place, avec Pape Diouf mon frère ( ndgob : qui a refusé de signer sa lettre de licenciement, comme celles des hommes recrutés par Bouchet) et Thierry de la Brosse, un homme charmant et compétent, me fait dire que lOM est entre de bonnes mains pour devenir le grand club quil doit être. »
- RLD : « Je ne le remercierai jamais assez RLD. Il ma fait une confiance aveugle. »
- Responsabilités : «
Javais la totalité des pouvoirs. Jen ai usé. Jassume tout : les erreurs grossières ( pas de titres en trois ans, communication mal maîtrisée, affaire Runje-Perrin-Barthez
) mais aussi des résultats inespérés ( finances équilibrées, structuration, acquisition de terrains, participation LDC ».
- RLD bis : « En apprenant que RLD disait partout ( Diouf, Gaudin
) quil voulait me remplacer, jai préféré prendre les devants : Je voulais bien me faire insulter, rentrer sous protection du service de sécurité, endurer la chasse à lhomme de la presse locale pour servir un club, lOM, et un homme, RLD
Mais lorsque le ressort sest brisé chez lui, que faire ? Le risque a ses limites
».
- Train de vie : Il accuse Vivian Corzani davoir épluché les comptes et den avoir parlé à la presse. « Un vol en jet privé pour un voyage collectif chez RLD, pas de restaurant étoilé, pas de voyage aérien en classe affaire, pas une suite dans un hôtel, pas un palace, pas de garde du corps, fantaisie pourtant répandue à lOM, pas de chauffeur, etc
»
- Les cigares : La plupart ont été consommés au » salon du président » les soirs de rencontre par nos invités, dautres dans mon bureau. Jajoute que les jours ou il sest consommé le plus de cigares, cétait lors des réunions du conseil de surveillance. »
- La voiture de fonction : « Je nen ai jamais eu trois ou quatre, comme le disait la rumeur. Ma voiture de fonction était une Porsche Cayenne. Elle était moins chère que la voiture de fonction prévue dans la première mouture de mon contrat ( une Mercedes classe S). » Il a été obligé de la remplacer par une Renault espace. « Etre obligé de me justifier sur ce type de frais, marginaux dans une entreprise, me dégoûte. Cela me rend crasseux mais rend encore plus sales les auteurs de tels procédés. »
- Perrin : «
Ce dossier de harcèlement sexuel na pas été monté. Il est issu dune situation humaine intenable dans laquelle nous nous sommes trouvés vis à vis de plusieurs salariées du club
Juste pour lanecdote, le premier à men informer a été Anigo. Des recoupement sérieux et des témoignages écrits sont venus étayer très solidement le dossier. Jai maintenu RLD informé de la nature exacte des faits et jai sollicité plusieurs fois son avis, ce qui ne ma laissé aucun doute sur la conduite à tenir. Je crois que la situation peut s arranger, humainement et financièrement. »
- Drogba : « Nous savions que la saison 2003-2004 serait bénéficiaire. Mais lannée 2004-2005 sannonçait mal
léquipe engendrait un déficit prévisible de 13 millions deuros. Nous nous sentions néanmoins capable de résister à une offre pour Drogba, ce que nous avons fait pour la Juventus ( 18 millions deuros). Vendre un joueur comme Didier pour cette somme aurait été une hérésie
Seulement, dés que loffre de Chelsea est arrivée ( suite à lentrevue Kenyon-RLD ), nous nous savions pris au piège.
Seul Robert pouvait nous inciter à le retenir. Garder Drogba était une décision d actionnaires ( ndgob : Bouchet et RLD donc) et ce nest pas moi avec mes maigres 10 % qui pouvait décider. RLD ne la pas souhaité ainsi. »
- Les remplaçants de Drogba : « Papa est allé à Dortmund, qui demandait 12 millions deuros. Jentend dire aujourdhui( ndgob : par RLD entre autres) que nous aurions pu lavoir pour 4 millions. Peut-être. Mais si cest vrai, aucun club na pris le risque. Quant à Etoo, il sétait engagé très tôt avec le Barca pour se venger de Perez, le président du Réal, qui lavait sous-estimé. Didier Girard, qui a travaillé sur le dossier avec moi, peut témoigner quil était impossible de réaliser ce transfert. De plus, Etoo ne voulait pas prendre la suite de Drogba. Donc affirmer quon pouvait le prendre est inique. »
- Anigo : « RLD navait pas confiance en José
Anigo était très sensible à la pression et na jamais pleinement assumé le recrutement. Pire, sen prenant régulièrement à Luyindula, il a créé une atmosphère viciée
. Autre problème, Anigo était devenu le symbole dune marseillisation nécessaire du club : La France aux français, Marseille aux marseillais. Moi, dun coup, jétais « parisien ». Bref, lennemi. Alors hop, épuration ethnique. Terrain fangeux, odieux. »
- Erreurs de recrutement : «
Jadmet deux erreurs de casting : Lizarazu et Fiorèse. Deux choix discutables défendus par Anigo.
Au sujet de Fiorèse, jétais vraiment à la recherche de soutien (ndgob : Bouchet était contre sa venue) : Meurice était contre, Diouf nétait pas chaud, Mehdi ( ndgob : El Glaoui, président du conseil de surveillance)ne savait pas, RLD non plus. Un bon « non » ferme nous aurait tellement aidé. Mais José nous avait mis une pression énorme, arguant que nous avions vendu Mido 6 millions deuros, alors que 3 millions deuros, pour Fiorèse, cétait cadeau. Nous étions convaincus, Pape et moi, quen cas de mauvais résultats, José aurait fait naître une polémique sur les moyens mis à sa disposition
Pour Lizarazu, encore un choix dAnigo, ébloui par la génération des champions du monde
Dans une année normale ( cad sans la vente de Drogba), jamais nous ne serions allés chercher un joueur de cet âge, à ce salaire et sans léventuelle contrepartie dun futur transfert
Ce ne fut pas une fragilité de dirigeant, mais un soutien aveugle à notre entraîneur. Dommage. »
Chacun se fera sa propre opinion sur les propos de Christophe Bouchet mais force est de reconnaître quil ne font que confirmer certaines états de fait, notamment labsence de RLD, tant physique que financière et lincompétence dAnigo.
Lhomme Bouchet avait ses défauts, il a commis des erreurs mais il a su faire avancer lOM sportivement, structurellement institutionnellement et financièrement.
Pour cela, il mérite notre respect.