Changeons-nous les idées, un peu
L'instant Pierre-Pat
Ligue 0-0
La semaine de foot a été riche : coupes d’Europe, championnat de France, championnats étrangers et l’inévitable phrase de la semaine sont au programme de la chronique.
Mardi soir, l’Olympique lyonnais a enfin lancé sa saison européenne en s’imposant à Stuttgart 2 à 0. Il était temps. Car, après deux lourdes défaites, il était indispensable de se reprendre, histoire d’y croire (un peu) à nouveau. C’est en tout cas une copie propre qu’ont rendue les Lyonnais, pas flamboyants mais efficaces – et encore, ils auraient pu l’être plus. Deux buts de Fabio Santos le miraculé et de Benzema ont suffi au bonheur des Rhodaniens, relativement relancés dans leur course aux huitièmes. Relativement car, pas de chance pour l’OL, les Rangers ont arraché le nul chez eux contre le Barça, ce qui leur laisse quatre points de plus que les Gones, sans oublier une différence de but particulière qui représente quasiment un point de plus.
Si Lyon s’est en effet replacé et surtout redonné confiance après cette victoire, n’oublions pas qu’une qualification passe par un sans-faute lors des deux prochains matchs contre Stuttgart et surtout Barcelone, le tout à Gerland, pour avoir le droit de tout jouer sur le dernier match à Ibrox Park. Si entre temps les Ecossais ne font pas le coup de gagner au Camp Nou…
Dans les autres groupes, Manchester et la Roma assurent dans leur groupe, l’Inter s’impose grâce à un faux rebond et Arsenal déculotte le Slavia Prague (7-0) qui entre dans l’Histoire de la compétition pour sa première participation : plus grosse branlée de tous les temps !
Mercredi, l’Olympique de Marseille a finalement ralenti son irrationnel rythme européen en obtenant le match nul chez lui (1-1) au terme d’un match où, le plus incroyablement du monde, il a réussi à mener au score grâce à Niang (bien servi par Cissé, dont il est également important de souligner les bons gestes parce que les mauvais sont tellement nombreux qu’ils ont tendance à les couvrir) avant de se faire rejoindre sur un penalty de Lucho. Les Phocéens peuvent (et ils l’ont fait) remercier Mandanda et ses poteaux qui ont longtemps retardé l’échéance. La réussite – un brin taquine quelques jours plus tard, on y reviendra - était marseillaise. Mais le hold-up n’a pas eu lieu et les Portugais nourriront sans doute quelques regrets après ce match. Enfin, mention spéciale à celui (celle ?) qui a balancé son pot de gel sur la pelouse. Dans le même groupe, la grosse surprise, c’est la défaite de Liverpool à Besiktas (1-2), la deuxième pour les Reds, qui ne comptent qu’un misérable point, soit quatre de moins que Porto ! Liverpool – Lyon, même combat. A la différence près que les hommes de Benitez sont censés être largement meilleurs que leurs trois compagnons…
Cette deuxième soirée fut moins riche en buts que la précédente mais on signalera tout de même la victoire « à la Guingampaise » de Chelsea face à Schalke, celle au forceps de Benfica contre le Celtic (non les Ecossais ne sont pas invincibles !) et les cartons du Real (4-2) et du Milan (4-1). Enfin le réveil du champion d’Europe ?
Mais l’Europe, ce n’est pas que pour les riches. On jouait aussi la C3 jeudi. Nos clubs français ont encore été moyens. Si Bordeaux s’est imposé après avoir été mené par Galatasaray et un but de… Nonda (2-1), Toulouse a vendangé avant de perdre 0-1 à Leverkusen, ex-gloire de la coupe d’Europe des grands, et Rennes s’est fait dominer à Bâle (0-1) au terme d’un match bien terne. Le Bayern, lui, peine encore une fois pour s’imposer et ne doit son salut qu’à un improbable coup franc direct du jeune Kroos à la 91ème minute (3-2). Trop favoris les Bavarois ?
La douzième journée de Ligue 1 avait lieu ce week-end. Et c’est plutôt un accent de Ligue 0-0 qu’avait notre bon vieux championnat ce samedi. Pas moins de quatre matchs conclus sur ce score qui fait cauchemarder les diffuseurs (Metz-Nancy, Saint-Etienne-Auxerre, Monaco-Caen et Lorient-Nice, que des affiches en plus). A ce propos, on peut se demander si cette non-avalanche de buts ne fait pas le jeu de Canal Plus, à l’heure où sont plus que jamais de sortie les petites déclarations assassines aux allures de guerre psychologique dans l’optique de la renégociation des droits télé. En effet, cette improductivité semble apporter de l’eau au moulin de la chaîne cryptée dans sa communication autour de la perte de valeur de la L1…
Au niveau du terrain, on retiendra que Nancy a raté le coche en se déplaçant chez son meilleur ennemi, pourtant bon dernier de la classe. L’ASSE est, elle, sanctionnée pour sa domination stérile. Monaco ne perd plus, c’est déjà ça. Mais l’ASM n’a pas trouvé le moyen de venir à bout du Stade Malherbe et ne progresse plus depuis un mois et demi. En ce qui concerne Lorient-Nice, tout est dit dans le nom de l’affiche. L’état de grâce des Merlus est définitivement terminé. Outre ces matchs sans but, il y a quand même eu un peu de spectacle sur les autres stades, à commencer par Chaban-Delmas où Bordeaux, de nouveau mené par un joli contre son camp (mais pas le plus beau de la journée) de Diawara, a de nouveau renversé la vapeur grâce à l’incontournable David Bellion, déjà 8 buts et dont le très bon total n’est éclipsé que par celui, phénoménal, de Benzema. La très grosse surprise de la journée, c’est la fessée reçue par le LOSC à domicile contre Strasbourg : 0-3 et un remplacement de Kluivert à la demi-heure pour cause de prestation fantomatique. Syndrome Vieri ?
Autre surprise, qui finit par ne plus en être une au fil des journées, c’est la défaite de Marseille à Sochaux (1-2). Le genre de match qu’on ne vit qu’une fois par saison voire par décennie. Tout avait pourtant bien commencé : Nasri était de retour, Cissé était sur le banc et Niang ouvrait le score dès la 9ème minute. Mais c’était trop beau. La Réussite, plutôt olympienne donc en début de semaine, avait décidé qu’elle en avait trop fait contre Porto et s’en prit donc aux malheureux défenseurs marseillais, Zubar puis Bonnart, tous deux auteurs de superbes têtes catapultées au fond des filets… de Mandanda. Le genre d’actions qui, si elle se présente en position offensive pour ces deux joueurs, finit neuf fois sur neuf en sortie de but.
Mais cette coquine de Réussite n’était pas rassasiée. Elle en voulait encore. Et elle rugit de plaisir lorsqu’elle vit Cissé entrer en jeu : elle avait trouvé la victime parfaite. Une jolie action de Djib’ terminée sur le poteau en guise de hors-d’œuvre. Puis le plat de résistance et le dessert en même temps : un penalty relativement généreux – en guise de preuve de sa « bonne foi » - tiré par ce même Cissé et bloqué par un gardien encore groggy du coup reçu une minute auparavant. Le scénario catastrophe était parfaitement ficelé, la Réussite pouvait aller dormir tranquillement et laisser Gerets et ses hommes à la 18ème place.
Dimanche, Lens jouait un épisode de « Vis ma Vie » d’Olympique de Marseille en menant au score (à domicile cette fois) avant de perdre face au Rennes des vieux briscards Wiltord et Leroy (2-1). A l’instar des Phocéens, les Lensois sont reléguables, malgré leurs ambitions initiales. Le Mans et Toulouse n’ont pu se départager et restent 5ème et 10ème. Enfin, Lyon est allé s’imposer au Parc des Princes et a démontré les définitions différentes que l’on peut attribuer aux termes « jeune garde » puisque ce sont essentiellement Ben Arfa (20 ans) et ses deux buts, bien aidé par un extraordinaire Benzema (19 ans) qui sont venus à bout de la « jeune garde » du PSG, non pas dépassée mais simplement moins forte. De plus, le match fut à rebondissements avec cette minute de folie voyant Ben Arfa rater une énormissime occasion de 3-0 puis Cléber Anderson se faire exclure dans la foulée. Ce carton rouge est d’ailleurs sans doute la meilleure nouvelle de la semaine pour les Lyonnais : le Brésilien ne jouera pas le prochain match. Pas de bol, c’est de la Coupe de la Ligue. Quoi qu’il en soit, ce fait de match a relancé le PSG et deux cadeaux de la défense lyonnaise (Vercoutre en chef de file) ont permis au vieux Pauleta d’atteindre le total de 99 buts pour Paris. Le 100ème fut très proche mais ce sera pour une autre fois. Mini satisfaction : au classement, Paris est devant Marseille… à la 15ème place. Rendez-vous donc pour la splendide Coupe de la Ligue en milieu de semaine avec un Rennes-Valenciennes et un Niort-Le Mans en guises d’affiches…
A l’étranger, l’Angleterre continue de vivre à deux vitesses puisque Chelsea et Manchester United ont écrasé leur adversaire. Dans le choc, Liverpool et Arsenal n’ont pu se départager et restent invaincus. On a par ailleurs appris que Juande Ramos, l’entraîneur à succès du FC Séville, quittait l’Espagne pour l’Angleterre et Tottenham. Assez surprenant en plein milieu de la saison mais bon… En Espagne justement, le Real et le Barça ont repris leur marche en avant tandis que Villarreal a explosé à Saragosse (1-4) et que Valence s’est fait corriger à Séville (0-3). Conséquence directe, Quique Flores a été démis de ses fonctions. Les deux géants créent un petit écart en tête du classement.
Fait exceptionnel, les Allemands auront vu moins de buts que nous ce week-end puisque seuls 12 buts ont été marqués en 9 matchs ! Stuttgart a gagné, le Werder, le Bayern et Karlsruhe ont fait match nul. Du coup, c’est Hambourg qui remonte à la deuxième place, à quatre points du leader munichois. En Italie, le Milan n’en finit plus de tomber, de nouveau à domicile contre la Roma cette fois (0-1). Ancelotti a du souci à se faire. Dans le même temps, l’Inter ne fait mieux qu’un nul et la Juve s’incline à Naples (1-3) sur deux penaltys si contestables que l’arbitre et Zalayeta, ex Juventino actuellement à Naples, ont été suspendus pour incompétence et simulation ! L’Inter reste premier devant la Roma et le duo Juve-Forentina. Enfin, aux Pays-Bas, outre les 27 buts inscrits, on retiendra avant tout l’annonce de la retraite du géant Jaap Stam. La fin d’une époque.
Pour conclure, place à la phrase de la semaine. C’est Bernd Schuster qui est à l’honneur pour ses propos sur Leo Messi : « S'il ne se comporte pas bien le 23 décembre, je lui mettrais le collier de mon chien autour du cou pour qu'il se calme un peu ». N’est pas Raymond Domenech, incisif et un minimum drôle dans ses interventions, qui veut. Mais nul doute que le petit Argentin doit en trembler d’avance.