Reprise du message précédent :
Lyon indomptable
C’est beau le football. Ce sport où une équipe de prétendus charlots, annoncés morts d’avance, est capable de s’imposer face à des stars internationales qui n’avaient a priori qu’à se baisser pour ramasser les lauriers. Les charlots ont même poussé le vice jusqu’à avoir des regrets. Gerland n’est toujours pas madrilène.
Lyon-Real Madrid devait être l’exécution de ce condamné qu’était l’OL. Dans un élan désespéré, Claude Puel titularise Pjanic au milieu et Delgado à gauche, histoire de mettre un peu de romantisme dans le bain de sang qui se prépare. En face, toutes les vedettes sont là (et Benzema sur le banc), même si Mahamadou est préféré à Lassana pour le quota Diarra. Le Real confisque le ballon dans les premiers instants mais c’est Govou, profitant des boulevards laissés par Marcelo, qui allume les premières mèches en tentant deux « Govou » consécutives (une reprise du droit et un enchainement sombrero-reprise du gauche), toutes deux non cadrées. Même si les Merengues ont largement la possession, on remarque rapidement que la défense inhabituellement haute des lents Lyonnais dérange les Espagnols, d’autant qu’aucun ballon en profondeur n’arrive à destination. Il faut dire qu’au milieu, Toulalan abat un travail remarquable, d’autant plus que Makoun fait du Makoun et que Pjanic est un fantôme. De son côté, Réveillère a réussi la première manche de sa « démancinisation » face à C. Ronaldo, ses accélérations fulgurantes, ses déviations judicieuses et ses feintes inutiles.
Contre toute attente, l’OL parvient même à développer quelques beaux mouvements collectifs, principalement en contre, et enchaine les tirs au but, tous non cadrés (Lisandro, Boumsong, Pjanic qui se prend pour Juninho mais qui gâche tous les coups francs). Incroyable mais vrai, Lyon défend bien, étouffe son adversaire et remonte très vite les ballons grâce, entre autres, à un Delgado des grands soirs, dont la complicité avec Lisandro crève de plus en plus les yeux. Plus invraisemblable encore, la charnière centrale Cris-Boumsong est impériale, avec une mention spéciale pour l’ancien Auxerrois, digne de son niveau d’OL-Manchester 2008. Gonzalo Higuain est, lui, en difficulté. En fin de période, les Gones poussent, multiplient les corners et, sur l’un d’entre eux, Chelito Delgado balance une superbe reprise de volée… droit sur le poteau. C’est alors qu’on pense que Lyon a définitivement laissé passer sa chance, puisque c’est la pause.
Mais dans ce match placé sous le signe de l’inattendu, le point d’orgue de la soirée se devait d’être surréaliste. On a été servis. En effet, moins de trois minutes après la reprise, l’incessant harcèlement du milieu lyonnais permet à Makoun de récupérer un ballon dans le rond central et de remonter le terrain, sans opposition, Lisandro semblant beaucoup plus préoccuper Garay et Albiol que le Camerounais, maintenant arrivé aux 25 mètres. Jean II décide alors de frapper. Et là, la faille, l’incident. Le tir n’est ni cou-de-pied, ni extérieur ; ni brossé, ni lifté ; ni puissant, ni tendu. Il est un peu flottant, assez mou, tournoyant. Dans la lucarne (1-0). Makoun, sifflé par Gerland au début du match, fête ainsi Mardi-Gras dans un costume de héros qui lui va moyennement, mais qu’importe.
Lyon poursuit sur son rythme, même si le Real tente d’augmenter le sien. Mais les occasions sont pour les Français. Lisandro par deux fois (tête, puis tir croisé après une boulette de Casillas) et surtout Cissokho, sur un service du brigand magnifique, qui loupe une occasion en or massif en se heurtant au pied de San Iker. Dans la foulée, Lloris s'impose devant Higuain dans un stade qui s'enflamme et qui commence à trembler (de peur). Puis, Lisandro, Delgado et Benzema, tous ovationnés, animent les changements. Les dix dernières minutes sont interminables pour l’OL. Les corners madrilènes s’enchainent mais les Gones tiennent le choc et s’imposent finalement 1-0 devant un Gerland émerveillé de retrouver son équipe. Tout n’a pas été parfait mais tout a été au-delà des espérances. Bien sûr, le regret de ne pas avoir mis le deuxième but est présent mais la satisfaction d’avoir, enfin, remporté un huitième de finale aller à la maison, qui plus est contre un gros morceau, est grande. Qui l’eût cru : au coup d’envoi du match retour, le 10 mars, Lyon (qui reste sur deux nuls à Bernabeu) sera qualifié pour les quarts. C’est beau le football.
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À San Siro, c’était également grand spectacle pour Milan-Manchester United. Il ne fallait pas être en retard pour voir le premier but de Ronaldinho, à la suite d’un coup franc de Beckham et d’un retourné décisif d’Evra. Le Ballon d’Or 2005 a réalisé une grande partie, notamment dans la première demi-heure où, accompagné par tous ses partenaires, il a mis en difficulté une défense mancunienne aux abois. Pato, Antonini et Huntelaar se sont retrouvés en position idéale mais ils n’ont pas su concrétiser. Mal leur en a pris puisque c’est Scholes, sur un geste des plus improbables et impossible à refaire volontairement, qui égalisait contre le cours du jeu. L’expérience, sans doute.
En seconde période, le Milan baissait très nettement de pied, malgré un bon coup franc de Pirlo, et laissait MU prendre doucement mais sûrement l’ascendant sur le match. C’était sans grande surprise que l’insatiable Rooney donnait finalement l’avantage à Manchester d’une habile tête lobée. Moins de dix minutes plus tard, le prodige anglais passait le troisième d’un autre coup de tête, au milieu d’une défense digne d’un duo Cris-Boumsong ordinaire. Il restait alors une quinzaine de minutes et le diable milanais s’était fait manger par celui mancunien. Mais il ne faut jamais enterrer les rossoneri. Ceux-ci réussissaient en effet à arracher le 2-3 grâce à une fantastique Madjer de Clarence Seedorf face à un Van der Sar (avec qui il remporta la C1 en 1995 !) médusé. Pippo Inzaghi faillit ensuite ajouter une ligne à sa légende mais son tir passait juste au-dessus. La tâche s’annonce désormais titanesque pour le Milan. Mais après ce qu’il s’est passé ce mardi soir, on se dit que rien n’est impossible.
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!!! Règle sur les mains au foot !!!