Gone baby gone
Anfield Road appartient désormais aux deux Olympiques de France. Après la victoire arrachée mais logique de Lyon ce mardi soir, qui est synonyme d’excellente opération, les Reds devront batailler pour sortir de la poule. Retour sur cette grande soirée.
Avant Liverpool-Lyon, tout le monde était focalisé sur « l’enfer d’Anfield », l’histoire mythique de son club et la mission difficile qui attendait les Lyonnais, malgré l’état de forme incertain des Anglais. Au coup d’envoi, Gerrard était bien là mais pas Torres, tandis qu’Ederson prenait inexplicablement la place de Bastos dans le onze de Puel. Cela n’a toutefois pas empêché les Gones de rentrer direct dans le match, sans subir ce fameux « premier quart d’heure » qui peut faire mal. Au contraire, c’est l’OL qui bouscule Liverpool grâce notamment à l’abattage de Källström et aux déboulés de Réveillère ou Cissokho. C’est sur un énième centre millimétré de ce dernier que Lisandro se crée une occasion énorme, mais son coup de boule à bout portant arrive droit sur un Reina qui n’a pu que prier pour sortir cette balle et qui a été entendu. Lyon fait la loi, malgré la discrétion de Pjanic, les cafouillages d’Ederson et la présence de Makoun, tandis que Steven Gerrard cherche son chemin après s’être perdu sur cette étendue d’herbe. Une seule bonne balle à son crédit, décisive cela dit, mais Kuyt a eu la bonne idée de bousculer Toulalan et son but est ainsi logiquement refusé. Gerrard sort quelques minutes plus tard, beaucoup trop court physiquement pour ce match.
Kuyt est d’ailleurs impliqué dans le tournant du match, lorsqu’il percute involontairement mais de plein fouet, du genou, un Cris victime d’une glissade et auteur d’un tacle du crâne dont il se souviendra… ou pas, vu la violence du choc. Les atermoiements qui suivent ne concernent pas que les esprits du Policier mais également le banc lyonnais, qui hésite à agir, malgré tous les Cris et les SOS de Toulalan. Bien entendu, « la moindre erreur se payant cash », à la suite d’une affreuse perte de balle de Makoun et sur un centre venu de la gauche, le défenseur Brésilien manque son dégagement et après 253 contres favorables, Benayoun ajuste tranquillement Lloris. Le crime parfait est en route. Dans la foulée, le jeune Gonalons est finalement lancé en défense centrale pour former avec Toulalan la plus improbable des paires de six. L’OL frôle d’ailleurs la catastrophe quand Fabio Aurélio et Hugo Lloris font le remake de l’action de Lisandro et Reina – avec toutefois plus d’effets spéciaux – mais la pause est atteinte à 1-0 pour les Reds.
Le premier quart d’heure qui fait mal était finalement programmé en début de seconde période, avec un Benayoun et un Kuyt toujours dangereux mais un Lloris toujours aussi attentif et décisif. C’est alors que Maxime Gonalons, pur gone de 20 ans, entre dans l’arène. Il s’échauffe avec une première reprise de la tête, déviée in extremis par Benayoun en corner. Cinq minutes plus tard, sur un autre corner de Källström, après une double occasion pour Toulalan et Makoun, doublement stoppés par un Reina brillant, le jeune Lyonnais place une tête plongeante inattendue mais victorieuse qui libère tout son camp et les 2.500 bruyants supporters rhodaniens ayant fait le déplacement. Même l’arbitre en tombe à la renverse ! Il aura fallu s’y mettre à quatre milieux défensifs mais l’OL obtient finalement son égalisation.
L’euphorie gagne alors tous les joueurs lyonnais, qui donnent tout ce qu’ils peuvent pour tenir et pousser. Puel décide même d’handicaper son équipe en faisant entrer Gomis, mais c’est sans doute pour cultiver le goût de l’effort, si cher à l’adversaire du soir. Ce dernier qui, de son côté, gâche sa balle de match quand Skrtel enlève trop sa reprise. On est alors dans le temps additionnel quand l’infatigable Govou trouve la force pour combiner superbement avec Pjanic et centrer devant le but pour un Delgado à peine entré et qui n’a plus qu’à conclure, sereinement, du gauche. Liverpool est pris à son propre jeu favori qu’est le but à la dernière seconde et laisse Lyon ramener avec lui trois points et surtout un max (Gonalons) de confiance et de fierté. Reste aux Lyonnais à confirmer – enfin – ce statut de champion d’Europe des matchs de poule.
Il faudra pour cela commencer par assurer la qualification. Un nul contre Liverpool à Gerland suffira, vu que la Fiorentina s’est imposée en Hongrie face à Debrecen, dans un match spectaculaire où il ne fallait pas être en retard (4-3).
Dans le groupe F, il y avait de l’argent à se faire avec les contre-performances à domicile du Barça et de l’Inter. Les champions d’Europe en titre se sont fait congeler par le Rubin Kazan, sur deux frappes puissantes, et le superbe but d’Ibrahimovic n’y a rien changé (1-2). À Milan, l’Inter a encore démontré que la C1 était farouche avec elle en enchainant un huitième match sans succès dans la compétition ! Et il s’en est fallu de peu pour que ce nul arraché contre le Dynamo Kiev (2-2) ne se transforme en défaite, à cause notamment de la parodie de défense offerte par les nerazzurri mais aussi de la parodie de ballon d’or présentée par Chevtchenko. Les quatre équipes du groupe qui se tiennent en un point, voilà qui promet pour la suite !
Dans la poule G, Stuttgart et son inimitable gardien Jens Lehmann se sont inclinés 1-3 contre le FC Séville, avec un doublé de Squillaci. La superbe frappe pleine lulu de Falcao pour le VFB n’y a rien changé. Mais la surprise dans ce groupe qui ne nous fait définitivement pas rêver, c’est la correction infligée par l’Unirea Urziceni aux Rangers, à Ibrox Park : malgré l’ouverture du score écossaise, sur un csc, les Roumains s’imposent 4-1 grâce notamment à deux… csc glaswegiens ! Du grand art. La revanche dans deux semaines.
Enfin, dans le groupe H, comme à Liverpool, il fallait rester jusqu’au bout. En effet, au Pirée comme à Alkmaar, le money time a été décisif – même si le club néerlandais n’a plus beaucoup de sous. Après avoir dominé et mené au score une bonne partie de la rencontre, Arsenal s’est fait rejoindre sur le fil par une reprise fulgurante de Mendes Da Silva (1-1). En Grèce, le Standard a aussi mené mais il s’est, lui, incliné dans le temps additionnel (1-2) contre un Olympiakos désormais bien placé pour se qualifier. La leçon du jour étant que tout bon supporter devrait savoir qu’un stade de football n’est fait ni pour être rejoint en retard, ni quitté en avance. Et pourtant, ils auront été nombreux à se faire piéger ce mardi.
---------------
!!! Règle sur les mains au foot !!!