Justin Petitpeu prolapse des bermudes | simius_computus a écrit :
Effectivement j'ai une image idéalisée de ce que je "devrais être" ouais. De bonnes fondations bien solides pour se détester au maximum.
Chaque fois que je débarque quelque-part et qu'il faut sociabiter, c'est un remake des rentrées au secondaire où le gary de base se dit "cette année, je vais être cool" en serrant les poings.
Par contre je crois pas qu'il faille diminuer le farming, il y en a déjà assez peu pour ma part, et bon si on veut faire un minimum de trucs dans sa vie ça me semble pas être un bon plan que d'écouter ses stratégies d'évitement. Je me suis déjà bien ramassé dans ma vocation initiale à cause de ça Encore si je m'épanouissais dans le JV, et autres trucs purement solitaires, ouais je pourrais faire ma vie avec un taf pépère et mes ptits hobbys en ermite sur le temps libre, ce serait confortable. Mais c'est pas le cas, je peux m'occuper seul mais c'est vite la déprime. Typiquement la zique en solo tu tournes vite en rond, tu perds la motive, tu finis par lâcher. Et quand je dis taf pépère, c'est optimiste parce que la plupart des jobs me semblent demander un minimum de relationnel.
Ce matin jsuis resté bloqué à observer le boulot d'un colleur d'affiches en attendant le train, il avait l'air plutôt peinard, à faire son collage minutieux là, virtuose du balai Mais bon c'est peut-être le genre de contrat précaire que tu veux pas
Changer de cat, je sais que c'est pas possible, et pas enviable non plus (je suis pas vraiment jaloux des over-sociables).
Juste arriver à être à peu près calme, suffisamment pour jouer le jeu social quand il le faut et se ménager ses moments de solitude.
Il y a une diff entre un état de panique qui te ruine au bout de 10 minutes, et ressentir un besoin de solitude après quelques heures de relationnel.
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Ah se ressasser à chaque veille de rentrée que cette fois c'est la bonne et qu'on va enfin être cool, tout est dit.
Pour ce que ça vaut... plus les années passent, plus je ressemble à la personne que je voulais être à l'époque où j'ai fait mes classes (ce qui fait sens sachant qu'à l'époque je rêvais d'avoir la force morale d'être étanche à la pression sociale de l'environnement scolaire et que j'ai pseudo résolu le problème en renonçant doublement aux études et à un vrai job), mais évidemment ça ne suffit pas et j'ai toujours l'impression d'être encore à 15000 bornes d'avoir réussi à laisser le garysme derrière moi. Les progrès sont toujours trop lents. Surtout avec ce réflexe absurde de réajuster en permanence son moi fantasmé pour le faire correspondre à des aspirations absolument inatteignables à l'instant t.
Y'a farmer et farmer, se forcer tout le temps à faire des choses qu'on aimerait éviter en en attendant une récompense à terme, je dis pas que c'est pas efficace pour se désensibiliser, se faire des expériences et accessoirement gagner sa vie, mais dans le fond c'est agir comme si le monde était un endroit rationnel et prévisible, y'a tellement de facteurs impossibles à intégrer dans la simulation que les tentatives de contrôle comme mater systématiquement les gens dans les yeux ou s'inscrire dans une salle de muscu me semblent dérisoires quand tu sais qu'il suffira toujours d'une mauvaise journée pour avoir envie de se jeter du haut d'un pont. Y'a quelques temps je me disais que la TCC + médication légère + farming étaient la solution parfaite pour apprendre à gérer le problème, maintenant je sais plus trop. Enfin encore une fois je dis pas d'abandonner, surtout que ta situation s'applique pas spécialement à ce que je viens de dire a priori, mais de savoir où est sa limite et de se préserver, quand on se sait facilement anéanti par un échec ou qu'on panique régulièrement avec le cerveau qui tourne à vide toute la journée
Pour la musique tu admets toi-même que tu étais pas taillé pour en faire ton boulot au moment où tu as fini tes études, mais un petit groupe de zicos avec lequel répéter après la cogip, c'est un peu le genre de compromis pépère que j'évoquais Je sais pas exactement dans quoi tu te projettes à terme, mais entre le projet de baraque à retaper en paysannie, envier le mec qui colle des affiches et rêver à l'équilibre cosmique de pouvoir garder son quant à soi tout en socialisant a minima, il ressort quand même une certaine aspiration au calme et à la dépressurisation définitive
Enfin bon, en ce qui me concerne ma vision de la solution à l'heure actuelle serait de me débarrasser de mon ego de chiasse, de manière à ce que la pression de me conformer aux attentes supposées d'autrui et autres ambitions trisomiques n'ait plus aucune prise sur moi, juste garder assez de jus pour pas devenir un déchet ou laisser mon capital partir aux quatre vents, et la détente du fion éternelle sera enfin presque à ma portée |