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Certains pays ont parfois adopté des politiques pour réaliser un équilibre entre la croissance démographique et les ressources disponibles. Ces politiques ont adopté des stratégies différentes : certaines se sont traduites par des programmes concrets, y compris la sensibilisation des familles, etc. mais d’autres ont préféré des stratégies à long terme, visant le changement des mentalités L’Algérie a adopté une politique de maîtrise de la croissance démographique en ouvrant des milliers de centres de PMI, offrant services (à la mère et l’enfant) et contraceptifs. Nous nous interrogerons dans ce travail sur l’impact de cette politique sur la famille. Comment cette politique a été intégrée ou non dans le système de valeurs et des principes religieux. Nous nous baserons sur une étude sociologique de terrain dans l’est algérien.
Les premières années de l’indépendance ont connus un taux considérable d’accroissement de la population, ce phénomène est du aux changements qui ont caractérisé le domaine social et le domaine économique, c’est grâce au développement de ce dernier que la population a amélioré son niveau de vie, et l’implantation d’infrastructures sanitaires (centres hospitaliers) et la promotion de la prise en charge médicale ont fait que la taux de la mortalité diminue chez les enfants,un autre constat, celui de la tranche active, qui a plusieurs chances de travailler.
La croissance démographique après l’indépendance a pour causes :
1/ Diminution du taux de mortalité (1962) au niveau de toutes les tranches d’âge par rapport aux années précédentes.
2/ Amélioration du niveau de vie et promotion de la prise en charge médicale.
3/ Hausse du taux de mariage ce qui a entraîné bien sur un taux de fécondité considérable.
4/Instauration d’un climat de paix et de sécurité après la fin de la guerre de libération.
5/ Perfectionnement des procédés de recensement de la population (1) .
6/ l’analphabétisme comme étant un facteur déterminant de l’explosion démographique :
1- Mariage précoce chez les jeunes filles analphabètes (17 ans) tandis que chez les jeunes filles instruites l’âge est estimé a 22 ans.
2-Taux d’enfantement considérables chez les femmes analphabètes (en 1980, plus de 90% des naissances étaient attribués à des femmes analphabètes) (2) .
Le taux de croissances naturelle qu’a connu l’Algérie dans les années 70/80 était le taux le plus élevé dans le monde ( voir tableau N 01) .
Cette réalité s’explique par des facteurs que nous avions annonçais ci dessus (taux élevés d’analphabétisme, mariage précoce, le non application des procédés d’espacement des naissances par les couples mariés avec rigueur comme on peut ajouter aussi l’hégémonie des coutumes et traditions qui influent d’une façon ou d’une autre sur l’augmentation des naissance aux sein de la famille algérienne. D’après les résultats obtenus dans le tableau (n°1) nous remarquons que la période de 1962 à 2005 peut être répartit en cinq phases :
1- La première phase 1962/1980
• l’Algérie a marqué le taux d’accroissement le plus élevé dans le monde (plus de 3.39 %) malgré la création des centres de planification familiale au niveau régional EST/OUEST/CENTRE Constantine /Oran/Alger
• le taux d’accroissement se justifie par :
1/ l’absence de sensibilisation de la famille algérienne a l’utilisation des moyens contraceptifs et leur ratification.
2/ l’incapacité des autorités nationales d'instaurer un dispositif exhaustif en vue de l’application d’un espacement des naissances.
Le planning familial en Algérie
La croissance démographique en Algérie a été constatée en 1966, à partir des résultats de recensements qui ont indiqué un taux de croissance démographique de 3.39 %, ce qui représente le plus haut niveau dans le monde. Cette situation a d’abord attiré l’attention des responsables sur le sujet de la population suivi d’un ensemble de travaux tel que publication d’articles dans la presse nationale, et le sujet du planning familial a été évoqué lors de plusieurs rencontres. Au cours de la même année, s’est tenu le congrès de l’union nationale des femmes algériennes et lors duquel le planning familial a été proposé faisant appel au gouvernement pour faciliter l’usage des préservatifs pour la protection de la santé et de la mère et de l’enfant.
A cette époque soit en 1966, le président « Houari Boumediene » s’est rendu au congrès de l’union des femmes et a tracé les objectifs suivants :
- la lutte pour l’annulation de la polygamie ;
- la dot dans le cadre du code de la famille ;
- établissement du planning familial en tant que moyen de libération de la femme et la protection de sa santé et celle de ses enfants en ces propos : « on invite la femme pour se présenter aux élections communales pour se charger des problèmes conjugaux, du divorce, de la polygamie et du planning familial » (7) . Ces centres ont connu un développement important sous l’égide des nations unies de la santé (9) . Parmi les nombreux travaux qui se sont manifestés au sujet du contrôle des naissances en 1968, la consultation du Haut Conseil Islamique qui a annoncé une première Fatwa sur le planning familial. En 1969, deux centres furent ouverts à Oran et Constantine, sachant que ces centres qui ont commencé à s’élargir au niveau de la base, constituent un grand intérêt pour la santé de la famille se basant sur les trois axes suivants :
- le suivie de la mère durant sa grossesse jusqu’à l’accouchement ;
- la prise en charge du nouveau-né et l’observation de sa croissance jusqu’à l’âge de six ans.
- donner les recommandations nécessaires aux couples convaincus de l’importance du contrôle des naissances soit l’espacement des grossesses pendant une période suffisante pour assurer la santé et de la mère et des enfants, ainsi que l’adaptation familiale.
Ce travail est resté partiel et limité et n’a touché qu’une petite catégorie de la société. En 1969, le Président « Houari Boumediene » a changé son point de vue sur l’idée du planning familial et a mis un terme à ces efforts préliminaires. Le président Houari Boumediene a déclaré la même année 1969 lors de son inauguration du complexe industriel d’El-Hadjar à ANNABA : « notre objectif est de procurer à notre population un niveau de vie semblable à celui des pays développés ... nous n’acceptons pas de fausses solutions tel que le contrôle des naissances, soit mettre un terme aux difficultés au lieu de trouver les solutions adéquates. On préfère des solutions positives et efficaces soit trouver des postes de travail pour les majeurs, construire des écoles pour les enfants, offrir des commodités sociales meilleures pour tous » (10).
Ces positions claires du premier responsable du pays sur le problème de la population expriment à son avis l’attente et la réflexion, et si aucun problème n’apparaisse, on peut procéder à son développement. Quoi qu’il en soit, le problème de la démographie s’est concrétisé par la pratique à travers le planning du développement, mais ce qu’il faut constaté c’est que le problème de la démographie ne s’est pas arrêté au niveau de la politique intérieure du pays, mais qu’il a atteint le niveau international.
En 1974, un congrès international sur la démographie s’est tenu à BUCAREST, où l’Algérie a été présente ainsi que d’autres pays du tiers monde. Le représentant de l’Algérie Mr BAHRI a dénoncé la politique démographique en disant que: « la meilleure pilule c’est le développement » (11) . Dix ans après, l’Algérie a changé d’avis à propos de la planification familiale lors d’un congrès international tenu à Mexico en 1984.
(...)
En 1981 le Comité Central du Parti du Front de Libération Nationale a pris acte lors de sa quatrième session, du taux de croissance démographique de 3.2 % par an dans notre pays, ce qui aurait pour effet de doubler le nombre d’habitants. Quant au premier plan quinquennal 1980-1984, il a approuvé la nécessité de contrôler la croissance démographique comme comportement salutaire dans l’amélioration de l’efficacité de la construction économique et l’intérêt donné aux besoins sociaux de la population, ses grands axes étaient basés sur le consentement individuel et collectif avec le respect des valeurs de l’autre et le libre choix du conjoint.Dans ce plan le Comité Central du Parti a insisté sur la nécessité absolue du planning familial.
En 1983, il a confié la mission de l’information, l’éducation et la sensibilisation à toutes les structures concernées, ainsi que toutes les prestations médicales et sociales. Durant cette période, une prise de conscience est apparue concernant le problème de la démographie au niveau politique et qui était l’étape du commencement des premiers travaux au niveau national, et ceci pour une harmonisation de la croissance démographique et du développement économique (13) . Quant au deuxième plan quinquennal (1985 – 1989) : son intérêt était clair concernant la politique démographique, vu les effets de la croissance démographique sur le développement économique et social. Cet intérêt est reflété par un recul de L’Etat dans le financement du développement, et une redistribution des charges du développement entre l’Etat et les opérateurs économiques, tel que les institutions et les familles. Cette politique a toujours empêché une priorité remarquable sur la prise en charge de la demande sociale par l’Etat, et démontre des critères qui n’ont par d’influence sur la structure familiale, la loi et le rôle de la femme, et surtout sa fertilité. L’enseignement intensif, le travail et les charges de santé des mères et des enfants, outre la promotion du logement type « H.L.M. » sur tout le territoire national, et notamment l’influence de ce type de logement sur la taille de la famille.
Ainsi une égalité sociale s’est établie, et la réalité de la taille de la famille et son effet se sont imposés, ce qui a donné lieu à deux méthodes :
a) libérer le couple de l’influence étendue de la famille et son pouvoir, en les aidant à élaborer leur propre stratégie à condition qu’elle soit distincte de la stratégie de la grande famille.
b) Imposer un espace ménager inextensible contrairement à la famille traditionnelle ce qui crée la sensation de l’importance du planning familiale; ce type de logement et d’une importance lorsqu’on l’offre à une large catégorie de la population en tant qu’un indicateur du développement social, et c’est ce qui prouve le franchissement du secteur traditionnel vers une société moderne (14) .
(...)
Des recommandations internationales relatives à tout ce qui concerne la santé de reproduction, ont été données lors du congrès de la population et du développement tenu au Caire en 1994, lesquelles ont été intégrée dans les programmes démographiques depuis ce temps. Ce concept a apparu en Algérie en 1995 notamment avec la création de la commission nationale de la santé de reproduction et le planning familial en 1995. Il a également apparu dans le texte appliqué dans les règles de l'organisation et du travail de la direction de la santé et de la population de la wilaya en 1997. Une nouvelle prévenance de la politique démographique a également apparue en 1995 où l’Etat a assuré son rôle dans l’organisation et l’assistance, et se rallier au principe de l’adhésion administrative au planning familial, et le programme a demeuré actif dans un aspect d’encouragement et non d’obligation.
2- La deuxième phase 1980/1985 :
Cette période qui coïncide avec la période du (plan quinquennal) se caractérise par une crise économique et énergétique qui a frappé le monde entier y compris l’Algérie et qui a engendré un accroissement remarquable du taux de chômage. Mais malgré les efforts de l’état a inculquer une politique opérationnelle quant au soutien de l’application du programme de la planification familiale .Pour ce faire 260 centre PMI ont été installés a l’échelle nationale avec l’adoption d’un programme nationale pour contrôler la croissance démographique et ceci par la sensibilisation des citoyens a l’importance d’espacement des naissances. Les résultats des démarches adoptées pendant cette période se sont concrétisés ultérieurement.
3- La troisième phase 1985/1989 :
Cette période se caractérise par l’adoption d’un certain nombre de disposition dont les plus importante sont :
• L’esquisse d’espacement des naissances sur le plan individuel et collectif et l’application sur le terrain dans les domaines suivants : - L’éducation, L’information et la communication, - La culture et la promotion sociale.
• En 1987 a été adopté (l’association algérienne de la planification familiale) qui ouvre pour la réussite du projet de la planification familiale dans le respect des choix des individus et la religion islamique.
4- La quatrième phase 1990/1995 :
Cette période se distingue par le recule des taux d’accroissement en Algérie de 2.49 % A 1.89 % en 1995 et ceci en raison de :
• la création d’une commission nationale pour l’espacement des naissances au sein du ministère de la santé.
• Soutient de la politique de la population.
• L’installation, en 1995, de la commission nationale pour la santé de la fécondité et planification nationale.
• En raison des événements pénibles qu’a connu l’Algérie au cours des années (90) a la fin du siècle passé la famille algérienne a vécu une période de désespoir très ardue ce qui a provoqué chez la famille algérienne le désire de limiter le nombre d’enfants et par conséquent la réduction des taux d’accroissement ajoutant a cela, le recule de la capacité d’achat chez la famille algérienne ou le nombre d’enfant représente désormais, un fardeau, des charges et moins de ressources.
5- La cinquième phase 1996/2003 :
D’après le tableau N° 01, cette période continue a connaître une baisse de taux d’accroissement qui va de 1.69 en 1996 a 1.48 % en2000 pour enregistrer une légère augmentation de (0.11 %) soit 1.69 % en 2005. Les causes de cette régression en sont dans :
• la disponibilité des moyens contraceptifs.
• Le nombre des demandeurs a augmenté de : 2.5 million en 2000 en comparaison avec 8000.0000 en 1997.
Et malgré la politique menée par le gouvernement , en ce qui concerne l’espacement des naissance à partir de 1967 , les débuts de cette entreprise (années 70/80) étaient modeste .Et avec le développement des situations économiques et sociales , la propagation et la diffusion de l’enseignement, l’intégration par la femme du monde du travail , le retard dans le mariage et l’utilisation des moyens de contraception ; le taux de fécondité a connu une nette régression et une baisse de la fécondité .Il faut avouer aussi que le facteur le plus déterminant dans cette prise de conscience de l’enfantement est celui de l’instruction qui joue un rôle important dans le retardement du mariage .
Cependant le rôle de la femme au sein de la famille moderne a changé de celui de la famille traditionnelle ; après le rôle secondaire qu’elle occupait par rapport à l’homme en étant considérée mineure (16); elle s’occupait uniquement de la reproduction, de l'éducation des enfants et des travaux ménagers. Elle n’obtient sa liberté et son pouvoir qu’après être devenue vieille, et ce dans le but de renforcer les rangs de la famille, après être devenue mère de nombreux enfants et surtout des mâles, et grand-mère pour de nombreux petits enfants. On pourrait dire que les contours de sa position sociale n’étaient pas bien définis (17).
Avec le temps, la société algérienne a vu plusieurs transformations qui ont contribué à son changement, tel que l’évolution, le développement de l’industrialisation et la présence de la femme dans le domaine professionnel. Le couple était devenu entièrement libre. Ils étaient devenus totalement autonomes après avoir été soumis à la responsabilité collective du père et du grand-père. La femme occupe maintenant une place importante au foyer ainsi qu’hors de la maison.
Après l’indépendance, l’Etat a veillé à la gratuité et à la généralisation de l’instruction pour les deux sexes. La femme est présente dans tous les cycles de l’enseignement, Zahia OUADHAH BEDIDI a écrit à ce propos « que les filles ont eu aujourd’hui la part du lion dans l’enseignement, de 1965 – 1966 leurs efforts étaient considérables et que les inscriptions représentaient le ¼ dans le cycle moyen. Durant la période 2000 – 2002, elles ont représenté 56% des élèves dans les lycées (pour les filières scientifiques et techniques, et a atteint les 61% pour l’enseignement général) ; d’autre part, l’enquête algérienne sur la santé de la famille qui s’est déroulée en 2002, a révélé une augmentation dans le nombre des filles instruites à l’âge de 15 ans, et ce lors de passage au secondaire »(18).
Le statut social de la femme a ainsi changé et elle est entrée dans le monde du travail, de l’enseignement et de la culture en ayant le sentiment d’une liberté intellectuelle. Elle jouit des mêmes droits et obligations que l’homme, à charge de trouver un compromis entre ses devoirs conjugaux et son travail. Si on compare les deux dernières décennies avec l’époque des années 70, nous allons remarquer une régression dans le taux de fécondité (8.4 enfant par femme en 1970 contre 2.2 pour une femme de l’année 2002), le tableau N° 2 explique cet état de fait. Ainsi, nous pouvons affirmer que les femmes algériennes ayant atteint l’âge de la fécondité de nos jours ne sont disposé à n’avoir que moins de trois enfants que pouvaient avoir leur maman durant les années 70(19).
La baisse de la fécondité n’a pas seulement atteint les zones urbaines ; elle a affecté aussi les régions rurales. Ceci apparaît plus évident dans les période comprise entre les années 1992-2002, décennie ou la fécondité a connu une baisse sérieuse. La suite du PDF (avec stats et %)
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