Petit copier/coller de mon pavé sur Halloween Kills depuis le topic ciné
J'ai vu Halloween Kills (2021) de David Gordon Green.
Citation :
Après 40 ans d'attente, Laurie Straude a enfin mis fin à son combat. Elle a laissé Michael Myers, le boogeyman qui a changé sa vie, enfermé dans sa maison en flammes. Cependant, tandis que les pompiers tentent d'éteindre l'incendie, Michael en profite pour s'enfuir et met rapidement la petite bourgade de Haddonfield à feu et à sang... Encore.
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Bon. J'ai beaucoup de choses à dire, mais la plupart sont pas très claires, alors je vais tenter.
J'adore Halloween (1978), c'est l'un de mes deux ou trois films d'horreurs préférés.
Je considère que TOUTES les suites n'ont pas compris la force de ce film, et la force de son boogeyman, Michael Myers. J'inclus le remake tout flingué de Rob Zombie qui, en plus de n'avoir rien compris, fait même exactement tout l'inverse de ce qui fonctionnait dans ce personnage en le faisant parler, en lui donnant une personnalité, etc. N'imp.
Michael Myers, dans le film de 1978, est décrit par le Dr Loomis comme le mal incarné, un petit garçon qui est devenu le réceptacle d'une force obscure, indéfinissable, un mal sans nom qui n'est que "pure evil". Ainsi, ses actions n'ont pas vraiment ni de sens, ni de réel choix qui soit compréhensible depuis nos yeux de spectateurs. C'est la première chose qui le rend effrayant : on ne comprend pas ce qu'il veut, et on ne le pourra jamais.
Il n'aura jamais la moindre empathie, émotion, probablement même pas de douleur physique, et encore moins morale. C'est ce qui le rend potentiellement inarrêtable, car il ne bronche jamais, et c'est la deuxième chose qui le rend vraiment terrifiant.
Michael n'est pas Jason, il ne tue pas vraiment pour "punir" moralement qui que ce soit, contrairement aux méchants de slashers des 80's il ne vient pas se venger de quelque chose qu'on lui a fait, et ne semble pas non plus ressentir un quelconque besoin ou envie de tuer de façon brutale ou stylée. Il tue de façon simple et efficace ceux qui sont sur sa route.
Le premier film est parfait dans sa conclusion, car il ne franchit jamais vraiment le cap entre réel et surnaturel : Michael a été blessé à l’œil (ce qui l'a ralenti un instant, mais pas arrêté du tout), il a pris quelques coups, il a chuté, mais il est toujours debout. Enfin, il se fait tirer dessus, tombe par la fenêtre, et... Finit par disparaître.
Final PARFAIT.
Peut-être que les balles l'ont finalement seulement blessé, ne touchant pas de parties vitales ? Peut-être qu'il est bien tombé, par chance, et que sa robustesse a fait le reste ? Est-ce qu'il s'est enfui en titubant, proche de la mort ? Ou est-ce qu'il n'a rien du tout ?
On ne le sait pas. C'est la force de cette fin, qui laissait planer le doute sur sa condition humaine. On sait seulement qu'il est habité par le mal, oui, mais jusqu'où ? Est-ce qu'il est encore physiquement humain ?
Je fais volontairement l'impasse sur tous les films suivants, puisque c'est ce qu'a fait Halloween (2018).
On arrive donc en 2018, et je considère cette suite comme une petite réussite dans le genre, au moins sur ce point : le film a bien compris Michael. Il est à nouveau effrayant, et encore une fois le fossé entre le réel et le surnaturel en ce qui concerne sa nature n'est jamais franchi. La fin était volontairement ouverte.
Halloween Kills, c'est donc la suite de ça.
J'ai plutôt bien aimé.
C'est toujours beau, propre visuellement, violent graphiquement, la musique est très cool (John Carpenter est toujours aux commandes), modernisée (coucou Ghostbusters : Afterlife qui nous ressort sans une once de changement le thème du film de 1984) et plus punchy pour correspondre aux standards de ce nouveau film.
Le personnage de Michael Myers est globalement bien respecté, le scénariste a bien compris qu'il devait être iconique et pas faire du kung-fu contre Busta Ryhmes. Il est toujours implacable, se prend des coups mais se relève toujours, ne manifeste toujours aucune émotion. Pas de faux pas à ce niveau-là.
Cependant, certains éléments m'ont dérangés, je reviendrai dessus plus bas.
Dans les points négatifs, le film racle les fonds de tiroirs pour nous sortir des personnages "survivants" du film de 1978. En soi, pourquoi pas, s'ils avaient des arcs narratifs intéressants.
SAUF QUE
Ils ont TOUS (à des degrés différents) le même arc narratif que Laurie Straude dans Halloween 2018. A savoir "c'est mon traumatisme, j'y pense tout le temps". Sauf que bon, trois d'entre eux étaient des enfants à l'époque, qui pourraient donc tout à fait avoir vécu ça autrement, et surtout en avoir fait autre chose dans leur personnalité d'adulte. Laurie l'a affronté, et vit en PTSD depuis, tandis qu'eux, bah... C'étaient des enfants, qui ont été protégés par Laurie. Donc, le scénario est très paresseux sur cet aspect, le pire étant le personnage de Tommy, véritable resucée totale de Laurie du film précédent, alors qu'on ne l'a jamais vu.
Bref, dommage.
Au bout d'environ 45 minutes de film, celui-ci rebondit enfin sur sa seule véritable bonne nouvelle idée : les habitants, fatigués de toujours être terrorisés par Michael Myers (les mêmes habitants qui semblaient traiter Laurie de folle dans le film précédent, bon... Admettons qu'entre temps, le film de 2018 est passé par là et que Michael a fait de nouvelles victimes, et que c'est donc tout frais dans leur tête puisque ça se passe dans la même nuit), décident de le traquer.
L'idée est bonne, surtout qu'en plus ils se mettent à se comporter de façon inhumaine, emportés par l'effet de masse, et provoquent un événement tragique.
C'est un peu caricatural, mais ça fonctionne, et c'est en fait le seul véritable arc scénaristique du film. Dommage qu'il ne soit pas bien développé, j'aurais aimé voir davantage Michael traqué, on l'oublie presque un peu au bout d'un moment.
Cependant, après, tandis que Michael empile les cadavres (le body count est monstrueux et l'amateur de gore y trouve clairement son compte), il y a une réflexion sur ses motivations, et surtout le fait qu'on ne les ai jamais vraiment connues. J'ai trouvé cette séquence sous-exploitée, mais bien pensée, car il est largement temps pour nos personnages d'essayer de comprendre un peu plus sa psyché (ou son absence de psyché justement ?), afin de mieux l'affronter.
Effectivement, Michael est une énigme, un enfant s'étant développé mentalement jusqu'à 7 ans pour ensuite devenir un tueur silencieux, un esprit incompréhensible dans un corps indestructible. Personne ne sait ce qu'il veut vraiment ? Est-ce Laurie ? Est-ce retourner dans sa maison natale ?
Bref, très bon point, si on est fan du personnage.
Dommage qu'en parallèle, Laurie passe tout le film à l'hôpital, mais j'imagine que c'est non seulement logique dans la continuité du film de 2018 (elle prend très cher dedans), et obligatoire au niveau de la trilogie prévue, pour réserver l'inévitable affrontement final entre eux pour le troisième film.
Sa fille prend un peu plus le relais, mais je trouve que son arc narratif de personnage est déjà terminé dans le premier film et donc elle n'évolue plus vraiment, là. C'était donc l'occasion de faire évoluer la petite fille de Laurie, et le film essaye tant bien que mal, mais encore une fois, elle avait déjà quasiment effectué la même trajectoire à la fin du film précédent... Je trouve que pour les deux, il manque clairement quelque chose.
Je veux les voir elles, pas les persos tout flingués du film de 1978 qui n'ont aucun sens et dont je me branle !
Au passage quand même, petit kiff de revoir Charles Cyphers à 82 ans, même s'il devrait clairement être à la retraite au lieu d'être flic.
J'ai dit que quelque chose m'avait gêné avec Michael quand même :
Il y a une scène où il se bastonne contre des pompiers.
Mouais. Michael ne se bat pas. Il tue. Il est toujours en un contre un, puisqu'il prend ses victimes par surprise, et tue rapidement. Là, bon... On dirait plutôt Batman que Michael Myers. Même s'il les tue quasiment tous en un coup.
Je comprends l'idée derrière la scène : le rendre iconique et trop stylé, pour effacer un peu le passé qu'il se traîne. Mais là, c'était trop. Michael devrait normalement sortir de la maison discrètement par derrière au lieu d'aller affronter 8 pompiers.
Ensuite, vient la fin. Je mets tout en spoiler.
Spoiler :
Michael, déjà blessé par Karen (la fille de Laurie), se retrouvé piégé par les habitants de Haddonfield. Ils se mettent à le tabasser, et il se prend même des balles dans le torse. Karen lui assène un ultime coup de couteau dans le dos, tandis qu'il cherche désespérément à ramasser son arme. Il a vraiment l'air mourant. Et là... Il y a une scène qui peut vraiment faire débat pour les fans. Le film prend un parti. Laurie, en voix off, explique qu'ils ont peut-être eu tort de chercher à combattre Michael par la force, qu'il est possible que sous son apparence humaine se cache quelque chose d'autre. Elle émet l'hypothèse (j'aime bien que ce soit une simple hypothèse : le spectateur est libre d'y croire ou pas) que plus il tue, plus il a de force, comme un mal inhumain qui se nourrirait de douleurs et de mort pour survivre. Cela renforce la connexion entre Laurie et Michael, comme s'il n'y avait vraiment qu'elle pour le comprendre, au final. A ce moment là, Michael se relève une ultime fois juste avant que Charles Cyphers ne l'abatte, et massacre tout le monde dans une scène qui n'est pas dénuée d'une certaine forme de poésie ultra violente. En plus, il attaque les mains/bras de ses assaillants pour les désarmer, c'est assez ingénieux même si pas assez mis en avant. En fait, c'est un peu une version 2.0 de la scène de film du film de 1978. En plus jusqu'au-boutiste. Donc... On adhère ou pas. J'ai bien aimé, personnellement. Dans le contexte du film, et avec la voix de Laurie derrière, je trouve que cela fonctionne, au moins en tant que scène. Peut-être moins dans la mythologie du personnage. J'y suis très attaché, et pourtant j'ai accepté la scène, donc c'est qu'elle doit quand même être réussie. Le film se termine sur un ultime ultimatum de Laurie "I'm coming for you Michael", ce qui sera la seule phrase qu'ils "échangeront" de tout le film, en préparation du suivant donc. |
Bref. Désolé pour le pavé.
Je suis content de voir que des gens aient envie de faire encore des choses avec cette licence, même si cet épisode a du mal à trouver sa véritable place, car engoncé dans un rôle de deuxième opus d'une trilogie annoncée. Ainsi, il a peur d'avancer trop vite, et au final les événements paraissent presque anecdotiques. Je dirais presque qu'on pourrait sans doute l'ôter et regarder juste Halloween 2018 et la conclusion, Halloween Ends, à venir dans quelques temps.
Cependant, il y a pas mal de bonnes petites choses pour les fans, et l'ensemble a l'air d'avoir quand même été pensé par des gens intelligents.
De plus, en tant que slasher, le film donne tout ce qu'il a, et enterre tous les Jason et autres conneries du genre sur ce plan.
(Une autre analogie avec Ghostbusters : Afterlife, la présence d'un Donald Pleasance en CGI (ou face replacement) pour deux petits plans plutôt bien foutus.)
Message édité par Emzy le 18-01-2022 à 10:15:44
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