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Auteur Sujet :

Racisme en Corse

n°4311542
docmaboul
Posté le 01-12-2004 à 14:00:43  profilanswer
 

Reprise du message précédent :

El Tristo a écrit :

D'un autre coté, inspire-toi des belges qui supportent bien les meme types de propos de notre part à tous sans broncher :D


 
D'ailleurs, il y a une chanson de l'un d'entre eux que j'affectionne particulièrement:
 
Désolé, bergère
J'aime pas les moutons
Qu'ils soient pure laine
Ou en chapeau melon
Qu'ils broutent leur colline
Qu'ils broutent le béton
Menés par quelques chiens
Et par quelques bâtons
Désolé, bergère
J'aime pas les moutons
 
Désolé, bergère,
J'aime pas les agneaux
Qui arrondissent le dos
De troupeau en troupeau
De troupeau en étable
Et d'étable en bureau
J'aime encore mieux les loups
J'aime mieux les moineaux
Désolé, bergère
J'aime pas les agneaux
 
Désolé, bergère,
J'aime pas les brebis
Ça arrive tout tordues
Et ça dit déjà oui
Ça se retrouve tondues
Et ça vous redit oui
Ça se balance en boucherie
Et ça re-redit oui
Désolé, bergère
J'aime pas les brebis
 
Désolé, bergère
J'aime pas les troupeaux
Qui ne voient pas plus loin
Que le bout de leur coteau
Qui avancent en reculant
Qui se noient dans un verre d'eau bénite
Et dès que le vent se lève
Montrent le bas de leur dos
Désolé, bergère
J'aime pas les troupeaux
 
Désolé, bergère
J'aime pas les bergers
Désolé, bergère
J'aime pas les bergers
Il pleut, il pleut, bergère
Prends garde à te garder
Prends garde à te garder, bergère
Un jour tu vas bêler
Désolé, bergère
J'aime pas les bergers
 
 

mood
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Posté le 01-12-2004 à 14:00:43  profilanswer
 

n°4311962
abakuk
Posté le 01-12-2004 à 14:58:16  profilanswer
 

crapaudine a écrit :

J'ai l'impression de lire le syndrome du parisien persécuté "les provinciaux me détestent" version corse...
C'est marrant mais aucun de mes amis ne se sent persécuté depuis l'enfance parce que Corse...(sans vouloir envenimé le débat) [:kilgoreweb]

Tu peux y aller, de toute façon c'est déjà fait depuis longtemps. Dès que Docmaboul fout les pieds quelque part, le topic devient subitement infréquentable. [:sisicaivrai]
 
 

DocMaboul a écrit :

Bref, comme tous les topics où il est question de la Corse DocMaboul fout ses gros sabots, ça va être un topic à gros trolls, blagues douteuses bien grasses et étalage d'ignorance et de lavages de cerveau par les médias.

[:aloy]


Message édité par abakuk le 01-12-2004 à 14:59:00
n°4312440
crapaudine
Batracien jovial
Posté le 01-12-2004 à 16:13:54  profilanswer
 

DocMaboul ===> t'es lourd avec ton complexe du persécuté [/fin du HS]


---------------
Excel est mon ami pour la vie - http://marion.chtitemouss.net/
n°4313339
docmaboul
Posté le 01-12-2004 à 18:01:42  profilanswer
 

crapaudine a écrit :

DocMaboul ===> t'es lourd avec ton complexe du persécuté [/fin du HS]


 
Clairement et simplement:
- je ne fais pas de complexe (je ne me sens pas inférieur, loin de là)
- je ne me sens pas persécuté (manquerait plus que ça)
 
[/fin du HS]

n°4313390
docmaboul
Posté le 01-12-2004 à 18:12:51  profilanswer
 

abakuk a écrit :

Tu peux y aller, de toute façon c'est déjà fait depuis longtemps.


 
Oui, ça s'est envenimé lorsqu'un connard de première n'a rien trouvé de mieux à faire que de balancer les sempiternels "la corse vache à lait de la France", "les corses, on peut se poser des questions quant à leur ardeur au travail", et bla bla bla... Désolé, chez moi, c'est épidermique comme réaction et tout comme chez d'autres lorsqu'il s'agit des mêmes propos sur les juifs, les noirs, les arabes & cie. J'espère qu'au moins, vous avez pris du plaisir à écrire des remarques aussi fines, originales et constructives.
 
Bon, sur ce, je vous laisse faire le perroquet en paix et ânonner les niaiseries qu'écrivent les faiseurs d'opinion publique.

n°4313463
crapaudine
Batracien jovial
Posté le 01-12-2004 à 18:24:46  profilanswer
 

DocMaboul a écrit :

Clairement et simplement:
- je ne fais pas de complexe (je ne me sens pas inférieur, loin de là)
- je ne me sens pas persécuté (manquerait plus que ça)
 
[/fin du HS]


 
"inférieur" ===> y'a des complexes de supériorité et je m'orienterais plutot dans cette direction (et le fait que tu sois corse n'a rien à voir la dedans mais si tu veux t'abriter derrière cette excuse libre à toi)
"Loin de là" ===> ça on avait remarqué  :D


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n°4313473
crapaudine
Batracien jovial
Posté le 01-12-2004 à 18:26:47  profilanswer
 

Cela dit, je ne vois pas bien où cette discussion peut aller parce que je vois mal qqun écrire "y'a du racisme en corse et ils ont bien raison" donc à part chercher les racines de ce problème ( et je pense qu'il y a des gens bien plus spécialisés que nous, et non je ne parle pas de DocMaboul, notre petit écorché vif de service  :D ) je pense que ce topic ne peut que dévier...Malheureusement  [:jagstang]


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n°4313526
abakuk
Posté le 01-12-2004 à 18:34:56  profilanswer
 

DocMaboul a écrit :

Clairement et simplement:
- je ne fais pas de complexe (je ne me sens pas inférieur, loin de là)
- je ne me sens pas persécuté (manquerait plus que ça)
 
[/fin du HS]

Bah si, quand même un peu! [:dawa]

n°4313760
Profil sup​primé
Posté le 01-12-2004 à 19:10:12  answer
 

crapaudine a écrit :

Cela dit, je ne vois pas bien où cette discussion peut aller parce que je vois mal qqun écrire "y'a du racisme en corse et ils ont bien raison" donc à part chercher les racines de ce problème ( et je pense qu'il y a des gens bien plus spécialisés que nous, et non je ne parle pas de DocMaboul, notre petit écorché vif de service  :D ) je pense que ce topic ne peut que dévier...Malheureusement  [:jagstang]


 
Au fait, on attend toujours un sujet sur le racisme en France continentale et métropolitaine.
 
Les colleurs d'affiches de PACA, les tombes nazifiées, tout ça (encore que Nicoli aussi y ait eu droit, et pas un mot d'indignation de la part du Sarkopte), bref tout ce qui fait qu'un corso-kabyle crève de peur à l'idée de débarquer en Île de France (région violente, raciste, où les indigènes ne savent pas conduire et sont trop feignants pour cultiver la terre de leurs mains, consultez les statistiques [:ddr555]).


Message édité par Profil supprimé le 01-12-2004 à 19:12:23
n°4313933
docmaboul
Posté le 01-12-2004 à 19:32:33  profilanswer
 

crapaudine a écrit :

"inférieur" ===> y'a des complexes de supériorité et je m'orienterais plutot dans cette direction (et le fait que tu sois corse n'a rien à voir la dedans mais si tu veux t'abriter derrière cette excuse libre à toi)


 
Eh bien, sans vouloir vous offenser, l'expression de "complexe de supériorité" n'a aucun fondement et encore moins de sens. Un complexe, en psychiatrie, c'est toujours un sentiment mélé de peur et d'infériorité (exemple type: le complexe de castration chez la femme). Enfin, si vous avez un bon livre de psychiatrie traitant de ce sujet, je suis preneur (ce n'est pas pour me soigner [:ddr555])
mais à ma connaissance, il n'y en a pas (aussi, ne vous sentez pas obligée de prendre des gants par rapport au fait que je sois corse: à ce que je sache, je ne suis pas encore paranoïaque).

mood
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Posté le 01-12-2004 à 19:32:33  profilanswer
 

n°4314071
docmaboul
Posté le 01-12-2004 à 19:51:37  profilanswer
 

crapaudine a écrit :

Cela dit, je ne vois pas bien où cette discussion peut aller parce que je vois mal qqun écrire "y'a du racisme en corse et ils ont bien raison" donc à part chercher les racines de ce problème ( et je pense qu'il y a des gens bien plus spécialisés que nous, et non je ne parle pas de DocMaboul, notre petit écorché vif de service  :D ) je pense que ce topic ne peut que dévier...Malheureusement  [:jagstang]


 
Il peut y avoir débat, tout du moins un semblant. Vous savez, en France, il y a eu une vague d'agressions antisémites. C'est quoi donc une agression antisémite pour un gratte-papier? C'est un juif qui se fait agresser, c'est-à-dire une information sensationnelle qui va pouvoir faire la une ou les gros titres. Les motifs de l'agression, on s'en fout, c'est réservé aux autres, là, les abrutis qui croient à la déontologie. C'est qu'on ne va pas pondre des analyses au JT quand même...
 
Eh bien en Corse, ce n'est pas bien différent. Il y a effectivement une organisation récente qui plastique pour des motifs racistes. Il y a effectivement eu un dérapage raciste dans un stade. Il y a eu un meurtre. Il y a aussi eu une ratonnade à Bastia. Après, ce n'est pas forcément parce qu'on empêche un maghrébin de monter sa boite que c'est pour des raisons d'origine ethnique, même lorsque c'est la raison invoquée. En bas de chez moi, il y a eu trois plastiquages de commerces cet été. Officiellement, c'est pour la drogue. Je veux bien mais vu la moyenne d'âge de la clientèle qui passe (~40 ans), ce n'est pas très cohérent (ah, et j'oubliais un petit détail: les proprios étaient tous corses). A mon avis, c'est bien plus pour des histoires de concurrence ou des vengeances personnelles.
 
Ca, déjà, les journalistes n'en parlent pas (dans son stéréotype en forme de cliché, le corse pratique l'omerta). Ensuite, ils n'investiguent pas ou, en tout cas, pas dans la presse à sensation (ce qui est presque une tautologie aujourd'hui). Enfin, ils n'analysent pas et comme ils sont eux aussi soumis à une logique de parts de marché, ils vendent, non pas de l'information, mais ce que leurs clients désirent voir.
 
Tout ça pour dire que les "Ï Arabi fora", ils existent bel et bien mais en attendant, nous n'avons pas fait un score sensiblement différent de la moyenne nationale aux dernières élections présidentielles et, si ma mémoire est bonne, le record des agressions racistes est toujours détenu par l'île de France (certes, la population n'a rien à voir).

n°4314687
El Tristo
I'm no superman
Posté le 01-12-2004 à 21:03:11  profilanswer
 

j'ai raison et j'aurai le dernier mot  [:el tristo]

n°4315164
docmaboul
Posté le 01-12-2004 à 21:50:44  profilanswer
 

El Tristo a écrit :

j'ai raison et j'aurai le dernier mot  [:el tristo]


 
Peut-être pas. Peut-être que ce sont ceux qui se trouvent à mille kilomètres de la Corse qui savent mieux que les corses comment les choses s'y passent. A tout hasard, vous ne voudriez pas m'expliquer comment les choses se passent chez moi? Sérieusement, ça m'intéresse: je suis sûr que vous avez beaucoup de choses intéressantes, de réflexions personnelles et uniques, d'expériences même, à partager.

n°4315747
zyx
NCC - 1701
Posté le 01-12-2004 à 22:46:49  profilanswer
 

A mon avis, je ne pense pas que LES corses soient racistent, du moins pas plus qu'ailleurs (il y a bien des abrutis partout)  [:airforceone] .  
 
Le problème, face à un vote contestataire, nationaliste, faisant 15-20% des voix à l'échelle de l'ile, les hommes politiques n'ont pas eu les bonne réactions.
 
Là ou en France on fustige Le Pen parce qu'il représente de bien mauvais souvenirs, les nationalistes de Corse ont fait penser à certain à un mouvement de libération contre une puissance coloniale ou envahissante. Pourtant, ils ont minoritaire et font des actions violentes là où il n'arrivent pas à se faire entendre par les urnes.  
 
Mais comme ils se disaient plus corses que les autres élus corses, c'est avec eux que certains gouvernement ont éssayé de négocier. C'est un peu comme si l'Europe ou l'ONU appelait Le Pen à la place de Chirac parce qu'il se dit plus français que les autres partis politiques.
 
Ensuite, il y a eu un référendum donnant une toute petite particularité à la Corse, malgrès tout le poid mis en faveur du oui par la classe politique française, le non l'emprte. Les corses ne veulent pas de statut particulier.
 
Maintenant, par les derniers actes, certains nationalistes montrent leur vrai visage: celuis d'extrémistes xénophobes.  
 
Evidemment, il ne faut pas négliger la colère de ceux qui votent pour eux, comme il ne faut pas négliger celle de ceux qui votent Le Pen, mais de là à faire des nationaliste des libérateurs et à les soutenir, il y a un gouffre.  

n°4317107
scOulOu
Born Under Saturn
Posté le 02-12-2004 à 09:32:50  profilanswer
 

zyx a écrit :

Maintenant, par les derniers actes, certains nationalistes montrent leur vrai visage: celuis d'extrémistes xénophobes.  
 
Evidemment, il ne faut pas négliger la colère de ceux qui votent pour eux, comme il ne faut pas négliger celle de ceux qui votent Le Pen, mais de là à faire des nationaliste des libérateurs et à les soutenir, il y a un gouffre.


Associer Lepen et nationalistes corses, en voilà une autre qui est bonne... :sarcastic:  
Y'a UNE organisation (très récente) s'auto-proclamant nationaliste qui a revendiqué des attentats racistes. Les gars qu'on a arrêté à ce sujet n'étaient que des petits cons paumés de 18-25 ans, mais ça fait rien, généralisons à l'ensemble des groupes ou groupuscules nationalistes évoluant en Corse depuis 30 ans... :pfff:


Message édité par scOulOu le 02-12-2004 à 09:33:19
n°4317140
philibear
Orbital Bacon
Posté le 02-12-2004 à 09:45:15  profilanswer
 

DocMaboul a écrit :

Eh bien, sans vouloir vous offenser, l'expression de "complexe de supériorité" n'a aucun fondement et encore moins de sens. Un complexe, en psychiatrie, c'est toujours un sentiment mélé de peur et d'infériorité (exemple type: le complexe de castration chez la femme). Enfin, si vous avez un bon livre de psychiatrie traitant de ce sujet, je suis preneur (ce n'est pas pour me soigner [:ddr555])
mais à ma connaissance, il n'y en a pas (aussi, ne vous sentez pas obligée de prendre des gants par rapport au fait que je sois corse: à ce que je sache, je ne suis pas encore paranoïaque).


ça c'est une tentative de réponse à l'aveugle.  :D  elle tombe à coté.
les 2 termes ont été créé en même temps par Adler. [:spamafote]


Message édité par philibear le 02-12-2004 à 09:46:17
n°4317691
docmaboul
Posté le 02-12-2004 à 11:28:57  profilanswer
 

philibear a écrit :

ça c'est une tentative de réponse à l'aveugle.  :D  elle tombe à coté.
les 2 termes ont été créé en même temps par Adler. [:spamafote]


 
Merci beaucoup. Je ne savais pas que l'expression de complexe de supériorité avait été forgée par Adler (mais il me semble que l'introduction du terme de complexe dans la psychanalyse est dûe à Jung). Je suis en train de lire "Le sens de la vie" et le moins qu'on puisse dire est qu'il est tordant celui-là lorsqu'il s'empêtre dans ses contradictions. Encore merci.

n°4317895
Wendigo
Profil : Castor Funk
Posté le 02-12-2004 à 11:59:06  profilanswer
 

DocMaboul a écrit :

Peut-être pas. Peut-être que ce sont ceux qui se trouvent à mille kilomètres de la Corse qui savent mieux que les corses comment les choses s'y passent. A tout hasard, vous ne voudriez pas m'expliquer comment les choses se passent chez moi? Sérieusement, ça m'intéresse: je suis sûr que vous avez beaucoup de choses intéressantes, de réflexions personnelles et uniques, d'expériences même, à partager.


 
Donc pour toi faut être sur place pour en parler ? Dois tu etre américain pour te faire une opinion de Buch ? du dictateur Chilien ? de Kadafi ?
Moi je pense qu'une discution sur un probleme a besoin de recul pour etre efficace et non passionné ^^° sinon ca n'apporte rien ;)


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Dessin du 31 Octobre 2025 : Inktober - Récompense | Graphisme
n°4318025
raoul_volf​oni
Klaatu Barada Nikto
Posté le 02-12-2004 à 12:18:37  profilanswer
 

Hello, :hello:  
 
J'arrive un peu tard sur ce topic (mais j'ai lu les trois pages), et je voudrais donner mon avis en tant que Corse également.
 
- Il est vrai que la Corse souffre depuis toujours d'une mauvaise image. Celle-ci est dûe à mon avis à plusieurs facteurs :
* un grand nombre d'a priori qui découle d'une vieille opposition province Paris, exacerbée par une très grande passivité des autorités depuis des décennies ;
* mais aussi, il faut bien l'avouer, de certaines attitudes négatives de notre part (je suis fier de ma région d'origine et quand on me le demande, je précise ma nationalité et ma Corsitude dans la foulée, mais beaucoup confondent fierté et arrogance).
* enfin d'une dérive de certains groupuscules qui n'ont de politiques que le nom et qui "fanatisent" (le mot n'est pas trop fort) certains jeunes excités. Dès lors les dérives sont inévitables.
 
Quant au racisme en Corse, il existe bel et bien comme malheureusement partout en France. Les faits sont là.
Bien entendu, je n'ai que peu de confiance dans les médias qui donnent une vision sensationnelle, généralisatrice et parcellaire de ces infos (pas seulement sur la Corse, mais aussi sur la Palestine, l'Irak, etc...)
 
Bref, sur le sujet du racisme et plus particulièrement des attentats récents, il convient de ne pas se voiler la face : c'est tout à fait inacceptable.
Je déplore simplement que l'on ait tendance, comme souvent à faire des assimilations trop rapides...
 
P.S : J'en profite pour remercier amicalement DocMaboul. Si vous n'aviez aucun a priori sur les Corses : lisez ses posts, vous en aurez.


Message édité par raoul_volfoni le 02-12-2004 à 12:19:28

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"L'homme de la pampa, parfois rude, reste toujours courtois." - GalerieHFR (dernière m.a.j : 453 av. JC)
n°4318198
crapaudine
Batracien jovial
Posté le 02-12-2004 à 12:41:47  profilanswer
 

raoul_volfoni a écrit :

Hello, :hello:  
 
J'arrive un peu tard sur ce topic (mais j'ai lu les trois pages), et je voudrais donner mon avis en tant que Corse également.
 
- Il est vrai que la Corse souffre depuis toujours d'une mauvaise image. Celle-ci est dûe à mon avis à plusieurs facteurs :
* un grand nombre d'a priori qui découle d'une vieille opposition province Paris, exacerbée par une très grande passivité des autorités depuis des décennies ;
* mais aussi, il faut bien l'avouer, de certaines attitudes négatives de notre part (je suis fier de ma région d'origine et quand on me le demande, je précise ma nationalité et ma Corsitude dans la foulée, mais beaucoup confondent fierté et arrogance).
* enfin d'une dérive de certains groupuscules qui n'ont de politiques que le nom et qui "fanatisent" (le mot n'est pas trop fort) certains jeunes excités. Dès lors les dérives sont inévitables.
 
Quant au racisme en Corse, il existe bel et bien comme malheureusement partout en France. Les faits sont là.
Bien entendu, je n'ai que peu de confiance dans les médias qui donnent une vision sensationnelle, généralisatrice et parcellaire de ces infos (pas seulement sur la Corse, mais aussi sur la Palestine, l'Irak, etc...)
 
Bref, sur le sujet du racisme et plus particulièrement des attentats récents, il convient de ne pas se voiler la face : c'est tout à fait inacceptable.
Je déplore simplement que l'on ait tendance, comme souvent à faire des assimilations trop rapides...
 
P.S : J'en profite pour remercier amicalement DocMaboul. Si vous n'aviez aucun a priori sur les Corses : lisez ses posts, vous en aurez.


 
Raoul, mon héro  [:arnaud_w]


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Excel est mon ami pour la vie - http://marion.chtitemouss.net/
n°4318213
Profil sup​primé
Posté le 02-12-2004 à 12:43:41  answer
 

[:rofl]
Ca sent la vendetta. :D

n°4318312
docmaboul
Posté le 02-12-2004 à 12:59:24  profilanswer
 

Wendigo a écrit :

Donc pour toi faut être sur place pour en parler ? Dois tu etre américain pour te faire une opinion de Buch ? du dictateur Chilien ? de Kadafi ?


 
Non, mais je pense qu'un minimum de connaissances est nécessaire pour appréhender une situation et que ce minimum est loin de se trouver dans la presse. J'en suis désolé mais le traitement des journalistes est complètement biaisé.
 
Pas plus tard qu'hier soir, un journaliste de TF1 s'est retrouvé à ma table et a dit, je cite: "Nous sommes là pour laver le cerveau des gens, nous le leur disons et, en plus, ils nous applaudissent" (en ajoutant un commentaire du type "qu'est-ce qu'on est fort", comme s'il n'était pas déjà assez cynique et arrogant).
 
Un exemple parmi d'autres: le soir du référendum, ma femme a parlé durant une heure et demi à un journaliste du nouvel obs, lui expliquant en long en large et en travers pourquoi le oui aurait dû gagner et quelles avaient été les manoeuvres politiques nous ayant fait aboutir à la victoire du non. Lorsqu'on a lu son article, quel était le sujet? L'omerta qui régnait à Cargèse après l'arrestation d'Yvan Colonna... (l'article en question)
 
Pour rester dans ce sujet, zyx nous dit que les Corses ne voulaient pas de statut particulier. Il est vrai que c'est le résultat du vote. Mais que dire lorsqu'on sait que les nationalistes (ceux qui, eux, veulent un statut très particulier) ont appelé à voter non en sous-main? (officiellement, ils était bien entendu pour le oui) Que des syndicats ont fait de même pour sanctionner le gouvernement sur les retraites? Le oui aurait dû l'emporter parce que beaucoup de corses trouvaient que ce statut était bien adapté à notre situation. José Rossi était son plus ardent défenseur et ça doit bien faire vingt ans qu'il le réclamait (UMP, tout ce qu'il y a de plus républicain).
 
Bref, on peut multiplier les exemples montrant qu'il vaut mieux avoir une connaissance du terrain si l'on veut s'exprimer de manière un tant soit peu crédible sur ce qui peut bien se passer en Corse. Et définitivement, ne pas faire confiance à ceux qu'on appelle "journalistes".
 

Citation :

Moi je pense qu'une discution sur un probleme a besoin de recul pour etre efficace et non passionné ^^° sinon ca n'apporte rien ;)


 
Je suis d'accord avec vous mais encore une fois, il faut déjà avoir la matière pour construire cette discussion.

n°4318350
docmaboul
Posté le 02-12-2004 à 13:04:06  profilanswer
 

raoul_volfoni a écrit :

P.S : J'en profite pour remercier amicalement DocMaboul. Si vous n'aviez aucun a priori sur les Corses : lisez ses posts, vous en aurez.


 
Tenez, un préjugé de plus pour ceux qui auraient besoin que je leur en crée : si nous nous faisons railler encore aujourd'hui en tant que fainéants, c'est parce que nos aïeux se sont battus et sont morts pour la France durant la guerre de 14-18. Top moumoute over délire méga fun.

n°4318392
crapaudine
Batracien jovial
Posté le 02-12-2004 à 13:12:19  profilanswer
 

DocMaboul a écrit :

Tenez, un préjugé de plus pour ceux qui auraient besoin que je leur en crée : si nous nous faisons railler encore aujourd'hui en tant que fainéants, c'est parce que nos aïeux se sont battus et sont morts pour la France durant la guerre de 14-18. Top moumoute over délire méga fun.


 
Alors là, il va falloir que tu expliques plus avant parce que j'avoue ne pas suivre ta réfléxion ? :??:


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n°4318429
crapaudine
Batracien jovial
Posté le 02-12-2004 à 13:19:15  profilanswer
 

DocMaboul a écrit :

Non, mais je pense qu'un minimum de connaissances est nécessaire pour appréhender une situation et que ce minimum est loin de se trouver dans la presse. J'en suis désolé mais le traitement des journalistes est complètement biaisé.
 


 
Je suis on ne peut plus d'accord avec toi en ce qui concerne la presse que je tiens en basse estime la plupart du temps.
Cependant en te lisant on a l'impression de plusieurs choses :  
1 / que tu es le seul à pouvoir parler intelligemment du sujet. Et ça c'est un peu gênant et je pense que cela doit bloquer des gens qui sinon s'exprimeraient
2 / que tu supposes d'entrée que tous ceux qui interviennent sur ce topic n'ont que la presse comme source d'information et prennent ce que disent les journalistes comme argent comptant. Ils ont peut être d'autres accès à l'information.
3 / que seuls ceux qui connaissent parfaitement un sujet peuvent donner leur opinion sur ledit sujet. Ce serait alors tout le système de la démocratie qui serait à revoir : que penser des référendums comme celui en préparation sur la constitution européenne. S'il fallait avoir lu la constitution pour voter, je pense qu'il n'y aurait pas grand monde dans les isoloirs.
 
Et s'il te plait, ne prends pas ce que je viens d'écrire comme une attaque personnelle, ce n'en est pas une. :D  


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n°4318489
Wendigo
Profil : Castor Funk
Posté le 02-12-2004 à 13:24:43  profilanswer
 

DocMaboul a écrit :

Non, mais je pense qu'un minimum de connaissances est nécessaire pour appréhender une situation et que ce minimum est loin de se trouver dans la presse. J'en suis désolé mais le traitement des journalistes est complètement biaisé.
 
Pas plus tard qu'hier soir, un journaliste de TF1 s'est retrouvé à ma table et a dit, je cite: "Nous sommes là pour laver le cerveau des gens, nous le leur disons et, en plus, ils nous applaudissent" (en ajoutant un commentaire du type "qu'est-ce qu'on est fort", comme s'il n'était pas déjà assez cynique et arrogant).
 
Un exemple parmi d'autres: le soir du référendum, ma femme a parlé durant une heure et demi à un journaliste du nouvel obs, lui expliquant en long en large et en travers pourquoi le oui aurait dû gagner et quelles avaient été les manoeuvres politiques nous ayant fait aboutir à la victoire du non. Lorsqu'on a lu son article, quel était le sujet? L'omerta qui régnait à Cargèse après l'arrestation d'Yvan Colonna... (l'article en question)
 
Pour rester dans ce sujet, zyx nous dit que les Corses ne voulaient pas de statut particulier. Il est vrai que c'est le résultat du vote. Mais que dire lorsqu'on sait que les nationalistes (ceux qui, eux, veulent un statut très particulier) ont appelé à voter non en sous-main? (officiellement, ils était bien entendu pour le oui) Que des syndicats ont fait de même pour sanctionner le gouvernement sur les retraites? Le oui aurait dû l'emporter parce que beaucoup de corses trouvaient que ce statut était bien adapté à notre situation. José Rossi était son plus ardent défenseur et ça doit bien faire vingt ans qu'il le réclamait (UMP, tout ce qu'il y a de plus républicain).
 
Bref, on peut multiplier les exemples montrant qu'il vaut mieux avoir une connaissance du terrain si l'on veut s'exprimer de manière un tant soit peu crédible sur ce qui peut bien se passer en Corse. Et définitivement, ne pas faire confiance à ceux qu'on appelle "journalistes".
 

Citation :

Moi je pense qu'une discution sur un probleme a besoin de recul pour etre efficace et non passionné ^^° sinon ca n'apporte rien ;)


 
Je suis d'accord avec vous mais encore une fois, il faut déjà avoir la matière pour construire cette discussion.


 
Le problème c'est que tu préjuge que les participants de ce topic n'y connaissent rien ce qui est fatalement faux.... Deplus faire des généralités sur les journalistes, c'est aussi tomber dans la facilité juste parce que tu es tombé sur un journalistes apparemment imbus de lui-même. TF1 n'est pas le seul JT et ce journaliste ne représente que sa personne ;).
Ca me fait penser justement aux personnes agées de mon entourage qui ont vu des jeunes vendre de la drogue, et qui généralise ca à tous les jeunes...
 
Sinon par rapport aux nationnalistes qui demande le "non" pensant le "oui", tu ne crois pas que les corses sont qd meme autreement assez intelligents pour avoir leur propres opinions et que lorsque leur chef de parti (nationaliste) leur demande un vote contre leur idées à eux (corse), ils choissisent plutot de voter comme il le veulent et non comme on leur demande ?! Tu sous-estimes les corses la ou alors tu as du mal à imaginer que tes "compatriotes" est une autre opinion que toi ;)


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Dessin du 31 Octobre 2025 : Inktober - Récompense | Graphisme
n°4318523
Profil sup​primé
Posté le 02-12-2004 à 13:28:03  answer
 

Wendigo a écrit :

. TF1 n'est pas le seul JT et ce journaliste ne représente que sa personne ;).
Ca me fait penser justement aux personnes agées de mon entourage qui ont vu des jeunes vendre de la drogue, et qui généralise ca à tous les jeunes...


 
y'a France2 aussi  :ange:

n°4318717
El Tristo
I'm no superman
Posté le 02-12-2004 à 13:51:45  profilanswer
 

crapaudine a écrit :


Et s'il te plait, ne prends pas ce que je viens d'écrire comme une attaque personnelle, ce n'en est pas une. :D


 
ca me rappelle le préambule d'Astérix chez les Corses, ca :D Où est il question de la susceptibilité des Corses (qui n'est pas une légende, faut croire [:ddr555])


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I fart in your general direction
n°4318737
docmaboul
Posté le 02-12-2004 à 13:52:50  profilanswer
 

crapaudine a écrit :

1 / que tu es le seul à pouvoir parler intelligemment du sujet. Et ça c'est un peu gênant et je pense que cela doit bloquer des gens qui sinon s'exprimeraient


 
Je ne veux empêcher personne de s'exprimer mais d'expérience, il est très rare d'avoir un débat avec une qualité minimale sur la Corse.
 

Citation :

2 / que tu supposes d'entrée que tous ceux qui interviennent sur ce topic n'ont que la presse comme source d'information et prennent ce que disent les journalistes comme argent comptant. Ils ont peut être d'autres accès à l'information.


 
Pas tous mais la plupart, oui, c'est tout à fait exact. Après, peut-être que je me trompe et que nous aurons d'autres témoignages tels que le vôtre mais, sur les faits récents, j'ai de gros doutes. En plus, je me méfie de certains témoignages: quand un escroc se fait plastiquer, il ne dit jamais que c'est parce qu'il a joué des tours pendables, par exemple, et cette pauvre victime au sort injuste pleurera toutes les larmes de son corps de crocodile devant les caméras de France 3 (ceci n'étant bien sûr pas à prendre pour une généralité, toutes les personnes qui se font plastiquer ne sont pas des escrocs).
 

Citation :

3 / que seuls ceux qui connaissent parfaitement un sujet peuvent donner leur opinion sur ledit sujet. Ce serait alors tout le système de la démocratie qui serait à revoir : que penser des référendums comme celui en préparation sur la constitution européenne. S'il fallait avoir lu la constitution pour voter, je pense qu'il n'y aurait pas grand monde dans les isoloirs.


 
Eh bien disons que si c'est pour lire "le racisme c'est la haine, c'est pas bien, c'est mal, c'est honteux, mais que fait la police?", pffff... Donc oui, j'aime bien lire des intervenants faisant preuve d'un minimum de qualité dans leurs contributions. C'est totalement égoïste, j'assume (et il ne s'agit pas d'instaurer une dictature de forum).

n°4318775
Profil sup​primé
Posté le 02-12-2004 à 13:55:26  answer
 

Un article interessant :
 
http://www.communautarisme.net/ind [...] _art=83766
 
Compassion sélective  
La multiplication en Corse de violences graves visant des personnes à raison de leur origine maghrébine est loin de susciter dans les média et le monde politique une mobilisation comparable à celle qui accompagna cet été l'annonce, quelquefois prématurée, d'actes à caractère antisémite. Une dissymétrie dans l'indignation qui risque fort d'entretenir nos compatriotes issus de l'immigration dans l'idée que certaines victimes sont plus égales que d'autres. Ils se trompent, bien entendu.  
 
On se souvient de la triste équipée de Michaël Tronchon, ce jeune désaxé de 24 ans qui profana un cimetière juif lyonnais le 9 août dernier. Aux enquêteurs qui l'interpellèrent, il indiqua avoir choisi cette nouvelle cible pour gagner la reconnaissance de médias étrangement silencieux à propos de l'agression à la machette qu'il commit quatre jours plus tôt envers un maghrébin à Villeurbanne.  
 
Quatre mois plus tard, les faits donneraient-ils raison à ce dément aveuglé par sa haine ?  
 
Un rapport récent (1) , par ailleurs contesté dans certaines de ses analyses, est venu pointer du doigt un fait pourtant bien connu des lecteurs de l'Observatoire : plus de la moitié des agressions racistes (non antisémites, ndlr) recensées par les services de police et de gendarmerie sur le territoire national le sont en Corse, et y visent pour l'essentiel les français d'origine nord-africaine ou les résidents ressortissants du Maghreb. La liste des faits récents (2) se passe, en effet, de commentaires, qu'il s'agisse de leur nombre, ou de la gravité des qualifications pénales en jeu.  
 
Pourtant, personne n'a constaté, en ces occasions, une mobilisation du personnel politique d'égale ampleur à celle qui prévalut au cœur de l'été à propos d'autres actes, antisémites ceux-là, et virtuels pour quelques-uns. A de rares exceptions près (et au delà des condamnations de principe), point de déclarations tonitruantes de nos édiles dans les gazettes et les étranges lucarnes. Point de cohortes ministérielles dépêchées dans l'heure en pèlerinage sur les lieux du crime. De conclaves tenus en urgence sous les lambris dorés de l'hôtel de la rue de Varenne, point non plus. Même notre Secrétaire d'Etat aux Droits des Victimes, pourtant rompue à l'exercice d'accoucher les consciences meurtries, n'a pu à ce jour libérer une date dans un agenda il est vrai bien rempli. Grosse fatigue, sans doute.  
 
Certes, on se réjouira que l'hystérie collective fasse désormais place à une certaine retenue dans l'expression publique, plus favorable au travail des enquêteurs, et , en fin de compte, plus propice à la manifestation de la vérité. Les forces de l'ordre sont d'ailleurs loin de démériter, qui viennent récemment d'interpeller un groupuscule local dont la ratonnade constituait l'ordinaire du combat "nationaliste" (3).  
 
Mais cette nouvelle discrétion très ostensible -voire ostentatoire, ce passage à la vitesse de l'éclair du trop au trop peu, sans explication de texte intercalaire, pourrait faire accroire à des esprits faibles qu'il existe plusieurs catégories de victimes, inégalement dignes de notre intérêt, et de la solidarité nationale.  
 
Ceux-là se trompent, assurément. Du moins nous l'espérons.  
 
D'une part, parce que les populations issues de l'immigration ne sont pas, loin s'en faut, les seules victimes peu médiatiques. Qu'on se souvienne, pour ne prendre qu'un exemple, du meurtre de deux inspecteurs du travail par un agriculteur périgourdin et irascible en butte à des problèmes aussi considérables que le poids des charges, le harcèlement continuel de tracassins appointés par l'Etat et les organismes sociaux, ou la baisse tendancielle du cours de la tomate. Combien ça coûte, un couple d'inspecteurs du travail ? Pénalement, très cher. Médiatiquement parlant, beaucoup moins (4). Pour un peu, on en viendrait à plaindre le pauvre homme. Certes, quatre membres du gouvernement, ministres ou secrétaires d'Etat, se déplaceront in extremis pour l'oraison funèbre. A l'exception, toutefois, de la principale concernée. Et les télés resteront, sur le sujet, d'une pudeur de violette.  
 
D'autre part parce que les traditions insulaires font grand usage d'artifices détonants en tout genre pour trancher la moindre querelle idéologique, d'intérêt ou de voisinage. Le mobile raciste n'y apparaît que comme une goutte d'eau de plus, et le vase a débordé depuis longtemps. La lassitude fait le reste.  
 
Pourtant, la dissymétrie du discours compassionnel des média et des responsables politiques, en fonction d'une hiérarchie implicite de l'émotion qui fait une grande part à la "nature" (à l'"identité" ?) des victimes et réserve souvent la portion congrue à la gravité intrinsèque des actes commis, n'est pas une exclusivité du traitement des événements corses. On pourra le comprendre - à défaut de l'admettre - lorsque la cible visée est présumée en situation de faiblesse. Fallait-il pour autant instrumenter le drame privé d'une dispute conjugale et violente entre un chanteur et une actrice pour camper celle-ci en sainte et martyr de la lutte des femmes contre l'oppression (forcément ...) masculine ? Autour des cadavres se presse bien vite une faune peu ragoûtante, c'est une loi de la nature. Cela devient absolument inadmissible lorsque "l'appartenance communautaire" ou religieuse (voire les préférences sexuelles) des victimes entre en jeu, traçant en creux une intolérable distinction entre les formes de xénophobie définitivement intolérables, et celles qui le seraient moins.  
 
Que les médias "chauds" utilisent l'émotion, c'est, pour ainsi dire, une ficelle de leur métier, un règle de l'art. On attendrait des autorités et des responsables publics qu'ils tempèrent ce fâcheux penchant naturel en faisant preuve d'une certaine équanimité dans leurs saillies, et rappellent à chacun que la loi est "la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse" (5).  
 
Révolutionnaire ? Non : Républicain.  
 
 

n°4318971
abakuk
Posté le 02-12-2004 à 14:17:11  profilanswer
 

DocMaboul a écrit :

Pas plus tard qu'hier soir, un journaliste de TF1 s'est retrouvé à ma table et a dit, je cite: "Nous sommes là pour laver le cerveau des gens, nous le leur disons et, en plus, ils nous applaudissent" (en ajoutant un commentaire du type "qu'est-ce qu'on est fort", comme s'il n'était pas déjà assez cynique et arrogant).
 
Un exemple parmi d'autres: le soir du référendum, ma femme a parlé durant une heure et demi à un journaliste du nouvel obs

Spa possible, vous êtes des dirigeants nationalistes?! [:ciler] [:alph-one]  
 
Plus sérieusement, on ne t'oblige pas à regarder TF1 ni à leur accorder des interviews. TF1 suit sa propre logique, qui n'a rien à voir avec l'information, tu le sais parfaitement. Il y a d'autres sources d'informations dans ce pays que TF1.
 

DocMaboul a écrit :

Tenez, un préjugé de plus pour ceux qui auraient besoin que je leur en crée : si nous nous faisons railler encore aujourd'hui en tant que fainéants, c'est parce que nos aïeux se sont battus et sont morts pour la France durant la guerre de 14-18. Top moumoute over délire méga fun.

Ah... Et pas les autres? Les auvergnats, les Parisiens, les Poitevins, les Bretons, ils ne se sont pas battus pour la France? Argument sans valeur, va falloir trouver autre chose.

n°4319018
scOulOu
Born Under Saturn
Posté le 02-12-2004 à 14:20:54  profilanswer
 

abakuk a écrit :

Ah... Et pas les autres? Les auvergnats, les Parisiens, les Poitevins, les Bretons, ils ne se sont pas battus pour la France? Argument sans valeur, va falloir trouver autre chose.


Je précise que d'après lui la proportion de corses crevés à la guerre est plus gde que ds les autres régions, ce qui donnerait de la valeur à cet argument. J'ai pas les chiffres pr le vérifier, mais je tenais à le préciser [:aloy]
 
 
edit : ah si, finalt...

Citation :


En 1914, près de 50 000 d’entre eux sont mobilisés et envoyés au front pour la défense de la mère patrie. Leurs sacrifices, leurs douleurs et leurs croyances dans les valeurs de la république sont gravés sur les monuments aux morts érigés à partir de 1920 dans tous les villages insulaires. Les pertes sont élevées et la Corse est l’un des départements les plus touchés : 11 325 morts (entre 22 et 28% des classes mobilisables contre 16,3% en moyenne nationale), 12 000 invalides revenus du front. Le 173ème R.I. , unique régiment basé dans l’île et dont la devise rappelle les premiers mots de la Marseillaise « Aiò Zitelli » (Allons Enfants) perd à lui seul 3 541 hommes entre 1914 et 1918.


http://www.corse.pref.gouv.fr/scri [...] ist_guerre


Message édité par scOulOu le 02-12-2004 à 14:26:52
n°4319091
El Tristo
I'm no superman
Posté le 02-12-2004 à 14:29:33  profilanswer
 

abakuk a écrit :

Spa possible, vous êtes des dirigeants nationalistes?! [:ciler] [:alph-one]  
 
Plus sérieusement, on ne t'oblige pas à regarder TF1 ni à leur accorder des interviews. TF1 suit sa propre logique, qui n'a rien à voir avec l'information, tu le sais parfaitement. Il y a d'autres sources d'informations dans ce pays que TF1.
 
Ah... Et pas les autres? Les auvergnats, les Parisiens, les Poitevins, les Bretons, ils ne se sont pas battus pour la France? Argument sans valeur, va falloir trouver autre chose.


 
mince, on ne peut plus dire que les Auvergnats (dont je suis) sont radins alors ? :cry:


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I fart in your general direction
n°4319109
Profil sup​primé
Posté le 02-12-2004 à 14:32:14  answer
 

Citation :

Dans un texte publié en 2000 dans Le Monde, Michel Rocard, ancien Premier ministre, écrit : "Pendant la guerre de 14-18, on a mobilisé en Corse, ce qu'on n'a jamais osé faire sur le continent, jusqu'aux pères de six enfants (…) de ce fait, en 1919, il n'y avait pratiquement en Corse plus d'hommes valides pour reprendre les exploitations agricoles".

n°4319117
scOulOu
Born Under Saturn
Posté le 02-12-2004 à 14:32:54  profilanswer
 

El Tristo a écrit :

mince, on ne peut plus dire que les Auvergnats (dont je suis) sont radins alors ?


De tte façon les auvergnats personne en parle puisque tlm s'en fout :o
 
(c'est d'ailleurs la première fois que j'entends auvergnats = radins, alors que corses&noirs = feignants, juifs&écossais = radins, belges = cons, arabes = voleurs, chinois = fourbes, c'est qd même connu).

n°4319149
El Tristo
I'm no superman
Posté le 02-12-2004 à 14:35:49  profilanswer
 

scOulOu a écrit :

De tte façon les auvergnats personne en parle puisque tlm s'en fout :o
 
(c'est d'ailleurs la première fois que j'entends auvergnats = radins, alors que corses&noirs = feignants, juifs&écossais = radins, belges = cons, arabes = voleurs, chinois = fourbes, c'est qd même connu).


 
pourtant la radinerie des auvergnats est connue ! tout comme le fait qu'ils ont la moitié des bistrots de Paris :D
 
Mais c'est vrai que tout le monde s'en fout, et d'ailleurs ce n'est pas normal, il faut que cette persécution cesse [:toad666]
Je lancerais bien un débat là dessus, mais c'est peine perdue, ca va être un repaire de trolls  :o


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n°4319555
nyhctom
C'mon c'mon
Posté le 02-12-2004 à 15:32:13  profilanswer
 

moi chuis auvergnat et j'avoue que je pensais que cette image auvergnat=radin était connue des auvergnats seuls, c'est tout dire !  
 
pour moi, le vrai sujet de ce post est l'effarante nullité de la couverture médiatique, télé ou papier...Ces actes auraient eu lieu au fin fond de la Creuse, l'info aurait été relayée comme ce qu'elle est: un fait grave, mais un fait divers...L'important, c'est le caractère raciste de l'acte, pas le lieu où il s'est produit...Que TF1 ou France 2 fasse de l'exceptionnel, passe encore (l'info télé est morte et enterrée depuis 1981), mais que toute la presse papier emboîte le pas, moi ça me débecte...

n°4319834
docmaboul
Posté le 02-12-2004 à 16:09:32  profilanswer
 

abakuk a écrit :

Plus sérieusement, on ne t'oblige pas à regarder TF1 ni à leur accorder des interviews. TF1 suit sa propre logique, qui n'a rien à voir avec l'information, tu le sais parfaitement. Il y a d'autres sources d'informations dans ce pays que TF1.


 
Comme le nouvel obs? :whistle:
 

Citation :

Ah... Et pas les autres? Les auvergnats, les Parisiens, les Poitevins, les Bretons, ils ne se sont pas battus pour la France? Argument sans valeur, va falloir trouver autre chose.


 
Ben oui, c'est tout à fait ça. Je pensais en fait que les auvergnats, les Parisiens, les Poitevins, les Bretons, ..., ne s'étaient pas battus pour la France et que c'était pour cette raison que des gros malins nous traitent encore aujourd'hui de fainéants. Mince, je suis bête, c'est parce qu'en fait, c'est congénital: on mange à tous les râteliers, on ne peut pas s'en empêcher. C'est justifié, on truande tant qu'on peut, comme avec ces allocations handicapé dont vous vous serviez hier pour vous expliquer pourquoi vous bêlez avec le troupeau des imbéciles heureux les âneries d'il y a presque un siècle.
 
Alors je vous ai cherché un lien pour éviter de refaire encore une fois un cours d'histoire sur l'origine de notre paresse et je suis tombé sur un vieil article de Michel Rocard, paru dans le journal Le Monde en 2000. Il parle de l'oppression qu'il y a eu en Corse. Il parle de la xénophobie de nombre de français envers les corses. Et, c'était quand même ce que je cherchais, il parle aussi de notre paresse. Bref, je me permets de vous conseiller de lire ça attentivement parce que c'est très rafraîchissant d'avoir, pour une fois, affaire à quelqu'un qui sait de quoi il parle et en parle en plus avec intelligence (on reparlera de notre légendaire paresse ensuite, si vous le voulez bien):
 
 
Corse : jacobins, ne tuez pas la paix !
 
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 31.08.00
 
C'est une affaire entendue, les Français en ont assez des problèmes corses. Cela ne veut pas dire qu'ils en aient assez des Corses eux-mêmes, mais on commence à gommer un peu trop la différence. C'est aussi une affaire entendue : la justice doit être sans faiblesse, comme la police. Les assassins doivent être arrêtés et punis, et l'Etat fut trop faible. Cela étant dit, je suis sidéré et, maintenant, très alarmé par beaucoup de commentaires sur ce sujet. Ils sont souvent dangereux, car ils sont de nature xénophobe. Ceux qui le nient vont créer le peuple corse par rejet.
 
Comment peut-on s'imaginer qu'il suffirait d'un projet d'accord pour ramener dans le droit chemin les quelques dizaines de tueurs, dont beaucoup de mafieux, qui, pour maintenir leur ligne de violence démente, sont de plus en plus obligés de se couper des troncs principaux du « nationalisme » corse ? Ce dont il s'agit dans ce processus n'est, hélas, pas d'arrêter par un seul acte toute violence, ce n'est à la portée de personne. C'est seulement, mais c'est essentiel, et cela s'appellera un jour la paix, d'en tarir le recrutement. Il ne faut plus que les adolescents et les jeunes adultes corses, dans leur recherche de dignité, découvrent l'histoire de leur région comme celle d'une oppression.
 
Je n'ai pas une goutte de sang corse mais je n'aime pas que l'on me raconte des histoires, fût-ce au nom de mon pays. Je suis, amis jacobins, aussi fier que vous, sinon davantage car, député européen, j'évalue mieux la force comme les différences par rapport à nos concitoyens d`Europe ou du monde, des principes qui ont fait la République française et qui scellent son unité. Mais les principes fondamentaux de la République française se veulent libérateurs, et non oppressifs.
 
Le droit à la résistance à l'oppression est même un des droits fondamentaux de l'homme et du citoyen. Car il y a eu oppression, et il en reste de fortes traces. Je suis pour l'application des principes, mais pas au prix de l'oubli total du passé.
 
Il y a une révolte corse. On ne peut espérer la traiter sans la comprendre. Il faudrait tout de même se rappeler : - que lorsque Louis XV acheta les droits de suzeraineté sur la Corse à la République de Gênes, il fallut une guerre pour prendre possession de notre nouveau domaine. La France y perdit plus d'hommes que pendant la guerre d'Algérie. - que la Corse est restée « gouvernement militaire » jusque tard dans le XIXe siècle, avec tout ce que cela implique en termes de légalité républicaine. - que, pendant la guerre de 1914-1918, on a mobilisé en Corse, ce qu'on n'a jamais osé faire sur le continent, jusqu'aux pères de six enfants. - que, de ce fait, encore en 1919, il n'y avait pratiquement en Corse presque plus d'hommes valides pour reprendre les exploitations agricoles. Les tout jeunes n'ont pas eu le temps de recevoir la transmission des savoir-faire. C'est ainsi qu'ils sont devenus postiers et douaniers. - que c'est donc à ce moment que la Corse devient une économie assistée, ce qu'elle n'était pas auparavant. L'apparition de la « paresse corse » dans les blagues, les chansons et le folklore datent de là. On n'en trouve pas trace avant. - que, d'autre part, le droit successoral traditionnel corse était fort différent du code civil. C'est ainsi que les « métropolitanisés », si j'ose dire, Corses ou non-Corses, se sont injustement appropriés, bien des terres ancestrales. C'est aussi la raison principale pour laquelle beaucoup d'agriculteurs corses traditionnels n'ont pas de titres de propriété leur permettant d'obtenir du crédit. - que, de la même façon, le code civil ne prévoit pas, et interdit même, la propriété collective. Or tout l'élevage corse, et notamment celui des porcs - la charcuterie corse est justement célèbre -, se faisait sur terres de pacage collectives. - que la tuerie d'Aléria, les 21 et 22 août 1975, a été ressentie comme la fin de tout espoir d'une amélioration consécutive à des discussions avec le gouvernement de la République et a donné le signal du recours à la violence, parce que tous les Corses, je crois sans exception, ont très bien compris que jamais une riposte pareille à une occupation de ferme n'aurait pu avoir lieu dans l'Hexagone. - que, d'ailleurs, treize ans auparavant, la Corse avait reçu du gouvernement français un autre signal dangereux. Suite à des incidents survenus, déjà, à la fin des années 50, le gouvernement créa la Société de mise en valeur de la Corse, Somivac. Elle avait charge de racheter des terres disponibles, en déshérence ou non, de les remembrer, d'y tracer voies et chemins, d'y amener l'irrigation dans certains cas, puis de les revendre à des paysans corses. Les quatre cents premiers lots furent prêts à la vente au tout début 1962. De Paris vint l'ordre d'en réserver 90 % pour les pieds-noirs rentrant d'Algérie. 90 %, pas 15 % ou même 50 % ! Ce pourcentage est une incitation à la guerre civile. - que l'on fit, en 1984, une découverte étrange. Le président Giscard d'Estaing, vers 1976 ou 1977, avait pris la sage décision d'assurer à la Corse la « continuité territoriale », c'est-à-dire la prise en charge par l'Etat de tout surcoût de transport lié à son insularité. Sept ou huit ans après - est-ce stupidité, manque de courage ou concussion ? -, l'administration avait assuré la continuité territoriale pour les transports de personnes et pour les transports de marchandises de l'Hexagone vers la Corse, mais pas dans le sens inverse ! Les oranges corses continuaient d'arriver à Marseille avec des frais de transport plus élevés que celles qui venaient d'Israël. Pour les vins et la charcuterie, ce fut la mort économique. - et qu'enfin la Corse, comme la Martinique et la Guadeloupe, a subi pendant bien des décennies un monopole de pavillon maritime imposé par l'Etat, avec les conséquences asphyxiantes que l'on devine.
 
Certains ont voulu résumer tout cet ensemble de faits économiques par le concept de colonialisme. Le débat sémantique est sans intérêt, car il est sans conclusion. L'imbrication profonde de la population corse dans la population française et le très grand nombre de Corses qui ont magnifiquement servi la France comme hauts fonctionnaires, officiers ou ministres, dénie un tel concept. Il suffit de savoir qu'une oppression particulière a gravement affaibli l'économie corse. Lorsque l'Histoire a un tel visage, il faut soit beaucoup d'inconscience, soit beaucoup d'indécence pour dire seulement aux Corses : « Assez erré maintenant. Soyez calmes et respectez les lois de la République. Vous bénéficierez alors pleinement de leur générosité. » De cette application uniforme et loyale, les Corses n'ont guère vu trace dans leur longue histoire.
 
Certes, il y a la part corse dans ce gâchis. Elle n'est pas mince : violence, clanisme, corruption. Naturellement, il faut sanctionner, et on ne l'a pas assez fait. Mais il faut tout autant comprendre comment le système se pérennise. Ici, l'histoire débouche sur la sociologie. C'est une évidence mondiale que toute société autosuffisante est beaucoup plus résistante à la corruption que toute société assistée. Or la Corse l'est, largement par le fait de la France, depuis bien des décennies. Il n'est dès lors pas surprenant que cette puissante institution méditerranéenne, la grande famille, la gens, soit devenue l'instrument presque exclusif de la solidarité et de la défense collective. Tout commence bien sûr par la terre. En l'absence d'une véritable justice foncière, c'est la violence qui est devenue l'instrument de défense des droits personnels, et la loi du silence, l'omerta, la traduction inévitable de la solidarité familiale devenue clanique. On est vite passé de la terre à l'ensemble des activités sociales. De plus, là comme ailleurs en France, l'Etat distribue des subventions, puisque chez nous, au lieu d'être pour l'essentiel utilisés sur place comme dans les Etats fédéraux, les produits de notre fiscalité remontent au centre avant d'en retomber pour attester la générosité de la République. Dans un univers culturel où la légalité et l'équité étaient aussi peu apparentes, il n'est guère surprenant que les clans se soient organisés, violence et loi du silence comprises, pour contrôler à tout prix les processus électoraux et les flux financiers qu'ils induisent.
 
Voilà le gâchis dont il faut maintenant sortir. Les trois quarts des Corses, qui n'en peuvent plus de la violence, s'appuient désespérément sur l'Etat central malgré sa longue impéritie. Un dernier quart, qui s'est décrit comme autonomiste il n'y a pas si longtemps - comme nationaliste aujourd'hui -, n'a pas renoncé à voir enfin traitées correctement les lourdes spécificités de la situation corse. Ils sont prêts à chercher des solutions négociées et le disent, comme à renoncer à la violence. De ce fait, quelques centaines de desperados les ont quittés pour sombrer dans la violence pure. Ils n'obéissent plus à leur commandement. Comment en vouloir aux représentants élus de ces mouvements ? C'est au contraire leur honneur, et la garantie de sérieux de leur choix.
 
Comment traiter alors cette nécessité pour la Corse de prendre une part plus grande à la maîtrise de ses affaires pour les conduire en fonction de ses caractéristiques propres ? Le fait que l'on ait pu évoquer et citer dans le projet gouvernemental des « attributions législatives » a suffi à mettre le feu aux poudres. Trois questions se posent à cet égard.
 
La première : a-t-on vraiment lu le texte ? Le projet dispose que (c'est moi qui souligne) : « Le Parlement pourrait ainsi autoriser l'Assemblée territoriale de Corse à adapter, par ses délibérations dans certains domaines précisément déterminés et dans le respect des principes qu'il aura fixés, des dispositions législatives déjà en vigueur ou en cours d'examen. Les délibérations adoptées par l'Assemblée de Corse dans ces conditions seraient, sous réserve de l'exercice des voies de recours devant la juridiction administrative, exécutoires. De valeur réglementaire, elles... » Que voilà un « législatif corse » sérieusement encadré par le législatif national ! Et craint-on vraiment que le Conseil d'Etat ou les tribunaux administratifs ne laissent se faire le démantèlement de l'Etat ? Si au final la substance de ces nouvelles attributions était plus franchement législative, c'est alors la compétence du Conseil constitutionnel qui serait de droit, autre garantie solide. De quoi a-t-on peur ?  
 
Deuxième question : a-t-on vraiment lu la Constitution elle-même ? C'est notre loi fondamentale dans sa sagesse, et notamment par son article 34, qui entérine le problème et traite l'existence d'une vaste zone grise entre la majesté et la généralité de la loi, et les contingences du règlement. Je le sais d'expérience : pour un gouvernant qui souhaite faire prendre une mesure importante, le choix entre la loi et le décret est rarement évident. Il existe même dans la Constitution (article 37) une procédure qui permet au Conseil constitutionnel de dénoncer le caractère législatif de tel texte ou de telle matière pour renvoyer l'un ou l'autre au règlement. Pourquoi ne l'appliquerait-on pas aux affaires corses, à quelques grandes exceptions de principe près ? Les arguments de procédure constitutionnelle ne tiennent guère. Le seul argument constitutionnel de poids, c'est notre dévotion à l'uniformité. Mais là, c'est l'Histoire qui parle, plus que le droit. Mon choix est fait : mieux vaut une différence reconnue qu'une fausse uniformité oppressive.
 
Reste alors la troisième question. Si vraiment l'on croit, comme l'affectent nos jacobins, et comme je le crois moi-même, aux vertus exclusives de l'action politique et de la démocratie pour assurer à la Corse un avenir de calme et d'expansion, alors pourquoi vouloir en exclure les Corses eux-mêmes ? Le pari qui s'esquisse consiste à penser que les Corses fiers de l'être et qui revendiquent leur identité, une fois devenus plus nettement responsables, sauront traiter des difficultés d'existence de cette identité mieux qu'il n'a été fait par le passé. Refuser ce pari, c'est refuser la démocratie dans son principe. Refuser de donner une large autonomie à l'Assemblée de Corse c'est d'abord faire le calcul surprenant que les nationalistes pourraient y être bientôt majoritaires, ce que tout dément, mais surtout afficher clairement que l'on se méfie d'eux, que l'on ne croit ni à l'apprentissage de la responsabilité ni aux vertus des réconciliations négociées.
 
Lionel Jospin a eu un grand courage dans cette affaire. Il serait dommage et dangereux qu'une frilosité républicaine bornée l'empêche d'établir entre la France et la Corse de nouvelles relations fondées sur la confiance réciproque. La République en sortirait à coup sûr renforcée, alors que la persistance de la crise l'affaiblit gravement.
 
PAR MICHEL ROCARD
 
edit: grilled par alberich (je n'avais pas vu)


Message édité par docmaboul le 02-12-2004 à 16:19:05
n°4319989
Profil sup​primé
Posté le 02-12-2004 à 16:27:48  answer
 

DocMaboul a écrit :


 
edit: grilled par alberich (je n'avais pas vu)


 
j'espère pour toi que c'était un copier/coller  :lol:

n°4320504
docmaboul
Posté le 02-12-2004 à 17:37:13  profilanswer
 

alberich a écrit :

j'espère pour toi que c'était un copier/coller  :lol:


 
Oui. En voilà un autre d'ailleurs, un autre son de cloche:
 
Vénissieux, les rebeus lui trouvent un accent chelou. Pour les cousins de Fès, il est le frankaoui. Même à Porto Vecchio, il étonne. Pas pour son fin profil de Maure, mais à cause de ses intonations de bastiacciu (bastiais) quand il parle corse. «On est toujours l'étranger de quelqu'un, non ?» sourit Hassan Moutaakif qui parle les trois langues. Il écoute I Muvrini dans le désert et Oum Kalsoum sur les routes du Cap Corse. Jamais le contraire, comme s'il recherchait partout la nostalgie des exilés. C'est un doux, un tendre, un poète. Un comédien de théâtre qui s'amuse d'avoir fait «l'immigré de service» dans le film l'Enquête corse : «Mon rôle tenait en deux phrases, qu'ils ont doublées. Je ne parlais pas assez beur.»
 
Sur le port de Bastia, les vieux font un détour pour lui toucher la main, et les filles tendent la joue. Rituel insulaire et complicité. «C'est ça les Corses. Pas les trois petits cons de Clandestini corsi qui vont casser de l'Arabe.» A la mort de Majouba, sa mère, notables, commerçants, prolos, tout le quartier avait cotisé pour rapatrier le cercueil au pays. Les locaux comme les immigrés. C'était il y a vingt ans, sur les murs de la rue Droite, le salpêtre mangeait les graffitis Luchesi fora, les Italiens dehors. Avant, c'était les pieds-noirs que certains voulaient remettre à la mer. La même peinture noire sert aujourd'hui aux Arabi fora, dans cette rue toujours aussi délabrée. «Ça va passer», dit Hassan. Il lève son verre de blanc à l'amitié. On ne parle pas de ce qui mine. Omerta sur le racisme.
 
Pourtant, quarante agressions arabophobes en six mois, cinquante familles maghrébines enfuies de Corse depuis le début de l'année. Une maison attaquée à Biguglia, la porte de l'imam de Sartène mitraillée... «Des petits cons, répète Hassan, il y en a toujours eu.» Il chantonne un refrain de cours de récréation des années 60 : «Les Arabes, c'est comme les mouches, ça mange la merde avec la bouche.» Il avait 6 ans, son frère et lui étaient les seuls Arabes de l'école. Il a pleuré la première fois. La deuxième, il a chanté encore plus fort : «Les Français sont plus malins, ils mangent la merde avec la main.» Quand il croise dans les cafés les anciens de l'école, ils rigolent de «ces trucs de gosses». Ils sont amis. «Les Corses que j'aime sont ceux dont on ne parle jamais. Ceux des villages, qui ne laissent jamais tomber un pote. Ils sont les plus nombreux.» Sur le continent, il dit qu'il est corse. «T'es malade, ils sont tous racistes là-bas», disent ceux des banlieues. «Comme ailleurs», répond Hassan. Tout seul, il doute. Le fils d'un ami a été arrêté pour une agression raciste. «Son père est un type bien, tolérant, honnête. Et le gamin fait ces conneries... C'est un peu fou, j'ai l'impression d'être sur un bateau, et qu'on creuse la coque.» Il ajoute : «La vie continue.»
 
Dans le plus ancien de ses souvenirs, il y a Bastia, le grondement des ferries, l'ombre de la Sardaigne posée sur la mer. Il est arrivé à l'âge de 2 ans, avec sa mère et ses deux frères. Majouba, recommandée par son employeur de Fès, ne savait pas lire, pas écrire. Ni même, dit son fils «qu'elle arrivait sur une île». Le père, 43 ans et déjà «vieillard», est resté au Maroc. Il a fini sa vie «liseur de Coran» à la mosquée. Les nouvelles de Corse lui arrivaient dans des petits paquets ficelés, sur des cassettes enregistrées. A Bastia, la famille vivait dans une pièce sans eau courante, ouverte sur la Méditerranée. La mère faisait des ménages, les enfants se débrouillaient, l'aîné s'occupait des deux plus jeunes. Ils avaient le foot et les balades dans la montagne.
 
Hassan et ses frères ont appris le corse en déchargeant les cageots sur le marché. La communauté, alors, c'était quelques hommes solitaires et silencieux, maçons ou ouvriers agricoles, en bleu la semaine et en djellaba le dimanche. C'était avant le regroupement familial, et la deuxième génération en quête d'identité : «Pour moi, ce n'était pas spécialement important d'être marocain. C'est écrit sur ma gueule, je n'en ai ni la fierté ni la honte. Et je n'en fais pas une revendication.» Les filles voilées et les petits machos à casquette qui tiennent les murs rue Droite, ça le navre. Comme la discrimination positive ou la loi sur les signes religieux à l'école «qui foutent le bordel». Hassan ne fait pas le ramadan. Il n'est pas musulman : «Quand on était adolescents, on pensait que la religion, c'était un truc du passé. Je croyais que l'être humain allait être assez intelligent pour s'en passer. Que les sociétés allaient s'améliorer. La place que ça prend aujourd'hui, ça me dépasse. Presque tous mes copains disent croire en Dieu, c'est presque obligatoire.» Ses deux parents, enterrés au bled, ne l'ont jamais obligé à rien. Ni à aller à la mosquée, ni à prendre la nationalité française, qu'il n'a toujours pas. Pour quoi faire ? Voter ? «Ça me poserait un problème. J'ai des copains nationalistes, je ne les comprends pas. La politique, c'est comme la religion. Ceux qui pratiquent prétendent avoir la vérité. Je m'en méfie.» Adhérent d'Attac, il se dit internationaliste. S'il votait, ce serait à gauche. Ou pour Sarkozy, «un immigré lui aussi, qui a réussi». Et un peu corse, «par sa première femme».
 
Il a voulu partir sur le continent, comme tous les jeunes. Il n'avait pas de rêves d'enfant, faute de s'y autoriser. La plage, le foot, on s'en lasse. «A 18 ans, ici, tu tournes en rond. Pas de maison de la culture, pas de concerts, c'est mort.» Une fois, il s'est exilé six mois. Le temps d'une saison de serveur dans une station de ski. Son troisième métier, après s'être brûlé les yeux quelques années comme soudeur, puis s'être cassé le dos pour un carreleur. En Savoie, la neige n'avait pas la bonne couleur, il manquait la mer pour l'éclairer. Hassan est rentré voir le rectangle bleu, imprimé dans sa mémoire : «En arrivant, j'ai embrassé la terre et je me suis dit que j'étais chez moi.» Il est devenu barman sur le port, à portée des ferries et n'est plus parti. «L'île, c'est un immense jardin. Si tu le fais à pied, c'est un petit continent.»
 
Quinze années plus tard, la quarantaine rôdant, il s'est interrogé. Une vie amoureuse, «tumultueuse», pas d'enfant, pas de maison. Il a regardé en arrière, son BEP passé pour rassurer Majouba, ses années sur les chantiers, son échec à devenir entraîneur de foot, «je voulais leur apprendre à jouer, pas à gagner, donc ça n'allait pas». Il s'est dit qu'il n'avait rien choisi et a fouillé ses désirs. Sont apparus Shakespeare qu'il a lu «en entier», et la troupe de théâtre amateur, fenêtre sur le monde quand il avait 17 ans après ses journées d'ouvrier. Ils avaient joué la commedia dell'arte sur les marchés, «tout le monde s'amusait». Poussé par Myriam, sa compagne infirmière de Bastia, Hassan a donné son congé au café pour faire l'acteur professionnel. En corse, et en français, il joue dans les villages. Une comédie avec six personnages en quête d'identité qu'il voudrait exporter. Son rêve : des voyages, des tournées sur le continent, et le retour au port d'attache. «Ce n'est pas à mon âge que je vais partir faire l'immigré à Paris.»
 
http://www.liberation.fr/page.php?Article=258492

n°4321467
Wendigo
Profil : Castor Funk
Posté le 02-12-2004 à 20:17:10  profilanswer
 

Evite les pavés, personne les lit ^^° Sinon franchment, je n'aime pas préjugé les postes des gens, mais j'ai une tres net impression que tu te monte des film pas possible sur un complexe.  
Il suffit que quelqu'un sorte un cliché pour que tu attaques tout le monde sur leur inculture du probleme, et que tu joue la carte du mépris et du trollage. Je trouve cela dommage que le seul qui demande un débat saint soit egalement le seul qui envenime ce topic :/
 
Imagine toute les personnes noirs qui ont lu des clichés dans ce topic ou les magrébens, les arabes, les chinois... s'ils le prenaient comme une attaques perso au lieu de le prendre au second degré...


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