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Dix ans de guerre et un échec sur toute la ligne
Mots clés : Afghanistan, « Pacification », « stabilisation », « démocratisation » du pays, « lutte antiterroriste », tels étaient les objectifs officiels de l’invasion. Aucun d’eux n’est rempli. Au contraire, la situation s’est envenimée à tous points de vue. Un nombre de victimes toujours plus important dans les rangs des civils afghans, au rythme des bavures de l’Otan, des pertes toujours plus grandes parmi les soldats des armées occidentales, et singulièrement celle de la France, une situation politique et militaire qui ne cesse de se dégrader. Qu’on le prenne sous n’importe quel angle, le bilan de près de dix ans de guerre en Afghanistan est désastreux.
Les premières bombes avaient été lâchées sur le pays le 5 octobre 2001, signal du démarrage d’une opération « Enduring Freedom » (Conforter la liberté), présentée comme la seule réponse possible aux effroyables attaques, signées Ben Laden, contre les tours jumelles de Manhattan. Les États-Unis se prévalaient de la légitime défense pour agir. Sur les bancs de l’Assemblée nationale, Alain Madelin, député de la droite française, célébrait la « libération de Kaboul ». Nous étions alors quasiment les seuls, dans ces colonnes, à prévenir des « dangers de l’engrenage guerrier, des effets pervers d’une méthode bien plus prompte à nourrir l’hydre terroriste qu’à la combattre », comme elle prétendait le faire. Loin de « pacifier », « stabiliser » ou « démocratiser » l’Afghanistan, comme le prétend encore le discours officiel, la guerre a renforcé tous les problèmes.
La récente exécution de Ben Laden au Pakistan a même confirmé, à sa manière, combien son utilisation était un contresens du point de vue de la lutte antiterroriste. Tous les spécialistes sérieux soulignent que celle-ci est affaire de renseignements, voire de commandos. Mais certainement pas d’invasion militaire.
Les vraies raisons du déclenchement des foudres sur l’Afghanistan tiennent à sa position géostratégique, aux confins de la Russie, de la Chine, de l’Inde, et des immenses richesses pétrolières du Caucase. Hamid Karzai, l’homme lige de Washington à la tête du pays, ne fut-il pas chargé, dès la fin des années 1990, de marchander avec… les talibans, le passage d’un oléoduc sur le territoire afghan ? Et l’Otan, qui a usurpé rapidement sur place les premiers rôles, face à l’ONU, n’a-t-elle pas utilisé le « laboratoire afghan » pour accélérer sa mutation en bras armé planétaire des intérêts des puissances occidentales ?
« Faites cesser les massacres, faites retirer les troupes étrangères pour que s’arrête la talibanisation », implorait, dans l’Humanité du 2 février 2010, la courageuse députée afghane, Malalaï Joya, menacée de mort dans son pays. Des acteurs afghans, comme elle, des pacifistes du monde entier proposent de convoquer enfin sous l’égide d’une ONU rétablie dans son rôle, avec toutes ses prérogatives, une conférence internationale capable de déboucher sur un vrai processus de paix. Pas simple après dix années de ravages. Mais toute autre voie serait suicidaire pour l’Afghanistan, comme pour la région.
Un été très meurtrier pour l’armée française
Depuis le début de la guerre en 2001, quelque 74 soldats français ont perdu la vie en Afghanistan dont 22 au cours de cette année 2011. Et ce bilan s’est singulièrement alourdi dans les toutes dernières semaines où, proportionnellement au nombre d’hommes déployés sur le terrain, l’armée française paye
le plus lourd tribut à la guerre. Depuis le début de l’été on constate une accélération du rythme des victimes dans ses rangs, 11 soldats ou légionnaires français ayant été tués dans cette seule période, marquée notamment par la semaine noire du 14 juillet durant laquelle 7 d’entre eux ont perdu la vie.
Bruno Odent
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Source : l'Humanité http://www.humanite.fr/monde/dix-a [...] gne-478005
Mot clef : Ghost gazoduc : Chercher plutot trans afghanistan pipeline ( TAPI) pour échapper à la propagande : http://en.wikipedia.org/wiki/Trans [...] n_Pipeline
Citation :
The roots of this project lie in the involvement of international oil companies in Kazakhstan and Turkmenistan beginning of 1990s. As Russia, who controlled all export pipelines of these countries, consistently refusing to allow the use of its pipeline network, these companies needed an independent export route avoiding both Iran and Russia.[6][unreliable source?]
The original project started on 15 March 1995 when an inaugural memorandum of understanding between the governments of Turkmenistan and Pakistan for a pipeline project was signed. This project was promoted by Argentinian company Bridas Corporation. The U.S. company Unocal, in conjunction with the Saudi oil company Delta, promoted alternative project without Bridas' involvement. On 21 October 1995, these two companies signed a separate agreement with Turkmenistan's president Saparmurat Niyazov. In August 1996, the Central Asia Gas Pipeline, Ltd. (CentGas) consortium for construction of a pipeline, led by Unocal, was formed. On 27 October 1997, CentGas was incorporated in formal signing ceremonies in Ashgabat, Turkmenistan, by several international oil companies along with the Government of Turkmenistan.[citation needed]
Since the pipeline was to pass through Afghanistan, it was necessary to work with the Taliban. The U.S. ambassador to Pakistan, Robert Oakley, moved into CentGas in 1997. In January 1998, the Taliban, selecting CentGas over Argentinian competitor Bridas Corporation, signed an agreement that allowed the proposed project to proceed. In June 1998, Russian Gazprom relinquished its 10% stake in the project. On 7 August 1998, American embassies in Nairobi and Dar es Salaam were bombed under the direction of Osama bin Laden, and all pipeline negotiations halted, as the Taliban's leader, Mohammad Omar, announced that Osama bin Laden had the Taliban's support. Unocal withdrew from the consortium on 8 December 1998, and soon after closed its offices in Afghanistan and Pakistan.[citation needed]
The new deal on the pipeline was signed on 27 December 2002 by the leaders of Turkmenistan, Afghanistan and Pakistan.[7] In 2005, the Asian Development Bank submitted the final version of a feasibility study designed by British company Penspen. ‘Since the US-led offensive that ousted the Taliban from power,’ reported Forbes in 2005, "the project has been revived and drawn strong US support" as it would allow the Central Asian republics to export energy to Western markets "without relying on Russian routes". Then-US Ambassador to Turkmenistan Ann Jacobsen noted that: "We are seriously looking at the project, and it is quite possible that American companies will join it."[8] Due to increasing instability, the project has essentially stalled; construction of the Turkmen part was supposed to start in 2006, but the overall feasibility is questionable since the southern part of the Afghan section runs through territory which continues to be under de facto Taliban control.[8]
On 24 April 2008, Pakistan, India and Afghanistan signed a framework agreement to buy natural gas from Turkmenistan.[9] The intergovernmental agreement on the pipeline was signed on 11 December 2010 in Ashgabat.[9]
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Afghanistan : prisonniers torturés AFP Publié le 07/09/2011 à 11:58 Réactions (7) La coalition internationale en Afghanistan a suspendu le transfert des prisonniers afghans vers certaines prisons dépendant du gouvernement afghan, en raison de soupçons de torture, évoqués dans un rapport de l'ONU qui doit être publié prochainement, a indiqué l'Otan aujourd'hui.
Selon la BBC, le rapport de la Mission de l'ONU en Afghanistan (Unama) fait état de détenus battus à coups de tuyaux en plastique et menacés d'agressions sexuelles. Huit prisons, gérées par les services afghans de renseignement (NDS) ou par la police afghane, seraient concernés, selon la BBC.
"L'Isaf (Force de l'Otan en Afghanistan) a décidé, par mesure de précaution, de suspendre le transfert de détenus vers certains centres de détention, jusqu'à ce que nous puissions vérifier les observations du rapport de l'Unama", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'Otan. N'ayant pas lu le rapport, il n'a pu préciser la nature des allégations ou donner de détails sur son contenu. "L'Unama est actuellement en train finaliser un rapport sur les mauvais traitements de détenus en Afghanistan (...) nos conclusions indiquent que les mauvais traitements de détenus ne sont pas une politique gouvernementale ou institutionnelle", a déclaré Dan McNorton, un porte-parole de l'Unama. Il a précisé que l'Unama avait informé les autorités afghanes, notamment la NDS, des conclusions du rapport et que celles-ci avaient proposé des mesures.
Les individus arrêtés par les forces de l'Otan en Afghanistan sont détenus soit dans des prisons gérées par la coalition, comme celle de Parwan (ex-prison de Bagram) au nord de Kaboul, quand ils sont soupçonnés de liens avec les insurgés talibans, soit remis aux autorités afghanes.
En février dernier, un journaliste de l'AFP avait recueilli plusieurs témoignages faisant état d'un usage répandu de la torture par les forces de sécurité afghanes (armée, police, NDS) et montrant que le phénomène était très largement connu de la coalition qui continuait pourtant de leur transférer des prisonniers.
Rachel Reid, de l'ONG Human Rights Watch, avait indiqué à l'époque que la torture était surtout pratiquée par la police et les services secrets, ajoutant qu'elle est "généralisée" à la NDS.
Les ONG de défense des droits de l'Homme accusent également les forces américaines, qui composent les deux-tiers des 130.000 hommes de l'Isaf, de détenir "illégalement" des prisonniers, notamment à la prison de Parwan, anciennement située sur la base américaine de Bagram et parfois comparée au centre de détention de Guantanamo.
L'armée américaine devait initialement transférer en 2011 le contrôle de ses prisons au gouvernement afghan, notamment celle de Parwan/Bagram. Le transfert a été reporté à une date non précisée.
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Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/ [...] rtures.php Le figaro : 10 ans pour que l'OTAN se pose la question de sortir de la torture et revenir dans le respect des droits de l'homme et de la guerre.
Pour aller plus loin à droite : valeurs actuelles : http://www.valeursactuelles.com/pa [...] 10818.html
Raisons et reflexions bien moins "humanistes" ... meme constat ...
Citation :
Défense. La France en Afghanistan.
L’art de bâcler ses guerres
Georges-Henri B... le jeudi, 18/08/2011 dans Parlons Vrai Version imprimableEnvoyer à un ami
Avant de savoir finir une guerre, il faut savoir la commencer. On ne sait ce qu’il y a de plus accablant dans l’annonce de notre retrait d’Afghanistan, le mois dernier : notre mimétisme vis-à-vis des Américains ou, ce qui va de pair, l’inconsistance totale du politique dans la conduite de la guerre ? Tout au long de ces dix années de conflit, l’Élysée n’aura été que de demi-mesure en demimesure. Ceux qui décident de faire la guerre à moitié l’ont perdue dès le départ et complètement. Voilà la leçon. Elle est définitive et implacable.
La suite de notre retrait d’Afghanistan, achevé en 2014 ? On la connaît. Les écoles pour femmes fermeront. La burqa reprendra pleinement ses droits à Kaboul. Musique et cinéma seront à nouveau bannis.
Voilà pour l’argument, pour l’affichage télégénique. La corruption endémique des forces afghanes n’en fait qu’une armée mexicaine au service d’une féodalité décrépite, qui sera incapable de freiner sa dislocation ethnique et tribale après le retrait des troupes occidentales, enfin disons françaises, puisque les Américains, pas assez sots pour laisser le trésor de guerre à la Chine, ne feront que réduire la voilure et resteront bien après 2014 pour exploiter les 1 000 à 3 000 milliards de dollars de gisements miniers et fossiles que recèle le sous-sol afghan. Ils se concentreront sur le pays “utile”, entendez celui qui rapporte. Comme en 1996, où l’empire s’était fort peu ému de la victoire des talibans, les États-Unis négocieront avec le nouveau gouvernement de coalition formé par les réseaux Karzaï et ceux du mollah Omar une rente suffisante pour étouffer en surface les velléités antioccidentales et garantir la sécurité du Transafghanistan Pipeline. Les logiques de baronnies reflueront, le pays se déchirera à nouveau et la routine ancestrale de la guerre civile afghane reprendra ses droits, sans pour autant représenter une menace globale. Il n’y aura, comme aujourd’hui, ni paix ni guerre véritables.
Seigneurs de guerre et talibans peuvent dire merci aux torrents de dollars que les Américains ont jetés à fonds perdus dans l’effort d’une chimérique reconstruction d’une nation jamais construite et qu’ils n’ont, d’ailleurs, jamais eu l’intention de construire : 400 millions de dollars par an auraient ainsi été brûlés au profit des rebelles, selon le Congrès américain. L’empire a acheté la paix tactique en Afghanistan comme on achète la paix sociale dans nos banlieues mais, cahin-caha, il tient le pays, grâce, il faut le dire, à l’apport de ses supplétifs européens, merveilleuse béquille prête à tout pour satisfaire un hégémon boiteux, qui traîne et endure son ahurissant budget militaire de 700 milliards de dollars comme un pied bot.
Le cynisme de la gestion américaine a au moins le mérite de servir, sinon son peuple, tout du moins sa puissance géoéconomique. Mais que dire de notre rôle à nous Français dans cette guerre ? Certes, sur le fond, cette décision est bonne : la guerre n’a jamais été menée pour servir l’intérêt de la France. Nous n’avons jamais été en Afghanistan des alliés pour les Américains, tout au plus un bien utile réservoir de main-d’oeuvre destiné à faire de la tactique de détail et c’est ce que nos hommes ont fait, avec une grande témérité et un grand panache. La conclusion annoncée de “notre” guerre, l’extraordinaire gâchis d’énergie et d’argent qu’elle contresigne, n’en prend que plus aux tripes. Que vaudront nos succès tactiques en Kapisa et en Surobi, sur le temps long ? Que restera-t-il de l’action des colonels Le Nen, Heluin, Durieux ? Une Bronze Star, juste récompense due aux vassaux, remisée sur l’étagère poussiéreuse d’un musée de régiment ? Tribut de la servitude volontaire.
Enfin, au bilan de cet engagement bâclé, il faudra se souvenir du mépris, de l’extraordinaire mépris du politique et de ses calculs d’épicier : faut-il rappeler que le ministère de la Défense a attendu 2011 pour reconnaître officiellement notre engagement en Afghanistan comme une “guerre”, simplement pour ne pas avoir à payer les frais de la campagne double à nos soldats ?
Les simulacres cérémoniels ont tendance à nous faire oublier que, dans l’alcôve des ministères, le démantèlement de l’outil militaire, déjà cassé, va son train : effectifs sabrés par dizaines de milliers à la hache de la RGPP qui tient lieu à notre classe politique de seul plan stratégique, réformes menées en fonction de postulats purement technocratiques comme celle, aberrante, des bases de défense ou du système d’information financière Chorus, réduction continue du format et du contrat opérationnel des armées, abandon de nos positions en Afrique, non-respect systématique des lois de programmation budgétaire, etc. Ce débat, ce n’est pas aux hommes politiques, qui se satisfont trop bien de la marginalité des questions de défense, qu’il incombe de le porter, mais bien aux armées, à nos officiers, à nos soldats. C’est eux et eux seuls qui sont en mesure de mettre les enjeux de la défense au cœur de la campagne. Pour ce faire, et pour exorciser définitivement le fantôme de 1940, il faut qu’ils parlent : haut et fort.
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Intéressant l'histoire des frais de campagnes ... commentaires bienvenus ...
etre européen et indépendant ... encore tout un concept à développer ... difficile à saisir pour certains ...
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