bluemangoes |
Merci, ce reportage est très intéressant Merci aussi à ceux qui racontent leurs anecdotes etc, j'me suis sentie moins seule :')
la_salace a écrit :
Il y a des techniques à apprendre dans la rue, des choses à éviter ... déjà le gros reflex avec un zoom, c'est à proscrire, même si tu shoot avec un 450D + 18-55 de base, pour les gens ça fait professionnel avide qui va exploiter les images, perso j'ai un 5DII + un 20 mm fixe, c'est du matos hautement professionnel, et pourtant, cet objectif est discret, compact, les gens en me voyant avec ce vieux truc sur mon appareil se posent pleins de questions, c'est un argentique ça ? tu es un amateur ? ( plus dans le sens amateur cherchant la compo, la lumière, un artiste ), et du coup ils sont moins fermés sur le droit à l'image, je me suis fait enguelé une seule fois, j'ai continué mon chemin comme si de rien était, je les ai entendu raler mais ils n'ont pas fait demi tour pour me courir aprs, et puis la photo était flou, elle a fini à la poubelle ...
Mon 20 mm me permet de construire un cadre très large, je m'applique à sortir les sujets très au bord de mes compos, la plupart du temps ils s'imaginent que je photographie un truc au loin, ils ne font même pas attention à moi ... J'utilise aussi pour le candid, un objectif de type fish eye, un 12mm, ici, je garde l'appareil au niveau du ventre, comme un moyen format avec visée par l'épaule, et pour attirer les regards, je sort dans la rue avec un look très atypique, une veste très voyante, des grosses lunettes de soleil type aviateur, un bonnet sur la tête, de sorte que de loin je soit certain que tout le monde me regarde, c'est quelque chose de très important, comme je ne vise pas, j'attend de passer très près des gens qui m'intéressent, et mon accoutrement fait qu'on va me regarder, regarder l'objectif, c'est une des formules clés à la réussite de ma photo.
Dans le bus, le tramway, j'ai la chance de bénéficier de la visée live view, je peux plus confortablement me permettre de shooter à 50 ou 85 mm avec une mise au point précise, et sans avoir à mettre l'œil dans le viseur, et donc à perturber les gens, je touche beaucoup à mon appareil, je fais semblant d'appuyer sur les boutons, de regarder mes prises de vue, ou de régler l'appareil, alors que les yeux fixés sur l'écran je n'attend que le moment décisif ou la personne visée est complètement relâchée et redeviens naturelle.
Le tramway, le bus, le metro, ce sont des endroits ou on est assis immobile, à la merci de tous, pour paraitre plus familier, je n'hésite pas non plus à étaler mon matériel, je devisse un objectif, pour aller dans mon sac en chercher un autre, et recomposer un nouveau cadre, les gens ne me voient ainsi plus comme un pervers névrosé, mais comme un passionné qui aime ce qu'il fait, je deviens de cette manière beaucoup plus amical à leurs yeux.
Je n'ai pas encore essayé le 50mm, dans la rue, ça me fait un peu peur l'approche de cette focale, très directe vis à vis des sujets, mais j'avais aussi peur avant et la peur et quelque chose qui disparait très vite avec la pratique, pour laisse place à l'excitation.
Je fait aussi un peu de 135mm, plus à la manière d'un reporter de guerre, ici j'aime me planquer, derrière une statue, un pan de mur, et prendre le temps de construire mon cadre, de poser ma mise au point et d'attendre, un passage singulier, le moment ou le personne sait que je l'ai vu et commence à offrir un sentiment, la peur, la surprise, l'étonnement, ou la complicité aussi, c'est à ce moment qu'il faut déclencher et ça se passe en un quart de seconde.
Si on me demande ce que je ferait des photos, j'offre d'abord de la montrer, d'expliquer si je vais la garder ou pas, puis j'offre de visiter mon portfolio en ligne, généralement les gens sont flattés, généralement aussi, si la photo n'a pas été bonne, ils ont un petit air de désolation dans le regard, on va dire que c'est le jeu, mais généralement ils le prennent très bien.
Ils comprennent que ma démarche est artistique.
En espérant que cela puisse t'aider =)
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la_salace a écrit :
La focale utilisée est importante, car dans un point de vue sociologique, elle va conditionner le rapport du photographe à la rue, sa manière d'appréhender les choses dans un contexte.
Pour souligner ce passage en gras, je dirais que si tu te sens à l'aise avec le matos que tu utilise, tu n'a alors pas besoin de chercher plus loin, l'important, c'est l'aisance avant tout.
Mais pour redéfinir la photo de rue, à cause des problèmes cités plus haut, il est alors bien sommaire de limiter ce problème au rapport qu'on les gens à l'objectif, il y a aussi le photographe, c'est à lui de savoir, dans sa manière d'être, se fondre dans l'environnement et se faire oublier.
On ne se fera pas oublier de la même manière selon qu'on photographie à New York, ou en campagne, on ne sera pas vu de la même manière par les gens selon l'histoire de la ville dans laquelle on se situe, selon le quartier qu'on entreprend d'étudier, des choses devront des fois être mises en valeur, et d'autre fois non.
Quelqu'un viens demander un conseil, tu ne lui sera pas d'un aide précieuse en lui répondant qu'elle n'a qu'à sortir est faire des photos, puisqu'elle l'a fait et que ça n'a pas marché ... Pour Bluemangoes, le problème viens je pense du rapport qu'elle entretient avec les gens, et non pas du rapport qu'on ceux ci avec le photographe ( ou alors c'est vraiment la faute à pas de chance de n'être tombé jusqu'à aujourd'hui que sur des cons ).
C'est une question de placement d'elle par rapport à ses contemporains, qui est dictée dans sa manière de faire, donc dans son placement par rapport à eux par le biais d'une focale ( ou un zoom ) en particulier, d'un temps de préparation de son appareil pour cadrer, mettre en lumière, dans la rue il faut des fois être rapide, des fois prendre son temps, mais c'est de la pratique, de l'apprentissage tout ça.
Préparer son appareil ... pour de la photo à la sauvette par exemple, on utilisera jamais un 50 mm, cette focale demande de préparer sa mise au point individuellement pour chaque photo.
Avec un 20mm réglé sur l'échelle de mesure, avec une bonne hyperfocale, on sait à l'avance ce que l'on va cadrer, à 20mm F/8, j'ai deux préset différentes, une ou je serait net de 45 à 85cm environ, et je sais que je vais cadrer du portrait + buste, et une preset ou je serait net de 1m20 à l'infini, pour faire des photos de pleins pied bien dégagés, avec ça, je me promène, je vois, je vise et je click, la photo se fait en l'espace de 3 ou 4 secondes et je suis déjà passé à autre chose, j'ai mon sujet, mon cadre, ma lumière et je suis net, tout ça très rapidement !
Donc la focale compte énormément dans la manière d'appréhender sa photo. C'est un plus de connaitre ses échelles de distance et de comprendre comment fonctionne le matériel qu'on va utiliser.
Certains n'auront pas besoin de ça, et tant mieux, l'important c'est le résultat.
Mais certaines personnes ont besoin d'apprendre aussi, et on a le droit de leur partager notre expérience, lors ce qu'on en a une.
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Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me répondre si précisément, c'est de ce genre de conseils dont j'avais besoin, je pense.
Tu as vu juste... Je me balladais avec mon 5DII et le 24-70 + son gros pare-soleil et c'est assez imposant, j'imagine que je fais peur aux gens (pourtant je suis fade irl...) J'en suis bien triste parce que je n'ai que ça pour l'instant (et un 28-135 IS ce qui n'est guère plus discret)...
Ta technique des présets a l'air bien au point, je la testerais dès que j'aurais un grand angle. J'ai beau essayer de prendre d'autres choses en photo, des objets, de l'architecture etc... Cela n'a pas la même saveur à mon goût que la photo de rue avec des sujets humains, la magie de l'instantané... J'ai l'habitude de faire ce genre de photos en voyage et je suis à l'aise lorsque c'est en Asie car les gens y sont plus ouverts, moins paranos, voire même très demandeurs (en Inde particulièrement). Mais voilà, j'habite ici, et je ne vois pas pourquoi je devrais me priver d'en faire de même chez moi, toujours dans une même démarche respectueuse.
Ça m'a juste démoralisé encore une fois, c'est pas la première ni la dernière mais il en faudra plus que ça pour me faire lâcher l'affaire
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