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Auteur Sujet :

[Politique LR ] 1er parti des municipales 2026 - Deal with it

n°9204865
jimmythebr​ave
Posté le 13-08-2006 à 18:41:46  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Ca me fait penser qu'hier je regardais un podcast ou Montebourg se faisait interviewé.
 
Lui clairement, n'a pas renoncé aux idées antilibérales. Il soulignait le fait qu'ouvrir à fond les frontières pour que les capitaux et les marchandises puissent voyager sans encombre, était une pure folie. Ceci nous conduisant à une impasse. Une impasse déflationniste, puisque à force de sur-rémunérer le Capital au détriment de la part revenant au Travail, le système actuel creuse sa propre ruine. En effet, pour consommer, il faut un emploi et des salaires corrects. A force de produire toujours plus dans des pays à MO peu élevée, leurs meilleurs clients (les consommateurs des pays riches) n'ont plus la meme capacité d'acheter les produits.
 
Très intéressant de montrer en quoi ce modèle érigé en vérité, est très insatisfaisant.
 

mood
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Posté le 13-08-2006 à 18:41:46  profilanswer
 

n°9204880
zurman
Parti définitivement
Posté le 13-08-2006 à 18:43:51  profilanswer
 

jimmythebrave a écrit :

Ca me fait penser qu'hier je regardais un podcast ou Montebourg se faisait interviewé.
 
Lui clairement, n'a pas renoncé aux idées antilibérales. Il soulignait le fait qu'ouvrir à fond les frontières pour que les capitaux et les marchandises puissent voyager sans encombre, était une pure folie. Ceci nous conduisant à une impasse. Une impasse déflationniste, puisque à force de sur-rémunérer le Capital au détriment de la part revenant au Travail, le système actuel creuse sa propre ruine. En effet, pour consommer, il faut un emploi et des salaires corrects. A force de produire toujours plus dans des pays à MO peu élevée, leurs meilleurs clients (les consommateurs des pays riches) n'ont plus la meme capacité d'acheter les produits.
 
Très intéressant de montrer en quoi ce modèle érigé en vérité, est très insatisfaisant.


Et pourtant, quelle est sa première préoccupation ? Lutter contre l'inflation [:tinostar]

n°9204896
jimmythebr​ave
Posté le 13-08-2006 à 18:47:03  profilanswer
 

zurman a écrit :

Et pourtant, quelle est sa première préoccupation ? Lutter contre l'inflation [:tinostar]


 
Hein, où t'as vu ça ?
 
Non non ya que la BCE, qui mène des combats d'arrière-garde. Elle lutte contre un ennemi imaginaire. Les entendre s'affoler parce que l'inflation est passé de 2 à 2.5 %, c'est n'importe quoi. Depuis plusieurs années, les USA ont une inflation qui est de 4 % environ, que je sache, ça ne les a handicapé des masses.

n°9204905
zurman
Parti définitivement
Posté le 13-08-2006 à 18:49:35  profilanswer
 

jimmythebrave a écrit :

Hein, où t'as vu ça ?
 
Non non ya que la BCE, qui mène des combats d'arrière-garde. Elle lutte contre un ennemi imaginaire. Les entendre s'affoler parce que l'inflation est passé de 2 à 2.5 %, c'est n'importe quoi. Depuis plusieurs années, les USA ont une inflation qui est de 4 % environ, que je sache, ça ne les a handicapé des masses.


C'est leur préoccupation à tous, j'y peux rien

n°9204908
Profil sup​primé
Posté le 13-08-2006 à 18:50:07  answer
 

jimmythebrave a écrit :

Hein, où t'as vu ça ?
 
Non non ya que la BCE, qui mène des combats d'arrière-garde. Elle lutte contre un ennemi imaginaire. Les entendre s'affoler parce que l'inflation est passé de 2 à 2.5 %, c'est n'importe quoi. Depuis plusieurs années, les USA ont une inflation qui est de 4 % environ, que je sache, ça ne les a handicapé des masses.


 
en matière d'économie ils sont pas top ! la planche à billets marche selon leurs bon-vouloir

n°9205151
deedlit
Posté le 13-08-2006 à 19:31:55  profilanswer
 

jimmythebrave a écrit :

Hein, où t'as vu ça ?
 
Non non ya que la BCE, qui mène des combats d'arrière-garde. Elle lutte contre un ennemi imaginaire. Les entendre s'affoler parce que l'inflation est passé de 2 à 2.5 %, c'est n'importe quoi. Depuis plusieurs années, les USA ont une inflation qui est de 4 % environ, que je sache, ça ne les a handicapé des masses.

Je suis pas sur que Montebourg aurait pris comme exemple les USA pour illustrer ses propos, sinon pour dénoncer les dérives du système, parce que c'est pas les derniers à sur-rémunérer le capital là bas   [:nafou]

n°9205414
jimmythebr​ave
Posté le 13-08-2006 à 20:25:07  profilanswer
 

deedlit a écrit :

Je suis pas sur que Montebourg aurait pris comme exemple les USA pour illustrer ses propos, sinon pour dénoncer les dérives du système, parce que c'est pas les derniers à sur-rémunérer le capital là bas   [:nafou]


 
Certes
 
Il s'est contenté de les citer pour leurs mesures protectionnistes. D'ailleurs, dans l'interview, il n'a pas fait allusion à l'inflation.

n°9205484
chosen_one
Ah...On me fait signe que non
Posté le 13-08-2006 à 20:40:16  profilanswer
 

deedlit a écrit :

Je suis pas sur que Montebourg aurait pris comme exemple les USA pour illustrer ses propos, sinon pour dénoncer les dérives du système, parce que c'est pas les derniers à sur-rémunérer le capital là bas   [:nafou]


 
Il les prend en exemple pour la gestion des taux d'interet, car la BCE est trop a cehval sur l'inflation
Ceci dit, les USA sont a part car ils s'en br*nlent d'avoir du déficit

n°9205514
dem197
Posté le 13-08-2006 à 20:44:12  profilanswer
 

jimmythebrave a écrit :

Ca me fait penser qu'hier je regardais un podcast ou Montebourg se faisait interviewé.
 
Lui clairement, n'a pas renoncé aux idées antilibérales. Il soulignait le fait qu'ouvrir à fond les frontières pour que les capitaux et les marchandises puissent voyager sans encombre, était une pure folie. Ceci nous conduisant à une impasse. Une impasse déflationniste, puisque à force de sur-rémunérer le Capital au détriment de la part revenant au Travail, le système actuel creuse sa propre ruine. En effet, pour consommer, il faut un emploi et des salaires corrects. A force de produire toujours plus dans des pays à MO peu élevée, leurs meilleurs clients (les consommateurs des pays riches) n'ont plus la meme capacité d'acheter les produits.
 
Très intéressant de montrer en quoi ce modèle érigé en vérité, est très insatisfaisant.


 
 
ben moi ce qui me derange c'est la definition de liberal pour beaucoup de "droiteux" ....
 
a la base liberal c'est pas qu'economique , c'est sur tout les plans , c'est moins de lois , moins d'etat , plus de responsabilité a chacun ,  moins de restrictions sur beaucoup de plans et le gros probleme ces que les "droiteux" imaginent que liberal c'est que donner plus de pouvoirs aux chefs d'entreprise ou liberaliser l'economie uniquement donc creuser un peu plus le fossé de la richesse et du pouvoir en gros  . c'est une aberration pour moi .  
donc assez d'accord avec ton post et mr montebourg ;)  

n°9205585
chosen_one
Ah...On me fait signe que non
Posté le 13-08-2006 à 20:50:55  profilanswer
 

dem197 a écrit :

ben moi ce qui me derange c'est la definition de liberal pour beaucoup de "droiteux" ....
 
a la base liberal c'est pas qu'economique , c'est sur tout les plans , c'est moins de lois , moins d'etat , plus de responsabilité a chacun ,  moins de restrictions sur beaucoup de plans et le gros probleme ces que les "droiteux" imaginent que liberal c'est que donner plus de pouvoirs aux chefs d'entreprise ou liberaliser l'economie uniquement donc creuser un peu plus le fossé de la richesse et du pouvoir en gros  . c'est une aberration pour moi .  
donc assez d'accord avec ton post et mr montebourg ;)


 
exact, ne pas confondre libéralisme economique et liberalisme tout court (englobe aussi le liberalisme "sociétal" etc)

mood
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Posté le 13-08-2006 à 20:50:55  profilanswer
 

n°9205651
hephaestos
Sanctis Recorda, Sanctis deus.
Posté le 13-08-2006 à 20:58:13  profilanswer
 


dem197 a écrit :

tu racontes nimp sur ce coup ...j'imagines bein les militants socialos aller dans les banlieues et recruter du jeune  :lol:  


 
Ouh là, non, c'est bien plus simple que ça : ces jeunes, jusqu'à atteindre l'âge où ils travaillent (18, 20, 25 ans voir souvent plus que ça), cotoient un entourage composé d'autres jeunes, copies conformes d'eux-même, de leurs parents, et d'un certains nombre d'éducateurs, d'enseignants, d'entraineurs, d'animateurs. Ces gens (ainsi que la télévision) sont ceux qui leur apprennent ce qu'est la France au delà de leur quartier, de leur ville. L'extrême majorité de ces gens sont clairement à gauche, pour des raisons diverses. Ce sont eux qui font la culture politique de ces jeunes, qui passe de inexistente à négligeable, mais c'est suffisant pour qu'ils aient envie de taguer "nique la police et nique sarko" sur les murs de ma cage d'escalier ;)
 
 
 

dem197 a écrit :

par contre pour bien connaitre certaines personnes de banlieues je peux t'assurer que plusieurs sont , alors qu'ils n'avaient jamais voté , en train de prendre leur carte d'electeur pour une seule et meme raison : faire barrage a sarko . mais c'est po avec les explications de la gauche qu'ils ont decidé ca c'est en voyant les choses de leur propres yeux .


 
En voyant les choses de leurs propres yeux, mouais... Tes potes de banlieue, ils ont eu leur bac ?  
 
 
 
 

freaxinthenight a écrit :

Alors là je suis pas du tout d'accord, les "jeunes des banlieues" (terme d'ailleurs sans grand sens) sont très peu politisés et votent très peu, et n'ont aucune confiance en des types qui de toute manière ne peuvent pas grand chose pour eux, si ce n'est leur montrer un exemple de business. Mais "politiquement", c'est nada. "la banlieue" ne vote que très peu.


La question n'est pas de savoir si ils peuvent faire pencher la balance d'une élection d'un coté ou de l'autre, mais s'ils entendent le message de Sarkozy. Le fait est que le peu de culture politique qu'ils ont est fortement influencée à gauche et qu'ils sont presque tous hostiles à Sarkozy.

n°9205821
dem197
Posté le 13-08-2006 à 21:09:19  profilanswer
 

hephaestos a écrit :


 
En voyant les choses de leurs propres yeux, mouais... Tes potes de banlieue, ils ont eu leur bac ?  
 
 


 
j'ai po dit que leurs avis etaient emprunts de recul et de reflexion ^^ mais ce sont les leurs ^^  

n°9205889
hephaestos
Sanctis Recorda, Sanctis deus.
Posté le 13-08-2006 à 21:18:41  profilanswer
 

C'est pas une critique hein, au contraire ; simplement ceux qui parviennent à avoir un esprit critique pas des voies autre que scolaires, dans ces quartiers, ne sont pas légions... C'est pourquoi j'ai cru, quand tu m'as parlé de tes amis, qu'ils faisaient partie des dix pour cent qui passaient leur bac.

n°9206071
docmaboul
Posté le 13-08-2006 à 21:40:02  profilanswer
 

la question a écrit :

1- et c'est quoi, ton post alors? [:dawa]
2- le pire, c'est que non, "arbeit macht frei" et "la France si tu l'aimes...", c'est le même genre de sentence exploitée par la propagande d'extrême-droite.
On notera que ces deux sentences sont destinées à l'ennemi désigné, les juifs, les homosexuels, les tziganes pour la première; les arabes et les noirs pour la seconde.
Et notera aussi que les mêmes types d'électorat qui ferment volntairement les yeux sur les saillies et les actes des utilisateurs de ces expressions.


 
[:xam hot]
 
L'est con sarko quand même: tout le monde sait bien que c'est le chômage qui rend libre :o

n°9206128
farib
Posté le 13-08-2006 à 21:46:10  profilanswer
 

la question a écrit :

1- et c'est quoi, ton post alors? [:dawa]
2- le pire, c'est que non, "arbeit macht frei" et "la France si tu l'aimes...", c'est le même genre de sentence exploitée par la propagande d'extrême-droite.
On notera que ces deux sentences sont destinées à l'ennemi désigné, les juifs, les homosexuels, les tziganes pour la première; les arabes et les noirs pour la seconde.
Et notera aussi que les mêmes types d'électorat qui ferment volntairement les yeux sur les saillies et les actes des utilisateurs de ces expressions.


 
Je carricature, mais si Hitler avait déclaré "2+2=4", en gros on aurait fait des maths différemment ? [:pingouino]


---------------
Bitcoin, Magical Thinking, and Political Ideology
n°9206223
dem197
Posté le 13-08-2006 à 22:01:51  profilanswer
 

hephaestos a écrit :

C'est pas une critique hein, au contraire ; simplement ceux qui parviennent à avoir un esprit critique pas des voies autre que scolaires, dans ces quartiers, ne sont pas légions... C'est pourquoi j'ai cru, quand tu m'as parlé de tes amis, qu'ils faisaient partie des dix pour cent qui passaient leur bac.


 
 :jap:  c'est pour ca que je precise ..mais bon au final c'est eux qui voteront ^^  

n°9206265
docmaboul
Posté le 13-08-2006 à 22:11:26  profilanswer
 

farib a écrit :

Je carricature, mais si Hitler avait déclaré "2+2=4", en gros on aurait fait des maths différemment ? [:pingouino]


 
Bah, c'est la logique de l'amalgame. Globalement, on peut dire que le travail libère effectivement l'individu dans la mesure où il lui permet de satisfaire à divers besoins. Après, on peut aussi identifier cette idée plus ou moins discrètement au nazisme pour discréditer moralement ceux qui l'émettent.  
 
En même temps, ça peut se comprendre. L'intelligentsia communiste et d'extrême-gauche a longtemps été staliniste et antisémite, assimilant par exemple et comme on le voit encore parfois jusqu'ici, sionisme et nazisme. Qui plus est, si le le juif a du pouvoir c'est grâce à son argent: circonstance aggravante pour un gauchiste. Pour exemple, on trouvera sur cette page le discours typique de l'extrême-gauche, dénonçant les usa, la finance, le libéralisme, Israël, leurs lobbies, et patati et patata. Pour ceux qui ne connaitraient pas son illustre, célèbre et négationniste auteur: http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Garaudy [:petrus75]
 

Spoiler :

Ernestor, ce dernier paragraphe, c'était pour l'exemple hein :D

n°9206800
Krini
Posté le 13-08-2006 à 23:15:49  profilanswer
 

Ce qui me fait peur avec Sarkozy, ce sont ses fans. J'ai vu sur plusieurs forums de discussion et salons IRC (du style voila.fr), des gens qui le voyaient comme le messie qui va tout changer pour le meilleur des mondes. En général c'est surtout des jeunes.
Je ne sais pas encore si Sarkozy va faire de la France un pays meilleur ou pas, j'attends de voir, mais ça m'inquiète quand j'en vois vénérer toutes ses paroles, sans même avoir un peu de recul ou d'opinion personnel.
Sarkozy est de droite et il est libéral, je ne dis pas que c'est un mal, mais certains comprennent par là que la "rupture" va consister à supprimer tout ce qui se rattache grossièrement à la gauche. Autrement dit ils espèrent la suppression totale des aides, de la sécurité sociale, de la protection salariale des bourses etc... en bref ils cherchent même pas à comprendre, tout ce qui est rattaché à de l'aide doit être supprimé, grâce à Sarkozy.
Alors que je suis pratiquement sûr (artus pourra venir préciser ce point) que ce n'est pas du tout le but de Sarkozy, qui est plus un libéral pragmatique qu'un libéral total.

n°9207125
farib
Posté le 14-08-2006 à 00:01:54  profilanswer
 

Krini a écrit :

Ce qui me fait peur avec Sarkozy, ce sont ses fans. J'ai vu sur plusieurs forums de discussion et salons IRC (du style voila.fr), des gens qui le voyaient comme le messie qui va tout changer pour le meilleur des mondes. En général c'est surtout des jeunes.
Je ne sais pas encore si Sarkozy va faire de la France un pays meilleur ou pas, j'attends de voir, mais ça m'inquiète quand j'en vois vénérer toutes ses paroles, sans même avoir un peu de recul ou d'opinion personnel.
Sarkozy est de droite et il est libéral, je ne dis pas que c'est un mal, mais certains comprennent par là que la "rupture" va consister à supprimer tout ce qui se rattache grossièrement à la gauche. Autrement dit ils espèrent la suppression totale des aides, de la sécurité sociale, de la protection salariale des bourses etc... en bref ils cherchent même pas à comprendre, tout ce qui est rattaché à de l'aide doit être supprimé, grâce à Sarkozy.
Alors que je suis pratiquement sûr (artus pourra venir préciser ce point) que ce n'est pas du tout le but de Sarkozy, qui est plus un libéral pragmatique qu'un libéral total.


 
Bah j'avoue, des cons y'en a partout, y compris chez nous [:pingouino]
 
C'est juste les antagonistes des antilibéraux, des socalistes/communistes qui voudraient taxer a fond les entreprises, etc...
 
Bref, des cons, y'en a partout, y compris à droite et à gauche.


Message édité par farib le 14-08-2006 à 00:03:05

---------------
Bitcoin, Magical Thinking, and Political Ideology
n°9207189
bolos4
Posté le 14-08-2006 à 00:10:40  profilanswer
 

ca fait 30 ans qu on a rien de bon niveau politique, c est normal que Sarkosy soit attendu un peu comme le messie

n°9208333
lorelei
So goddamn slick it's a sin
Posté le 14-08-2006 à 09:10:57  profilanswer
 

docmaboul a écrit :

Bah, c'est la logique de l'amalgame. Globalement, on peut dire que le travail libère effectivement l'individu dans la mesure où il lui permet de satisfaire à divers besoins. Après, on peut aussi identifier cette idée plus ou moins discrètement au nazisme pour discréditer moralement ceux qui l'émettent.  
 
En même temps, ça peut se comprendre. L'intelligentsia communiste et d'extrême-gauche a longtemps été staliniste et antisémite, assimilant par exemple et comme on le voit encore parfois jusqu'ici, sionisme et nazisme. Qui plus est, si le le juif a du pouvoir c'est grâce à son argent: circonstance aggravante pour un gauchiste. Pour exemple, on trouvera sur cette page le discours typique de l'extrême-gauche, dénonçant les usa, la finance, le libéralisme, Israël, leurs lobbies, et patati et patata. Pour ceux qui ne connaitraient pas son illustre, célèbre et négationniste auteur: http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Garaudy [:petrus75]
 

Spoiler :

Ernestor, ce dernier paragraphe, c'était pour l'exemple hein :D



Il me semble que tu confondes travail et revenu dans cette fonction de satisfaction des besoins de l'humain. Or je te rappelle à tout hasard que "Arbeit macht frei" était gravé à l'entrée des camps de concentration, où aux dernières nouvelles, en plus d'être destinés à la mort, les prisonniers n'étaient pas payés. Cette phrase ne recouvre donc absolument pas la fonction de construction sociale du travail rémunéré.
Quant à "aimez-la ou quittez-là", idem, on ne peut pas ignorer complètement les origines politiques de cette phrase. Et en effet, le choix est clair : soit on l'aime inconditionnellement, soit on se barre. La moindre critique, la moindre indifférence font de chacun un indésirable. Que cela s'adresse aux populations d'origine immigrée, à ceux qui se montrent critiques envers l'image de la France, ou ceux qui sont indifférents, l'usage de cette phrase est choquant.


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Rock'n Roll - New Noise
n°9208339
dante2002
HEUUU NOOOOOOOOON
Posté le 14-08-2006 à 09:15:52  profilanswer
 

Justement Lore, le gros problème c'est qu'aux yeux de plein de monde de telles inepties ne sont même plus choquantes  :(  
 
C'est là qu'on voit que le plus gros problème de la jeunesse actuelle est le manque de réflexion personnelle ainsi que le manque de connaissance de l'histoire (politique ou sociétale)...

n°9208357
lorelei
So goddamn slick it's a sin
Posté le 14-08-2006 à 09:22:05  profilanswer
 

J'insiste sur "rémunéré", parce que je pense que le sentiment de liberté est drôlement plus fort quand on a un revenu sans travail que quand on a un travail et pas de revenu.  
 
Pis j'oublie pas que travail vient du latin "tripalium", qui est un instrument de torure, et que d'autres gens l'ont plutôt considéré comme une aliénation.

Message cité 2 fois
Message édité par lorelei le 14-08-2006 à 09:22:17

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Rock'n Roll - New Noise
n°9208368
JaimeLanni​ster
..always pays his debts
Posté le 14-08-2006 à 09:26:38  profilanswer
 

Le "aimez là ou quittez là" je pense pas tellement que ca s'adresse à Besancenot, les Guignols ou autres détracteurs et critiques, c'est pas une formule totalitaire. Je pense que ca vise les "la France cette salope on la nique" et ceux qui crachent de manière haineuse sur leur pays. Moi ca me choque pas et ca choque certainement pas non plus l'éléctorat de ceux qui utilisent cette formule. J'estime même qu'une part très significative de francais approuve cette formule.

n°9208389
lorelei
So goddamn slick it's a sin
Posté le 14-08-2006 à 09:34:03  profilanswer
 

Eh ben ceux qui trouvent cette phrase bien, ils ne réfléchissent pas au-delà d'un binarisme effrayant, et je suis plutôt contente de ne pas en faire partie.


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Rock'n Roll - New Noise
n°9208510
docmaboul
Posté le 14-08-2006 à 10:21:34  profilanswer
 

lorelei a écrit :

Il me semble que tu confondes travail et revenu dans cette fonction de satisfaction des besoins de l'humain. Or je te rappelle à tout hasard que "Arbeit macht frei" était gravé à l'entrée des camps de concentration, où aux dernières nouvelles, en plus d'être destinés à la mort, les prisonniers n'étaient pas payés. Cette phrase ne recouvre donc absolument pas la fonction de construction sociale du travail rémunéré.


 
Le travail a été et est encore le moyen d'obtenir des revenus pour la plupart des êtres humains. Et non, je ne confonds ni ne réduit le travail aux revenus et par conséquent à la satisfaction des besoins au travers de ces revenus. Il y a aussi la vie sociale par exemple. "Arbeit macht frei" était une sentence cynique car destinée à des prisonniers. Donc rien à voir avec Sarkozy.
 

Citation :

Quant à "aimez-la ou quittez-là", idem, on ne peut pas ignorer complètement les origines politiques de cette phrase. Et en effet, le choix est clair : soit on l'aime inconditionnellement, soit on se barre. La moindre critique, la moindre indifférence font de chacun un indésirable. Que cela s'adresse aux populations d'origine immigrée, à ceux qui se montrent critiques envers l'image de la France, ou ceux qui sont indifférents, l'usage de cette phrase est choquant.


 
Je trouve aussi mais pas pour les mêmes raisons. J'ai souvent vu des personnes balancer ici à leurs contradicteurs d'aller voir ailleurs plutôt que de toucher à quoi que ce soit. Je trouve ça choquant que Sarkozy parle comme ces personnes (la France, n'y touchez pas ou quittez-là [:petrus75]). Sinon, vous ne citez pas les propos exacts de Sarkozy et faites donc une analyse pour le moins biaisée: s'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas. Same player, shoot again :D

n°9208537
docmaboul
Posté le 14-08-2006 à 10:28:35  profilanswer
 

lorelei a écrit :

J'insiste sur "rémunéré", parce que je pense que le sentiment de liberté est drôlement plus fort quand on a un revenu sans travail que quand on a un travail et pas de revenu.  
 
Pis j'oublie pas que travail vient du latin "tripalium", qui est un instrument de torure, et que d'autres gens l'ont plutôt considéré comme une aliénation.


 
Tenez, pour compléter votre étymologie:
- travail, du latin classique tri(-)palium, instrument de torture "à trois pieux"
- travailleur, du latin tardif travailleor, celui qui inflige la souffrance, le bourreau
- labeur, du latin classique labor, effort long et pénible (mais aussi souffrance, douleur, maladie)
- étude, du latin classique studium, effort d'apprendre, activité scientifique
- laborare, être accablé sous un fardeau, crouler sous les dettes
- Arbeit(en), de la racine indo-européenne (le groupe de langue dit aryen) "orbho" : orphelin, abandonné, petit, pauvre
 
Vala: chômeur, c'est la liberté [:petrus75]
 

Spoiler :

enfin, plutôt maître ou esclavagiste [:rhetorie du chaos]

n°9208540
JaimeLanni​ster
..always pays his debts
Posté le 14-08-2006 à 10:30:22  profilanswer
 

"s'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas."
 
Ah, je connaissais même pas la formule exacte non plus...effectivement c'est pas d'un binarisme effrayant, c'est surtout logique, de bon sens.
 
 
Et "racaille" ca vient de quel mot latin?


Message édité par JaimeLannister le 14-08-2006 à 10:33:06
n°9208934
hutch54
Posté le 14-08-2006 à 11:41:59  profilanswer
 

lorelei a écrit :

Il me semble que tu confondes travail et revenu dans cette fonction de satisfaction des besoins de l'humain. Or je te rappelle à tout hasard que "Arbeit macht frei" était gravé à l'entrée des camps de concentration, où aux dernières nouvelles, en plus d'être destinés à la mort, les prisonniers n'étaient pas payés. Cette phrase ne recouvre donc absolument pas la fonction de construction sociale du travail rémunéré.
Quant à "aimez-la ou quittez-là", idem, on ne peut pas ignorer complètement les origines politiques de cette phrase. Et en effet, le choix est clair : soit on l'aime inconditionnellement, soit on se barre. La moindre critique, la moindre indifférence font de chacun un indésirable. Que cela s'adresse aux populations d'origine immigrée, à ceux qui se montrent critiques envers l'image de la France, ou ceux qui sont indifférents, l'usage de cette phrase est choquant.


 
Non tu dois seulement l'aimer, ça veut pas dire ne pas critiquer, au contraire quand tu aimes tu critiques pour améliorer le pays.
 
Ca s'adresse à tous les français même les immigrés, mais il y a pas de sélection dans cette phrase, en Roumanie cette phrase ne choque personne, aux états unis non plus (c'est de là que vient cette phrase en passant).
 
En clair va voir sur le site de l'UMP pour savoir ce que Sarko en pense et tu changeras d'avis sur cette phrase.
 
PS : une phrase peut être dangereuse, tout dépend de qui la dit.


---------------
Plus tu sautes haut plus dure est la chute.
n°9209412
Profil sup​primé
Posté le 14-08-2006 à 12:50:36  answer
 

lorelei a écrit :

Quant à "aimez-la ou quittez-là", idem, on ne peut pas ignorer complètement les origines politiques de cette phrase. Et en effet, le choix est clair : soit on l'aime inconditionnellement, soit on se barre. La moindre critique, la moindre indifférence font de chacun un indésirable.


C'est faux Lore.
 
Que tu traduises ainsi cette phrase pour essayer de faire de Sarkozy un extrêmiste est vraiment trop facile de ta part. Par contre, tu aurais pu pointer que cette formule fait l'impasse sur une réflexion globale sur les droits et les devoirs des immigrés.
 
La France est une communauté nationale, avec des valeurs principales, que tout le monde partage, et des valeurs secondaires, qui font l'objet de débats fréquents ou récurrents. Pour tout candidat à l'immigration en France, il est nécessaire d'accepter, de respecter et même d'embrasser les valeurs principales qui fondent notre pays. Pour le reste, comme tout un chacun en France, il a le droit d'apporter sa vision des choses, d'autant plus enrichissante qu'elle nous interroge sur nos propres choix.
 
Par ailleurs, l'appartenance de telle ou telle valeur au cercle des "principales" ou des "secondaires" peut faire l'objet de débats ; mais il importe avant tout de respecter le pays d'accueil : aller vivre dans tel ou tel pays n'est pas un droit, mais un privilège. Je suis Français, j'ai le droit de vivre en France. Si je veux aller vivre au Mexique, je me dois de respecter les lois, les valeurs et les coutumes mexicaines.

n°9209418
la questio​n
Posté le 14-08-2006 à 12:51:50  profilanswer
 


 
bip, candidat suivant. [:arcueid brunestud]  


---------------
Le rôle d'un ministre [...] est-il de jouer avec les mots, les notions et les chiffres [...] pour sauver la mise de son patron qui lance une idée idiote par jour ?
n°9209525
Microco
Qui va payer ?
Posté le 14-08-2006 à 13:08:35  profilanswer
 

la question a écrit :

bip, candidat suivant. [:arcueid brunestud]


 
Ne partagerais-tu pas les valeurs principales de la France ? Liberté, égalité, fraternité  :??:

n°9209539
peaceful
beati pauperes spiritu
Posté le 14-08-2006 à 13:10:37  profilanswer
 

Microco a écrit :

Ne partagerais-tu pas les valeurs principales de la France ? Liberté, égalité, fraternité  :??:


 
   Il y'a un moment ou il faut arrêter d'être hypocrite.. Les discriminations fleurissent dans tous les domaines.... alors c'est bien joli de le dire, mais c'est encore mieux de l'appliquer... Ce que ne fait pas une grande partie des citoyens, et dailleurs l'etat ne se démène pas pour éliminer ces entorses aux "valeurs principales"...  
 

Message cité 1 fois
Message édité par peaceful le 14-08-2006 à 13:13:07
n°9209540
Profil sup​primé
Posté le 14-08-2006 à 13:10:37  answer
 

Microco a écrit :

Ne partagerais-tu pas les valeurs principales de la France ? Liberté, égalité, fraternité  :??:


 
non  

n°9209587
la questio​n
Posté le 14-08-2006 à 13:18:04  profilanswer
 

Microco a écrit :

Ne partagerais-tu pas les valeurs principales de la France ? Liberté, égalité, fraternité  :??:


 
Le problème c'est que je pense faire partie d'une minorité de gens qui y croient encore.
 
liberté déjà, ça dépend du faciès.
égalité n'en parlons pas.
qt à fraternité...


---------------
Le rôle d'un ministre [...] est-il de jouer avec les mots, les notions et les chiffres [...] pour sauver la mise de son patron qui lance une idée idiote par jour ?
n°9209612
Microco
Qui va payer ?
Posté le 14-08-2006 à 13:21:35  profilanswer
 

peaceful a écrit :

Il y'a un moment ou il faut arrêter d'être hypocrite


 
Contente de voir que ce n'est pas sur la Liberté que porte le désaccord  :jap:  
 
Pour le reste, "Egalité" , c'est l'égalité des citoyens devant la Loi, pas l'égalitarisme [:aloy]
 
Et tu ne peux pas nier que la Fraternité existe, il suffit de regarder la quantité d'aides diverses et variées qui existent, le RMI, la CMU, etc.

n°9209624
l'Antichri​st
Posté le 14-08-2006 à 13:23:22  profilanswer
 

lorelei a écrit :

Il me semble que tu confondes travail et revenu dans cette fonction de satisfaction des besoins de l'humain. Or je te rappelle à tout hasard que "Arbeit macht frei" était gravé à l'entrée des camps de concentration, où aux dernières nouvelles, en plus d'être destinés à la mort, les prisonniers n'étaient pas payés. Cette phrase ne recouvre donc absolument pas la fonction de construction sociale du travail rémunéré.


 
C'est vous qui à l'évidence ne voyez pas que le travail n'est pas seulement nécessaire (poiesis) mais peut aussi être un travail de soi sur soi (praxis) : ou comment passer du besoin au désir.
 
Comme le fait Hannah Arendt dans La Condition de l’homme moderne, il faut distinguer entre les fruits du "travail", d’un côté, qui sont périssables et consommables immédiatement, et les oeuvres, qui sont des objets durables (les bâtiments, les meubles, les outils...), qui façonnent le monde humain. Arendt oppose ainsi l’homme en tant qu’animal laborans (animal travaillant), qui travaille avec son corps, "qui peine et assimile", à l’homo faber, qui construit de ses mains, qui "fait, qui ouvrage" et "fabrique l’infinie variété des objets dont la somme constitue l’artifice humain". En tant qu’homo faber, l’homme devient créateur de lui-même dans la civilisation : le travail quitte la sphère technico-économico-sociale, cette infrastructure matérielle des sociétés qui répond sans doute au départ à une nécessité vitale, pour devenir quelque chose d’opératoire en général, un travail de soi sur soi. C’est ce que montre aussi des auteurs aussi différents que Spinoza, par exemple, dans son Traité de la réforme de l’entendement au §. 30 (la poiesis n’est pas sans pensée, participe d’elle, ce qui revient à dire que travail et pensée, travail et esprit ne sont pas étrangers l’un à l’autre) ou Hegel dans la Phénoménologie de l’Esprit (le travail forme, c’est-à-dire qu’il éduque et en cela participe au processus d’éducation de l’humanité).
 
Il faut détailler et surtout articuler ces deux aspects du travail qui se conditionnent l’un l’autre.
 
Pourquoi travaille t-on ? Pour gagner sa vie. La justification économique du travail paraît évidente. Le travail relève de la sphère économique de la production de biens utiles qui répondent à une demande. C’est ce qui fait toute la différence entre le travail et le jeu : que je gagne ou que je perde en jouant, l’enjeu est déterminé par ma seule volonté, alors qu’en travaillant, l’enjeu, c’est ma vie. En travaillant, je gagne ma vie dans le sens où au quotidien, le travail répond aux problèmes biologiques et matériels : me nourrir, me loger, me vêtir... En travaillant, je gagne les moyens de vivre car la vie qui a été une fois donnée doit être entretenue. Le travail est une réponse culturelle, c’est-à-dire économique, technique, à un problème biologique : la conservation de soi. Comme précisé dès le début de cette étude, l’homme par le travail doit satisfaire un certain nombre de besoins. Car la satisfaction des besoins n’est pas immédiate : une activité, donc une dépense d’énergie, est requise. Il n’y a pas de satisfaction sans acquisition et pas d’acquisition sans travail : le geste de cueillir un fruit au paradis est déjà un travail, et quand bien même des fleuves de lait et de miel couleraient qu’il faudrait les rejoindre et s’y pencher pour boire. La distance entre le besoin et sa satisfaction ne peut être annihilée - exceptée dans nos rêves d’abondance qui nous font oublier qu’il n’est pas de vie sans effort. C’est pourquoi J. Locke pourra justifier la propriété par le travail : dans l’état de nature, le simple geste de cueillir un fruit confère un droit à celui qui l’accomplit car ce geste est un travail.
 
Mais l’homme est-il encore véritablement un être de besoins ? On peut en douter, en effet. Mais c’est parce qu’on oublie trop facilement que les besoins ne constituent pas un domaine établi une fois pour toutes : ils changent dans l’histoire et la société. Le développement économique élargit le domaine des besoins si bien que la nécessité du travail (sans doute plus seulement "vitale" ), loin de disparaître avec les progrès techniques, est sans cesse réaffirmée. Quant à objecter que certains individus, certaines classes ou castes, au cours de l’histoire paraissent avoir échappé au travail, cela ne signifie pas que celui-ci pourrait n’être pas nécessaire, mais seulement qu’il y a eu, à cause de la structure inégalitaire des sociétés, déport et décharge du travail de certaines catégories de la population sur d’autres (cf. Aristote). Quoi qu’il en soit, gagner sa vie en travaillant est bien cette forme culturelle de négation des contraintes biologiques, la première forme de libération, le premier moment de liberté qui s’affirme comme indépendance. En travaillant, je m’approprie ma vie en l’assumant. Autrement dit, cette réponse économique aux problèmes biologiques est déjà morale : le travail est une activité juste et honnête par laquelle j’assume ma vie sans voler le bien d’autrui, sans dépendre de la société.
 
Mais si c’est en travaillant que je gagne ma vie, le travail est alors un moyen et non une fin. Sa finalité est externe. Le travail ne satisfait pas un besoin (celui de travailler), mais il est un moyen de satisfaire ce qui apparaît comme nécessaire à l’homme. S’il dépend au départ du besoin, le travail ne peut se suffire à lui-même parce qu’il relève aussi du désir de l’homme d’inventer sa propre humanité et de former son existence selon un sens qu’il  choisit : comme Aristote considérait le travail comme une servitude qui ne pouvait convenir aux hommes libres mais seulement aux esclaves, de même on peut dire que la part spécifiquement humaine en l’homme réside, non dans le travail, mais dans la réalisation rationnelle de sa vie. Gagner sa vie, c’est la parfaire. Le loisir désigne alors cette activité par laquelle l’homme gagne sa vie en accomplissant son œuvre, en se cultivant, en développant sa faculté la plus noble et la plus humaine dans des activités politiques, morales et philosophiques. Comme désir d’être soi-même, le travail devient Esprit sous toutes ses formes culturelles : l’art, la science, les techniques, les mœurs, les coutumes, les croyances, etc... Or, toutes ces activités ne sont-elles pas encore un travail ? Un travail de soi sur soi ?
 
Dans l’antiquité, le loisir par excellence était l’étude (scholé). De ce mot grec nous avons tiré, par l’intermédiaire du latin, notre "école", le lieu situé par définition hors du champ de la production économique et où par conséquent les acteurs ne sont pas rémunérés, c’est-à-dire ne tirent aucun "profit" de leur travail. Or, le concept de production suppose une transformation du réel. Il n’y a travail que si le point d’arrivée est différent du point de départ : un cultivateur transforme la terre qu’il laboure et l’enfant qui apprend transforme son esprit qu’il cultive. Pour valoriser le loisir, comme travail "gratuit" de soi sur soi, il convient donc de distinguer entre deux types de loisirs : ceux qui sont de l’ordre de l’être (se sont ceux que les grecs cultivaient) et ceux qui sont de l’ordre de l’avoir.
 
Ce travail de soi sur soi, c’est-à-dire la manière d’accéder à ce que les grecs appelaient "l’excellence", la culture de sa propre nature, le développement de nos facultés intellectuelles et manuelles dans l’extériorisation des potentialités qui sans le travail resteraient inexploitées, la concrétisation d’un projet conscient ("Ce qui distingue dès l’abord le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte, c’est qu’il a construit la maison dans sa tête avant de la construire dans la réalité", cf. Marx, Le Capital, I), tout cela tend de plus en plus aujourd’hui à devenir invisible : tout se passe comme si nous vivions dans un monde où l’absence de travail serait possible ; la rhétorique de l’imaginaire développée par la publicité accentue cette illusion. Au sens propre du terme, coupé de ses conditions de production, un produit tient du miracle : on nous montre le produit mais pas le producteur, le consommateur mais pas la production. Ce phénomène s’explique à la fois par les progrès techniques et par les mutations économiques. Un paysan, un mineur, un menuisier impliquaient tout leur corps dans ce qu’ils faisaient : le produit était l’extériorisation de leur savoir-faire, l’objectivation de leur être. La plupart des travaux d’aujourd’hui sont comme abstraits et dématérialisés : ce sont des travaux "sans muscles" et pratiquement sans corps, c’est-à-dire sans le ressenti qui donne sens à l’activité. Or, si la culture est d’abord acquisition, il faut aussi préciser que toute acquisition culturelle possède une caractéristique d’ordre "physiologique" : c’est d’abord dans les corps que s’inscrit la culture. Sans doute la culture implique-t-elle toujours un processus de spiritualisation, mais inséparable d’un processus d’incorporation. La mémoire est aussi d’ordre organique. Ainsi, dès la culture la plus primitive, et jusqu’à celle de la moralité des moeurs, se trouvent inculquées non seulement les règles de la vie sociale et professionnelle (tradition), mais une "mnémonique", c’est-à-dire une possibilité de se détacher de l’instant présent. C’est ainsi que l’homme échappe à l’animalité. Il n’est plus question ici de parler de la nature humaine, mais d’y voir l’effet de la culture, elle-même déterminée par des procédés d’élevage. D’ailleurs le mot français "élève" appartient au domaine de l’éducation, mais il consonne avec élevage aussi bien qu’avec élévation de l’esprit (hors d’un état d’enfance). C’est dire que l’homme n’a pas d’instincts, pas de nature fixe avant son évolution sociale et qui profiteraient de ce milieu pour se développer ! Tous nos "instincts" sont en devenir dans une culture : ils y naissent, s’y hiérarchisent, s’y détruisent aussi, pour façonner des "types" d’humanités stables et conformes à une table des valeurs, c’est-à-dire à un type d’existence dans une certaine culture : la contrainte y est devenue penchant qui se donne comme "naturel" dans le corps ! Or, le travail invisible, en supprimant le corps, nous place sur le plan de l’avoir (j’ai un travail comme j’ai une voiture), c’est-à-dire de la consommation immédiate sans plus d’effort. Plus besoin de se former, il suffit d’avoir la force d’oser être soi-même, de "saisir sa chance" (le complexe de la "star-ac"...), d’être sincère (quitte à reproduire l’opinion... illusion tenace des élèves dans les matières littéraires) pour réussir.
 
Or, le loisir est devenu aujourd’hui une activité de consommation qui elle-même appartient à la sphère économique du travail. En ce sens, si l’on peut considérer qu’une activité, pour être un travail, doit faire partie du circuit économique et produire de la richesse, justifiant un salaire, il est vrai aussi que toute activité humaine peut potentiellement avoir une valeur marchande et ainsi se concevoir comme un travail : après tout, un peintre qui ne vend pas ses tableaux a effectué néanmoins un véritable travail quand bien même ses tableaux n’auraient pas encore une cote : ils sont des marchandises potentielles. De même, l’étude dans nos sociétés modernes n’est plus un loisir, non pas tant parce qu’elle suppose une activité autre que le travail pour réaliser les virtualités humaines, mais parce que le loisir consiste d’abord aujourd’hui à dépenser l’argent gagné par le travail : le loisir appelle ainsi toujours davantage le travail ! Le sens qui constitue le travail n’est donc jamais arrêté. Le capitalisme est justement un système qui tend à intégrer toute réalité et toute activité dans un circuit économique : toute réalité finit par devenir une marchandise (il s’agit pour l’étudiant, au terme de ses études, de savoir "se vendre" pour intéresser un employeur), et toute activité, un travail. La marchandisation des loisirs (on achète le plaisir d’écouter de la musique, de voyager, de s’amuser) montre l’irruption de l’économique dans des domaines qui jusqu’alors lui échappaient. Toute situation, même d’inactivité, est liée à l’activité : celui qui dort ou rêvasse récupère ses forces de travail et de consommation. Et toute activité, même si elle n’est pas un travail, est finalement liée au travail (les vacanciers qui bronzent sur la plage l’été préparent leur corps pour la rentrée dans les bureaux en septembre : la « bonne mine » est devenue une valeur ajoutée au temps de travail). Tout finit par le travail. On parle tant aujourd’hui de la rareté du travail (à cause du chômage) qu’on oublie son expansion réelle.


Message édité par l'Antichrist le 14-08-2006 à 13:24:08
n°9209629
Microco
Qui va payer ?
Posté le 14-08-2006 à 13:24:17  profilanswer
 

la question a écrit :

Le problème c'est que je pense faire partie d'une minorité de gens qui y croient encore.
 
liberté déjà, ça dépend du faciès.
égalité n'en parlons pas.
qt à fraternité...


 
Si tu étais moins méchant que Mark L., tu aurais peut-être plus de copains.
Egalité, parlons-en : c'est au coeur du débat droite/gauche !

n°9209671
Profil sup​primé
Posté le 14-08-2006 à 13:29:48  answer
 

Microco a écrit :

Contente de voir que ce n'est pas sur la Liberté que porte le désaccord  :jap:  
 
Pour le reste, "Egalité" , c'est l'égalité des citoyens devant la Loi, pas l'égalitarisme [:aloy]
 
Et tu ne peux pas nier que la Fraternité existe, il suffit de regarder la quantité d'aides diverses et variées qui existent, le RMI, la CMU, etc.


 
oui dans le principe mais dans la réalité ?

n°9209692
Profil sup​primé
Posté le 14-08-2006 à 13:33:48  answer
 


Dans la réalité, nul métier n'est réservé à certains ou interdit à d'autres, les efforts à fournir pouvant être différents selon les individus mais ça c'est parce que nous ne sommes pas des clones les uns des autres. Et que nous avons tous des parcours différents.
 
Je suis pour l'égalité des possibilités, pas pour l'égalitarisme qui revendique l'égalité des résultats.
 
Pour l'égalité des résultats, allez voir les totalitarismes. Merci.

Message cité 4 fois
Message édité par Profil supprimé le 14-08-2006 à 13:34:18
n°9209704
Profil sup​primé
Posté le 14-08-2006 à 13:35:13  answer
 


 
mais quel rapport avec l'égalité des citoyens devant la Loi ???

mood
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Posté le   profilanswer
 

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