Mes chers amis,
Cest un moment de fondation.
Puis-je vous avouer quelque chose ? Quen quelques jours 73 000 personnes, cest le chiffre à cette heure-ci, aient décidé de rejoindre notre mouvement démocrate en formation, jen ai été le premier surpris. Sans campagne de publicité, sans dépenser un centime deuro, simplement par la seule force dune évidence, par dizaines de milliers, cette vague dadhésions, elle veut dire quelque chose de très important pour la France.
Elle veut dire dabord quil y a au sein de notre peuple une immense attente. Cest une attente de citoyens conscients, que lon nest pas allé chercher, qui sont venus librement. Cest une attente dengagement, dans un mouvement dont ils attendent quil rénove et quil refonde les comportements politiques. Cest une attente civique et cest une attente morale. Ces dizaines de milliers de femmes et dhommes, généralement de jeunes actifs, ils ne viennent pas pour des avantages : ils ne viennent pas pour recevoir, ils viennent pour donner !
Ils viennent parce quils ont entendu que nous nallions pas retomber dans les travers du passé. Ils viennent parce que nous refusons toute forme de soumission. Ils viennent parce que nous voulons construire. Ils viennent parce quils ont une certaine idée de lengagement, une idée de citoyens actifs qui ont décidé de soccuper eux-mêmes de leur propre avenir.
Ils ne viennent pas pour une seule élection, ils viennent pour longtemps, avec une immense exigence, et à cette exigence je ne manquerai pas, aucun dentre nous ne manquera.
Je dis aucun dentre nous : car ce nest pas une uvre solitaire qui commence. Jai voulu ce nouveau mouvement, mais il nest pas le mien. Je le porterai avec une équipe. Lélection présidentielle, cest forcément lhistoire dun homme ou dune femme face à un peuple. Un mouvement, cest au contraire une communauté humaine.
Et cest une communauté qui bien souvent traverse le temps. Je sais quelle somme denthousiasme il y a dans cette salle parmi les nouveaux adhérents. Mais je sais aussi quelle somme de fidélité de la part des milliers et des milliers de militants confirmés et engagés qui ont accepté cette nouvelle aventure, marchant toujours dans le même sens, celui dun centre fort, devenu enfin indépendant. Je vois leurs visages, je leur dis mon affection.
Et je le dis dautant plus que le plus grand nombre de nos députés sortants a décidé de se ranger dans la majorité présidentielle. Pourquoi ne pas le dire ? Pour moi, affectivement, comme politiquement, ces moments nont pas été des moments faciles
Je narticulerai pas un mot contre les personnes. Je ne veux rien de bas dans notre histoire qui commence.
Je sais deux choses : la première, cest que les ralliements ne réussissent jamais. Je connais assez bien notre histoire politique : jamais les ralliements nont préparé de grandes choses. Les ralliements, les changements de camp, préparent toujours des déceptions et des disparitions.
Et je sais une deuxième chose : ceux qui parviennent à changer le monde, à marquer leur temps, ce ne sont jamais ceux qui cèdent aux pressions et aux tentations ou à la crainte, ceux qui y parviennent, ce sont ceux qui ne cèdent pas.
Jai bien entendu les commentaires : avec ces ralliements, au fond, Nicolas Sarkozy prend lidée de Bayrou. Super ! cest bien joué ! Il se trouve que le ralliement na jamais été mon idée. Mon idée, cest le rassemblement. Lapparence est la même, mais au fond, cest à dire exactement le contraire. Le ralliement, ça se fait après, comme un bon coup justement. Le rassemblement, ça sannonce avant, non pas comme un coup, mais comme un projet pour le pays. Le ralliement, ça se met en scène comme un coup de théâtre, le rassemblement, cest un esprit. Ça consiste à dire : le pays a de si grands problèmes que nous devons être capables de nous asseoir autour de la table pour les identifier et si nous pouvons nous mettre daccord sur des réponses, alors nous appliquerons ces réponses ensemble.
Le ralliement, ça ne marche jamais, ce qui marche, cest le rassemblement. Derrière le ralliement, il y a le désenchantement, et puis leffacement. Derrière le rassemblement, il y a le courage et le succès.
Ces moments difficiles, ils sont de toutes les époques. Je vais évoquer le visage de quelquun qui est un homme de lhistoire, auquel on ne se compare pas, mais à lenseignement de qui on peut réfléchir. Cest du général de Gaulle quil sagit.
En 1951, de Gaulle avait réussi à constituer un groupe parlementaire fort de plus de 100 députés. Et voilà quen quelques mois, lui qui proposait un chemin nouveau, avec une vision de lhistoire et de son pays, voilà que les tentations du jeu parlementaire, ses craintes et ses attraits, ont fait, que presque tous ses députés ont rejoint le pouvoir de lépoque. Et alors, au mois de juillet 1952, devant une nouvelle vague de démissions de députés, lors du conseil national du mouvement gaulliste qui affrontait cette situation choquante, Malraux sest levé. Et il a prononcé un discours. Et il a dit ceci : « Si un certain nombre de parlementaires vous abandonnent, cest dommage. Cest un incident. Mais si vous abandonnez une idée, lidée dont vous avez vécu, ce nest pas un incident. Cest un suicide. »
Je ne renoncerai pas à lidée qui a regroupé autour de moi limmense armée de sept millions de Français de tout âge et de toute condition.
Cette idée est celle-ci : létat du pays exige que nous changions radicalement laction politique, que nous tournions le dos aux divisions pour bâtir des majorités larges autour dune volonté politique qui ne sera plus celle dun seul camp ou dun seul parti.
Létat du pays exige que nous changions nos institutions pour que chaque citoyen sache quon lui dit la vérité et soit sûr quil va être respecté et pris en compte.
Létat du pays, son angoisse, exige que nous ayons un nouveau projet de société qui ne sera pas celui de largent roi, du matérialisme intégral, mais celui dun humanisme nouveau pour le temps de la mondialisation.
Il sen est fallu dassez peu, mais ce nest pas ce chemin que les Français ont choisi.
Je nai aucun doute sur le fait que la réalité sera éclairante et pédagogue et que ces convictions, cette réflexion que nous avons défendues reviendront dans quelques mois au premier plan.
Mais pour la période qui souvre, jai en tête une seule question, qui mobsède : qui défendra les Français ?
Qui défendra les citoyens, les femmes et les hommes de la vie de tous les jours, face à cette immense entreprise de communication, pris dans le ballet jamais achevé des promesses, sur tout sujet, dans la sarabande effrénée des images, des annonces
Qui défendra ces citoyens et ces familles, qui, occupés dans leur travail, ou dans leur recherche de travail narrivent plus à suivre ?
Qui se lèvera pour parler pour eux ?
Qui défendra les Français ? Qui leur dira la vérité ?
LUMP va avoir tous les pouvoirs en France, toutes les majorités, toutes les situations dinfluence, tous les leviers de commande, plus quaucun parti nen a jamais eu depuis que la République est la République. Cétait déjà vrai depuis 2002 pour tous les leviers de commande politiques. Mais en 2007, on ajoute à la totalité du pouvoir politique la force considérable de grands groupes industriels et la proximité affichée avec les plus grands groupes de médias. La nomination à la tête de TF1, annoncée par lElysée, et non pas par lentreprise, de lun des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, sans aucune expérience préalable dans laudiovisuel, est une illustration de plus de ce mouvement qui est en cours, au vu et au su de tout le monde.
Cela, ce nest plus une question pour les intellectuels, pour les puristes, cest une question pour les républicains ! Pour tous les républicains ! Cest une question pour les démocrates, et cest une question pour les libéraux ! Si nous ne parlons pas pour défendre le droit des citoyens au pluralisme, qui le fera ?
Nous voulons une presse, des radios et des télévisions libres et non inféodées ! Nous en avons besoin pour nous et pour nos familles ! Nous ne voulons pas que nos organes dinformation soient soumis à ces influences ! Et nous ne voulons même pas être conduits à soupçonner, tout le temps, tous les jours, que de pareilles influences puissent jouer !
Cest un drame pour une société démocratique quand la confiance envers les médias est atteinte.
Et je pense aux journalistes, à leur vie de tous les jours : comment exercer le dur métier de journaliste avec ce type de craintes, sous ce type de contraintes, et même seulement avec le soupçon de ce genre dinfluences ?
Nous, notre devoir et notre vocation, cest de défendre les Français !
Défendre les Français : je veux préciser ce que cela signifie pour moi. Cest le contraire du jeu politique habituel, qui fait que les uns votent systématiquement pour, et les autres systématiquement contre. Défendre les Français, au contraire, cest être capables de dire oui quand les décisions sont justes, vont dans la bonne direction ; cest être capables de dire non et de se battre quand elles menacent dêtre injustes ou daller dans la mauvaise direction.
Dans lactualité des jours que nous vivons, je veux prendre quelques exemples.
Japprouve lévolution de Nicolas Sarkozy quand il défend désormais non plus un mini-traité mais un traité simplifié en matière européenne. Je pense quil est possible de trouver un texte institutionnel qui reprenne les grands principes démocratiques qui inspiraient le texte de la constitution, den faire un texte simple, lisible, compréhensible. Nous aurons sans doute des débats, quand ce texte sera adopté, sur la manière de le ratifier. Mais dans le travail quil va falloir faire, et qui ne va pas être facile, pour convaincre nos partenaires européens, spécialement ceux qui ont déjà ratifié le traité constitutionnel, jestime quil faut dire que les premiers pas vont dans la bonne direction.
En revanche, jai au moins deux motifs dinquiétude.
Lannonce par François Fillon de la mise en place dune « franchise » en matière de soins médicaux est un motif de grave souci pour beaucoup de familles. Nicolas Sarkozy défend cette idée depuis des années : il sagit de ne pas rembourser, sous quelque forme que ce soit, les premières dépenses de santé de lannée, jusquau montant fixé de cette franchise. Le montant qui a été évoqué quand cette idée a été avancée est de 75 . Je veux vous dire ceci : il y a bien sûr des familles pour qui 75 cest peu de chose. Mais il y a des familles pour qui 75 , cest beaucoup dargent ! Il y a beaucoup de familles qui calculent leur budget à leuro près. Et pas seulement parmi les pauvres. Parmi ceux qui travaillent et qui nont pas un gros salaire, parmi les femmes seules avec leurs enfants. Ceux-là, comment font-ils sils sont malades, sils doivent avouer au médecin quils nont pas de quoi le payer ? Je vais vous dire ce que je crois : pour beaucoup dentre eux, ils baisseront la tête, et ils renonceront à voir le médecin. Et cest dangereux pour eux, et ce nest pas digne de la France
Et dailleurs cela ne fera pas les économies que lon croit, parce que ce ne sont pas ces familles-là qui grèvent le budget de la sécu !
Et il est dangereux davoir annoncé hier quon allait mettre désormais entre parenthèses la lutte contre les déficits et la dette, que le gouvernement annonçait autrement dit que le déficit allait recommencer à filer, puisquon financerait à crédit les cadeaux fiscaux quon allait faire évidemment en direction des plus favorisés. Grâce à beaucoup de contributions, grâce aux rapports de Michel Camdessus et de Michel Pébereau, et grâce à la campagne que nous avons menée, la France a enfin !- réussi à regarder en face le problème de son déficit et de sa dette. Cest devenu un problème pour les citoyens et cétait une des conséquences les plus heureuses de la campagne présidentielle. Et tout ce bénéfice civique, on va le perdre, et de nouveau pour les Français le déficit et la dette seront des problèmes accessoires, théoriques, dont on peut parfaitement ne pas soccuper.
Jajoute ne vois pas en quoi les cadeaux fiscaux envisagés sont susceptibles de relancer significativement lactivité économique et produire la croissance attendue.
Mais je vois bien, quand on se réveillera, combien le réveil risque dêtre difficile et combien davantage il faudra defforts et de sacrifices.
Je suis frappé de cela : il est des sujets que personne dautre que nous ne défendra. Je viens de parler de la dette publique. Qui se battra pour que la politique de développement économique naccentue pas les inégalités ? Qui se battra pour les solidarités contre les individualismes ou les communautarismes ? Qui fera des valeurs humanistes la pierre de fondation dun projet de société ? Qui exigera la réforme de nos institutions et en particulier un scrutin juste qui reconnaisse à sept millions de citoyens le droit dêtre équitablement représentés à lAssemblée nationale ? Qui se battra pour une Europe politique qui porte des valeurs et pas seulement des intérêts ?
Cette vigilance, cette volonté de défendre les Français, de sengager et de soutenir quand laction gouvernementale sera bien inspirée, de faire barrage quand ce sera le contraire, voilà la marque distinctive des candidats du Mouvement démocrate. Je suis très fier de leur engagement. Cest une vraie armée de volontaires qui sest levée, qui travaille sur le terrain, qui propose. Ils sont des centaines, et il a été parfois difficile de faire un choix. Pour la plupart ils sont jeunes, ils ont un parcours professionnel, ils sont enthousiastes, ils aspirent à défendre les Français, nos concitoyens. Ils sont lavant-garde de tous ceux qui nous rejoignent.
Ils livrent là pour beaucoup leur premier combat. Mais ce combat sera suivi de bien dautres, plus faciles, plus encourageants. Car dès lannée prochaine, dans dix mois, viennent les municipales, véritable occasion de reprendre à la base lenracinement de terrain, avec des femmes et des hommes jeunes, nouveaux, dans toutes les communes françaises, une véritable ruche pour lactivité civique, pour des personnalités engagées. Puis viendront les régionales et les européennes avec un mode de scrutin pluraliste. Nous avons commencé une longue marche, et cette marche, pour moi, elle est enthousiasmante.
Ce sont les premiers pas dune marche. Sept millions de Français ont montré quil attendaient et voulaient une autre offre politique. Plus de 70 000 ont déjà manifesté explicitement leur intention de construire cette offre. Ce mouvement ne sarrêtera pas.
Le vrai enjeu de ce mouvement, cest le pluralisme. Cest que les citoyens aient des voix différentes pour parler en leur nom.
Ce nest pas un mouvement pour la confiscation du pouvoir. Cest un mouvement pour construire un nouveau monde, une démocratie nouvelle. Cest un mouvement tout entier tourné vers la responsabilité du citoyen, vers la responsabilité active du citoyen actif.
Le citoyen nest pas un consommateur. Cest un producteur, didées, de convictions, dengagement, de solidarité.
Cest pourquoi jai annoncé que nous prendrions les semaines nécessaires pour écrire ensemble, non pas seulement pour écrire, mais pour penser, pour inventer, les statuts, les règles de fonctionnement de ce mouvement nouveau.
Je voudrais en quelques mots tracer devant vous les principes qui me paraissent devoir être ceux de notre mouvement démocrate.
Premier principe : Le Mouvement démocrate est un mouvement de citoyens actifs. On ny adhère pas pour seulement pour soutenir, pour être des supporters, mais pour participer à la mesure de ses forces et de sa disponibilité, pour construire des idées, un programme, des équipes.
Le second principe est un principe éthique. Je souhaite que nous écrivions une charte éthique qui nous engage. Ce qui ma frappé dans les récents changements de camp aussi bien dans les rangs socialistes que dans les nôtres, ce ne sont pas les destins individuels, cest la tristesse des citoyens qui avaient fait confiance à leurs responsables, devenus leurs amis, devenus une partie de leur famille. Les Français ont le sentiment que les politiques ne respectent pas les règles élémentaires de comportement que chacun des citoyens se voit imposer dans sa vie.
Pour bien des responsables politiques, lengagement, cest une carrière. Pour les citoyens, pour les militants engagés ou de cur, cest de la vie donnée, gratuitement, donnée à sa cité comme on la donne à ses enfants. Cela mérite dêtre respecté. Cest pourquoi je veux une charte éthique à lintérieur de notre mouvement démocrate qui indiquera quelle est la nature de lengagement de ladhérent, du responsable, du candidat et de lélu du mouvement par rapport à ceux qui lui ont fait confiance.
Troisième principe : nous donnerons un sens plein et entier à lidée de démocratie.
La démocratie, cela ne peut pas être seulement lattribution du pouvoir par le vote. La démocratie, cest aussi la responsabilité des citoyens entre les votes.
Pour que le citoyen soit responsable, il faut quil soit associé et informé, quon lui laisse le temps de réfléchir, quon lui donne les moyens de peser sur la décision que lon prend en son nom. Je fais une grande différence entre « information », « réflexion » et « communication ». Car il y a des politiques de communication qui ont pour seul objet, en fait, dempêcher linformation et la réflexion, de détourner lattention de lessentiel vers laccessoire.
Et cela, ce sont les institutions qui le garantissent. Voilà pourquoi le mouvement démocrate défendra les principes d une réforme profonde de nos institutions républicaines, dont les piliers seront la séparation des pouvoirs, à lintérieur du pouvoir politique, et aussi entre le pouvoir politique, le pouvoir économique et le pouvoir médiatique. Nous défendrons le respect du pluralisme et la qualité de linformation et du débat public. Nous défendrons donc une loi électorale juste, celle qui existe partout en Europe, du Nord au Sud et dEst en Ouest, et qui garantit à toutes les grandes sensibilités démocratiques leur droit à lexpression et à la représentation.
Quatrième principe : Laction du Mouvement démocrate sera fondée sur la vérité, en matière économique, comme en matière sociale. Pour moi, dans un projet de société, notamment dans le monde de léconomie et du social, il ny a didéal que dans le réel. Lidéal ne doit pas être du domaine du virtuel, ce nest pas une idéologie, il doit sincarner et senraciner. Cest pourquoi nous associerons à notre action des chercheurs, des universitaires, des économistes, des sociologues avec qui nous confronterons, à intervalles réguliers, nos intuitions et nos réflexions.
Cinquième principe : il faut penser lavenir. Jai été frappé, vivant cette campagne présidentielle de lintérieur, de labsence des intellectuels. Excepté sur le registre de la transgression, lorsquils changeaient de bord, et particulièrement sur le registre de la transgression nationaliste, dont on verra quelle est sans avenir. Nous avons besoin de retrouver lenracinement intellectuel de laction politique.
Jai employé à dessein lexpression « enracinement intellectuel », car le monde intellectuel sappauvrit quand il se sépare de la réalité sociale. Cest pourquoi le Modem se fixe pour objectif de faire partager la réflexion sur lavenir à lensemble du champ social, universitaires et intellectuels, créateurs et interprètes dans le monde de la culture, artistes et savants, ouvriers, techniciens, salariés, agriculteurs, étudiants, artisans et entrepreneurs, retraités ou passagers sans bagage dans notre société. Pour cela, il est vrai quInternet est un formidable outil auquel nous voulons réfléchir et par lequel nous voulons travailler.
Sixième principe : Le principe du Mouvement démocrate est le rassemblement. Le Modem affirme que chaque fois que quelque chose dessentiel est en jeu pour la nation, il est prêt à travailler avec toutes les forces démocratiques du pays. Et chaque fois que lon abordera laction de proximité, la démocratie locale, il est prêt à faire naître de larges rassemblements. Dans le champ de la démocratie, nous navons pas dennemis. Nous considérons que laffrontement entre la droite et la gauche, cette grille de lecture du siècle passé, ne permet plus de résoudre les problèmes de notre temps. Nous sommes particulièrement heureux de trouver dans nos rangs des femmes et des hommes qui viennent de camps différents et de parcours politique différents. Pour nous, cest un enrichissement.
Septième principe : le but principal du Mouvement démocrate sera la naissance et la promotion dune génération politique nouvelle. La vie a fait que nous avons été en grande partie, privés de notables. Il faut faire de cet accident une force. Laccueil, la détection, le repérage, la formation, lentraînement de cette génération politique nouvelle est un magnifique défi, que nous sommes les seuls, par la force des choses, les seuls désormais à pouvoir relever.
Je veux vous dire ma conviction : ce mouvement nouveau, ce mouvement démocrate, il est tout neuf et il a des atouts sans précédent. Des millions de Français lattendent. Ils ont envie dun mouvement positif, qui change les visages et les pratiques, qui ne soit pas sectaire, mais qui propose. Ce mouvement est le seul, dans la législature qui vient, qui pourra les défendre, avec courage et avec liberté.
Tout est à construire, et comme vous êtes là, vous et les centaines de milliers que vous représentez, alors le combat, forcément, est gagné. On ne le voit pas encore, comme on ne voit pas le soleil quand laube approche. Mais ce combat là, ce combat, est gagné !