CR Trail de Bourbon 2025 - 104k / 6100D+ / 7200D-
Contexte: to diag or not to diag?
Nous y voilà. Mars 2025, six mois après ma Diag', il était déjà temps de penser à la suite. Comment enchaîner après ce monument qui m'a broyé, autant physiquement que mentalement ? 39h41 jusqu'à la délivrance, avec heureusement plus de hauts que de bas et un sentiment de devoir accompli, malgré le chrono assez banal.
Mafate revient toquer à ma porte. Quelle course du Grand Raid cette année, s'il doit y en avoir une ? Rapidement, l'idée d'un deuxième tour de piste sur la Diagonale s'éloigne, l'envie n'y est pas. Le Trail de Bourbon (103K / 6000D+) me fait de l'oeil, j'y vois l'occasion de fouler la plus belle partie de la course reine, sans aller sur une durée d'effort trop longue. C'est parti, cette année, je serai un "bleu".
L'année a été riche sur les chemins Réunionnais, avec quelques belles courses comme le Trail de Minuit (60k / 3000D+) en juin ou bien le Trail des Timizes (38k / 2000D+) début août où j'arrache un podium (trail "saucisson" peut-être, mais podium quand même). A la toute fin août a lieu la mythique (enfin ici) CiMaSaRUN, qui fait le tour du Piton des Neiges (notre "tour du caillou" à nous), 53k et 4000D+. Je m'y sens en forme, fait une descente du "Bloc" tonitruante, avant le trou noir. Chute, problèmes gastriques et surtout cheville qui tourne fort dans la dernière descente.
Première entorse après dix ans de pratique, est-ce un record ? "Bénin" m'aboiera mon médecin. Clignotant complet pendant quinze jours en septembre et kiné, il faut prendre son mal en patience. Pas idéal alors que je devrais être dans mon dernier bloc de prépa pour le Bourbon, mais l'important est d'être sur la ligne de départ.
On the road
Quand la Diagonale part à 22h le jeudi soir (de Saint-Pierre), le Bourbon part à 21h de Cilaos le vendredi. J'ai toujours un peu de mal à appréhender ces départs tardifs. Je crois que je les préfère aux départs très matinaux mais je n'en suis pas sûr. La journée est longue et je glande, il me semble que c'est ce qui est recommandé.
La navette nous chope à 16h30 et commence la première course. L'avant. Le trajet infâme par la "route des 400 virages" vers Cilaos. Nous sommes escortés par la gendarmerie et heureusement, 15 bus qui montent contre des centaines de voitures qui descendent (le retour des assistances de la Diag!) sur une route certes magnifique mais sineuse et pas large. Le chauffeur roule vite, la clim est à fond, et Jean-Michel - sexagénaire heureux - me raconte sa vie . Un cocktail détonant.
On fini par arriver un peu après 19h soit à peine 2h avant le départ. Juste juste tout ça... Je mange rapidement ma barquette de riz/poulet, file aux toilettes (2 pour 1200 coureurs...) et m'allonge en attendant le départ.
Départ - Marla (13km, 1050D+)
Rapidement, l'heure approche. Les élites ont un espace pour eux délimité par une rubalise. J'aperçois Clémentine Geoffray, la seule que je connaisse.
19h40, un bénévole s'apprête à lâcher les barrières pour nous laisser aller sur la ligne de départ. Oh esprit trail, où es-tu? Le flot de coureurs se jette, pousse, crie, aboie, coupe, sprinte, saute tout ça pour être le plus devant possible. Mention spéciale à Jean-Roger qui m'est passé devant et qui couinait déjà 1km après le départ au premier faux plat
Autant le départ de la Diagonale est émouvant et euphorique, autant celui du Bourbon est naze. Le speaker fait ce qu'il peut, mais c'est presque digne d'une course saucisson. Qu'à cela ne tienne, 21h00, allumez les frontales et lâchez les chevaux!
J'étais persuadé jusqu'à une semaine du départ qu'on prenait le même parcours que la Diagonale via la cascade Bras-Rouge avant de récupérer le Taibit, mais non, on file sur la route pour 7km. Je me cale à mon rythme, mais sens rapidement que la chaussure frotte sur la gauche de mon pied droit. Bizarre, ca ne m'était jamais arrivé. J'hésite à m'arrêter pour arranger ça mais l'adrénaline de début de course me fait continuer.
L'idée sur cette première section était de partir assez vite pour ne pas avoir de bouchons à l'entrée dans le single du col du Taibit. J'avais planifié 38 minutes pour les 7 kilomètres et 250D+, chrono que je respecte à la lettre.
Ce fameux col permet de basculer de Cilaos vers Mafate. C'est une montée plutôt régulière de 800D+, qui ne présente pas de difficulté particulière, surtout en début de course. Je monte à mon rythme sans paniquer. On commence à doubler les derniers coureurs de la Diagonale, quasi à l'agonie. Fort à parier que la plupart d'entre eux n'ont jamais vu la Redoute. Ca doit bien les gaver de voir une horde de coureurs frais les dépasser mais ils sont adorables et nous laissent passer sans souci.
On bascule rapidement vers Mafate et première petite descente bien joueuse vers Marla, premier vrai ravito.
Je me sens pas trop mal, pointe 93e en 1h58, rempli mes flasques, avale un bout de banane. Les voyants sont au vert.
Marla - Sentier Scout (9km, 500D+)
On quitte Marla par une petite portion roulante avant de monter en deux temps au col de Fourche, en montant d'abord à la plaine des Tamarins. Section joueuse, beaucoup de racines et de cailloux. Je progresse bien et de mémoire je suis seul. Les souvenirs de la CiMaSa en août où j'avais un mal de bide terrible me mettant presque à l'arrêt et m'ayant obligé un arrêt caca sont loin
Les sensations ne sont pas folles ici. Je mange (gels, barres), mais le corps semble me dire "Il est 23h, qu'est-ce que tu fous à me gaver de sucre?". Aussi, j'ai un début de somnolence... Aussi tôt dans la course c'est pas bon signe.. Je m'avale un gel "Naak caf" (bof mais bon) qui me rebooste malgré tout.
Aussi, on croise de nombreux "cadavres" de coureurs de la Diag' dormant sur le côté. C'est assez impressionnant et contribue à l'atmosphère étrange. Le col de Fourche arrive vite et on bascule pour quelques kilomètres dans le cirque de Salazie. Petit ravito express à la Plaine des Merles où je rempli une flaque de poudre toute prête que j'avais embarqué, et j'engloutis une petite soupe pour chasser le dégoût du sucre qui pointait son nez.
Sentier Scout - Aurère (8.5KM, 800D-)
Me revoilà face à ce sentier qui m'avait fait tellement souffrir l'année dernière : somnolence, douleurs aux ischios, ... Cette longue section descendante avait été un calvaire. Cette année rien à voir, je suis frais et compte bien faire une belle descente.
Je mets la frontale à fond et m'engage dans la pente, en essayant d'être le plus souple possible. Je suis fluide, double pas mal de coureurs de la Diag' et quelques uns du Bourbon. Gros gros plaisir, surtout dans les parties vraiment roulantes avant d'arriver sur Ilet à Malheur. Dommage qu'il fasse nuit, les paysages sont normalement incroyables.
Après Ilet à Malheur ca remonte vers Aurère mais c'est court. Je déboule au ravito, super en forme, je suis enfin dans ma course et ca fait plaisir !
J'ai gagné 6 places (86e) sur cette section, je pointe en tout juste 5 heures ce qui correspond à mes prévisions.
Aurère - Maido (18KM, 2100D+, 1100D-)
Après Aurère, ca continue à descendre for vers la Passerelle d'Oussy puis la rivière des galets. J'envoie toujours comme il faut, j'ai vraiment fait des progrès sur ce point. On doit traverser la rivière et contrairement aux coureurs de la Diag, je ne m'arrête pas pour enlever chaussures et chaussettes. Pas le temps, ca va sécher vite.
Passé la rivière je lève la tête et m'émerveille. En pleine nuit noire, au coeur du cirque, on aperçoit un ballet de frontales qui zèbrent le ciel. D'abors le premier mur vers les Orangers se dresse, puis, au loin, le mythique Maido qui m'attends tapi dans l'ombre. Les lucioles filent vers Ti Col et la ferveur des supporters est presque perceptible.
Là, au fin fond de Mafate, au coeur de la nuit, je vis quelques secondes suspendues, peut-être les plus belles de ma carrière en trail.
Passé l'extase, il est temps de l'affronter, ce mur. Je démarre cette longue ascension en plusieurs temps vers l'Ilet des Lataniers puis l'Ilet des Orangers. Je suis à mon aise, dans ma bulle. Deux heures plus tard, j'arrive aux Orangers où m'attends mon voisin qui, bénévole sur la course, me ravitaille. Comme un prince, je change de haut, mange une purée (une vraie!) salvatrice, bois beaucoup et repart au bout de 10 minutes. Un ravitaillement pas rapide, mais juste ce qu'il faut alors qu'on arrive en fin de nuit (4 heures du matin) et qu'il faut encore s'extirper du cirque.
Je connaîs bien cette section et suis requinqué. Le terrible Maido ne me fait pas peur. Enfin d'habitude si, mais je l'affronte de nuit et ne serait donc pas scotché sous 30 degrés sur le chemin Rien à signaler sur cette section à part que je me sens bien : je prends mon rythme et double beaucoup. Surtout des fous, mais aussi des bleus (la couleur du Bourbon).
Sortir du cirque c'est aussi retrouver la civilisation. On abandonne progressivement les bruits des Merles Pei et des Tec-Tec pour ceux des supporters amassés là haut au Ti Col. Le soleil se lève, dévoilant progressivement le champ de bataille de cette longue nuit. Un autre moment magique que je me suis senti d'immortaliser.
L'ambiance est folle au Ti Col, une marée humaine n'ayant rien à envier au Tour de France. Les gens nous acclament, c'est tout bonnement fou. On a l'impression d'être accueillis comme les premiers, ce qui doit presque être le cas.
L'erreur ici est de penser que le ravitaillement est là, mais je ne suis pas dupe. Il faut continuer à longer le rempart pendant 2 petits kilomètres, avec un sentier joueur. Mais je cours, galvanisé et avec le sentiment de faire une course pleine.
Maido - Ilet Savannah (17km, 1900D-)
Je redoutais cette très longue section descendante qui a l'air simple sur le papier mais qui est très exigente et pas si roulante (surtout au début). L'année dernière, en souffrance absolue avec mes ischios, j'avais mis 3h30 pour descendre à l'Ilet Savannah.
Mais cette année, rien à voir. Sans faire une descente stratosphérique, je me sens bien et prends mon rythme. Je croise peu de monde, les écarts sont faits. Ca reste long, très long et éprouvant. Lorsque les pistes de Sans-Souci se dessinent, j'accuse un peu le coup mais me sens encore correct. Je double deux coureurs du Bourbon qui marchent, ca aide pour le moral. Sauf que ces deux salauds me redépasseront pleine balle sur la route quelques centaines de mètres plus loin
, le sourire jusqu'aux oreilles. Je regarde la montre, ils sont au moins à 13km/h, moi à 12. Je juge ca bien suffisant et les laisse partir. Je ne le sais pas encore mais la route a certainement fini d'achever mes quadris.
Juste avant la base de vie d'ilet Savannah (où on a un drop bag), on récupère les coureurs du Metis Trail (qui ont 20 bornes dans les pattes), ce qui n'est pas des plus agréable. Mais c'est le jeu et me voilà arrivé à la base de vie. A noter un point important : le soleil est bien levé et il fait désormais très chaud dans la baie de Saint Paul.
Tout va bien niveau pieds mais je choisis l'option de "changement de chaussettes + re-crémage". On verra que ca n'a peut-être pas été l'idée du siècle, d'autant plus que je chausse une paire que je n'ai jamais mise en course, seulement pour des sorties d'une heure.
J'allais m'apprêter à repartir au bout de 10 minutes et un ravitaillement eau pétillante / coca / ... quand une erreur grossière de l'année dernière au même endroit me revient à l'esprit : "mange bordel!".
En effet, je ne m'étais pas alimenté ici pour ma Diagonale (malgré 45 minutes d'arrêt) et l'avait payé cash. Cette fois, je prends 5 minutes de plus pour avaler une portion de rougail saucisses et file vers la sortie du ravito et la traversée de la rivière des galets.
Ilet Savannah - La Possession (16km, 800D+, 800D-)
Après quelques pas de danse pour traverser la rivière des galets, on entame la montée vers Dos d'Âne via le sentier de bord. Rien à signaler, ca monte de manière régulière, ca passe par des lotissements, ca n'est clairement pas ma section préférée mais je continue à monter sérieusement.
La chaleur se fait sentir mais j'ai prévu le coup en emportant systématiquement une bouteille de 50cL d'eau pétillante en plus de mes flasques. Je prends le train d'un ensemble de coureurs du Metis Trail et en double même certains. L'allure est bonne.
Rapidement, on arrive en haut et on bascule dans le chemin Ratineau. C'est joueur et autant j'avais maudit ce sentier l'année dernière (logique, quand on est cramé...), autant là je m'amuse comme un fou. Ca descend raide mais il y a des arbres partout et on peut s'en saisir pour descendre plus vite, tel Tarzan je file vers le ravito au sommet du chemin Kalla.
En sortant du ravito, un bénévole me tends un crayon pour dessiner sur une fresque à la sortie du ravitaillement. Evidemment, l'idée de dessiner une bite me vient à l'esprit mais j'opte lâchement pour un slogan bidon du style "Pas de doute, bientôt à la Redoute". La prochaine fois je réfléchirai à l'avance à ma punchline.
Autant Ratineaud c'est rigolo, autant Kalla c'est la cata. Enfin, pas pire que tout le monde, mais cette portion où on se fraie un chemin jusqu'à la ravine en bas puis où on remonte dans un chaos ne m'amuse pas.
Heureusement, elle est assez courte et me voilà sur les petits chemins vers la Possession. L'année dernière, je me rappelle que j'y voyais des chaises de camping imaginaires, ca me fait sourire. C'est sensé être roulant mais là, sans prévenir, mes jambes refusent de répondre. Je peux trottiner, mais ma belle foulée s'est envolée. Aïe.
Malgré tout ça j'arrive enfin au ravitaillement la Possession où m'attends ma famille. Mes enfants me chopent sur le sentier avant le ravito et m'escortent jusqu'à une chaise salvatrice. Coca, St-Yorre, bonbons, tout y passe. Ca fait un bien fou de voir du monde alors que la course commence à se durcir.
5 minutes plus tard je repars et j'oublie comme un con de choper le plus de produits Naak possible au ravito (il n'y en avait que là !).
Je suis 54e, en 14h34 de course.
La Possession - La Redoute (22km, 1200D+, 1200D-)
Pour rejoindre le mythique chemin des Anglais, on aborde 1 kilomètre de route en longant la voie express. Je suis sur un pénible 10km/h (honnête, finalement). J'ai chaud et accuse le coup mais en montée ca ne se voit pas, les cuisses répondent à peu près.
Soudain, la pluie arrive. Salvatrice au milieu de ce four mais aussi coquine sur ce sentier rempli de cailloux désordonnés. Pour la première fois, je sors de ma course : je râle, pleurniche. Flashback de l'année dernière, je suis dans un bas et j'ai tellement peur de revivre une montée dans la gadoue vers le Colorado.
Ce chemin des Anglais a été construit pour concasser, on descend par deux fois dans des ravines, le rythme est lent, les pierres mouillées J'ai l'impression d'être à l'arrêt mais ne me fait pas doubler. Les écarts sont plus ou moins faits et tous les corps meutris. Enfin, la descente finale vers la Grande Chaloupe. J'essaie de me motiver pour avancer au mieux et m'extirper de cet enfer.
Il pleut à torrent à la Grande Chaloupe, je reste peu au ravito et file me coltiner la seconde partie du chemin des Anglais, celle qui monte fort vers Saint Bernard. L'angoisse de retrouver la boue avant le Colorado reste forte.
Je suis 50e, en 15h55 de course (je me demande comment j'ai gagné des places, cela doit être des abandons devant).
Heureusement, une fois extirpé du sentier, je m'aperçois que malgré la pluie, le sentier est pratiquable. Les gouttes s'arrêtent mais moi aussi, ca sent l'écurie mais le canasson est fatigué. Je me fais dépasser par deux bleus et même par un ou deux jaunes de la Diag', preuve que le rythme est escargotesque.
Quel soulagement de voir qu'ils ont remplacé une section atroce juste avant Saint-Bernard. Le Colorado se profile dans le ciel gris. Mentalement, je ré-émerge. Le fait de ne pas me faire doubler (ou presque pas) me rassure. Il ne reste que 7 kilomètres de descente jusqu'à la délivrance.
Dernier ravitaillement express sous une pluie fine où je remets mon beau t-shirt bleu du Bourbon, car il devient obligatoire jusqu'à l'arrivée. Je suis 52e en 17h51.
Garance ayant emporté le sentier historique, on descend via le sentier de la Vigie, que je découvre à l'occasion. C'est très roulant, enfin pour ceux qui ont encore des jambes ce qui n'est pas mon cas. Deux coureurs du Bourbon me redépassent mais je m'en fout. Je sens que ca frotte sous les pieds, c'est très inhabituel chez moi. Serait-ce la faute aux chaussettes ?
Cette fin de parcours est traître car on voit et entend le stade d'assez loin. D'un coup, on se rapproche, la route en bas nous semble à portée de godasse, mais non, surprise, le sentier remonte sur la gauche et nous ré-éloigne.
En me jurant de traquer une fois la course terminée celui qui a tracé le parcours et toute sa famille, je me force à suivre une coureuse du Metis Trail et un de la Diag qui faute d'avancer très vite sont plus réguliers que moi. Un copain du coureur de la Diag' remonte le sentier et lui dit "allez, il reste 10 minutes". Je vérifie ma montre, 18h51 de course. On bascule enfin en bas sur la route, 18h55, il doit rester 900 mètres.
Là, alors qu'elle refusaient d'avancer depuis 20 bornes, mes jambes se délient. Je sprinte, gueule "A GAUCHE" à 2 / 3 coureurs des autres courses et déboule dans le stade à 4 au kil'. Il me reste 40 secondes, je reste à fond. Tout à coup, mes enfants surgissent et m'accompagnent jusqu'à la ligne que je franchis en brandissant un poing rageur.
18 heures, 59 minutes, 25 secondes. 54e (sur 1200)
Conclusion
Que penser de ce 2e monument sur l'île ? Course réussie ? Pas selon Pulpipi les Poletti, visiblement (599 d'index UTMB
). Mais au fond de moi je suis fier. Un mois 1/2 auparavant, j'étais à l'arrêt complet à cause d'une entorse.
Là, j'ai vécu une course où je pense avoir eu (dans une certaine mesure) ce fameux état de "flow" qu'on chasse perpétuellement. Même si le craquage physique à la fin vient ternir ce tableau, je pense que cela reste une course honnête, à mon niveau : un classement qui baisse tout le long (sauf 4 places perdues à la fin), une allure qui a tenue jusqu'au 80e kilomètre, de belles descentes (gros changement par rapport à avant).
Même si forcément, je pense que dans une très grande journée (sans craquage final), j'aurais pu facilement retrancher 30 bonnes minutes à ce chrono. Mais avec des "si", on en refait des courses.
A garder:
- Les descentes fluides vers la rivière des galets puis vers Savannah. C'est une réelle progression par rapport à avant et ca fait plaisir
- Les montées : ca reste un des mes points forts, je pense.
- La gestion des ravitaillements : j'avais choisi de faire un "lap" dès que je rentrais dans un ravito afin de savoir exactement combien de temps j'y passais. Ca permet je trouve d'être zen, de ne pas perdre de temps, mais surtout de prendre le temps de bien faire les choses sans paniquer.
A améliorer:
- Le renforcement musculaire : j'ai suivi un programme avec kettlebells à partir de juillet qui a commencé à porter ses fruits mais qui était je pense trop tardif. Je cale au 80e à cause de mes quadris (je pense) et je dois faire mieux si je veux viser plus haut.
- L'alimentation : j'ai essayé de tourner avec une flasque Naak toutes les 2 heures + barres / gels & co. Ca a globalement bien fonctionné mais j'ai manqué de salé et j'ai surtout fait la connerie d'oublier de pré-ouvrir les sachets de boisson Naak qui sont une saleté à ouvrir sinon. Ca a fait que j'en ai beaucoup moins pris sur la fin de course et ce carburant en moins a sûrement été délétère.
- Le cardio : je suis fainéant à l'entraînement sur les séances qui font mal et je pense que ca me fait plafonner en course. Je pourrais être encore plus fort en bosse si j'y prêtais plus d'attention et sûrement que ca aiderait sur l'économie de course. Il va falloir se sortir les doigts pour 2026, peut-être en prenant enfin un coach ?
- Les pieds: ampoules sous le pied et grosse iritation sur la gauche du pied droit. Et l'entorse a regonflé même si elle ne me fait pas mal. Des séquelles de fin août, comme quoi ca n'était pas complètement guéri.
Merci de m'avoir lu (ou pas), voilà le Strava : https://www.strava.com/activities/16179412205