Chou Andy a écrit :
Ultra-Trail du Vercors 80km 4200m de D+ Fin de la saison de trail, très chargée cette année : Tarn Valley Trail, Trail des Coursières, Ardennes Mega Trail, Défi de la Muzelle, trail de Méribel, trail du Galibier, ça fait 80-100km de course par mois depuis le mois de mai. Toutes les courses ont été réussies à part l'AMT, la plus longue (80km et 4000m), où j'avais explosé assez méchamment après un départ trop agressif. Je me sens donc en confiance, la forme est clairement là, je me demande juste si je ne vais pas me retrouver cramé par cet enchaînement... A vrai dire j'ai déjà commencé à basculer sur une pseudo-prépa 10 depuis le Galibier il y a 3 semaines, en me disant que j'ai déjà largement fait ce qu'il faut pour cette dernière course. L'UTV, course de cœur, je connais bien le plateau du Vercors puisque j'ai une maison de famille là-bas depuis que je suis bébé. Le parcours change chaque année, et le départ aussi : cette année c'est Lans-en-Vercors, le fief familial, comme en 2019 lors de ma première participation. J'avais fait une bonne course (10ème) sous les encouragements de mon grand-père, de ma mère et de plusieurs oncles et tantes. Le grand-père n'est plus mais c'est un cousin qui a racheté la maison pour s'y installer : cette fois-ci l'assistance de choc ce sera donc lui, sa femme et leurs deux enfants. Le profil de cette année est relativement original : deux belles montées sur les crêtes dans les 30 premiers kilomètres, puis 50km de forêt (c'est le Vercors...) plutôt très roulants. Point de vue météo, ça s'annonce fantastique, avec juste un peu de vent et peut-être un peu de chaleur l'après-midi. Mais de toute façon c'est une course en forêt, alors bon... Un petit check des cotes betrail m'indique que je suis 2ème sur la ligne de départ derrière un certain Jimmy. Derrière moi c'est assez dense. Je ne sais pas trop ce que vaut cette analyse de haut vol mais j'en déduis que sur mon meilleur niveau, un podium est envisageable  Après quelques hésitations, je décide de partir avec non pas une, ni deux, ni trois, ni quatre, mais cinq flasques  Quatre avec de la poudre magique D4, et une avec juste de l'eau. Réveil naturel vers 3h30 pour un départ à 5h00, mes affaires sont prêtes, je prends mon petit dej habituel (céréales et banane) en version assez light, le caca de sécurité et c'est parti pour le départ qui se trouve à exactement 400 mètres de là Km 0-21: Lans-en-Vercors - Villard-de-Lans La nuit est magnifique, la température est douce, on voit plein d'étoiles. Après les cérémonies d'usage, tout le monde se place derrière la ligne et le top départ est donné. Le rythme est très raisonnable, je me retrouve à l'avant aux côtés d'une meuf et de quelques gars, c'est assez groupé. On passe devant la maison, puis dans le hameau voisin où la route s'élève pas mal. Je trottine mais dès que c'est un peu trop raide je marche tranquillement, le mot d'ordre c'est de ne surtout pas faire d'effort superflu. Un gars se détache devant, je suppose que c'est Jimmy (en fait il est DNS...). On quitte la route pour entrer en forêt, l'orga a allumé des flambeaux sur les côtés, l'ambiance est fantastique. Je déplie mes bâtons pour passer cette petite grimpette et... c'est le drame, l'un des deux est grippé, je n'arrive pas à le garder déplié (le petit bouton-ressort qui doit bloquer le bâton reste enfoncé). Du coup je ne pousse qu'avec un seul bâton, côté droit, c'est un peu bizarre... Heureusement on bascule immédiatement dans un faux-plat descendant. La meuf (qui m'avait dépassé dans la séquence) flippe un peu de se retrouver seule et dit un truc du genre "hé mais j'ai pas la trace moi". Moi non plus je ne l'ai pas prise, on va compter sur le balisage. Je la passe puis la décroche assez vite, devant moi il n'y a plus que le mec de tout à l'heure, le faux Jimmy. Il y a une petite distance mais je l'ai quasiment toujours de visu. La vraie montée commence enfin, elle est en deux parties, d'abord un chemin en forêt, puis un petit replat au milieu sur le domaine de ski de fond, et la fin dans les lapiaz. Ok on peut dire que ça fait 3 parties, quelque part. C'est pas le chemin que je prends d'habitude pour onter au pic St-Michel, mais c'est le même principe, je suis en terrain connu. L'écart ne bouge pas trop avec faux-Jimmy. Je me démerde avec mon unique bâton en essayant de ne surtout pas forcer. A l'approche du sommet, je regarde derrière moi : il y a déjà un petit écart. Bip en haut, et je me lance dans la descente que je connais par cœur. Il fait nuit et je ne vois pas bien les reliefs mais c'est pas grave, je me sens bien et j'envoie un petit rythme. Je retrouve très vite faux-Jimmy qui n'a pas l'air à l'aise dans le technique. Je prends la tête sans me poser de question et continue l'effort jusqu'en bas de la descente, au moment de rejoindre le sentier Gober, un sentier en balcon que j'adore : alternance de forêt et de pierrier, très roulant et joueur à la fois, légèrement descendant. Je déroule avec beaucoup de plaisir, tout va bien jusque là. Mon poursuivant est assez loin, je ne le vois qu'à la faveur des 2-3 grandes combes qu'on traverse. Ça dure quelques kilomètres, puis ça débouche sur une cabane et le début de la vraie descente vers Villard. A un moment on entre dans une petite clairière et on se prend de jolies rafales dans la tronche, l'allure en prend un coup. En sortant de là j'aperçois une nouvelle fois mon poursuivant : je me dis qu'il y a facile 2 minutes. Allez hop j'embraye, j'éteins ma frontale pour de bon (il est plus de 7h) et j'arrive au premier ravito, situé dans la station de ski. A ma grande déception Tony Parker n'est pas là. J'effectue les gestes que j'avais répété dans ma tête : ranger la frontale et une flasque vide dans le sac, foutre mon bâton inopérant dans le filet, remplir et boire une flasque d'eau cul sec, et remplir de nouveau 1L (50cl isotonique et 50cl eau plate). La prochaine section est longue mais je me dis que ça doit suffire. Tout ça me prend bien 2-3 minutes mais on ne voit toujours personne arriver. Je ne demande pas mon reste et je repars. Km 21-42: Villard-de-Lans - St-Martin-en-Vercors Au programme, la deuxième montée de la course, la Petite Moucherolle. Pour le coup je ne connais pas, c'est un peu trop loin de mes bases habituelles. Ça commence par une longue portion en faux-plat montant, du genre piste verte de liaison. Je cours tout pour garder le rythme, les jambes répondent toujours parfaitement. Au bout d'une longue ligne droite, je regarde en arrière : toujours personne, ce qui veut dire au moins 5 minutes d'avance (j'ai pris le chrono sur des points de repère). Puis j'arrive au pied d'un gros mur, une piste plus sévère qu'on doit monter droit dans la pente, le truc que j'aime pas trop. Je prends de nouveau des repères chrono, et en haut je me retourne : toujours personne Petit replat, je croise deux bénévoles dont un me joue un air de trompette (je prends encore le chrono), et je m'engage dans la fin de la montée. Il reste un bon bout mais on voit le sommet et le col qui précède, avec de petites silhouettes dessus. L'ascension est assez pénible, on est sur les bords d'un pierrier et au pied d'une falaise, le chemin est vraiment pas trop, je suis parfois en limite d'adhérence. Mon pied gauche commence à me faire mal, je progresse lentement mais je n'entends toujours pas de second coup de trompette. Après il y a un peu de vent contraire... La fin du pierrier est carrément pénible, je glisse partout, sous le regard impassible d'un chamois qui se fout de ma gueule depuis le col. Je m'extirpe enfin de cette section difficile et je redescends vers le chamois qui est sur le chemin. A 5 mètres il prend peur tout d'un coup et bondit en arrière. Ça me donne l'impression qu'on court ensemble, l'homme et l'animal, mais je crois que c'est juste dans ma tête. Je suis au col, et il reste une petite session d'escalade pour rejoindre le sommet. Il y a plusieurs bénévoles et une corde installée pour l'occasion. L'ambiance est géniale sur ces grandes falaises au lever du soleil. La grimpette débouche sur le sommet. Je fais une petite pause pour souffler et échanger quelques mots avec les gens là-haut. J'ai un peu la flemme de scruter le chemin en contrebas alors je demande à un mec si c'est loin derrière moi. Il me dit que oui, l'écart est important, au moins 15 minutes. Pour une fois je lui fais confiance à ce bénévole, il a une bonne tête et ça paraît crédible. Je suis impressionné, l'avance est belle, je me sens super bien et il reste les portions a priori les plus favorables... Ça sent déjà bon. Mais il ne faut pas s'emballer, plus que jamais priorité à la gestion. J'en profite pour resserrer la chaussure gauche (le pied qui me fait mal) et faire une pause pipi (pensée à Casquette Verte). Je m'engouffre dans la descente. Ça déroule bien, d'abord sur du lapiaz, puis sur des pistes faciles, et enfin en forêt plutôt technique. Mon inquiétude se porte alors sur l'eau : je suis encore assez du ravito et j'ai déjà bien entamé mon litre depuis le ravito précédent. C'était peut-être un peu joueur de ne prendre qu'un litre... Le chemin remonte un peu, je relance tranquillement mais j'ai maintenant super mal au pied gauche, je le sens quasiment plus et ça modifie ma foulée. Dans un éclair de lucidité je me dis que c'est quand même un peu con, je ne vais pas foutre ma course en l'air pour si peu, et je m'assois sur le bord du chemin pour enlever ma chaussure, masser le pied, et la remettre, et la desserrer largement par rapport à avant. C'est sans doute ce que j'aurais dû faire dès le début quand j'avais mal en haut de la montée précédente Ça va immédiatement beaucoup mieux, et je reprends ma traversée de forêt en comptant les kilomètres jusqu'au prochain ravito, il en reste au moins 5 et il ne me reste plus qu'un fond de flasque ultra sucré qui m'arrache l'estomac. Et enfin, on débouche de la forêt pour avoir une belle vue sur la vallée suivante et le petit village tant convoité tout au fond. Avant de descendre, on longe une falaise très esthétique, avec quelques pas rigolos (on passe dans une faille, puis sous une arche). C'est vraiment mignon, je ne connaissais pas ce coin. Puis c'est une petite descente rapide, de nouveau en forêt, qui débouche dans le jardin d'une petite vieille. Avec une superbe fontaine qui trône en plein milieu. On est à 500m du ravito mais tant pis j'ai trop soif et je recharge une flasque. Elle me dit "Vous avez fait peur à mon chat", et je m'excuse. L'eau me revigore immédiatement, et j'arrive tout guilleret au ravito de la mi-course. 5h10 de course, j'ai pas fait de roadbook mais ça me paraît cohérent avec un objectif de 10h si je ne faiblis pas. Je prends mon temps de manger un peu, de recharger les flasques comme prévu dans le plan, de boire un demi-litre sur place, d'emporter quelques bouts de saucisson. Je suis encouragé par les coureurs des relais qui sont déjà là et attendent leurs coéquipiers (il y a un relais à 4, qui est parti 1h30 après nous). Un bénévole m'annonce 10km au prochain ravito, il n'y a que de la forêt, alors je repars de nouveau avec 1L. Km 42-56: St-Martin-en-Vercors - St-Julien-en-Vercors Cette section est entièrement en forêt (comme tout le parcours depuis le 30ème en fait) et fait une petite cloche assez douce. Je me sens toujours bien et je continue de gérer. J'alterne marche et course très souvent, dès que je le sens. Une rare portion de route monte en faux-plat entre deux prés. C'est assez pénible, mais heureusement il y a un troupeau de moutons et surtout un gros patou qui m'accompagne sur tout le tronçon (derrière la clôture heureusement) en me grognant de vivifiants encouragements. Puis ça s'aplatit et ça redescend, et je continue de dérouler, je suis toujours très satisfait de mon rythme, allègrement sous les 5-o-kilo malgré les 50km dans les jambes. Un bénévole me croise en pick-up et me demande si j'ai pas eu de souci de balisage ? Non c'était nickel pour moi. Apparemment il y a eu du débalisage sauvage. Je me dis que c'est peut-être pour ça qu'il y a autant d'écart avec les autres. Bon je m'en fous j'étais déjà devant, dans tous les cas l'honneur est sauf. Par contre j'ai de nouveau plus beaucoup d'eau. Un bénévole m'annonce 4km au ravito. Comment ça 4km ? Je regarde ma montre, et je me dis qu'il a sûrement dit "1,4km". D'ailleurs je croise un panneau jaune qui annonce St-julien à 1km et des poussières. Sauf que le parcours ne suit pas le panneau et continue de descendre de plus en plus bas. J'avais complètement oublié cette bouclette, qu'on peut pourtant voir sur le profil, qui est imprimé sur le dossard... Ça remonte sur la droite, et un bénévole me dit de bien tenir ma droite parce qu'à gauche c'est la falaise. Ah oui en effet, on surplombe des falaises assez majestueuses (c'est ça le Vercors : forêt, forêt, forêt, falaises, forêt, forêt, falaises, etc.). Et le coup de cul fait mal. Heureusement que c'est à l'ombre. J'ai plus d'eau, je monte à deux à l'heure. Faut encaisser le coup. Fin de la montée (1km environ), on longe de nouveau une falaise, et il faut en sortir par un vrai petit pas où il faut poser les mains. J'y vais doucement, je fais même une ou deux pauses. J'ai mal au pied droit cette fois-ci, je desserre (oui j'apprends de mes erreurs). Puis ça redescend en douceur vers le ravito. En approchant au village je croise des spectateurs qui disent "Vos supporters sont là !". En effet, en haut de la rue je vois mon cousin et ma famille, ils s'égosillent à mon approche, et tous les autres spectateurs/bénévoles/passants reprennent en chœur Ils ont chauffé tout le monde Ça fait super plaisir. Je fais une bonne pause au ravito car j'étais limite limite sur la dernière section. Mon cousin m'annonce l'écart "20 minutes à St-Martin". Il ne reste "que" 35km, ça me laisse une sacrée marge, d'autant que je suis encore super bien en descente et qu'il ne reste qu'une seule vraie montée, juste à la sortie de ce ravito. La prochaine section ne fait que 9km, mais la température monte, et ça fait deux fois de suite que je suis en galère d'eau, alors je décide de remplir une troisième flasque cette fois-ci, que je vais tenir à la main (l'avantage d'avoir un seul bâton ). Km 56-65: St-Julien-en-Vercors - Bois Barbu Dès la sortie du village, on s'engage dans la montée qui fait peur, dite du "Pas Fouillet", 2km pour plus de 500m de D+. Une bénévole me demande si je fais le chrono (car la montée est chronométrée pour une récompense spéciale), je lui réponds "Lol non". Ça commence bien raide en forêt (tout est en forêt de toute façon...), et ça continue assez raide le long de la falaise (quelle surprise). J'y vais vraiment prudemment. Je bois bien, je fais une petite pause au 1er kilo, puis 500 mètres plus loin, puis juste sous le pas. C'est des mini pauses hein, mais ça me fait du bien. Je papote vite fait avec les deux bénévoles qui s'ennuyaient en haut, et je m'engage dans la descente vers le prochain ravito. Ça continue d'aller très bien, à 4'30 au kilo. Je me fais rattraper, c'est le premier des relais. Il me dit qu'il y a un écart monstrueux et me félicite. Ça sent bien la gagne, je ne me vois pas perdre de temps sur ces sections descendantes. D'ailleurs je suis relativement longtemps ce relayeur, preuve que la forme est encore bonne. On passe par le village martyr de Valchevrière, c'est très beau et très émouvant (une chapelle et des ruines posées sur une clairière très mignonne). Puis ça se vallonne un petit peu, c'est tout de suite plus dur, je perds mon relayeur. Je perds aussi mon second bâton qui se grippe à son tour. Bah, je n'en ai plus vraiment besoin. Je ressors du chemin sur une route et un petit parking où m'attend de nouveau ma bruyante petite team. Je me débarrasse de mes deux bâtons, et je prends des nouvelles des écarts : 27 minutes à St-Julien, avec pour seul bémol que le 2ème m'a repris 10 minutes sur cette section St-Martin St-Julien. Je repars vite le long de la route en faisant mes calculs : j'ai quand même une sacrée marge, même si je perds autant de temps à chaque section je serai encore devant. Après je suis pas allé bien vite sur la montée du Pas Fouillet... J'arrive au ravito de Bois Barbu, mon énergie vitale commence à décliner. Ma team est déjà là, actualisation des écarts, j'ai encore 25 minutes au Pas Fouillet. C'est dans la poche. Je sors ma casquette car le soleil tape bien quand il n'y a pas d'arbre, je reprends 3 flasques et zou. Km 65-81: Bois Barbu - Lans-en-Vercors Descente en sous-bois sur un chemin tellement moelleux, c'est un bonheur, je me sens réellement heureux de courir. J'ai envie de le dire au mec qui me dépasse (soit un relayeur, soit un gars du 55km, dont on vient de rejoindre le parcours, qui étaient partis 3h après nous). Puis longue ligne droite sur bitume, toujours en descente, pas de souci je déroule avec plaisir. Je rattrape un ou deux gars, il y en a un autre qui me double, je sais pas sur quelles courses ils sont mais je m'en fous, ça fait de l'animation. Puis c'est la fin de l'euphorie avec un passage en "fond de vallée" sur une espèce de voie verte le long d'une route. Il y a un peu de vent mais il fait vraiment chaud. J'ai du mal à maintenir un rythme décent (6-o-kilo) alors que c'est quasi plat. Je suis heureux quand ça repart en montée, il s'agit d'une petite colline pour rebasculer sur le plateau de Lans. C'est 200m de D+, assez doux, ça ne me fait pas peur mais ça me paraît bien long sur le moment. Je commence à avoir du mal à relancer sur les petits plats. C'est aussi bien dur pour un de mes camarades (du 55 je suppose) qui a l'air à l'agonie et me demande des infos sur la fin du parcours. Je le largue, puis je finis cette petite colline par une route forestière. Un bénévole court avec moi sur 500m, me félicite, me confirme un gros écart, je lui raconte un peu ma vie, lui dis que je suis heureux, etc. Je me sens déjà mieux, et je cours même les faux plats. Redescente, la dernière de la course, et j'arrive sur le plateau que je connais si bien. Ma team est encore là ! Ils ont vraiment optimisé le parcours. Il reste 5km, ça commence sur la voie du tram avec vent dans le dos, mais au lieu de cruiser tranquille jusqu'à l'arrivée ils font faire un petit détour par un balcon... J'avais repéré cette montée finale, mais mal, en fait elle est bien plus dure que ce à quoi je m'étais préparé . Ça remonte environ 100m de D+ le long d'un champ, avec du vent de travers, de la chaleur... puis dans la forêt parce que ça faisait longtemps. Bon je me prends pas la tête et je marche sans fierté. Les deux derniers kilomètres sont plutôt descendants, et la fin est carrément une descente pleine pente dans la colline (qui surplombe la maison familiale) en direction de l'arrivée. J'entends le speaker m'annoncer de loin, je suis super ému, je pense à mon grand-père, à HFR, à mon ex, à ma cote ITRA, et j'allonge la foulée en serrant le poing pour passer la ligne Festouille avec la famille, quelques mots au speaker, et je m'assois dans l'herbe pour réaliser et lire les messages  1er en 9h40, je suis également content du chrono, j'avais pas étudié dans le détail mais je m'étais dit que 10h serait une belle perf  Première victoire de l'année, la 5ème en tout, premier podium même (le 10ème, bon ratio n'est-ce pas ). C'est aussi une première sur ce genre de format "long" (j'ose pas dire ultra, c'est pas ma définition ) Au final le résultat est logique sur le papier car en l'absence du dénommé Jimmy j'avais la meilleure cote betrail du cheptel. Je pense que c'était vraiment une gestion de course très réussie car j'ai bien fait attention à ne jamais forcer, mais que je suis arrivé cramé quand même. Et là j'ai de belles courbatures depuis deux jours. Sur les sensations, c'était comme depuis le début de l'année : dans le dur en montée, indestructible et plutôt rapide en descente  A noter la superbe 4ème place de Sabine E., locale de l'étape (elle habite Lans), qui aura longtemps lutté pour le podium, elle était même deuxième à la Petite Moucherolle. Impressionnant ! Après ma douche je reviens pour le repas et le podium, je gagne une grosse coupelle en céramique, un poster, un bandeau et un gadget de récupération qui fait pouic. Bon j'arrête là je suis fatigué  Le Strava : https://www.strava.com/activities/12349130366
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