Condamnés à verser de lourdes amendes pour avoir fait jouer des internationaux sans tenir compte de la convention collective, Biarritz, le Stade Français et Narbonne ont décidé de faire appel de la décision de la Commission juridique de la FFR. Le Stade Toulousain et Perpignan n'ont pas donné leur position.
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Jeudi, la Commission juridique, présidée par un avocat, Jean-Louis Martin, a infligé au Stade Toulousain 18 000 euros d'amende, dont 5 000 avec sursis, au Stade Français et à Perpignan 16 000 euros d'amende, dont 3 000 avec sursis, à Narbonne 14 000 euros d'amende, dont 4 000 avec sursis, et au Biarritz olympique 14 000 euros d'amende, dont 4 500 avec sursis. Motif : avoir aligné Elissalde, Jauzion et Heymans (Toulouse), Traille (Biarritz), De Villiers (Stade Français), Candelon (Narbonne) et Laharrague (Perpignan), alors que ces derniers avaient participé au test-match Australie-France le 2 juillet à Brisbane. Quant à Dimitri Yachvili, il figurait sur le banc des remplaçants de Biarritz. La convention signée entre toutes les « familles » du rugby français stipulait pourtant que les internationaux devaient opérer huit semaines de repos complet avant de reprendre avec leur club.
Vendredi, trois des cinq présidents condamnés ont fait savoir à la l'AFP qu'ils feraient appel de la décision. Les clubs disposent de dix jours à partir de la notification officielle de la sanction, qui doit intervenir en début de semaine prochaine, pour interjeter appel auprès de la Commission fédérale. Biarritz, le Stade Français et Narbonne ont ainsi décidé d'user de ce droit. Le Stade Toulousain et Perpignan n'ont pas donné leur position. « Nous allons en parler avec notre avocat, mais mon inclinaison personnelle me pousse à faire appel », a déclaré Max Guazzini, le président du Stade Français. Même son de cloche du côté de Narbonne. « Nous sommes abasourdis par le montant de l'amende, a réagi Jérôme Tronc, directeur général du RC Narbonne. On a le sentiment de n'avoir pas été entendus par la commission. Notre président s'était déplacé pour plaider la cause tangible, celle de la force majeure. Il nous était indispensable d'aligner Julien Candelon. »
Le président de Biarritz, Marcel Martin n'est pas resté sans voix. Biarritz « se réserve tous ses droits concernant une décision qui porte atteinte à son image et à celle de ses dirigeants », relève-t-il également. « Cette décision a été prise par une Commission comprenant le représentant des joueurs ayant saisi la Ligue nationale de rugby, ceci en violation des droits de la défense, des règles naturelles et des règlements généraux de la Ligue. » Du côté du syndicat des joueurs Provale, on se refuse à crier victoire. Certes, ces sommes sont importantes, mais pour certains de ces clubs, elles ne représentent pas grand-chose, estime-t-on. Voilà en tout cas un nouvel acte du long feuilleton de l' « affaire des internationaux ». Autant dire que le feuilleton de l'été est loin d'être terminé.