Un point d’honneur
Cette semaine, on s’internationalise et on suit donc les divers matchs des divers éliminatoires avec bien sûr, un œil particulier sur l’équipe de France.
Ce samedi, on jouait l’affiche de la finale de la dernière Coupe du Monde pour la troisième fois en à peine plus d’un an. Et pour la troisième fois, les vaincus du 9 juillet ont mieux joué. Mais cette fois, pas di prolongation ni de tirs aux buts qui tiennent pour départager les deux équipes qui se sont quittées sur un nul qui semble arranger tout le monde.
Si cela semble couler de source pour la France, en tête du groupe, vainqueur à l’aller, en déplacement chez le champion du monde, et donc pas vraiment contrainte d’aller chercher trois points, on pourra s’interroger sur le manque d’ambition offensive de l’Italie, pourtant pas vraiment dans un fauteuil en ce qui concerne sa qualification pour l’Euro 2008.
De plus, la feuille de match réservait quelques surprises côté Bleus : Diarra (Lassana, pas Alou) titulaire à droite, Escudé (Julien, pas Nicolas) titulaire dans l’axe et Mankowski titulaire sur le banc. Pour ce dernier, on était au courant et d’ailleurs il valait mieux que son nom à lui soit annoncé à San Siro plutôt que celui de Raymond Domenech, vu comme le public était remonté ! Autre petite surprise, la titularisation de Nicolas Anelka en pointe aux côtés de l’inamovible (ou immobile, ça marche aussi) Thierry Henry.
Dans le détail et dans l’ordre, on notera que Lassana Diarra a été exceptionnel dans ce rôle qui n’est déjà pas le sien (à la base) en club et donc encore moins en EdF. Del Piero et Zambrotta se sont cassés les dents sur sa puissance physique et ses qualités défensives. Impeccable pendant quasiment tout le match, il relègue François Clerc et, dans une moindre mesure, Bakary Sagna au rang de doublures… de la doublure de Willy Sagnol. A moins que Raymond n’en ai fait que la vedette d’un jour, mais on ne voit pas pourquoi il ne serait pas reconduit contre l’Ecosse. En espérant peut-être le voir plus présent offensivement.
Julien Escudé a lui certes été le défenseur qui a eu le moins de ballons mais dans l’ensemble il a bien maîtrisé Inzaghi, avec l’aide d’un Thuram impérial, une fois de plus. Sa titularisation a aussi permis à Eric Abidal de retrouver son côté gauche. Contre l’Ecosse, un joueur au meilleur jeu de tête sera peut-être préféré. On pense à Philippe Mexès ou à la rigueur au retour d’Abidal dans l’axe pour qu’Evra démontre son fighting spirit britannique. Mais ce n’est pas dans les habitudes de Raymond de changer comme ça.
Côté coach, l’absence du titulaire du poste n’a pas modifié la donne : les remplacements en cours de jeu restent toujours aussi rares en équipe de France (en dehors des matchs amicaux, bien sûr). Mais l’équipe semblait « bien en place » - selon l’expression consacrée – donc pas lieu de changer, d’autant que l’objectif n’était pas d’aller marquer un but.
Et pourtant, sur le papier la France se présentait en 4-4-2 « à la bordelaise », avec deux ailiers. Audacieux et offensif a priori. Mais a priori seulement car le bloc était tellement bas et la volonté d’aller de l’avant tellement contenue qu’on ne peut que confirmer ce que le sélectionneur (et d’autres) s’évertue à dire : ce n’est pas le nombre d’attaquants qui rend l’équipe plus offensive mais bien l’animation offensive. Cela dit, le fait de jouer avec Thierry Henry réduisait presque le nombre d’attaquant à un seul.
En effet, l’ex-Gunner a été peu en verve, effacé (c’est rien de le dire) et peu actif, malgré les beaux discours de pressing défensif sur Pirlo, dont Anelka aura assuré la quasi intégralité. Oui, Thierry Henry a été mauvais samedi à Milan. Ca peut arriver, mais ça n’excuse pas ce jeu empli de nonchalance (une vraie, pas une fausse à la Vieira – auteur d’un très grand match soit dit en passant), cette fâcheuse tendance à ralentir le jeu alors qu’il est capable de mettre un coup de turbo, et cette recherche permanente de la « passe-impossible-de-génie » assez énervante. Espérons que ce ne soit qu’un accident, voire un retour progressif après sa longue blessure car ce Henry-là ne rend pas service aux Bleus. Il sera de toute façon suspendu pour le match de mercredi pour cause de deuxième carton dans ces éliminatoires (alors qu’il ignorait lui-même être sous la menace de la suspension), le problème ne se posera donc pas.
Pour résumer, on dira donc que la France a été très solide derrière grâce à un bloc de six parfaitement placés et un duo Vieira-Makélélé au top. On a bien senti que les Bleus en blanc étaient supérieurs aux azzurri… en bleu mais ils n’ont pas cherché à aller gagner ce match. Alors, un point de pris ou deux de perdus ? On ne saura la réponse que mercredi soir, après France-Ecosse.
En tout cas, pour les Italiens, c’est un point de pris car malgré deux occasions dangereuses, ils ne pouvaient prétendre à la victoire tant ils ont défendu bas et attendu des Bleus qui ne sont jamais venus. Au final, c’est un 0-0 à l’amiable qui a sanctionné cette partie mais les conséquences en termes de pression sont lourdes sur les épaules de la Squadra Azzurra qui va devoir aller s’imposer en Ukraine qui, heureusement pour l’Italie, a quasiment dit adieu à l’Autriche et la Suisse suite à son nul en Géorgie. Il est évident qu’après les matchs de mercredi, quand les quatre premiers du groupe se seront affrontés, les données seront beaucoup plus claires.
« A l’amiable » écrivions-nous plus haut mais l’ambiance et l’accueil n’avaient, eux, rien d’amicaux. La tension était palpable et les sifflets à l’encontre de la Marseillaise en sont le symbole. A ceux qui rétorquent qu’ils étaient destinés plus à Raymond qu’à la France en tant que nation (Donadoni en tête), on répondra que quelques « Domenech vafanc… ! » auraient fait l’affaire plutôt qu’une bronca monumentale, forte à en couvrir l’orchestre ! Les excuses d’une grande majorité de joueurs et journalistes ne trompent pas : le public milanais n’a pas été digne du rang de son équipe.
Voyons maintenant un peu ce qu’ont fait nos voisins européens. Les plus scrutés étaient sans doute les Anglais et leur sélectionneur mais ils se sont rebiffés en battant Israël 3-0 malgré une cascade d’absents (jusqu’à en rappeler Emile Heskey !). Mais les sujets de Sa Majesté ne sont pas encore sortis d’affaire puisqu’ils doivent impérativement battre la Russie (de nouveau à domicile), sous peine de ne plus maîtriser totalement leur destin. Mais les Russes ont la meilleure défense de tous les groupes en n’ayant encaissé qu’un seul petit but…
Autre ténor en difficulté, le Portugal n’a pas fait mieux qu’un nul contre la Pologne à domicile. Mais s’ils battent les Serbes (toujours à domicile), ils seront plus tranquilles.
L’Espagne n’est pas beaucoup mieux lotie que l’Angleterre et son nul en Islande (arraché à la 86ème) n’arrange pas les choses. Pas encore décrochée par l’Irlande du Nord (encore heureux !), la Furia n’a plus le droit à l’erreur mais a l’avantage de recevoir trois fois sur ses quatre derniers matchs, en commençant par la Lettonie mercredi.
Dans le groupe C, le plus faible de ces éliminatoires, qui regroupe Grèce, Turquie et Norvège comme « gros », les champions d’Europe en titre (et oui…) sont tranquillement premiers avec un match de moins. Norvégiens et Turcs devraient se disputer la deuxième place.
Mais tous les favoris ne sont pas en difficulté puisque dans le groupe D, Allemagne et République Tchèque caracolent en tête (la Mannschaft ayant marqué le plus de points, tous groupes confondus) et dans le groupe G – très faible aussi, les Pays-Bas sont deuxièmes à trois points de la Roumanie mais avec un match de moins, contre l’Albanie.
En Afrique aussi il y avait les éliminatoires de la CAN 2008. L’un des résultats marquants est la défaite de l’Afrique du Sud en Zambie, qui qualifie cette dernière. Mais les Sud-Africains sont quand même qualifiés en tant que meilleurs deuxièmes. Autres battus pas malheureux, les Tunisiens, défaits par le Soudan mais également qualifiés comme meilleur deuxième. La grosse surprise étant l’élimination de l’Algérie après sa défaite contre la modeste Gambie. Marseillais, lorientais et lyonnais, entre autres, se satisferont de ne pas perdre leurs internationaux algériens en janvier… Sont attendues les qualifications de l’Egypte, du Mali et du Togo qui joueront en octobre.
Notons aussi la victoire du Brésil contre les USA : 4-2 mais il a fallu un coup-franc de Ronaldinho dans les dernières minutes et une boulette de Howard pour sceller la victoire Auriverde. Enfin, une fois n’est pas coutume, un mot de foot féminin puisque ce lundi s’ouvrait la Coupe du Monde en Chine avec Allemagne-Argentine. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les championnes du monde et d’Europe en titre n’ont pas fait de détail : 11-0 ! Et dire que les Argentines sont championnes de leur continent… La France, elle, ne s’est pas qualifiée pour la compétition. Pourtant, elle n’en aurait sûrement pas pris 11.
Et pour conclure, la phrase de la semaine. Et elle raisonne comme un appel au secours puisqu’il s’agit de Steve Marlet : « Je cherche un club ». Espérons pour lui qu’il sera entendu, à l’heure où son ex-partenaire lorientais Fabrice Fiorèse est réintégré dans le groupe pro de l’OM. Comme quoi, tout arrive !
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!!! Règle sur les mains au foot !!!