gregouf a écrit :
Le problème quand on est un peu exigeant cinématographiquement, c’est qu’on voit au final très rarement des mauvais films. Pareil avec la Médiathèque Numérique comme seul service de VoD, on a le choix de la qualité ou bien… de la qualité. Mais le contraste demeure important pour se remémorer à quel point, le ciné « entertainment » est capable de nous pondre une quantité de bouses phénoménales. Aussi, à l’occasion de rares commandes sur Amazon, quand on m’offre un mois gratuit de Prime Video, j’accepte avec un petit sourire narquois, ce petit plaisir coupable…
Aussi, aujourd’hui, je me suis replongé dans le Statham-Universe dont la filmographie regorge de films quasi identiques où Jason distribue les bourres-pifs. Que son début de carrière au coté de Guy Ritchie semble loin. Allez, on gardera aussi en tête le sympathique The Bank Job de Roger Donaldson qui nous prouvait qu’il était capable de sourire et jouer, il y a quasi 20 ans ! The Beekeeper, David Ayer – 2024 (Dispo sur Prime Video)
https://i.ibb.co/Lhh3fCT5/Beekeeper.jpg
IMDb: https://www.imdb.com/title/tt15314262/
Le nom du scénariste est Kurt Wimmer. Il semble avoir capable d’écrire quelques scénarios, souvent à partir d’existants : L’Affaire Thomas Crown, Total Recall, Point Break … Et bien là, notre Kurt s’emmerde pas beaucoup non plus. On reprend le scénario de John Wick, on remplace le clébard par la voisine, et les Russes par des hackers gérés par le fils de la présidente des Etats-Unis. Et puis on ne sait pas trop pourquoi, y’a un Jeremy Irons qui donne la réplique à des acteurs nuls et qui doit se demander pourquoi il a accepté de changer les sofas de sa maison avec le cachet de ce film. Il aurait plutôt dû prendre ses cachets
Bref, vous l’aurez vite compris, The Beekeeper est un film de déjà vu mais sans Keanu et dont le rythme des coups est presque supérieur à la fréquence des images. Statham dans le bureau des méchants, Statham dans le bureau des plus méchants donc protégés par plus de monde avec des plus gros fusils puis Statham dans la maison de vacances de la présidente avec dix légions de l’armée, trois de mercenaires et l’arsenal nucléaire russe. Mais Jason, c’est une arme spéciale ! Il est le gardien de la ruche, entité secrète qui doit équilibrer le pouvoir des puissants ! Oui, Kurt Wimmer consomme des Miel Pops au petit-déjeuner, donc il met des références sur les abeilles partout ! D’ailleurs y’a un pseudo arc narratif là-dessus, mais Jason annihile l’autre apicultrice en 3 minutes et l’organisation secrète décide qu’ils préfèrent se retirer pour une partie de Uno, avec interdiction de mettre un +4 sur un autre +4 ! Kurt était sans doute passé au Frosties à ce moment-là…
Le film vaut donc pour un Jason taciturne qui distribue des bourres-pifs pendant plus de 100 minutes qui, il faut l’admettre, passent assez vite. Niveau acteurs, ils sont tous mauvais et mal écrits, sauf Jeremy qui surjoue pour faire valoir ses émoluments. C’est très con, on ne s’ennuie pas et quand le film se clôture sur une scène absolument ridicule (Attendez les gars, je pars en palmes !), on se met à rire de ce qu’on a vu.
C’est un joyeux nanar d’un réalisateur pas si tâcheron que ça puisqu’il avait réalisé l’honnête Fury. Mais quand on voit le reste de la filmographie s’était sans doute l’exception qui confirme la règle. Parfait pour une soirée entre potes, avec des pizzas et des bières, et avec déjà quelques grammes dans chaque bras. Jason Statham est le nouveau Steven Seagal, The King is dead, Long Live the King!
#TLDR: Un actionner bas de gamme avec des acteurs qui concourent pour être les plus nuls, donc Jason Statham décide de distribuer directement les Razzies. On regrette presque une fin où il aurait brisé le 4ème mur en allant directement frapper le réalisateur et surtout le scénariste pour lui faire bouffer son script. Il y a un Beekeeper 2 en préparation, j’en attends beaucoup ! D’ailleurs pour des réussites avec des abeilles, deux idées à la place dont j’avais parlé ici-bas
1. Honeyland de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov: Ici
2. Candyman de Bernard Rose: Là
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