Alors, comme promis voici une petite amorce de CR concernant le CHT10R. J'avais pour ma part une intense curiosité doublée d'une certaine angoisse vis à vis du comportement réel de ce caisson, loué par les utilisateurs mais d'un niveau médian en gamme par rapports à ce qui se fait en la matière. Mon revendeur rencontrant quelques difficultés d'approvisionnement et ne semblant pas spécialement convaincu de la validité d'un test de caisson de basses en dehors de l'environnement auquel il est destiné, c'est avant tout par rapport à mon propre système que s'est faite mon évaluation.
Pour mémoire, celui ci est composé de deux Celius ES en principales (animées par un Nad C272), d'une Noxa Major et de deux Heliades pour la centrale ainsi que les arrières (voies dont se charge un SR5400 OSE de marantz). Et côté source, une X-Fi (carte son de Creative, dans sa version d'entrée de gamme).
CHT-10R :
Le CHT-10R est le deuxième représentant de la gamme CHT de Velodyne, étant précédé par un 8R, plus petit, et par les 12 et 15R eux plus volumineux. Il est en tout et pour tout animé par un haut-parleur de 25cm en fibres de cellulose (eh oui
) renforcées, que je suspecte doté d'une suspension périphérique demi-rouleau en caoutchouc. L'amplificateur aux commandes peut aligner 175W RMS au compteur, et ce de manière continue. Côté filtrage, la coupure est variable juqu'à 200 Hz maximum. Quant à l'enceinte elle même, elle représente quand même 61l et est intelligement chargée par un Slot frontal, ce qui évitera d'avoir à choisir entre l'évent et le haut-parleur lors du placement. Sa réponse en fréquence théorique s'étend de 28 à 200 Hz. Ses 24 Kg se monnayent généralement aux alentours de 550 euros.
Vous pouvez ici entrevoir ce que notre ami peut donner sur le terrain, tout d'abord à la mesure :
Par souci de comparaison, voici respectivement les performances du Stampede, de REL (800 à 950 euros), et de l'ASW675 de B&W (1200 euros). Elles sont toutes tirées d'AV Talk, site anglais des plus constructifs et que je recommande.
http://home.tele2.fr/triasnt/ES10R/relfreq.jpg
http://home.tele2.fr/triasnt/ES10R/relthd.jpg
http://home.tele2.fr/triasnt/ES10R/bw675freq.jpg
http://home.tele2.fr/triasnt/ES10R/bw675thd.jpg
Inutile de rappeler que l'on ne peut juger intégralement des performances des enceintes par la seule mesure. Néanmoins vous pouvez constater que le 10R ne descend en fait qu'à 30 Hz, contre 20 pour le Rel (pourtant doté d'un 20cm! et de ) et 24 pour l'ASW (lui aussi en 25cm, mais avec 500W de coffre). Mais là où en terrain ras (en plein air, donc sans l'augmentation de rendement liée aux réflections murales) ces derniers atteignent respectivement 95 et 101 dB, le 10R s'en octroie 105, ce qui laisse présager de la dynamique dont il doit pouvoir faire preuve en pratique.
C'est en matière de distorsion harmonique que les choses s'inversent, puisque le petit 20cm du REL doit tourner à 200% de THD aux 21 Hz prétendus contre des scores moindres pour ses concurents. Ceci est la preuve que toute manipulation basée sur le concept d'un égaliseur se paye très fortement en matière de distorsion comme en rendement. Deux points sur lesquels les CHT sont au contraire très efficaces...
A L'ECOUTE...
Ce n'est qu'à l'écoute que l'on peut synthétiser efficacement l'ensemble des caractères d'une enceinte. Mesures ou pas mesures, c'est la que l'on juge, et là où se font ou se défont la renommée des constructeurs. J'expliciterai ultérieurement les détails pratiques de l'exploitation du caisson, mais sachez simplement qu'il était coupé à 50 Hz, les Celius prenant le relais au dessus.
Sur une écoute Rock d'abord, censée être plus facilement maîtrisable pour un caisson, mon choix s'est porté sur des morceaux divers (tels que "Animal Bar", "Hard to concentrate", "21st century" et "So much I" ) tirés du dernier album des Red Hot Chili Peppers. Je vous épargnerai les multiples réajustements subis, mais une fois ceux cis maîtrisés, force est de reconnaître que le 10R se débrouille bien : en fait, il modifie subtilement la tonalité des basses rythmiques (l'inévitable "Boum boum" des musiques de rock) pour faire prendre corps à celles-ci, les rendant plus mates, plus denses et complètes, leur donnant davantage de poids. Là où les celius produisaient une petite détonnation rythmée, le 10R transforme chacune d'entre elles en un mini-impact des plus entraînants.
La mélodie elle même n'est pas en reste, les basses se déroulant mélodiquement, le 10R se raccordant sans souci au celius, avec une suavité des plus agréables. Son empreinte sonore laisse en effet discerner un caractère plus rond, plus consistant mais en même temps plus doux que les celius. Par analogie au toucher je le verrais en quelques sortes comme du velours, alors que les triangles seraient plutôt de satin, car plus rapides, mais justement trop fines et quelques peu rêches dans le cas des ES, le grave ne descendant pas assez pour se déployer pleinement.
Bref, ce fond mélodique entretenu par les pulsations rythmées du 10R s'avère redoutablement efficace, car on plonge encore davantage dans la musique légère et enjouée des red hot chili peppers, déja entraînante sur des celius seules. Un aveugle comprendrait le phénomène rien qu'en observant les mouvements du pied des spectateurs (pourtant sans influence de ma part puisque l'insertion du 10R s'est faite sans tambours ni trompettes). Si je le coupe, la ronde et mate pulsation disparait, pour faire place à une percussion moins ample, plus discrète et plus rèche (mais il manque 5Hz à la réponse naturelle des celius, coupées par le pc, je le rappelle). Et si ma main effleure à nouveau la commande du caisson, la magie endiablée des red hot revient, les harmoniques les plus graves venant de nouveau flatter l'oreille...
Sur du classique maintenant, du romantique, des poèmes symphoniques de Lizt ("Ce qu'on entend sur la montagne","Tasso, lamento e triumfo", "hungaria", pour ceux qui connaissent). Eh bien à ma plus grande joie, ce caisson n'est pas de ceux que l'on entend en permanence : il ne vient absolument pas troubler la danse des violons et des flûtes, laissant intacte l'équilibre spectral des Triangles (fortement favorable au classique). Puis arrive une percussion, et les sourcils se lèvent : "c'est une celius qui a fait ça"?
Suivie, d'une deuxième, l'impact l'accompagnant ne laissant plus doute sur les malicieux ajouts du 10R. De même pour les violoncelles, développant un ampleur vibratile sidérante par rapport aux considérations habituelles, mais servant au mieux la mélodie plutôt que de venir la troubler.
Contrairement à ce que je pensais, la fusion avec le bas médium (quelques peu en avant) et le grave des celius se fait de manière tout à fait transparente, la présence du caisson n'étant pas forcément évidente pour l'oreille non avertie. Le velours du 10R se reconnait pour les familiers, car se déployant de manière moins preste que le satin des celius (extrêmement ferme, grâce au 272), mais le caisson ne traîne pas, et sa musicalité se laisse (pour ma part) écouter avec un plaisir non dissimulé...
En HC ("L'étrange Noël de Mr Jack", "Blueberry" ), une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise : en cas de petit local les résonnances vont d'une part vous compliquer la vie, d'autre part faire partager ces complications à vos voisins, parce qu'un 10R qui cogne, murs ou pas, cela s'entend. La bonne nouvelle maintenant : vous n'aurez plus à pousser l'amplification pour profiter du spectacle.
En effet les sensations d'un film à effets sont liées à l'extrême grave, que des enceintes conventionelles développent assez peu, poussant à monter le volume pour qu'enfin la présence de celui ci soit conséquente. Hors là, on descend à 30 Hz directement, donc nul besoin de monter bien haut pour "ressentir" la volonté des auteurs dudit spectacle. J'ai dû baisser à de très nombreuses reprises le volume des LFE (par défaut réglé à 35/100) pour finir avec une certaine stupéfaction par retomber sur le niveau utilisé en musique pour simplement prolonger mes celius. Plus besoin de renforcer les graves!
Par rapport à la puissance de ceux-cis je n'ose même plus dépasser les 60% du volume de ma carte son (qui pilote le tout) en DTS, contre 80% auparavant (soit à peu près une baisse de 10dB). Les impacts que le 10R est capable d'infliger à un local sont conséquents, surtout lorsque la bande son descend sous les 45 Hz, et ce alors même que j'ai dû amoindrir le niveau de volume du 10R à de multiples reprises. Autre bonne nouvelle pour ceux qui faisaient passer graves renforcés et autres LFE par leurs principales, vos amplis apprécieront d'être soulagés de l'extrême grave, et gagneront en précision. Du coup vous bénéficierez d'une bande sonore aussi détaillée qu'à volume plus élevé sans caisson.
EXPLOITATION ET CONNECTIQUE
On appréciera la présence d'entrées et de sorties de haut comme de bas niveau, ainsi que le réglage de la coupure haute du caisson que vous voyez ici. Autre détail extrêmement fûté, la présence d'une petite télécommande qui vous permet de régler le niveau et surtout la phase (0,90,180,270) directement depuis votre position d'écoute, vous permettant de constater instantanément leur effet.
Bon, j'arrête avec des éloges qui me ressemblent peu, passons aux faiblesses du 10R...
-°1 : Le bouton "Power" de la télécommande est factice. Il s'agit en réalité d'un "mute" déguisé, qui ne coupe donc pas l'alimentation du caisson. Il est assez surprenant d'entendre un souffle provenant d'un appareil censé être éteint....
Il faut donc le couper directement à l'arrière
-°2 : Ledit souffle. Notez qu'il faut coller l'oreille au Hp pour le discerner, et qu'il n'augmente pas avec le volume, il est donc peu gênant en pratique. Mais en comparaison je n'ai absolument aucun bruit qui émane de mes celius, animées par le 272.
-°3 : La détermination du seuil de coupure. Vous remarquerez qu'il n'y a qu'une seule molette sur le 10R. On pourrait penser que le niveau où le caisson commence à répondre est donc le même que celui auquel les enceintes sont coupées par le filtre intégré au caisson. Eh bien il n'en est rien, et celui ci ne redistribue aux enceintes que ce qui est au dessus de 80 Hz : le filtre passe-haut n'est pas variable!
Sur mon système, utilisé en contournant le filtre du caisson pour se reposer sur les compétences de mon pc, je peux à loisir couper de manière nette et rediriger sans encombre vers caisson et enceintes (mon pc revient à une sorte de filtre actif en fait, comme une bi-amplification active). Dans mon cas j'ai essayé de coller au maximum à la descente des celius, pour étendre la réponse en fréquence sans rehausser le niveau de ceux-ci. Et j'ai du régler à 0.3dB près pour trouver mon bonheur, entre le trop, et le pas assez.
Mais sur un système hifi ou HC non informatiques (qui sont majoritaires), cela implique que vous serez plus ou moins forcés de couper à 80 Hz. Et si en plus votre salle est petite et résonne à 40-35 Hz, bonjour les facilités...
-°4 : La télécommande est une idée utile, et bien pensée. Mais elle fait vraiment très cheap en pratique, les oscillations du clapet fermant la zone dédiée aux piles (mal solidarisé) venant renforcer cette impression : pour les réglages seulement!
-°5 : Certains caissons ont des sorties qui répliquent exactement le signal reçu aux entrées, pour pouvoir en mettre un deuxième et obtenir une répartion stéréo de l'extrême grave, ce qui est appréciable car même si ce type de grave n'est pas localisable, l'asymétrie en termes de pression acoustique se sent malgré tout. Et le 10R n'en est pas doté. Mais il faudrait être courageux pour aligner deux monstres pareils dans une même pièce...
-°6 : A ce prix là, il serait malhonnête de se permettre le moindre reproche en termes de qualité sonore tant celle ci est élevée. Ce caisson ne traîne pas, mais si l'on était vraiment pinailleur, on aurait pu souhaiter une réponse peut-être encore plus rapide. Mais je ne suis pas de ceux là...
SYNTHESE :
Excellent caisson. Evidement, sa gamme médiane réserve quelques mavaises surprises en termes d'ergonomie, mais celles-ci sont contrebalancées par d'autres détails eux vraiment bien pensés. Du point de vue sonore, il s'agit d'un caisson assez rond, d'empreinte veloutée et capable de suivre des colonnes dans le cadre d'une utilisation haute fidelité. De même en Home-cinéma, la pression acoustique étant un domaine où le 10R est généreusement doté. Bref, un compagnon à la hauteur pour nos ES...
Message édité par Trias le 08-02-2007 à 07:41:02
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Hifi & Gamme ES - Kits PC - Certains pensent. D'autres croient. Qui pensez vous qu'il faille croire?