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J'ai testé pour vous : Black Eyed Peas au Stade de France Je viens a peine de rentrer, après ce que je peux appeler la banane de l'année. Et sans avoir entendu sur scène Brigitte Fontaine, je peux dire aussi, et sans aucun doute : C'était le pire concert de toute ma vie. Tout d'abord, il faut expliquer que j'...ai été invité a cet événement, que ce n'est absolument pas ma musique, mais que ma curiosité l'a emporté sur la raison. Pour m'y accompagner : Mon ami David Stepanoff, Dj de son état, et curieux comme moi de tout ce qui passe par les oreilles. Je vais donc vous exposer mon avis, en toute objectivité, sans aucune prétention et en essayant de ne pas trop juger le show au travers de mes gouts personnels, mais autour de la performance, d'un point de vue strictement artistique et musical. Vous comprendrez peut être alors en lisant ces lignes pourquoi il me semblait important de vous relater le concert tel qu'il s'est produit, et comme beaucoup l'ont perçu. Premiere impression : C'est sans surprise que je découvre sur place un public mélangé, et souvent très familial.Pas vraiment de hypeux, même si j'ai croisé pas mal de gens qui se retrouvent habituellement dans des concerts ou des événements plus underground. Cool : je ne suis pas le seul a respecter le groupe, en me basant visiblement depuis un peu trop longtemps sur leur tout premier album. Le décor : La scène n'a rien de vraiment particulier, juste une courte avancée sur le public. Le show lumière est constitué de 3 écrans sur scène qui diffusent des clips ou des images en 3D, synchro avec la musique. Rien de très folichon, mais bon, on attend toujours d'un concert de ce type d'en prendre plein la gueule, du type show a l'américaine, et surtout : avec un gros son. Parlons en du gros son ... Inexistant. Le Warm Up : David Guetta nous livre un set préparé sans saveur, fait d'un enchevêtrement autopromotionel de ses tubes, en y ajoutant les extraits de son prochain album, avec une nouveauté : celle de s'emparer du micro pour nous présenter sa musique comme on vous vendrait la dernière perceuse sans fil Black & Decker au rayon outillage chez Castorama. Et chez David : Ya tout ce qu'il faut. On se souviendra tout de même du message avant de nous balancer un de ses titres un peu poussif : "Avant de vous jouer un autre titre de mon prochain album, je voulais vous rappeller d'ou je viens, je viens de la ..." ... Et le disque part. Un truc house un peu bourrin, trancey, pas fou mais pour une fois, pas sur les 4 notes du vintage jouet Simon. Non David : Je te rappelle que, si mes souvenirs sont bons, tu viens du Hip Hop, et au cas ou tu l'aurais oublié, ta première apparition, c'était ça : http://www.youtube.com/watch?v=LNaQF0zuyiQ ou bien ca : http://youtu.be/2dSSrYigctw ou encore ce super track -vraiment House pour le coup- que j'adore, avec Robert Owens: http://youtu.be/LtoIa005XOs Anyway : Warm up bon enfant, on en attendait pas plus, c'est la guerre de toute façon. Le Concert : Le rideau tombe enfin après une succession de vagues dans le Stade qui n'attend qu'une seule chose : Que la guerre des petits pois commence. Intro de Justice (Oui, Justice), Fergie on the Mic ... Pas de son, mauvaises balances, et on n'entend que la voix mal calée de la pauvre chanteuse qui est partie dans ses starting blocs avec une voix qui l'aurait faite sortir d'un casting de la Star Ac, a l'unanimité. 2 minutes passent, le problème n'est pas réglé : Aucun contraste, pas de basses, le tout est digne d'un instrumental Mp3 encodé en 96 Kbs, avec la voix largement en avant. J'imagine que les ingénieurs du son ont du faire une crise cardiaque en entendant ca, parcequ'au rangs devant nous, on a failli perdre une famille entière de Saint Denis. Lamentable. Le problème est camouflé au bout de 30 longues minutes, et le spectacle s'enchaine autour des tubes du groupe. Sur scène, tout ce petit monde s'active a faire danser une foule hagarde qui cherche un peu le fil conducteur de leur soirée, et les apparats de lumières des artistes ne parviennent pas a cacher leur manque de talent sur scène. Point fort tout de meme : Will I Am en solo qui improvise a s'essouffler sur un rap, sans lumières, seul, et fait monter la pression dans l'arène jusqu'à ce que le tube suivant ne parte. Le spectacle se transforme en quelques minutes en cirque, et les professionnels vous diront que les premières minutes sont déterminantes pour le reste du show. C'est mal parti. Mais la sauce ne prend pas spontanément. Pause Hot Dog, menu stade avec coca zéro et mention spéciale a ce Muffin au chocolat étonnement bon. Réconfort. La nuit tombe, et on se rend alors compte qu'il manque quelque chose. Des bastons dans le public peut être ? Non, de ce point de vue, on a eu ce qu'il faut. Entracte par un des membres du groupes, masqué, dans un costume futuriste qui prend clairement les codes de Daft Punk, en moins drôle. Une partie de l'estrade s'élève et on a droit a 20 minutes de megamix calibré enchainant tour a tour Usher, Blur, les Stones ou The White Stripes avec le désormais insupportable "Seven Nation Army", que reprend la foule a tue tête comme au Bal des Pompiers de Plougniac. On se regarde avec Stepanoff, comme si on cherchait désespérément un sens a notre présence ici. On s'attendait a un show a l'américaine qui, absent, a laissé place au pire de ce qu'on pouvait attendre : Une soiree étudiante géante, sans open bar et avec un ticket d'entrée entre 70 et 120 Euros. Blâme. La, petite nouveauté dans un concert : On a droit sur les écrans au clip du dernier Tube de LMFAO. La foule applaudit, on lui a encore vendu quelque chose. Suite et fin : départ de "The Time of my Life", et les repères de mes années 80 Kitch disparaissent sous le vacarme insupportable des pouet-pouet electro associés a ce vocodeur qui ne s'arrête plus de nous agresser depuis maintenant près de 1h20. Solitude, agacement. Je veux partir.David Stepanoff me dit qu'il faut au moins attendre le fameux "I Got A Feeling", pour voir ce grand stade s'élever sous ce que certains appellent le tube interplanétaire populaire. Soit ...Mais avant le clou, la croix : Message de paix, message d'amour, message de publicité, je cite :"Merci la France, on aime beaucoup la France, La France merci, Merci le Stade de France, on est encore ouverts ce week end pour 2 dates, vous etes importants pour nous. Et aussi, on aime la paix dans le monde, on aime les noirs les juifs et les arabes et tout le monde est uni autour de notre musique et ça c'est trop mea cool - yeah" -SLOW- + -BRIQUETS- + -TELEPHONE PORTABLES- = Liesse générale. On a d'ailleurs du mal a croire a la petite larme versée par Will derrière ses lunettes de soleil.Et la d'un coup, surgi de Jamaïque ... sur les écrans : Le Drame : One love de Bob Marley, photos de Bob sur les écrans. Tous les codes du "Peace & Love" c'est trop l'amour ici. Ca y est, on est en plein dans le marketing subjectif, et Bob a du se retourner 10 fois dans sa tombe. Se servir de l'image de Bob Marley dans un concert comme celui la, c'est aussi grave que de mettre Ducasse en cuisine chez Mac Do. La sauce n'a pas pris chez moi en tout cas, et je n'étais pas le seul. Les enfants ne savaient même pas qui était ce noir au beau sourire et a la cigarette conique, et certains parents n'ont visiblement pas aimé cette association, comme moi. Choc des générations, et Choc tout court. Je veux m'échapper, profiter de l'accalmie pour prendre n'importe quel transport qui m'amènerait loin d'ici. Plus que quelques minutes dit le sage Stepanoff. Moi qui croyait que c'était la fin, pas du tout. Ils en ont pondu des tubes ces petits pois ... Boom Boom Boom commence, j'ai un peu de mal a le reconnaitre au début a cause de la mauvaise acoustique, et puis oui, j'aime bien ce morceau, mais rien ne se passe. Le faire partir après Bob, ca le fait pas du tout. Re-Message du groupe, "Merci la France etc ..." ... Ouf : Ca sent le final, ça sent le Guetta Feeling. Et hop, comme par enchantement, et réglé comme une horloge, le tube part sans être amené de manière fracassante puisqu'on a eu droit a l'édit Radio dans son plus simple apparat de 3 minutes. Pas de "Mazaltov" hurlé par la foule, pas de "Youhou", juste des "Put Your Handz Up" "Freeze" "Here we go" - Le bateau coule. Sans moi, je veux prendre la fuite avant la sortie de la foule en attrapant mon Stepanoff médusé. Je vous épargnerais les détails de notre dérive dans un Saint Denis sans taxis, sans transports organisés, dans le plus simple bordel des sorties de stade improvisées. L'enfer n'est pas terminé. 2h pour rentrer au Bercail, une sorte de Pékin Express façon 93.Merci a la ville de Saint Denis et spéciale dédicace pour cette belle preuve d'organisation autour du stade le plus prestigieux de France. Thumbs Up. Il faudra que je gère ce problème pour Prince la semaine prochaine. Le Bilan : Il y a 20 ans, jamais un groupe ne serait produit sur scène avec un niveau aussi moyen.Cette musique de discothèques, malgré elle, s'est retrouvée sur scène. Pourquoi ? Parceque le peuple veut du caca, calibré pour la digestion instantanée, parceque les jeunes consomment la musique imposée, formatée, brutale, sans trop se soucier du qualitatif. On est plus facilement absorbé par tout ce qui brille, mais derrière ces éclats de lumière se cache le vide d'une production sans âme, que le groupe lui même aura certainement du mal a assumer dans 10 ans. Ce soir je suis venu pour découvrir BEP en live, j'étais aussi prêt a capter leur énergie, meme si elle n'était pas mienne. Je suis ouvert a tout, mais pas a la Dance frelatée. On m'a vendu, en meme temps, le prochain album de David Guetta, LMFAO, USHER, FLORIDA et tout le panel des auditeurs de Fun Radio. Aucune âme, aucune saveur, aucune couleur, aucune personnalité. néanmoins, j'ai fait une découverte, celle de l'utilité de l'Indien du groupe. Il rappe, et souvent en mots uniques. "YO" / "COMMON!" / "PUT YOUR HANDZ UP". Nos chères mamans avaient donc raison, et pour cette fois la curiosité était un vilain défaut. Epilogue : Jeunes gens, n'oubliez pas qu'il y a peu de temps, vos grands frères se copiaient des cassettes pour se faire découvrir la musique qu'on arrivait lamentablement a se procurer par faute de distribution. Aujourd'hui internet nous permet de découvrir une multitude de choses sans pour autant qu'elles nous soient imposées. On a la chance de choisir, de prendre de découvrir, de faire découvrir et de remplir nos Ipods de musique qui nous ressemble. Il faut faire attention a ce qui est beau tout de suite. Et n'oubliez pas, même de la merde emballée dans du chocolat aura le gout de la merde.
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