Anteus Mieux vaut prévenir que guérir | Serpico7 a écrit :
ça t'intéresse vraiment ? Sache que c'est bien plus complexe que tout ce que tu peux imaginer.
http://www.algeria-watch.org/fr/aw [...] rtie_5.htm
Citation :
Cinquième phase (2006-2007) : le GSPC instrument de la lutte des clans au sommet du pouvoir
À partir de la fin 2006, les actions terroristes du GSPC-AQMI vont donc encore s’intensifier dans le Nord de l’Algérie. Et pourtant, étrangement, une fraction des « décideurs » algériens les plus en vue et certains journalistes « sécuritaires » vont commencer à faire état publiquement comme (presque) jamais auparavant de leurs doutes sur les liens organiques entre le GSPC et Al-Qaida, invoquant plutôt la main, derrière les chefs du groupe djihadiste, d’« autres intérêts », du « grand banditisme », de la « mafia politico-financière », voire de « capitales étrangères ».
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Les fissures au sommet du pouvoir et l’affaire Brown & Root-Condor
Avant d’examiner les détails de ce surprenant retournement, il est indispensable de rappeler le contexte politique de l’Algérie de 2006, plongée dans une crise profonde, à la fois sociale, économique et politique, et dont les clans qui la dirigent s’inscrivent de façon complexe dans les conflits géopolitiques des grandes puissances actives dans la région (principalement la France et les États-Unis, mais aussi la Russie, la Chine et les riches États du Golfe arabo-persique)[116].
Paradoxalement, alors que l’économie réelle (hors pétrole et gaz) est sinistrée, jamais le pays n’a été aussi riche : l’explosion des prix des hydrocarbures a accru de façon vertigineuse les ressources de l’Algérie, laquelle dispose désormais de dizaines de milliards de dollars de réserves de change. L’énormité de ce « gâteau » a exacerbé l’appétit des clans du pouvoir : certains d’entre eux, surtout liés aux réseaux de la « Françalgérie » (mais aussi à d’autres acteurs internationaux comme la Russie) et utilisant la figure déclinante du président Bouteflika, ont commencé en 2006 à contester la domination du « clan Tewfik », exercée presque sans partage depuis sa victoire de 1998 contre le « clan Zéroual ».
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Le net rapprochement d’Alger avec Moscou, très vraisemblablement poussé par le « clan Bouteflika », s’est traduit à partir de 2006 par la conclusion de grands contrats d’achats d’armements russes (pour quelque 15 milliards de dollars[117]) et le resserrement des liens entre les grandes compagnies pétrolières et gazières russes et Sonatrach pour l’exploitation des hydrocarbures algériens, jusque-là chasse (presque) gardée des firmes américaines[118].
C’est dans ce contexte qu’éclate, au cours de l’été 2006, une très étrange affaire qui défraiera au cours des mois suivants la chronique de la presse algérienne, laquelle se gardera bien toutefois d’en donner les clés, sauf de façon très cryptée : celle de la firme algéro-américaine Brown & Root-Condor (BRC). Créée en 1994, BRC est une joint-venture entre, d’une part, Sonatrach et Naftech (51 %) et, d’autre part, l’Américaine Kellogg Brown & Root (49 %, filiale « engineering » de Halliburton, alors dirigée par le futur vice-président américain Dick Cheney). Elle a depuis lors décroché de nombreux contrats publics, pour des milliards de dollars, de construction d’établissements publics (hôpitaux et autres), d’infrastructures militaires et pétrolières, etc. En juillet 2006, la presse algérienne annonce qu’une enquête diligentée à l’initiative du président Bouteflika a révélé que ces opérations auraient donné lieu à des malversations et des surfacturations[119]. Au terme d’un étonnant feuilleton médiatique, l’affaire se soldera en septembre 2007, après l’incarcération du P-DG algérien de la société, par le retrait de Kellogg Brown & Root, qui revendra ses parts à la Sonatrach.
Au-delà des disputes autour des commissions qu’aurait touchées le clan Tewfik sur les affaires de BRC, une des clés de l’affaire, qui a contribué de façon décisive à durcir la lutte des clans, sera donnée en novembre 2006 par l’article publié sur le Web d’un journaliste indépendant, Madjid Laribi (dont nous avons pu vérifier le sérieux)[120]. Selon celui-ci, à une date indéterminée (sans doute début 2006), les services de renseignement militaire russes (GRU) ont révélé aux chefs de l’armée algérienne le trucage par les services américains des systèmes de communications sophistiqués récemment achetés aux États-Unis par BRC pour le compte de l’état-major général. Selon Laribi, ces « valises de commandement » permettant de sécuriser et contrôler toutes les communications militaires étaient en réalité « connectées en permanence sur les systèmes d’intelligence électronique américains et israéliens » ! BRC étant réputée dans les milieux pétroliers être contrôlée en sous-main par le général Tewfik (et constituant l’une des sources de sa fortune), cette information a suscité un fort ressentiment contre ce dernier chez nombre de chefs de l’armée peu amènes pour le chef du DRS, et qui se sont rapprochés du coup du « clan Bouteflika ».
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De façon très surprenante de la part d’un quotidien qui, jusque-là, n’avait eu de cesse de se féliciter du réchauffement des relations algéro-américaines, El-Watan va enfoncer le clou. Le 15 avril, il accuse explicitement les États-Unis d’instrumentaliser le « terrorisme islamiste », dans un article qui mérite d’être largement cité : « Le Maghreb, notamment l’Algérie, est-il sur le point de faire les frais de luttes géopolitiques que se livrent les USA et la France au moyen du terrorisme islamique ? On assiste depuis environ une vingtaine d’années à une même constante : tous les pays du tiers monde où ont été faites de grandes découvertes de pétrole et de gaz ont été victimes de déstabilisation où le terrorisme islamiste (qu’il soit local ou international avec Al-Qaida) semble être l’acteur le plus souvent impliqué. [...] Il est incontestable que le Maghreb et plus profondément les pays du Sahel (Mali et Nigeria) par où passera l’oléoduc en provenance du Nigéria, intéressent beaucoup les Américains et l’enjeu consistera à évincer l’Europe, et plus particulièrement la France, de cette zone pour laquelle les USA ont un intérêt vital, tout particulièrement depuis la découverte d’hydrocarbures en Mauritanie. [...] La mise en œuvre de cette stratégie [passe] par la présence militaire américaine dans les pays d’Afrique du Nord en faisant valoir le principe de lutte contre le terrorisme islamiste qui aurait élu domicile dans certaines de ces régions (Algérie, Mauritanie, Maroc, Mali, Niger, Tchad) depuis qu’il a été chassé d’Afghanistan. La création de bases militaires au Mali (Sud de l’Algérie) a déjà été révélée par de nombreux journaux. Amplifier les actions terroristes dans ces régions pour faire accroire à leur dangerosité pour la sécurité du monde et par conséquent à une nécessaire intervention américaine semble être le jeu auquel s’adonnent depuis ces dernières années les forces américaines. Cet état d’instabilité permanent poussera les pays d’Europe à se désintéresser de cette région la laissant aux Américains qui ont déjà parfaitement identifié leurs intérêts et commencé à s’en accaparer. À ce jeu sournois semble parfaitement s’accommoder le réseau Al-Qaida qui, en réalité, travaille, consciemment ou pas, pour les intérêts géopolitiques américains. Cette peur savamment entretenue du terrorisme islamiste, et notamment du réseau Al-Qaida, leur permet de légitimer la nouvelle configuration du monde, notamment le Grand Moyen-Orient qu’ils viennent de décider[129]. »
Une analyse globalement fort pertinente, comme on a très rarement l’occasion d’en lire dans la presse algérienne « indépendante ». À l’évidence, comme les déclarations codées de Bouteflika et Zerhouni, il s’agit là d’un « message » aisément décryptable par les habitués du sérail algérien : c’est le DRS (allié aux Américains) qui est derrière les attentats du 11 avril. Ce qui est très probablement la vérité, distillée notamment par… les chefs du DRS eux-mêmes, pour « signer » leur crime aux yeux de leurs adversaires au sein de la coupole.
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Citation :
Au Sahara, il semble que ce soit une autre partition qui se joue. Depuis le printemps 2006, plus aucune action n’est attribuée au groupe de l’émir de la zone sud du GSPC, Mokhtar Belmokhtar ; la presse algérienne n’évoque, épisodiquement, que des accrochages entre ce groupe et les rebelles touaregs, ou quelques opérations de l’armée contre lui. Comme si le DRS avait abandonné ce « front », devenu inutile depuis que l’affaire des otages de 2003 et l’attaque de la caserne mauritanienne de 2005 ont durablement installé le mythe de la présence d’Al-Qaida au Sahel. Est-ce pour cette raison que, début juillet 2007, les États-Unis semblent prendre le relais du DRS pour accréditer à nouveau cette présence ? En effet, alors que, selon plusieurs articles de la presse algérienne, Belmokhtar négocierait « pour se rendre aux forces de sécurité », le directeur du FBI, Robert S. Mueller, en visite au Maroc, annonce qu’un nouveau groupe terroriste serait apparu au Sahara : nommé « Ansar Al-Islam au Sahara musulman », il serait actif « dans la zone mauritanienne dite “Adrar”, située au sud-ouest de la Mauritanie. Les responsables du FBI considèrent que ce groupe s’affaire à recruter des individus des trois pays, le Maroc, la Mauritanie et l’Algérie[141] ». Ce que confirme, le 13 juillet, le site Web du think tank américano-israélien MEMRI (Middle East Media Research Institute), qui cite longuement le communiqué, daté d’avril 2007, que le groupe aurait publié le 28 juin sur divers sites islamistes pour annoncer sa création et ses objectifs (« conduire le djihad contre les régimes nord-africains et le Front Polisario, et en particulier contre le Maroc »)[142].
Une chose est en tout cas certaine : la lune de miel algéro-américaine des années 2001-2005 semble bien terminée. À partir du début 2006, c’est-à-dire au moment même où le clan Tewfik pro-américain commence à voir sa prééminence mise en cause par le clan Bouteflika, plutôt pro-français et pro-russe, l’Algérie officielle prend ses distances avec les États-Unis. En témoignera notamment le long feuilleton du projet affirmé par le Pentagone, fin 2006, d’implanter rapidement en Afrique un commandement régional de l’armée américaine (Africom), qui permettrait le contrôle des armées locales pour coordonner la lutte antiterroriste dans la région[143] : fortement pressentie pour abriter le siège de l’Africom, l’Algérie opposera une fin de non-recevoir à cette demande.
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Je me doute que c'est bien plus complexe que ca.
Mais balance ca en introduction de tous les flashes info sur des attentats, on va rigoler.
Ce que je veux dire, c'est que vous faites un gros fromage d'un truc qui est a mon avis loin, tres loin d'etre primordial dans la gestion de ce probleme.
Par exemple, est-ce qu'il ne serait pas plus simple de ceder a leurs conditions, ie. de retirer purement et simplement tous nos interets au Moyen-Orient? ---------------
Autonomie, Excellence, But
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