Il y avait pas mal de vent, temps plus sec et chaud et surtout tu es arrivé très entraîné et affûté grâce aux deux jours précédents.
Du coup swing meilleur, contact meilleurs, balle qui vole mieux.
De mon côté très mauvaise nuit, je pars jouer seul. Et là je démarre avec une colère et une incapacité à gérer la moindre frustration
J'ai l'estomac dans la gorge, l'envie de tout arrêter.
Mais je m'accroche et je comprends que le jeu du jour c'est de vaincre cet énergie négative en moi et accessoirement de profiter d'un parcours vide et d'un temps parfait si on oublie le vent.
Pour ceux qui ont déjà joué avec un râleur qui vous pète les couilles, ben là c'était moi avec moi-même. Donc pas possible de laisser partir ce gros conard pour jouer tranquille
Aller en 52, logique je partais sur de très bonnes bases.
Mais quand même vers le trou 8, 9 je me dis que c'est dommage de pas profiter du moment et du lieu.
La colère est toujours là, mais je la contient.
Et se passe un truc surprenant, les trous 10/11/12 et 13 où je grille la majorité de mes cartes se passe plutôt bien:
Trou 10, par 3 drapeau à 145m mais green plutôt en longueur avec bunker à droite et grosse cuvette de rough à gauche.
Le vent est fort de face, j'opte pour un fer 7 tranquille qui dépasse très largement le drapeau. Surprenant. Peut-être l'énergie.
Je ferais bogey sur ce trou. C'est souvent double.
Trou 11, par 4 où je m'appuie souvent sur la droite, je mets tous les bunker en jeu au drive les bons jours.
C'est un jour de grand hook qui finit en push fade si je corrige. Donc presque plus de dispersion latérale que de distance parcourue
Ce départ sera une balle effleurée en hook qui fait 160m et fini rough.
Ensuite fer 8 qui prend le rough à droite du green, pas si mal mais le drapeau est tout en haut.
Je prend bogey, il est très facile de perdre la balle à droite et à gauche sur ce départ. Bogey c'est bien.
Trou 12, le départ où tu sais pas quoi faire, mort à gauche, mort à droite et obstacles avale balles qui traverse en diagonale de 170m à 230m avec gros obstacle au mileu.
Hook qui s'arrête juste avant le rough avale balle.
J'ai 175m drapeau. Green surélevé de 3m je dirais, gardé par deux bunkers devant et le drapeau derrière le bunker de droite. On ne voit pas le pied du drapeau.
Forcément, quand on est bien tendu c'est surtout pas un layup et même mieux un bois... histoire de soit prendre le bunker, soit rater le green long.
Et bien bois pris un peu pointe qui rentre dans le bunker de droite et ressort.
Allez savoir pourquoi, je suis persuadé que la balle est proche drapeau alors que je vois rien de là.
Et en effet, putt à plat de 1,5m pour birdie que je fourre.
Non mais sur une partie comme ça faire ça ? Le golf c'est un sport de fous...
Et c'est pas fini, trou 13, par 4 handicap 1.
Drive vraiment bien touché, mais qui bloque à droite, il y a de la place, mais seulement si on se fait pas avoir. Faut s'aligner encore plus à gauche que ce qu'on croit
Je suis rentré de 5m dans le rough, pas trop mal posée. J'ai 125m drapeau mais même pas en rêve tu l'attaques.
Il est fourré sur le petit plateau en haut à droite.
et le green est très pentu de l'arrière droit vers l'avant gauche.
Si tu te rates à droite, wedge de l'espace depuis un rough en pente, pareil derrière.
Si tu rates à gauche, elle descend quoiqu'il arrive.
Donc le bon jeu c'est milieu de green et tu sais que tu as un premier putt super chaud à doser pour approcher le drapeau.
D'autant que le vent de face est fort, donc encore moins il faut viser le drapeau.
Je vise milieu. Je touche le milieu, elle redescend comme prévu mais elle est green.
Superbe putt pour par donné...
Je viens donc de passer mes 4 trous les plus durs en +1. Incroyable.
Peut-être la concentration nécessaire pour dompter cette énergie négative. Car pas de coup de pompe, rien.
La fin de parcours est pas mal car 43 sur le retour c'est assez énorme, avec même un par sur le 18 où j'étais pas loin de prendre le green en 2.
Ceux qui connaissent le trou peuvent apprécier.
Je suis complètement rincé. Mais je pense qu'on a tous connu sur le parcours ces moments forts et difficiles où on a envie de juste arrêter et retourner à la maison. C'était très désagréable, mais j'ai tenu bon. Car je sais que ce que je vise, ce sont les parties entre potes et aussi celles où à l'inverse d'aujourd'hui tout se passe super bien et où on se sent intouchable au dessus de tout et le score qui va avec. Pour moi ce sont mes deux cartes en +4 après 9 trous.