Dimanche, sur arte
La formule 1 ? Un cocktail explosif de risque et de peur, d'héroïsme et de folie, de gloire et d'argent... À l'occasion du 62e Grand Prix de Monaco (du 20 au 23 mai), "Thema" retrace l'histoire de ce sport automobile et de son circuit le plus mythique. Avec, à 20.45, le spectaculaire Grand prix de John Frankenheimer.
A 20h45 : GRAND PRIX
Réalisé par John Frankenheimer
Scénario de Robert Alan Arthur
Avec : James Garner (Pete Aron), Yves Montand (Jean-Pierre Sarti), Eva Marie Saint (Louise Frederickson), Toshiro Mifune (Izo Yamura), Antonio Sabato (Nino Barlini), Françoise Hardy (Lisa), Monique Delvaux-Sarti (Geneviève Page), Brian Bedford (Scott Stoddard), Jessica Walter (Pat Stoddard)
Image : Lionel Lindon
Musique : Maurice Jarre
Production : MGM
(1966, 162mn)
Coproduction: ARTE G.E.I.E., YLE
Trois Oscars en 1967 : meilleurs effets spéciaux, meilleur son et meilleur montage
Après avoir grièvement blessé le pilote Scott Stoddard lors d'un accident, Pete Aron est congédié de l'écurie Jordan-BRM. Le coureur se console dans les bras de la femme de Scott, lasse de vivre dans l'ombre d'un champion. De son côté, le pilote Jean-Pierre Sarti met en péril son mariage en entamant une liaison avec une journaliste passionnée de course automobile. En revanche, le coureur italien Nino Barlini reste fidèle à sa Lisa. Mais ces quatre champions vibrent avant tout pour les grands prix de formule 1 qui occupent une grande part de leur vie...
Prouesses techniques
Lorsqu'il tourne ce film, John Frankenheimer a la cote à Hollywood. Deux de ses précédents longs métrages, Le train et Sept jours en mai, ont connu le succès. Le réalisateur met à profit cette position avantageuse pour réaliser un film à la hauteur de sa passion pour la course automobile. Pour rendre l'atmosphère intense des grands prix, il multiplie les trouvailles. Il imagine de dissimuler les caméras dans les cockpits des bolides (une technique largement réutilisée depuis) et pas à tourner certains plans depuis des hélicoptères qui survolent les circuits à basse altitude - une possibilité qui lui serait refusée aujourd'hui. Il expérimente aussi le split screen, procédé qui consiste à diviser l'écran pour suivre deux actions simultanément. Enfin, il tourne dans les conditions du réel, avec des comédiens qui, au milieu d'authentiques pilotes, conduisent eux-mêmes leurs voitures de course sur de véritables circuits. Tout cela concourt au réalisme impressionnant de ce film qui reste l'un des meilleurs longs métrages sur l'univers de la formule 1. On retrouve aussi dans Grand prix un thème récurrent de l'oeuvre de John Frankenheimer : des hommes qui se débattent dans un univers qui les oppresse, en l'occurrence le milieu de la compétition automobile et sa course à la performance.
A 23h30 : MONACO, LE CIRCUIT DES PRINCES
Réalisé par Jean-Charles Lassus
(2004, 51mn)
Coproduction: ARTE G.E.I.E., YLE
Le Grand Prix de Monaco est certainement la course la plus connue et la plus étonnante du sport automobile. Portrait d'une compétition mythique et des héros qui ont contribué à sa légende.
Niki Lauda, trois fois champion du monde et deux fois vainqueur du Grand Prix, décrit ainsi la compétition de Monaco : "Là-bas, tout est complètement fou : les gens sont fous, l'ambiance est folle et la course tout autant !" De fait, c'est le seul endroit au monde où les rois de la vitesse côtoient les princes du Gotha, où la jet-set se mêle à la foule des curieux et des passionnés. Car le circuit de Monaco est le seul à se dérouler à l'intérieur d'une ville. Sans doute est-ce aussi pour cette raison que la course y devient du grand art. Sur ce circuit, pas de tournants spectaculaires pris à toute allure, mais des virages serrés, parmi les plus difficiles à réussir techniquement, que les coureurs négocient lentement. En revanche, dans le fameux tunnel du circuit, les bolides font des pointes à plus de 300 km/h.
Les plus grands coureurs ont associé leur nom à la course : Fangio, Hill, Stewart, Lauda, Prost, Senna, Häkkinen, Schumacher. Leurs récits alternent avec des documents d'archives, des interviews de directeurs d'écuries, de managers sportifs, les déclarations de personnalités comme le président de l'Automobile-club, Michel Boeri - sans oublier, bien sûr, le prince Albert de Monaco. Tous ces témoignages brossent le portrait de la reine des courses automobiles, qui est à la formule 1 ce que l'ascension de l'Everest est à l'alpinisme.
A 00h20 : DANS LES COULISSES DE LA F1
Documentaire de James Castle
(Royaume-Uni, 2002, 1h)
Réalisé par James Castle
(2002, 60mn)
ARTE G.E.I.E.
Comment le sport automobile, né de la passion pour la vitesse et la compétition, est-il devenu un enjeu économique ? Petite histoire de la formule 1 et de son évolution.
C'est dans les années 1930, avec l'arrivée d'Alfred Neubauer chez Mercedes-Benz, au poste de directeur sportif, que la course automobile commence à se professionnaliser. Les "flèches d'argent" de la firme de Stuttgart vont dominer les circuits jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale et introduire dans la formule 1 des normes encore en vigueur aujourd'hui. Après-guerre, l'Angleterre prend l'avantage pendant quelque temps mais Mercedes revient en force dans les années 1950. Après le terrible accident des Vingt-Quatre Heures du Mans, en 1955, qui fait plus de 80 victimes, l'écurie allemande est en retrait et c'est l'Italie qui s'impose avec ses Ferrari. Dans les années 60, on voit apparaître sur les circuits un certain Frank Williams, un Anglais vendeur de voitures d'occasion et passionné de course. Il faudra attendre la fin des années 70 pour le voir remporter son premier grand prix. Depuis, l'écurie Williams partage régulièrement les podiums avec Ferrari. Mais, de nos jours, les coureurs ne défendent plus une bannière nationale. La formule 1 est devenue une entreprise mondiale. L'équipe Williams, par exemple, est financée par BMW à hauteur de 115 millions de dollars, sous forme de moteurs et de transmissions. Tandis que HP la sponsorise par le biais d'un super-ordinateur alpha. Sans oublier la compagnie d'assurances Allianz, les marques Castrol et Michelin, pour le carburant et les pneus, et même un brasseur de bière allemand qui associe sa publicité à celle de l'écurie britannique. La valeur des hommes reste pourtant un atout décisif, qu'il s'agisse des directeurs d'écurie comme Patrick Head, chez Williams, ou des coureurs comme Michael Schumacher ou Juan Pablo Montoya. Aujourd'hui, la formule 1 consiste donc en un mélange subtil d'argent et de stratégie humaine.