shadowvanguard a écrit :
Bon je suppose que c'est le bon topic pour parler de ce qui me tracasse un peu. Je pense pas vous choquer, et c'est déjà ça.
Est-ce que c'est un penchant normal ? Est-ce que j'ai vraiment un problème ?
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Bonsoir,
Tu vois ici un lurkeur t'écrire, félicitations, déjà.
En te lisant on sent énormément de confusions, il y a des cassures diverses et les choses ne sont pas stables dans ta tête, et l'image que ton père t'a donné des femmes n'aide pas vraiment. Car effectivement on sent que tu visualises les femmes, leur amour, leur sexualité, sous le prisme de la comparaison avec les autres hommes, on dirait que tu n'acceptes pas qu'elles aient eu un passé. Si elles sont toutes nécessairement salopes, c'est qu'il y a derrière des hommes. Il y a donc comparaison pour savoir lequel pourra le plus satisfaire la salope, bref, super schéma pour construire une image de la femme et des rapports amoureux et sexuels.
Personnellement, si ma petite-amie me parle d'un de ses ex, non, je ne me sens ni insulté, ni en danger, car je sais que cela est une histoire différente, que ce que l'on vit n'a rien à voir avec ce qu'elle a vécu et cette même assurance que je peux ressentir, vis-à-vis de ça, participe au fait de créer de nouvelles pages plutôt que bloquer sur celles qui ne me concernent pas. Pourtant, évidemment, nous pouvons comparer, l'ex a surement fait des cunnilingus, moi aussi. Plein de pratiques comparables, donc. Mais ce besoin de comparer est narcissique, égoïste, et nécessairement signe de possessivité, et pour trouver une harmonie, de l'écoute, du partage, avec ce type de réflexe, c'est quand même compliqué. Je suis moi-même dans un cas similaire. Ma petite-amie, qui est ma seule histoire d'ailleurs, j'étais vierge avant elle, souffre de vaginisme ; certains diront donc que je suis toujours vierge. Mais elle n'en souffre pas depuis toujours. C'est suite à un abus, et je sais donc qu'elle a vécu une tout autre sexualité auparavant. Pour autant, non, je ne me sens pas coupable de ne pas arriver à la sortir de là, car je n'ai pas le complexe de l'héros, même si c'est pour moi, "notre" problème, et pas seulement le sien, est difficile à gérer, mais il est important de déjà l'accepter. Ça reste davantage le sien, je ne lui en veux pas, ça me chagrine même, et plus pour elle que pour moi, souvent. Et je ne me sens pas vraiment "enculé" d'être "celui qui récolte les problèmes", car là encore, même avec ces contraintes, j'arrive à trouver mon bonheur car je suis quelqu'un qui essaie toujours de dédramatiser, avant tout. De toute façon l'autre aura toujours un passé, et il y aura toujours des choses sur lesquelles composer, choses tantôt pénibles, mais toujours utiles pour créer une jolie musique, car la musique se fait belle avec des silences à exprimer, pas seulement avec les jolies notes. Cela m'apparaît essentiel pour que l'autre soit moins crispé, et peut-être, du coup, moins sensible à l'idée de mentir. Bien sûr, la situation me pèse, mais je ne lui en veux pas, et aussi, je ne m'en veux pas. C'est important que le conjoint soit également à pouvoir comprendre cela, car il n'est pas rare de voir le conjoint se mettre à trop voir sa moitié comme une victime, et non plus une femme. Mais tu ne sembles pas entrer dans ce cas. On dirait plutôt que tu n'as pas tellement évalué ses difficultés, mais je me trompe peut-être.
Bref, ton ex a vécu un abus sexuel entre temps, il m'apparaît assez logique que ce qu'elle a pu aimer auparavant soit plus compliqué pour elle aujourd'hui. Tout n'est pas de ta responsabilité, tu sembles te voir trop important dans la sexualité du couple, on dirait que tu paniques vite, qu'il y a un égocentrisme négatif qui se crée, ce qui n'aide pas non plus dans le dialogue. L'ancien vilain petit canard que tu étais, est encore présent, semblerait-il, car tu réagis comme tel. C'est l'un des principaux défauts de celui-ci, de suite se poser en problème, et rester bloqué dessus, mais un couple, une bonne sexualité, se forgent à deux, et le vilain n'est pas assez mature pour ça, car le vilain s'enferme dans un statut de vilain et ne se rebelle donc pas, il peut casser, hurler, mais il ne construit pas tant qu'il reste dans cette vision de lui-même. Le "pire", dans tout ça, c'est qu'il est possible qu'avec un autre mec, elle soit à se déverrouiller, il n'y aurait pourtant rien d'honteux de ton côté, il y a tellement de facteurs différents et compliqués à évaluer...
J'ai aussi l'impression que l'adoration du fist, que tu as pu éprouver la première fois, est clairement liée à cette frustration générée par cette incapacité à donner du plaisir avec ton sexe, tes doigts, à ton ex, on sent une forme de pouvoir totalement jouissif, l'idée d'ouvrir enfin le graal, de posséder entièrement et de disposer de l'autre, car tu te sens impuissant autrement. Mais il n'y a pas que l'idée de posséder l'autre, il y a aussi l'idée, peut-être encore plus forte, de poser ton empreinte face aux éventuels futurs hommes qu'elle croisera (tu le dis toi-même), ce qui m'apparaît mauvais pour toi. Je ne vois pas le fist comme malsain, mais l'idée que ça soit presque nécessaire, en revanche, m'apparaît dommageable. A fortiori quand cela s'accompagne d'une peur de ne pas être "homme" avec ton sexe. Bien sûr, ça n'est pas tellement important de comprendre pleinement le pourquoi de nos fantasmes, mais tu sembles avoir besoin d'explorer cette voie, pour comprendre qu'il ne faut pas chercher plus loin... Du moins, étant d'un tempérament assez similaire, j'ai eu besoin de partir loin pour comprendre que ça n'est pas le bon chemin, qui n'a rien à voir avec la distance. C'est en quelque sorte le passage entre la vie d'adolescent et la vie adulte, où l'on dit merde pour s'affirmer, quand adulte on ne le dit plus que quand c'est justifié. Ici, je perçois un peu de ça, comme si tu étais trop immature pour comprendre, et tolérer, les difficultés de ton ex, de là j'ai du mal à pleinement visualiser les raisons qui l'ont poussé à dire que c'était bien alors que pas tant que ça. Et te mentait-elle aussi profondément que ça ? Peut-être se mentait-elle également, davantage à elle-même que dans un but de te mentir à toi seul, car souffrant de ne pas parvenir à voir ce plaisir éclore malgré tes essais... Nous ne prenons pas plaisir de la même manière, certes, mais aussi, nous ne prenons pas le même plaisir avec tout le monde, ni à tel ou tel âge, plein de choses peuvent faire que l'on va tantôt vivre une sexualité vanille, plus épicée, voire chocolat pour les plus scatophiles (
), sans pour autant qu'il y ait un mieux et un pire. Comparer, de toute façon, c'est nécessairement s'enfermer, car s'il y a bien un domaine où on doit s'abandonner de nos codes pour en jouir, c'est bien la sexualité. Bref, comme j'ai pu lire, effectivement, tu as besoin de parler, ça se sent, car il y a du chaos. Remettre en ordre, ou au contraire briser un nœud Gordien dans un premier temps, m'apparaît sain. Là, tu ne fais que cogiter, sans air frais, il n'y a donc pas d'idées nouvelles, juste des questions, en réponse à tes questions, tu ronges ton frein, quand il faut pouvoir le lâcher complètement, et respirer, enfin. Moins donner d'importance à ce que l'on te dit être, à ce que tu dois être, à ce que les autres sont, et envoyer valser ces schémas brumeux hors de ton crâne. Non, j'dis pas qu't'es un gamin, mais il y a clairement une partie de toi qui donne trop d'importance à ce que tu as vu, que ça soit ton père, tes expériences d'adolescent, les connaissances, etc., que sais-je encore, nous sommes constamment pollués par des codes, de toute façon, qui façonnent d'une façon ou d'une autre ce que l'on perçoit.
Pour en revenir au fist, je me dis souvent, aussi, que si justement, tu n'avais pas ce sentiment "d'impuissance" avec ton pénis, cette idée de ne pas "remplir", tu n'éprouverais pas autant de plaisir dans le fist, car une source jouissive que tu as dans cette pratique est justement l'idée de frustration. La frustration, faire durer le désir et pas toujours le plaisir, est également fort excitant et agréable. Je me souviens qu'enfant, j'éprouvais un certain plaisir à me pincer, longtemps, pour profiter de la sensation de libération quand je libérais la peau de mes doigts. Il est agréable de plonger sous l'eau, et sortir de celle-ci pour profiter de nouveau, à grandes bouffées, de l'air qui écume ces petites douleurs, et s'aliènent en signaux fort agréables qui s'apparentent à la libération. Bon après y en a qui poussent la frustration très loin, certes, mais j'pense quand même que cette jouissance incroyable que tu as pu éprouver vient en partie de ces bévues passées. Ce qui ne rend pas, pour autant, ce fantasme et plaisir, à corriger.
Citation :
Cette fille était vierge, c'était sa première fois. On a commencé en douceur, j'ai vraiment respecté son manque d'expérience et tout [...] Ca a fini que je l'ai prise par derrière sur un table en mode taureau déchaîné après avoir tout bazardé par terre. Et ça lui a beaucoup plu
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On dirait qu'avoir franchi un cap plus "osé", t'apparaît comme étant "sale", surtout que c'était sa première fois. Il n'y a pourtant rien de malsain à prendre des initiatives et voir l'autre y prendre son pied, il y aurait eu soucis si celle-ci t'avait montré un refus ET si tu avais continué, mais il semble que non. Là encore, il y a un soucis d'image, de perception, des choses, qui façonnent une idée que la sexualité doit être. Le devoir est ici dévorant pour tes pensées, éprouvant, et paralysant.
Citation :
Je n'avais jamais eu ce genre de sexe avec mon ex. En fait je ne l'ai pas mentionné mais je n'ai jamais, et je dis bien jamais, éjaculé avec mon ex. Pourtant je l'aimais a mort. Je pense toujours a elle. Elle était belle, je ressentait du plaisir avec elle, mais je n'ai jamais lâché la purée. Jamais. On s'est toujours arrêté trop tôt.
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Peut-être car tu la voyais trop fragile, précieuse, suite à son abus, également car celle-ci montrait surement des refus, mais en avez-vous discuté de ces envies, du pourquoi de ces refus ? Avez-vu pu vous dire l'un à l'autre ce que vous ressentiez ? Lui dire que tu étais frustré de ne pas davantage vivre tes envies, les partager, elle te dire que peut-être avait-elle peur, de ses réactions, ou des tiennes ? Attention, là encore, je ne doute pas que ça n'était pas aussi simple que ça, genre fallait communiquer et hop t'aurais niqué, mais la peur de blesser l'autre, y a rien de pire pour tuer la flamme entre deux personnes, chacun se mettant à larmoyer du chagrin silencieux, et étouffant peu à peu la chaleur, la tendresse, pour en faire une amère relation... Bien souvent des couples finissent ainsi. Peut-être as-tu réussi, du fait de moins connaître l'autre, à oser. Paradoxe car généralement on ose davantage quand on connait, qu'on a donc, confiance. Mais c'est vrai aussi qu'avec un plan cul, on peut oser ce que l'on oserait pas, également, du fait qu'il y a moins à rougir car on se revoie pas nécessairement, car ça n'est pas sérieux, moins "vrai" dans la tête... Tout ça, c'est du placebo. Ce n'est pas faux pour autant, mais cela est biaisé. Surtout quand on voit le nombre de plans cul qui peuvent se mettre à "tomber amoureux". Et la plupart du temps, "honteusement". Tout ça car on fixe, on range les relations, afin de se donner l'illusion de maîtriser, dans l'idée de moins souffrir ; bon évidemment ceux qui à l'inverse de s'interdire une suite, tirent plan sur la comète, s'guère mieux, on est d'accord. Je pense que tu as pu déverrouiller certaines choses, avec cette nana, non car tu t'en branles d'elle, mais car tu as un masque plus fort. Pourquoi pas, mais ne te fixe pas de limites, si avec cette fille, vous voyez que vous vous appréciez, alors ose tomber le masque, et fonce. Ne la perds pas, ne la regrette pas, ne culpabilise pas. Sauf si tu t'abandonnes, bien sûr.
En somme, tu rêves de foutre un pain à ton père dans la chatte à ces salopes.
(Gros redface également, hein)
Plus sérieusement, j'pense quand même que tu vis pas assez pour toi, y a trop d'interférences des autres, même en pleine action, c'est quand même dommage. Le psy, ou autre thérapie, ça serait pas mal, oui. Et cela, sans dramatiser ou t'voir comme un con, non, du tout. T'es juste un peu paumé, rien de grave, t'as l'air d'avoir une base pour réfléchir, donc ptet trouveras-tu une base pour réfléchir à l'idée de moins réfléchir quand t'auras assez réfléchi.
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Quand les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières.