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  [Histoire] Fascisme, nazisme, génocide : mise au point

 



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[Histoire] Fascisme, nazisme, génocide : mise au point

n°4584020
Coxwell
Posté le 10-01-2005 à 16:33:21  profilanswer
 

Avec la sortie du film Der Untergangde Olivier Hirschbiegel, et les différentes lectures que j'ai pu faire sur les analyses faites sur ce film, on se rend compte que beaucoup ont des connaissances réduites, voire fausses sur une question qui divise encore nombre d'historiens.
 
Je vais donc essayer de faire une mise au point historico-thématique avec les dernières recherches historiographiques, en définissant l'idéologie hitlérienne et tenter une étude comparative avec le modèle fasciste traditionnel (franquisme, mussolinisme).
 
Si j'ai le courage, je ferai un topo sur l'histoire sociale allemande de l'entre-deux-guerres.  
 
Merci de patienter le temps que je trouve un peu de temps pour harmoniser le tout.
 
:)
 
Le texte a été réalisé à l'aide de mes connaissances sur le sujet ainsi que des travaux de Philippe Burrin, Ian Kershaw, Edouard Husson ou Pierre Ayçoberry.
 
Le fascisme, un concept du XXe
 
On parle au sujet du XXe siècle et de sa période matricielle (1914-1945 cf. E.J Hobsbawm) « d’époque du fascisme » (Ernst Nolte) ou d’époque « du totalitarisme ou de l’autoritarisme » (Philippe Burrin).
 
Ce qui distingue cette période des autres, dont celle qui la précède directement (l’Ere des Empires 1815-1911) ou qui la succède (la Guerre froide), est le retrait sur un large front du libéralisme et de la démocratie au profit de mouvements et de régimes qui les rejetaient au nom de valeurs qui étaient au minimum autoritaires, au maximum totalitaires.
 
Le fascisme est une expression de ce mouvement de discrédit et de retrait de la démocratie libérale. Pour le comprendre il faut remonter aux décennies précédant 1914. Se met en place une réaction remettant en cause le rationalisme - sinon la raison, une exaltation des passions et des mythes comme base constituante de la vie politique, et où la civilisation bourgeoise est méprisée pour son individualisme, son matérialisme, son hédonisme.
Ce terreau donne naissance à une droite révolutionnaire. Nostalgique de l’Ancien Régime, mais plus encore, opposé aux nouvelles règles de la vie sociale du début de XXe siècle, le mouvement réactionnaire de droite ambitionne un avenir de grandeur où l’ordre et la rigueur militaire structure la collectivité nationale.
 
Le fascisme est un ultranationalisme dans le sens où il veut imposer sa définition de la nation, de son histoire, de son identité, de sa mission. Dans le cas du nazisme, il veut même définir le substrat biologique de la nation, à la différence du fascisme italien qui se contente de partir d’une réalité observable, l’italianité. Ils ont en commun cependant, cette volonté de définir complètement et sans discussion, l’histoire, l’identité, la mission de la nation.
 
2 éléments définissent et distinguent le régime fasciste d’un régime autoritaire traditionnel : le projet – l’horizon commun 1) – et la structure des institutions 2).  
 
1) Ce projet fasciste est cernable dans des textes canonique comme La doctrine du fascisme de Mussolini ou Mein Kampf de Hitler et au-delà, dans l’apparat, le décorum, l’esthétique travaillé des mouvements fascistes (le philosophe Walter Benjamin dira des nazis « qu’ils ont inventé l’esthétisation de la politique »). En effet, congrès, rassemblements, réunions, dégagent la sensation d’une communauté nationale compacte, hiérarchisée, militarisée, faisant disparaître sous l’uniforme toute distinction de rang social, d’éducation ou de richesse, pour laisser place à une collectivité unie autour d’un chef absolu qui décide du destin collectif.  
 
2) Institutionnellement, les régimes fascistes se distinguent des autres régimes par 4 traits :
- d’abord par le compromis réalisé avec les élites conservatrices. Il a été fait afin de faciliter l’ascension au pouvoir, condition parfois sine qua non de la réalisation effective du projet fasciste.
- Ces régimes se distinguent par les relations tendues entre le parti fasciste et l’administration étatique, tantôt coopération, tantôt rivalité. Ce jeu de la concurrence entre les organes du parti et de l’Etat feront le jeu de l’avancée du régime, permettant le dépassement toujours plus rapide des efforts réalisés jusque là.  
- Le culte du chef dépasse ce qui se fait dans d’autres régimes autoritaires. Placé au centre du régime, en position de décideur et d’arbitre reconnu par tous, le chef utilise cette reconnaissance (ce charisme au sens weberien du terme) d’une stature exceptionnelle pour agrandir son pouvoir avec l’appui des élites, de l’armée, de l’administration.
-Son atout principal est sa popularité. Les masses participentau pouvoir, non à la définition des objectifs, mais à la réalisation du projet, en position subordonnée.  
La radicalisation du régime fasciste dépend enfin de l’agrandissement de l’espace que les partis réussissent à opérer au milieu des institutions traditionnelles. Autrement dit, c’est de la transformation, du gonflement de certains offices, administrations rendus possibles par la mise en concurrence de ces mêmes que dépend l’accélération de la radicalisation, de l’avancée du régime. C’est donc un véritable gouvernement bis qui se met en place (cf. C. Charle) pour répondre au besoin de tous mais pour travailler dans un seul sens, celui du chef.
 
Si la guerre tient une place centrale dans tous les régimes de type césariste (napoléonien, franquiste) en tant qu’instrument de création de l’empire, dans le cas du régime fasciste, elle est une valeur en soi, un outil qui doit rétroagir directement sur la société.
Elle doit permettre de produire, de travailler à la création de cet « homme nouveau » fasciste, débarrassé comme le dit Hitler de cette « sentimentalité imbécile » et des « scrupules humanitaires débilitants ». Le fascisme est donc un outil qui doit concrétiser ces « bêtes de proie » évoquées par Nietzsche ou Spengler. Le fascisme, en particulier le nazisme, est donc une manifestation du besoin de puissance, cette soif d’écraser, et dans le cas contraire, de se laisser détruire plutôt que de s’incliner.  
 
Le nazisme comme « fascisme radical » ; l’idéologie hitlérienne
 
 
On peut comme le fait Philippe Burrin parler de fascisme radical à propose du nazisme. En effet, contrairement au modèle italien, l’Allemagne impériale d’avant 1914 était un régime semi-libéral où déjà en 1914, les élites prussiennes rêvaient l’établissement d’un régime plus ferme, sans participation démocratique. De plus, de larges blocs de populations allemandes allogènes (en dehors de l’Allemagne) existaient, ce qui infirmaient l’idée que l’Allemagne de Guillaume II ne constituait pas un Etat-nation, comme pouvait l’être la France de 1914 ou de l’Italie.  
 
« L’idéologie nazie est claire, cohérente, substantielle. (P. Burrin). » L’idéologie nazie est un racisme, c'est-à-dire que la race est le facteur explicatif de l’histoire du monde.  
L’humanité est pour Hitler divisée entre des races comme peuvent l’être les espèces animales. Au sommet de la pyramide se distingue la race « aryenne », ethnie indo-iranienne qui a disparue dans sa pureté originelle mais qui subsiste dans la forme d’une composante raciale parmi d’autres dans le peuple allemand.  
 
Si l’aryen a dégénéré, a perdu de sa « force et de sa pureté » depuis l’antiquité, c’est en raison du métissage judéo-aryen, et de l’introduction de l’amour dans ce peuple qu’Hitler qualifie de « guerrier ». Conséquence de cette « vision antagoniste et millénaire » : l’introduction de dispositifs eugénistes et raciaux, dont les lois de Nuremberg de 1935 en sont un exemple.  
« Pourquoi ne pas faire avec les hommes ce qui se fait avec les chiens ou les chevaux ?, écrit Hitler ». Ainsi, considérant l’Allemagne pécheresse, il faut donc travailler au rétablissement de cette pureté raciale, avec un travail de sélection, et d’interdiction des individus considérés comme « non valables et dégénérés ».  
 
L’antisémitisme est au cœur de la doctrine nazie, si bien que l’histoire s’écrit d’après Hitler avec l’affrontement entre le peuple juif et le peuple aryen. L’époque contemporaine est selon Hitler, le temps où les juifs conspirent et fomentent, avec l’aide de la finance internationale et du bolchévisme (ce sont les mêmes à ces yeux qui tirent les ficelles), un plan destiné à asservir leur domination mondiale et à détruire le peuple allemand.
 
Il y a donc dans l’idéologie nazie, un mépris pour toutes les autres races, qu’il est permis de traiter avec les méthodes les plus dures, de l’expulsion à la réduction en esclavage et à l’extermination. Les Allemands handicapés, les Tsiganes, les Slaves sont traités durement, mais froidement. Les juifs quant à eux, sont l’ennemi par excellence du peuple aryen, et suscitent ainsi une haine extraordinaire. L’affrontement entre les deux races est donc inévitable pour Hitler, de sorte que de cette apocalypse finale, ne reste qu’un seul vainqueur, les aryens.  
 
De ce fascisme « radical » qu’est le nazisme, Hitler façonne son discours, ses diatribes de sorte que dans cette Allemagne d’entre-deux-guerres rongée par le chômage et l’humiliation, chacun y trouve quelquechose qui le satisfasse. Anna Harendt a développé au sujet du nazisme la « métaphore de l’oignon » :
Au cœur : « antisémitisme, racisme, antislavisme »
Au milieu : « antibolchévisme, anticapitalisme, haine de la démocratie »
A l’extérieur : « ce qui est susceptible d’attirer, promesse du plein emploi, « abolition du honteux diktat de Versailles », etc. » (cf. E Husson).
 
La suite pour bientôt. (contexte politique, économique et social de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres) + nationalisme allemand
 
La « fabrication d’Hitler (I Kershaw)» - histoire de l’Allemagne de Weimar
 
-Comme le dit si bien Ian Kershaw ou Edouard Husson au sujet de Hitler, l’essentiel est ici de s’interroger de ce « qui a rendu possible » Adolf Hitler et ce qui en a suivi.  
 
Nous l’avons évoqué auparavant, mais nous allons le développer par la suite : le nazisme prend naissance pour une part non négligeable dans le terreau nationaliste et politique de l’Allemagne d’avant guerre (1900-1914).  
D’abord il y a la tradition militaire prussienne qui demeure forte dans la majeure partie des esprits allemands, et l’image du héros dont Siegfried et plus encore Otto von Bismarck incarnent plus que tout cet idéalisme allemand.  
 
Le second XIXe siècle se caractérise par la désagrégation du « concert des 5 grandes puissances » inauguré lors du Congrès de Vienne en 1815. Le sentiment de solidarité monarchique est remplacé au profit d’une définition plus étroite de l’identité nationale, où la nation tend à être sacralisée.  
Le succès allemand de 1870 et la réalisation de l’unité allemande par « le fer et par le sang » confirmait même que désormais la force primait désormais sur les loyautés supranationales.  
La sensation « d’étouffement », la théorie de l’espace vital (lebensraum), l’exacerbation de la realpolitik (droit du plus fort) et le développement du darwinisme social (application aux société humaines du principe de sélection naturelle notamment par la raison du + fort) aiguisent le nationalisme allemand, dont le pangermanisme en est un bon exemple.
 
Des Ligues (Flottenverein, Alldeutscher Verband) se développent, et où se regroupent prussiens conservateurs, ou jeunes issus des classes moyennes, et qui défendent les idées « belliqueuses » des gouvernements dont Moltke le jeune ou le chancelier Bethmann-Hollweg incarnent l’esprit.
L’évolution du nationalisme allemand est inséparable également de l’immense essor économique de l’Empire à la fin du siècle qui contrastait avec la dépression éco de l’époque bismarckienne (1873-1895). Il est tout aussi lié à la vision délibérément « grossie » du « monstre » russe qui ne cesse de grandir, et dont les capacités et la puissance demande à grandir en espace, tant géographique, que politique.  
 
L’enthousiasme et le sentiment d’une guerre courte, maîtrisée, et régénératrice, partagés par beaucoup de dirigeants allemands, et plus largement par une grande partie de la population va contraster avec la brutalité, l’enlisement et la catastrophe économique et sociale qui en résultent.  
 
Le facteur WWI est décisif pour comprendre le fascisme hitlérien et l’Allemagne des années 30. C’est en tout cas la thèse développée par l’historien George Mosse dans laquelle il explique que la Seconde guerre mondiale et la catastrophe génocidaire qu’est la Shoah s’expliquent par la « brutalisation » des sociétés. La violence de guerre, la confrontation à la mort de masse est une expérience qui tend selon lui, à une acclimatation à la violence, où les monuments aux morts et les objets de guerre transformés en bibelots conduisent progressivement à une banalisation, à une indifférence générale vis-à-vis de la violence. Cela explique également que les seuils du tolérable sont réévalués.  
 
Sur le plan politique, économique ou social, la sortie de guerre est très douloureuse en Allemagne. Excepté ce qui se déroule en Russie, où la guerre « impérialiste » (Lénine) est suivie d’une guerre civile (1918-1922), en Allemagne, les conditions subies par le Traité de Versailles du 28 juin 1919 handicapent lourdement le pays et toute la société. Au-delà des indemnités et des réparations de guerre, la jeune République de Weimar (construite avec les Alliés) centralise ce qui était avant décentralisé, subit l’inflation, et doit faire face au retour pénible des prisonniers de guerre captifs pour une grande majorité jusqu’en 1920 en France ou en Russie.  
 
Si la République rompt avec l’ancien système politique et ces élites conservatrices, elle s’appuie néanmoins - notamment pour mater les révolutions qui éclatent en Bavière ou au nord du pays - sur l’armée et le corps des Stahlhelm, militaires de droite conservatrice, dont l’écrivain Ernst Jünge en était l’un des acteurs.  
 
La République de Weimar ne manque pas d’un projet social d’envergure où un certain nombre de mesures sont entreprises : (élargissement du corps électoral 1919, loi assurance-chômage 1927, etc.) mais elle est gangrenée par les dissensions politiques entre partis sociaux –démocrates, communiste, et d’extrême droite, où très rapidement la violence envahit le champ du politique (l’Allemagne des années 20 est marquée par ces combats de rue qui opposent Stahlhelm, Sturmabteilungen (SA), Reischsbanner, sections paramilitaires chargés de la protection de leurs partis éponymes). (L’art s’est fait proche de la réalité quotidienne : cf. Fritz Lang, M.)
 
La situation économique est défavorable, sinon désastreuse. L’absence d’un système monétaire international qui empêcherait le recours à la planche à billet, plonge la vie économie dans l’inflation, où le mark dévalue. Ouvriers, et classes moyennes sont très touchés par le chômage (30% en 1932), leurs salaires baissant de 60% environ entre 1922 et 1933. (cf. le film de F.W. Murnau, Le dernier des hommes, 1922.)
 
Le national-socialisme (nom qui exprime la réalité de la nébuleuse nazie) n’aurait pas été possible sans l’alliance du financier Hjalmar Shacht (1877-1970) proposa une réforme monétaire et un plan tout prêt d’inflation contrôlé, ainsi que des moyens de financer le retour à l’emploi. Il utilisa avec efficacité ses contacts étroits avec les différents acteurs économiques, banques, grandes entreprises, et organisations patronales. Il renforça la structure des entreprises privées et leurs marges de bénéfices et créa une « organisation globale de l’industrie ». Il négocia des accords de troc avantageux avec différents pays et réussit à fournir du crédit aux entreprises.  
 
Schacht ne voulait pas plus que les millions d’allemands non nazis le recours à un nouveau conflit, ils espéraient cependant, en votant pour son établissement ou en se ralliant à lui, que le nouveau régime tiendrait les promesses sociales que n’avaient pas tenues la République agonisante, incapable de surmonter la crise intestine qui déchira les partis politiques.
 
La société allemande à l'heure nazie
 
La polycratie nazie
 
La société impériale nazie repose pour une large part, sur les armatures de la bureaucratie weimarienne, faisant du système politique une polycratie (profusion/multiplication des organes de pouvoir, des appareils administratifs) conservatrice afin de satisfaire à la fois les piliers du parti et les différentes catégories sociales frustrées du désastre de l’ancien régime.
 
En effet, les dépenses ministérielles augmentent de 170% entre 1934 et 1939 dont certains ministères comme l’armée voit son budget explosait de 1550%. Cette prolifération des centres de pouvoir, de nouveaux organismes permettent à ces milliers de fonctionnaires ou assimilés de retrouver un poste qu’il n’avait pu conserver sous Weimar, et dont le recouvrement était une des conditions sine qua non du vote en faveur du NSDAP (Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei). Les ministères comme le DAF (Deutsche ArbeitsFront, Front du travail allemand) offre 45 000 postes en 1937. Entre 1933 et 1942, les effectifs des fonctionnaires sont multipliés par 2, ceux des employés auxiliaires par 4.  
 
A ceux qui n’ont pas les compétences nécessaires pour intégrer le corps administratif gouvernemental, le parti offre la possibilité d’intégrer l’un des multiples corps paramilitaire ou parapolicier qui se créent durant la période, à l’instar des SA ou par exemple du 101e bataillon de réserve de la police d’ordre. Quelle est la composition sociale de ces corps, sections ?
D’une manières générale, les études sociologiques ont montré que la grande majorité des acteurs de ces milices sont jeunes, souvent chômeurs, désaxés, sans perspective d’avenir, frustrés de l’empreinte républicaine qui s’est avéré désastreuse pour leur vie quotidienne. L’intégration dans ces corps leur permet d’acquérir une certaine identité, faisant office de socialisation politique.  
 
Quelles sont les réalisations sociales du régime hitlérien ?  
 
Le plan de 4 ans a pour but de recruter 10 000 officiers et de préparer l’industrie à un effort de guerre massif. La lutte contre le chômage a privilégié les secteurs du réarmement au détriment de la consommation. La conséquence la + directe a été le creusement des écarts sociaux.
 
Hitler promet tout à tout le monde avant 1933. La phraséologie utilisée est suffisamment floue pour permettre cela.
 
Voyons de + près les conséquences sur les différentes catégories sociales
 
a) Le monde rural et paysan devrait être choyé. En effet, il est au centre de l’idéologie nazie, patrimoine de la pureté raciale, de l’authenticité du « sol et du sang ». Si le régime crée la loi des successions, il privilégie par le biais de l’Erbhof, 700 000 exploitations, celles-ci ne représentant que 1/5 du total. Les céréaliers sont privilégiés au détriment des éleveurs, les Junkers (grands propriétaires) au détriment des petits. La mobilisation progressive augmente la pénurie de bras à la ferme et l’exode vers les usines et les villes laisse le monde rural dans une situation semblable sinon dégradée par rapport à ce qu’il a connu sous Weimar.
 
b) Le « plein emploi » dans les usines d’armement a des contreparties qui tendent à aggraver le niveau  de vie et les conditions de travail de l'ouvrier. L’enrégimentement (« soldats au travail »), la gestion autoritaire de la main d’œuvre et l’intensification de la production (allongement des horaires) vont dans ce sens. Le DAF a absorbé toutes les organisations syndicales, les sections ouvrières perdant ainsi toute autonomie, et laissant les mains libres aux grands patrons de la sidérurgie.  
Si le DAF développe à partir de 1936 un projet d’amélioration des conditions de travail, notamment en instaurant des concours de « l’entreprise modèle », avec à la clef des voyages à destinée des fjords norvégiens, ou encore avec le projet Volkswagen, la concrétisation restera vaine avec l’effort  de guerre. Les commandes de la Volkswagen passeront délibérément après celles, prioritaires, des Panzer.  
 
c) Le patronat et les classes moyennes indépendantes sont divisées. Malgré le discours officiel anticapitaliste, dans la pratique, les évolutions anciennes se poursuivent. Les entreprises jouissent d’une grande liberté avec la fin du mouvement ouvrier, muselé depuis l’absorption syndicale du DAF. Le grand patronat est lui-même divisé. Thyssen, 1er grand bailleur de fonds du parti s’oppose aux perspectives économiques qui conduisent à la guerre. Il sera interné dans un camp. A l’inverse, IG-Farben, profite du plan de 4 ans soudant l’alliance de la chimie et du lobby militaire.
Les petits commerces, petites entreprises supportent très difficilement la toute-puissance des grandes entreprises « gouvernementales ». Ils régressent sur tous les fronts.  
 
Malgré le projet initial de la Volksgemeinschaft, la société allemande est peu modifiée dans ses diverses composantes. Les écarts sociaux se maintiennent, voire s’accroissent. Ce sont les superstructures qui ont été bouleversées. Régression absolue enfin dans le système éducatif et la culture, avec une dimension des effectifs étudiants de 50% et des enseignants et intellectuels de 70% dans les divers corps disciplinaires.
Révolution conservatrice, mais surtout « révolution du nihilisme » (C. Charle), le projet nazi n’a pas « effacé » les barrières de classe au profit des « barrières de souche raciale », il les a superposé en faisant sciemment le choix de privilégier certaines catégories sociales.
 
Comment a t-il pu entraîner la société de + en + massivement à ses objectifs dont elle n'entrevoyait pas toutes les implications ?
 
Au-delà du facteur « pouvoir charismatique » d’après la théorie même de Max Weber, le consensus régime/société se fonde à partir d’éléments socio-économiques très concrets.  
 
a) D’abord, le retour à l’emploi est une réalité vécue par l’essentiel des familles des classes les plus modestes. Le chômage passe de 30% en 1932 à 10% en 1935 et 2% en 1938. Même si le niveau de vie n’augmente pas de façon significative, et si les conditions de travail sont éprouvantes, l’impact de ce retour à l’emploi est efficace sur une très large part de l’opinion allemande, et constitue le socle d’adhésion au régime.
 
b) Deuxième élément fédérateur : le retour à « l’ordre », la pacification des rapports sociaux au sein même de la société allemande. D’abord l’accession du parti à la tête de l’Etat se traduit par le musellement et la mise à l’écart des milices politiques des autres partis. Les combats de rue qui marquent la République de Weimar sont décriés par une population soucieuse du rétablissement de l’autorité et de cet « ordre » que la République est incapable d’assurer.
Les critiques fusèrent contre les SA (éliminés durant la nuit des longs couteaux en 1934) et à nouveau contre leurs actions perpétrées par les SS et délibérément « ouvertes » aux yeux du public. Les pogroms de 1938 sont la dernière manifestation avant-guerre de violence publique. Hitler a compris que pour continuer à obtenir le crédit populaire, il devait détourner la violence du regard public, et la localiser, la cibler. Cette violence continuera sous cette forme jusqu’à sa matérialisation extrême, l’extermination juive débutée à partir de fin 1941.  
 
Le Congrès de Munich réuni à l’initiative de Mussolini en septembre 1938 et qui rassemblent les grandes puissances européennes est une date importante pour les sociétés européennes. Hypocrisie et lâcheté pour les uns (Churchill), immense soulagement pour les autres (Daladier, Blum), les accords de Munich scellent – dans l’immédiat – l’évitement de la guerre. La société allemande accueille triomphalement le Führer lors de son passage devant le Reichstag à Berlin. Goebbels note à ce sujet dans son carnet : (1er octobre 1938) « l’opinion est partout retournée. Partout on respire : la crise, si avancée et si dangereuse, est passée. […] Le monde est saisi par une joie qui emporte tout, le prestige de l’Allemagne a grandi dans une proportion monstrueuse. Nous sommes redevenus une puissance mondiale. […] (2 octobre 1938) l’atmosphère n’a jamais été aussi bonne, une atmosphère de fête, pleine d’allégresse. […] Le Führer arrive à la gare de Berlin, c’est un délire sans pareil. Des centaines de milliers de gens crient leur joie au Führer. Nous n’avons jamais vu un tel enthousiasme. C’est un délire sans pareil. Le peuple est fou de joie. […]»
 
La société allemande n’était pas prête à voir se déclencher à nouveau une guerre. Lors de son passage devant le Reichstag en septembre 1939, les acclamations habituelles se sont tues. Jusqu’à la défait française, la population est pour l’essentiel résignée sinon angoissée du résultat militaire. La victoire contre l’armée française marque un profond retournement de l’opinion. Le Führer est accueilli triomphalement non plus parce qu’il avait évité la guerre, mais cette fois, parce qu’il avait vengé l’humiliation ressentie par le Diktat de Versailles de 1919. L’Allemagne avait retrouvé son prestige perdu.
 
Du côté des anciennes élites militaires qui composaient une large part de l’état-major, l’enthousiasme se fit pareil. On rivalisa de zèle dans les grades supérieurs pour « travailler dans la direction du Führer ». La campagne soviétique en est le meilleur exemple. Le racisme à l’encontre des slaves et des Juifs aidant, l’avancée des troupes allemandes s’est accompagnée d’un grand nombre d’exactions dont l’adhésion au Führer et le jeu de la concurrence entre groupes militaires et paramilitaires (Waffen SS) peuvent expliquer la motivation.
 
Quels autres facteurs peuvent expliquer ce qui a poussé ces hommes et pères de familles (soldats de la Wehrmacht non nazifiés) à outrepasser les limites de la barbarie et le seuil de la civilisation ?  
Nous avons déjà évoqué précédemment la thèse de Mosse sur le concept de brutalisation et d’indifférence générale à la mort de masse, au franchissement des barrières de violence.  
L’endoctrinement nazi a usé également de ce sentiment de frustration allemande, de souffrance endurcie depuis 1919 et qui pouvait être refoulé de cette manière par les instincts belligènes humains, ceux dont vantent les propagandistes du parti.  
Enfin, le racisme inculqué, enseigné par ces mêmes méprise les règles internationales et le droit de protection des populations civiles, car il divise l’humanité en races et catégories séparées.  
 
Le génocide et sa « construction » / attitude, participation de la société allemande
 
En tant que pilier essentiel de la vision apocalyptique d’Hitler (opposition millénaire juifs/aryens), la question juive est au centre des objectifs du régime.  
Depuis que le NSDAP est institutionnalisé en 1933, les lois antisémites se sont multipliées. Il s’agit pour Hitler « de purifier le sol et le sang allemand ». D’abord, les juifs sont exclus des administrations publiques et de la vie culturelle. La réaction de la société en particulier des notables (avocats, médecins) est plutôt enthousiaste, ces derniers protestaient dans les années 30 la place trop importante des juifs au barreau, et de la démocratisation trop rapide de la fonction médicale. Le « repli du corps » explique ainsi « l’acceptation » du moins, l’indifférence à l’égard de ces mesures prises en 1933.
 
En 1935, alors que le parti nazi exalte sa puissance idéologique lors du Congrès de Nuremberg (septembre), sont votées les lois éponymes. Les Juifs sont interdits de mariage avec les Allemands, et « sont exclus de la vie sociale ». Ces mesures n’ont pas suscité de réactions, ni de refus. L’idée de la « différence juive » est véhiculée depuis l’antisémitisme sourd depuis les années 20. Beaucoup associent en effet les juifs comme responsables de la révolution bolchevique qui s’est manifestée dans plusieurs villes allemandes en 1919-1920, en particulier en Bavière.  
 
Les mesures de 1938 sur la spoliation des biens et des propriétés juives ont été désavouées non pas parce qu’elles furent jugées racistes et extrêmes, mais car elles furent associées à l’épisode de la nuit de cristal, contraire à la notion « d’ordre » de la société allemande.
 
Il existe ainsi un antisémitisme « sourd » dans la société allemande, à l’encontre de cette population juive considérée comme un bouc émissaire et dont le nazisme renforce considérablement l’effet à l’aide d’une rhétorique particulièrement aiguisée.  
 
La radicalisation à la faveur de la guerre
 
Avec la guerre, les problèmes concernant « les Juifs » se réduisent à mesure que le Reich s’émancipe et concerne bientôt toute l’Europe. La ghettoïsation en 1940 des populations juives dans de nombreuses villes des pays de l’Est en particulier en Pologne ne font que déplacer le problème. La volonté d’Hitler était de débarrasser le sol allemand des juifs en les déportant, mais avec l’expansion des armées et la conquête des sols, le « problème » augmente et les « solutions » se restreignent. Ainsi, les conditions changent, et les possibilités d’émigration se réduisent.
Dès 1939, les autorités nazies avaient planifié la déportation de ces juifs dans des pays comme le Madagascar, mais l’ouverture du conflit et son expansion mondiale ont rendu impossibles ces plans.
 
La violence se radicalise avec la campagne soviétique. Il est difficile de dire quel a été le facteur décisif qui a contribué à cette radicalisation et la décision de l’extermination massive des juifs. Plusieurs éléments permettent néanmoins de l’étayer :
a) d’abord les possibilités de déportation et de concentration se réduisent en même temps qu’augmentent les problèmes sanitaires rencontrés par les officiers et administrateurs des différents camps. Epidémies, problèmes de ravitaillement dans les ghettos, les administrateurs nazis se plaignent à leurs supérieurs de ces conditions qui se détériorent.
b) l’avancée des troupes allemandes à l’Est s’est accompagnée d’un déferlement de violence sans précédent, expliquée notamment par l’approbation des autorités supérieures et du racisme endoctriné depuis lors. Cette violence antijuive prend une ampleur sans précédent à partir de 1941. Des groupuscules militaires (Einsatzgruppen) et paramilitaires (Waffen SS) orchestrent des massacres de milliers de populations. Après quelques semaines des familles entières sont massacrées. Le seuil du génocide commence à être franchi.
c) à partir de septembre, la radicalisation change de ton avec l’avancée + à l’est des armées dans ces terres « judéo-bolcheviques », thème récurrent ressassait dans les discours d’Hitler. Une guerre d’anéantissement s’ouvre à partir de l’automne 1941.  
d) il faut également rappeler la « prophétie » d’Hitler qui explique la le monde par la victoire des aryens ou des juifs. La coalition internationale dont il parle devient une réalité à partir de 1941 avec l’entrée en guerre américaine. L’extermination des juifs est donc pensée comme « la guérison d’une maladie » universelle.
e) Les historiens sont divisés quant au « processus de la solution finale ». Toujours est-il qu’elle serait entreprise entre la fin de 1941 et le début de 1942, date de la conférence de Wannsee (20 janvier 1942). L’expérimentation par certaines sections de Waffen SS du gazage de juifs par camions pendant la campagne soviétique laisse à penser l’idée d’une  
extermination industrielle de masse. Cela va prendre encore +sieurs mois, pour que les plans de la machinerie d’extermination soient mis en pratique. Le système de tuerie ne fonctionnera qu’à partir de l’été 1942.  
 
Pour comprendre l’enchaînement et la réalisation de cette extermination il faut saisir le lien qui existe entre ce processus et la guerre, son contexte. La guerre procure comme le rappelle à juste titre Philippe Burrin « un bruit de fond » et facilite l’apprentissage de la violence. De +, elle facilite le secret, et produit un émoussement de la sensibilité et de la compassion de sorte qu’au milieu  des angoisses des douleurs de tant de gens, y compris les Allemands, se relativisait l’horreur qui était faite à certains. Il serait faux et saugrenu de dire que la société allemande savait dans son ensemble ce qui était perpétré contre les juifs. La violence depuis 1938 était devenu affaire secrète, à l’écart des yeux. Pour les autres, cette violence à leur encontre était comparé ou « relativisée » par rapport aux souffrances endurcies depuis 1919 et celles vécues à partir de 1944 (bombardements alliés).
 
Ainsi le génocide juifs est inséparable de la WWII comme le fut celui des arméniens avec la WWI. A la différence nous rappelle P Burrin, qu’il existait dans le premier cas, une idéologie raciste envisageant le meurtre comme allant de soi, une conception raciste du monde om s’opposait sans merci deux « races », et cela bien avant la guerre.
 
La guerre et le nazisme a « rendu possible » l’extermination massive et l’outrepassement des codes de la violence par la société allemande tout entière. Car comme le souligne Edouard Husson, le fascisme nazi est une théâtralisation, esthétisation destinée à combler le décalage entre le rêve et la réalité d’une société fragile, qui ne souhaitait pas revivre l’expérience déchirante de la WWI, et qui pourtant, la renouvelle malgré-elle.
 
:)


Message édité par Coxwell le 16-03-2005 à 17:00:23
mood
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Posté le 10-01-2005 à 16:33:21  profilanswer
 

n°4584050
cumstorm
Posté le 10-01-2005 à 16:36:51  profilanswer
 

Topic interessant en perspective...

n°4584065
ken2004
Posté le 10-01-2005 à 16:38:09  profilanswer
 

Parler de génocides et ne pas faire allusion au communisme, c'est un peu comme parler des fromages sans parler de la France...  :o

n°4584079
ara qui ri​t
Tiens, voilà du boudin !
Posté le 10-01-2005 à 16:39:59  profilanswer
 

Aucun génocide n'a été perpétré au nom du communisme, que je sache :o
 
Il y'a eu des massacres par contre, mais bon, c'est hors sujet, ici.
 
( [:drapal] semi déguisé)


Message édité par ara qui rit le 10-01-2005 à 16:41:18
n°4584085
Coxwell
Posté le 10-01-2005 à 16:40:41  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

Parler de génocides et ne pas faire allusion au communisme, c'est un peu comme parler des fromages sans parler de la France...  :o


 
Ce n'est pas ma spécialité. Les trois mots du sujet permettent d'aborder la diff entre le fascisme "trad" et le fascisme de type "radical", allemand et le généocide et sa question délicate : instrument de construction d'une société fasciste à caractère raciste ?
 

n°4584087
blue meani​e
The art of dying
Posté le 10-01-2005 à 16:40:59  profilanswer
 

ara qui rit a écrit :

Aucun génocide n'a été perpétré au nom du communisme, que je sache :o
 
Des massacres, par contre, oui, mais bon, c'est hors sujet, ici.
 
( [:drapal] semi déguisé)


 
Cambodge peut être ?

n°4584091
C@ssius
La rage de réussir wesh kouzin
Posté le 10-01-2005 à 16:41:29  profilanswer
 

j'aime bien le concept "je poste un topic pour vous dire que je vais bientot poster un texte intérssant" [:vague nocturne]


---------------
Le Tournoi : Résultats, Classements, Discussions . feed Rss IMDB
n°4584093
Coxwell
Posté le 10-01-2005 à 16:41:50  profilanswer
 

C@ssius a écrit :

j'aime bien le concept "je poste un topic pour vous dire que je vais bientot poster un texte intérssant" [:vague nocturne]


 
:??:

n°4584097
ken2004
Posté le 10-01-2005 à 16:42:11  profilanswer
 

a oui j'oublié, il est interdit en France de dire la vérité sur les génocides communistes dans le monde , mais par contre avec le nazisme....  :o

n°4584105
Grenouille​ Bleue
Batracien Azuré
Posté le 10-01-2005 à 16:42:48  profilanswer
 

Ce qui est bien, c'est que les gens se tapent déjà dessus alors que le topic n'a pas encore été alimenté.


---------------
Ma chaîne YouTube d'écrivain qui déchire son père en pointillés - Ma page d'écrivain qui déchire sa mère en diagonale
mood
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Posté le 10-01-2005 à 16:42:48  profilanswer
 

n°4584112
ken2004
Posté le 10-01-2005 à 16:43:21  profilanswer
 

Grenouille Bleue a écrit :

Ce qui est bien, c'est que les gens se tapent déjà dessus alors que le topic n'a pas encore été alimenté.


 
 :lol:

n°4584115
Leg9
Fire walk with me
Posté le 10-01-2005 à 16:43:27  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

a oui j'oublié, il est interdit en France de dire la vérité sur les génocides communistes dans le monde , mais par contre avec le nazisme....  :o


Il dit qu'il ne voit pas le rapport avec le sujet. :??:


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If I could start again, a million miles away, I would keep myself, I would find a way... "Loreleï's dead ; Heaven is about to fuzz."
n°4584117
Caleb2000
You can't fool the fool
Posté le 10-01-2005 à 16:43:30  profilanswer
 

J'ai du mal a comprendre les critiques que le film a reçu cela-dit, puisque moi je n'y ai pas vu une humanisation a outrance du personnage de Hitler...


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n°4584121
ara qui ri​t
Tiens, voilà du boudin !
Posté le 10-01-2005 à 16:43:37  profilanswer
 

Blue Meanie a écrit :

Cambodge peut être ?


 
c'était pas un génocide. Pol-pot n'a pas tué son million de gens "parce qu'ils appartenaient à telle race, ou religion, ou nationalité"
 
Ils ont été tués pour leur idéologie réelle ou supposée. Je ne sais pas si ça fait une différence dans l'horreur de la chose, mais ça en fait une dans le vocabulaire ;)

n°4584124
Cardelitre
ಠ_ಠ ۞_۟۞ ┌( ಠ_ಠ)┘ סּ_סּ
Posté le 10-01-2005 à 16:43:54  profilanswer
 

Ben je suis curieux de lire ça...
 
[:drapal]

n°4584126
dilopens
Journalisme total
Posté le 10-01-2005 à 16:44:32  profilanswer
 

Caleb2000 a écrit :

J'ai du mal a comprendre les critiques que le film a reçu cela-dit, puisque moi je n'y ai pas vu une humanisation a outrance du personnage de Hitler...


 
.. qui était un homme  :sleep:

n°4584137
ken2004
Posté le 10-01-2005 à 16:45:31  profilanswer
 

ara qui rit a écrit :

c'était pas un génocide. Pol-pot n'a pas tué son million de gens "parce qu'ils appartenaient à telle race, ou religion, ou nationalité"
 
Ils ont été tués pour leur idéologie réelle ou supposée. Je ne sais pas si ça fait une différence dans l'horreur de la chose, mais ça en fait une dans le vocabulaire ;)


 
 
Demande aux familles des 2 millions de victime cambodgien massacrés si ca fait une différence ou pas   :pfff:  

n°4584149
Caleb2000
You can't fool the fool
Posté le 10-01-2005 à 16:46:40  profilanswer
 

dilopens a écrit :

.. qui était un homme  :sleep:


 
Exactement.


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n°4584150
Loopkin
Chess-Boxing
Posté le 10-01-2005 à 16:46:43  profilanswer
 

[:drapal]

n°4584159
Cardelitre
ಠ_ಠ ۞_۟۞ ┌( ಠ_ಠ)┘ סּ_סּ
Posté le 10-01-2005 à 16:48:09  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

Demande aux familles des 2 millions de victime cambodgien massacrés si ca fait une différence ou pas   :pfff:


Qu'ils le veuillent ou non, ça fait une différence de vocabulaire... [:spamafote]
Maintenant que ça ait été un massacre de grande envergure, personne ne le remet en cause (enfin j'espère...)

n°4584162
ara qui ri​t
Tiens, voilà du boudin !
Posté le 10-01-2005 à 16:48:32  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

Demande aux familles des 2 millions de victime cambodgien massacrés si ca fait une différence ou pas   :pfff:


 
 
Nan, c'est trop loin, le Cambodge  [:tinostar]

n°4584166
blue meani​e
The art of dying
Posté le 10-01-2005 à 16:49:15  profilanswer
 

Cardelitre a écrit :

Qu'ils le veuillent ou non, ça fait une différence de vocabulaire... [:spamafote]
Maintenant que ça ait été un massacre de grande envergure, personne ne le remet en cause (enfin j'espère...)


 
relisez la définition qu'en donne l'ONU  :pfff:

n°4584172
C@ssius
La rage de réussir wesh kouzin
Posté le 10-01-2005 à 16:50:16  profilanswer
 

Caleb2000 a écrit :

J'ai du mal a comprendre les critiques que le film a reçu cela-dit, puisque moi je n'y ai pas vu une humanisation a outrance du personnage de Hitler...


encore un complot du lobby juif obscurantiste [:hotcat]


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Le Tournoi : Résultats, Classements, Discussions . feed Rss IMDB
n°4584173
KrisCool
“Verbeux„
Posté le 10-01-2005 à 16:50:34  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

Demande aux familles des 2 millions de victime cambodgien massacrés si ca fait une différence ou pas   :pfff:


 
Si on rentre d'entrée de jeu dans ce genre de considérations je pense que le sujet risque de dégénérer en deux pages. Sans vouloir minimiser l'horreur de tels événements, il faut aussi être capable de mettre ses passions de côté afin de parler des faits avec les mots appropriés.


---------------
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n°4584175
ken2004
Posté le 10-01-2005 à 16:50:52  profilanswer
 

ara qui rit a écrit :

Nan, c'est trop loin, le Cambodge  [:tinostar]


 
Oui, et puis c'est pareil 60 millions de chinois tué par mao c'était pas grave aussi...  :pfff:

n°4584180
OTH
My hovercraft is full of eels
Posté le 10-01-2005 à 16:51:36  profilanswer
 

ara qui rit a écrit :

Aucun génocide n'a été perpétré au nom du communisme, que je sache :o


 
la déportation des Tatares, la famine en Ukraine...
 
 
enfin on me dira que Staline n'était pas un vrai communiste :o
 
 
quand à la Corée du Nord, ils en sont à exterminer "la race des nains", mais ça n'a bien sûr rien à voir avec le communisme là encore


Message édité par OTH le 10-01-2005 à 16:52:21

---------------
regroupement familial d'anglophones
n°4584195
ara qui ri​t
Tiens, voilà du boudin !
Posté le 10-01-2005 à 16:53:16  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

Oui, et puis c'est pareil 60 millions de chinois tué par mao c'était pas grave aussi...  :pfff:


 
 
Toutafé :jap:
 
Pis bon, 60 miyons, c'est peu, sur un miyard de Chinois
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
[:anauff]


Message édité par ara qui rit le 10-01-2005 à 16:53:39
n°4584197
C@ssius
La rage de réussir wesh kouzin
Posté le 10-01-2005 à 16:53:41  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

Demande aux familles des 2 millions de victime cambodgien massacrés si ca fait une différence ou pas   :pfff:


bam, tu viens de pourrir le topic avant meme qu'il ne soit lancé


---------------
Le Tournoi : Résultats, Classements, Discussions . feed Rss IMDB
n°4584207
Leg9
Fire walk with me
Posté le 10-01-2005 à 16:54:40  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

Demande aux familles des 2 millions de victime cambodgien massacrés si ca fait une différence ou pas   :pfff:


Je vais me répêter mais je ne vois pas le rapport avec le film "La chute", et plus généralement l'histoire du régime Hitlérien.

Coxwell a écrit :

Avec la sortie du film Der Untergangde Olivier Hirschbiegel, et les différentes lectures que j'ai pu faire sur les analyses faites sur ce film, on se rend compte que beaucoup ont des connaissances réduites, voire fausses sur une question qui divise encore nombre d'historiens.
 
Je vais donc essayer de faire une mise au point historico-thématique avec les dernières recherches historiographiques, en définissant l'idéologie hitlérienne et tenter une étude comparative avec le modèle fasciste traditionnel (franquisme, mussolinisme).
 
Si j'ai le courage, je ferai un topo sur l'histoire sociale allemande de l'entre-deux-guerres.  
 
Merci de patienter le temps que je trouve un peu de temps pour harmoniser le tout.
 
:)



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n°4584209
Fred999
Rabat-joie
Posté le 10-01-2005 à 16:55:01  profilanswer
 

ken2004 a écrit :

Oui, et puis c'est pareil 60 millions de chinois tué par mao c'était pas grave aussi...  :pfff:


 
Toi, si je te parle de la saison ratée du PSG, tu ne vas pas manquer de me répondre en parlant de Marseille ? :??:

n°4584216
Caleb2000
You can't fool the fool
Posté le 10-01-2005 à 16:55:41  profilanswer
 

Oui bon manifetsement ce topic va attirer les trolls , faut juste le savoir quoi.


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n°4584218
ken2004
Posté le 10-01-2005 à 16:55:53  profilanswer
 

Leg9 a écrit :

Je vais me répêter mais je ne vois pas le rapport avec le film "La chute", et plus généralement l'histoire du régime Hitlérien.


 
désolé, c'est vrai j'ai fait un beau HS  :lol:

n°4584224
Coxwell
Posté le 10-01-2005 à 16:57:09  profilanswer
 

Dommage, je pensais qu'on pouvait discuter sérieusement sur un sujet dont il est nécessaire de réfléchir sans jugement à l'emporte-pièce. :/

n°4584236
minusplus
Posté le 10-01-2005 à 16:58:27  profilanswer
 

c'est quoi l'historiographie ?

n°4584238
parasitic
focus on what cannot lie...
Posté le 10-01-2005 à 16:58:35  profilanswer
 

Coxwell a écrit :

Dommage, je pensais qu'on pouvait discuter sérieusement sur un sujet dont il est nécessaire de réfléchir sans jugement à l'emporte-pièce. :/


 
 :heink:  
il s'est excusé sur son HS, donc c toi qu'on attend!  :bounce:  


---------------
definetely maybe...
n°4584241
Leg9
Fire walk with me
Posté le 10-01-2005 à 16:59:16  profilanswer
 

OTH a écrit :

quand à la Corée du Nord, ils en sont à exterminer "la race des nains", mais ça n'a bien sûr rien à voir avec le communisme là encore


Les nains ça ne compte pas  
(jeux de nains, jeux de vilain :o)
 
La grosse différence c'est que l'idéologie communiste ne prône pas le massacre de son prochain, et la supériorité des uns sur les autres.
Le souci, c'est qu'en pratique tous les états ayant voulu appliquer la théorie communiste se sont révêlés être des tyrannies sanguinaires, c'est bête. :o
 
Ceci étant... je ne vois toujours pas le rapport avec le sujet initial [:chacal_one333]


---------------
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n°4584252
Cardelitre
ಠ_ಠ ۞_۟۞ ┌( ಠ_ಠ)┘ סּ_סּ
Posté le 10-01-2005 à 17:00:55  profilanswer
 

Blue Meanie a écrit :

relisez la définition qu'en donne l'ONU  :pfff:


Citation :

Adoptée par l’Assemblée Générale de Nations-Unies, la convention du 9
décembre 1948 (1) en son article II définit le génocide comme suit:“ le génocide s’entend de l’un
quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire en tout ou en partie, un groupe
national, ethnique, racial et religieux comme tel:
a) Meurtre des membres du groupe;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa
destruction physique totale ou partielle;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe”.


 
129.194.252.80/catfiles/1087.pdf
 
Ce n'est donc pas un génocide.


Message édité par Cardelitre le 10-01-2005 à 17:03:43
n°4584287
ara qui ri​t
Tiens, voilà du boudin !
Posté le 10-01-2005 à 17:05:37  profilanswer
 

Coxwell a écrit :

Dommage, je pensais qu'on pouvait discuter sérieusement sur un sujet dont il est nécessaire de réfléchir sans jugement à l'emporte-pièce. :/


 
En même temps, tu vois quel sujet tu choisis?  :lol:
 
C'est pas comme si tu voulais parler des maharadjas du XVIIIe siècle par exemple, enfin, le genre de trucs qui touche personne ou presque  :whistle:  
 
Là, tu causes de nazisme et de fascisme alors que ça représente le mal absolu, en compétition depuis peu avec le terrorisme et la pédophilie; fallait t'attendre à ce genre de réactions  ;)  
 
Mais bon, ça peut changer, qui sait?

n°4584301
OTH
My hovercraft is full of eels
Posté le 10-01-2005 à 17:06:39  profilanswer
 

Leg9 a écrit :

Les nains ça ne compte pas  
(jeux de nains, jeux de vilain :o)
 
La grosse différence c'est que l'idéologie communiste ne prône pas le massacre de son prochain, et la supériorité des uns sur les autres.
Le souci, c'est qu'en pratique tous les états ayant voulu appliquer la théorie communiste se sont révêlés être des tyrannies sanguinaires, c'est bête. :o
 
Ceci étant... je ne vois toujours pas le rapport avec le sujet initial [:chacal_one333]


 
je répondais juste à une remarque que je trouve infondée :o
 
et puis ça correspond à la même époque (Staline n'ayant d'ailleurs pas été des plus exemplaire en ce qui concerne sa façon de traiter les Juifs d'URSS si je me souviens bien)
 
 


---------------
regroupement familial d'anglophones
n°4584313
Loopkin
Chess-Boxing
Posté le 10-01-2005 à 17:07:42  profilanswer
 

Je suis loin d'être spécialiste et ce qui m'interresse surtout dans son intro c'est sur quels points les historiens sont divisés ?
 
Mais je suis patient, je vais attendre la fin du teasing :p

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