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Auteur Sujet :

La catastrophe de la retenue du Vajont

n°6194989
hpdp00
Posté le 28-07-2005 à 00:58:35  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
hébé, y bosse le camarade :)


---------------
C'est une chose extraordinaire que toute la philosophie consiste en ces trois mots : "Je m'en fous".  
mood
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Posté le 28-07-2005 à 00:58:35  profilanswer
 

n°6195751
fouyaya
J'veux du soleil !!!
Posté le 28-07-2005 à 08:50:52  profilanswer
 

clairement sacré boulot  :jap:


Message édité par fouyaya le 28-07-2005 à 08:51:06
n°6196319
Groumfy69
Posté le 28-07-2005 à 10:34:13  profilanswer
 

C'est sûr que c'est pas une feignasse, contrairement à certains (moi le premier) :whistle:  
 
Alors un petit :hello: au passage pour l'encourager à continuer, c'est passionnant !

n°6200919
FEYHOU
Posté le 28-07-2005 à 19:26:02  profilanswer
 

Et bien très sicèrement, si je me donne autant de mal avec ce sujet, c'est avant tout parce qu'il me passionne mais c'est aussi pour mes fidèles lecteurs qui sont, si j'en crois le nombre de visites, de plus en plus nombreux. Ce serait donc dommage de les décevoir !!!
Et puis d'un autre côté j'essaie de me dépêcher un peu car dans une semaine je pars en vacances et là où je vais, il n'y a pas d'ordinnateur et donc pas d'internet ... :sol:  
J'espère en tous cas que cette adaptation du récit du Vajont vous plait à défaut de vous amuser (le sujet n'est pas drôle, il faut le reconnaitre). A très bientôt donc pour un nouvel épisode.  :hello:

n°6201607
FEYHOU
Posté le 28-07-2005 à 21:23:37  profilanswer
 

Voici un court épisode à cause de mon état de fatigue qui m'empêche de réfléchir et de traduire proprement. Je ferai mieux demain mais décidément il fait vraiment trop chaud ce soir !!!
 
La situation est désormais comparable à quand on a jeté une pierre au milieu d’un ruisseau afin de le franchir, qu’on a déjà posé un pied sur cette pierre et qu’on s’aperçoit qu’elle bouge … C’est inquiétant mais à ce moment là doit-on faire marche arrière ou au contraire continuer à avancer ? Pour commencer la SADE ne fait pas de détails, elle licencie sur le champs les géologues qui visiblement minent le moral des troupes par leurs déclarations fracassantes. De toutes façons, il maintenant impossible de faire machine arrière alors on décide de poursuivre coûte que coûte.  
 
Puisque tôt ou tard cette montagne doit tomber, alors nous allons l’aider à tomber, quitte à utiliser de la dynamite. Nous allons commencer par concasser les plaques qui se situent vers le haut du glissement de manière à contrôler progressivement la chute de ce glissement. Des idées toutes plus brillantes les unes que les autres germent dans les cerveaux des ingénieurs. Il y en a un qui propose d’enduire toute la paroi du Mont Toc de béton. Un autre propose de dynamité une partie basse superficielle du glissement afin de servire de contrefort au cas où le restant devait descendre par la suite. Maintenant même Semenza et Dal Piaz semblent convaincus que la meilleure solution est de faire tomber ce glissement une bonne fois pour toute. Allez y, faites comme vous voulez mais faites tomber ce glissement, je ne sais comment ! Peut-être en remplissant et en vidant plusieurs fois très rapidement le lac. Comme ça, au moins, on pourra mieux le contrôler.  
 
Mais un des ingénieurs fait la remarque suivante : Faisons tomber le glissement avec le réservoir à vide comme ça on peut peut-être éviter de gros dégâts … Mais les administrateurs de la SADE s’inquiètent puis finissent par protester : Mais vous êtes cinglés, que fera-t-on ensuite lorsque la moitié du réservoir sera comblé par de la pierre ? Au lieu de nous retrouver avec un gros réservoir, on se retrouvera avec deux petits réservoirs de part et d’autre du glissement. Ce n’est pas rentable !!! Le but du jeu nous vous le rappelons n’est pas de faire une base de loisir aquatique aux habitants de la vallée, mais de faire du fric en produisant de l’électricité.
 

n°6201627
dr-freuder​ick
Asymétrie Cognitive.
Posté le 28-07-2005 à 21:26:07  profilanswer
 

Je sais pas si tu y as pensé mais ce genre de recherche est vraiment un trésors pour les site comme Wikipedia.
 
Tu pense que tu pourrais l'y inscrire ?

n°6201687
FEYHOU
Posté le 28-07-2005 à 21:32:20  profilanswer
 

dr-freuderick a écrit :

Je sais pas si tu y as pensé mais ce genre de recherche est vraiment un trésors pour les site comme Wikipedia.
 
Tu pense que tu pourrais l'y inscrire ?


 
Je ne connais pas le site dont tu me parles mais si tu pouvais me procurer l'adresse, j'irais volontier y faire un tour. Ton idée est certainement excellente ... as tu d'autres astuces dans le genre?

n°6201751
fouyaya
J'veux du soleil !!!
Posté le 28-07-2005 à 21:40:12  profilanswer
 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil sous le principe des wiki mais bien entendu il y a toute une legislation autour (et notamment en ce qui concerne les droits d'auteurs)

n°6203072
hpdp00
Posté le 29-07-2005 à 00:51:59  profilanswer
 

j'ai un peu bossé aussi ;)
http://img32.imageshack.us/img32/5856/vajcoupeavap1xo.th.jpg
avant au dessus, après dessous. en vert dessous la ligne du profil "avant"
tiré du site http://www.univ-savoie.fr/mse/ress [...] 20Yoc.html


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C'est une chose extraordinaire que toute la philosophie consiste en ces trois mots : "Je m'en fous".  
n°6203265
hpdp00
Posté le 29-07-2005 à 01:16:37  profilanswer
 

allez, une autre du même site
en rouge le barrage, un bout du haut du parapet à gauche, en vert une colline en face (si c'est bien la même)
http://img266.imageshack.us/img266/5203/vajphotavap6se.th.jpg


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C'est une chose extraordinaire que toute la philosophie consiste en ces trois mots : "Je m'en fous".  
mood
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Posté le 29-07-2005 à 01:16:37  profilanswer
 

n°6204005
dr-freuder​ick
Asymétrie Cognitive.
Posté le 29-07-2005 à 07:28:27  profilanswer
 

fouyaya a écrit :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil sous le principe des wiki mais bien entendu il y a toute une legislation autour (et notamment en ce qui concerne les droits d'auteurs)


 
 
Voila.
 
Pour tes recherches, tu peux profiter le droit de citation afin d'ecrire ton article sur le sujet.

n°6204125
FEYHOU
Posté le 29-07-2005 à 08:52:24  profilanswer
 

Merci les gars, c'est vraiment sympa. C'est vrai que ça m'a l'air tout à fait intéressant. Suand j'aurai un peu plus de temps, je pense que je créérai un sujet sur le Vajont ... Merci encore et à tout à l'heure pour un nouvel épisode. :jap:  :hello:

n°6207263
FEYHOU
Posté le 29-07-2005 à 15:12:05  profilanswer
 

Un morceau de l'épisode du jour pour les fans :
 
A ce moment là, un ingénieur eut une superbe idée. « Et si nous faisions une sorte de siphon ? Un siphon ! » Selon le principe des vases communicants, si nous relions les deux réservoirs avec des systèmes de tubes dans le fond, cela reviendrait à avoir un seul réservoir en deux parties. De cette façon, si on remplit un des réservoirs, l’eau monte également dans l’autre et la même chose dans le sens inverse quand on le vide … Ainsi, si nous creusons sous le fond de cette vallée une galerie de dépassement qui unit les zones en amont de la digue à l’embouchure de la vallée, il peut bien toute la montagne entière, nous aurons quand même deux lacs ou mieux un lac en deux parties dont les eaux seront collectée par un by-pass.
 
Coût de l’opération : 1 milliard de lires. Savez vous ce que cette somme représentait en 1960 ? A cette époque, les ouvriers gagnent en moyenne entre 60 et 80 milles lires par mois. Pour vous donner une idée, un FIAT 500 coûte à cette époque la somme de 450 milles lires. Du coup la SADE fait des économies et licencie dans toutes ses agences. Ce n’est pas de gaîté de cœur, mais c’est le seul moyen de sauver la société. Enfin la SADE débloque les fonds nécessaires aux travaux. Et qu’est ce qui va arriver aux villages qui sont situés sur les bords du barrage ? Qu’est ce qui attend les habitants de Casso et Erto ? Bah, ce n’est pas le moment d’en parler. Ce n’est franchement pas la priorité de la SADE. La priorité serait plutôt comment sauver le site du Vajont ? De la population civile qui vit tout autour, nous en reparlerons un autre jour quand ça ira mieux…
 
De toute façon, la galeries de dépassement permettra de mieux réguler le niveau du lac malgré le glissement et donc le danger pour la population en sera d’autant plus réduit. Qu’ils dorment tranquils, la SADE veille sur eux …  
 
Et le 17 novembre la joyeuse commission refait son aparition, convaincue cette fois-ci de la gravité de la situation. Tous sont convaincus sauf un, le géologue d’état Penta qui, pour sa part, a examiné les deux hypothèses principales : Celle de Müller selon lequel la zone de glissement est très profonde, et celle de Caloi superficielle. Bien évidemment Penta penche pour la seconde hypothèse beaucoup moins alarmiste. Malheureusement pour lui, Caloi a entre temps changé d’avis. Cependant Penta reste inflexible puisque, dit-il, pour admettre l’hypothèse d’un glissement profond, il faudrait prendre en compte une masse de terre inconcevable à ce moment là. Et puisque nous ne pouvons justement pas chiffrer proprement dit cette masse, autant de pas la prendre en compte et se contenter de réagir selon les données que l’on possède.
 
 
 :hello:  A tout à l'heure

n°6209008
FEYHOU
Posté le 29-07-2005 à 18:04:09  profilanswer
 

Voici la seconde partie de l'épisode du jour. Si j'en ai le courage, il y en aura peut-être un troisième dans la soirée ...
 
Le 30 novembre de cette même année, l’opinion publique a enfin l’occasion d’en savoir d’avantage sur le « mystère » du Vajont. S’ouvre à Milan le procès contre Tina Merlin et contre L’Unità accusés d’avoir publié des informations fausses et tendancieuses, destinées à troubler l’ordre public. Ce procès est, si je puis dire, bâclé en trois heures. Finalement Tina Merlin et l’Unità sont relaxés car on a pu démontrer aux juges que le site était effectivement dangereux. Des photos très claires du glissement de terrain du 4 novembre en donnaient la preuve.
 
Le sujet commence à faire beaucoup parler de lui dans la région, tant et si bien qu’il en arrive aux oreilles du président de la province de Belluno. A ce moment de l’histoire, le président de province s’appelle Da Borso et naturellement il est démocrate-chrétien. De l’autre côté, Tina Merlin est, je vous le rappelle, communiste. Ce qui est curieux, avec tout le tapage fait autour de la construction de la digue, c’est que Da Borsa semble totalement ignorer le sujet du Vajont. Mais il s’informe et se documente sérieusement afin de se forger un opinion. Pour cela il ne va pas consulter Tina Merlin et encore moins la SADE qui, d’après lui ont des opinions beaucoup trop forts.  
 
Il réfère le dossier à son supérieur hiérarchique, c’est à dire le ministre des travaux publics qui lui non plus, comme par hasard ne sait rien du Vajont. Mais comme lui aussi est bourré de bonnes volontés, il se renseigne, tout d’abord au génie civil qui l’envoie gentiment sur les roses puis au service des digues. Et là qui est le plus compétent pour le renseigner sur les digues, je vous le donne en mille, le géologue Penta, l’unique optimiste. Penta envoie alors un rapport au ministre en disant : oui c’est vrai, il y a bien eu un glissement de terrain le 4 novembre au Vajont mais il y a eu beaucoup d’exagération dans la presse et dans l’opinion public en général. Et puis suite à cet « incident » la SADE a pris toutes les précautions nécessaires pour garantir la sécurité.
Ah très bien ! Et en quoi consistent-elles ?  
Tout le long du périmètre encadrant le glissement global que nous présumons faute de preuves, la SADE a fait poser des 24 jalons lumineux.
Ah bon ! Et qu’est-ce que c’est ?
Ce sont des boules en fer, blanches et rouges, avec des lampes sur le dessus. De cette façon si le glissement se déplace pendant la nuit, on le verra …
Puis la SADE a installé à ses frais deux sismographes sur la digue afin de détecter les secousses sismiques relativement courantes dans la région.
En même temps, toujours à ses frais, la SADE a chargé l’université de Padoue de réaliser des essais et des simulations de glissements sur une maquette très réaliste du Vajont.
Le ministre ainsi rassuré transmet son rapport à Da Borso.
Da Borso, passe pour être un homme sympathique et même bon. Non réellement c’est le type vraiment gentil à la limite couillon. Comment peut-on réaliser une simulation sur une maquette ? Da borso est sceptique et comprend qu’il y a réellement un grave danger au Vajont.

n°6209149
FEYHOU
Posté le 29-07-2005 à 18:24:25  profilanswer
 

Voici trois clichés d'époque sur le site du Vajont :
 
http://www.vigilidelfuoco.bergamo.it/formazione/frane/vajont/Vajont1.jpg
La petite ville de Longarone avant le 9 octobre 1963.
 
http://www.vigilidelfuoco.bergamo.it/formazione/frane/vajont/Vajont2.jpg
La même vue de Longarone une semaine après la catastrophe.
 
http://www.vigilidelfuoco.bergamo.it/formazione/frane/vajont/Vajont12.jpg
Vue de la digue le 10 octobre 1963 (le lendemain de la catastrophe) avec juste derrière l'énorme glissement de terrain.

n°6209253
FEYHOU
Posté le 29-07-2005 à 18:35:56  profilanswer
 

Encore deux clichés intéressants :
 
http://associazioni.monet.modena.it/gcvpcm/immagini/foto/vajont02.jpg
Photographie aérienne de la retenue pendant le premier essai d'immersion. Il s'agit là du premier remplissage du barrage.
 
http://associazioni.monet.modena.it/gcvpcm/immagini/foto/vajont03.jpg
Cette photo prise en 1961 juste après le premier glissement de terrain permet de voir déjà l'importance de le masse de roche et de terre en mouvement. En voyant ce cliché, on comprend assez mal comment on a pu douter à l'époque de la gravité de ce glissement ...

n°6215772
FEYHOU
Posté le 30-07-2005 à 18:57:14  profilanswer
 

Malgré le fait que ce soit le week-end, je tenais à publier un petit épisode pour remercier à ma façon mes lecteurs fidéles qui parfois m'envoient des pêtits messages privés sympathiques. Bonne lecture donc et sans doute à demain ...
 
 :hello:  
 
Si l’université de Padoue était en train de faire des simulations de la future catastrophe, cela signifiait pour Da Borso que les choses tournaient en réalité bien plus mal que le laissait supposer le ministre à Rome. En fait, les choses allaient encore plus mal que ce que craignaient les opposants à ce projet. Inquiet, Da Borsa se rend à Rome et s’emploie à se renseigner sur la SADE. Naturellement il n’obtient aucune réponse et finit par rentrer bredouille à Belluno. Sur place, pourtant, le conseil provincial attend son rapport mais lui, il n’a rien à leur apprendre. Des opposants fanatiques s’en prennent à lui, l’accusant de couvrir le gouvernement. Da Borso déclare n’avoir rien appris car la SADE semble protégée par des forces puissantes contre lesquelles il est impossible de luter. Il s’agit d’une sorte d’état dans l’état, un groupe mafieux très organisé.  
 
Ici en Italie c’est une expression qui veut tout dire : un état dans l’état. Dès que ces gens peu scrupuleux ont la main mise sur quelque chose, il est en effet impossible ou presque de luter contre eux. Toutefois ce sont les pauvres gens qui utilisent habituellement ces paroles et non un politicien … la situation semble vraiment désespérée pour que l’on en arrive là. Da Borso est un gouverneur de province, un homme de l’état lui même. Ses affirmations sont gravissimes et terrifiantes à la fois. Un état dans l’état !!! En d’autres termes Da Borso est en train de nous dire :Attention il y a la dessous des personnes incontrôlables potentiellement des assassins.
 
Dans les premiers mois de l’année 1961, ce fut un des hivers les plus glaciaux du 20ème siècle. On se rend compte que mystérieusement le glissement de terrain s’est stabilisé sans doute sous l’action du gel, les nappes d’eau souterraines étant probablement gelées. Mais à peine les premiers rayons de soleil du printemps réchauffent-ils la terre que le glissement reprend sa lente marche. Les gens en sont conscients et sont de plus en plus inquiets.  
 
Pendant ce temps la SADE a déjà commencé les travaux pour le perçages des galeries. Le lac a été entièrement vidé et les siphons creusés dans le fond. Bien sur ils ont fait tout ceci sans prévenir personne et sans en référer à quelconque autorité légale. De toute façon à qui ont ils à se justifier ? Personne ne comprend bien ce qui se passe dans la main d’œuvre ouvrière mais cependant, le soir dans les cafés, certains se confient à Tina Merlin sur ces choses bizarres qui se produisent la haut au Vajont. Bien sur toutes ces informations sont publiées de façons anonymes par le journal l’Unità. Le scandale est tout proche d’éclater mais de curieuses pressions, sans doute politiques, font bloquer les articles trop accusateurs.
 
Finalement la pression de l’opinion public est telle qu’un article titré « Un glissement de terrain de 50 millions de mètres cube menacent la vie de toute une vallée » finit par être publié au bout de 10 jours.

n°6215943
FEYHOU
Posté le 30-07-2005 à 19:22:53  profilanswer
 

Voici deux clichés assez pertinents que je tenais à vous montrer.
 
http://freeweb.supereva.com/vajont.freeweb/frana.jpg
Une vue très intéressante du glissement de terrain sur le Mont Toc. On voit très nettement l'immense balafre qui défigure la montagne depuis la catastrophe.
 
http://www.wineathomeit.com/vajont2003/vastano/img/dol2-729x493.jpg
La digue du Vajont durant sa construction vers 1960.

n°6219875
FEYHOU
Posté le 31-07-2005 à 15:16:45  profilanswer
 

Je voudrais faire une petite enquête sur mes fidèles lecteurs:
 
- Pour ceux et celles qui se considèrent comme des lecteurs assidus de ce topic, le lisez-vous quotidiennement ou moins souvent?
 
- Avez-vous de proches ou lointaines origines italiennes ou pas du tout?
 
- Pour ceux et celles qui ont effectivement des origines italiennes de quelle région êtes-vous originaire?
 
- Dans tous les cas, vous sentez-vous concernés, beaucoup, peu ou pas du tout par ce sujet?
 
- Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans ce topic?
 
Vos réponses m'aideront surtout à améliorer ce topic et à le rendre encore plus attrayant pour d'autres lecteurs. C'est aussi un premier sondage d'opinion avant de me lancer complètement dans une traduction intégrale du récit, dans le but de le faire publier dans le futur. Merci d'avance. :jap:  :hello:

n°6220349
fouyaya
J'veux du soleil !!!
Posté le 31-07-2005 à 17:03:56  profilanswer
 

1 - pour la lecture : je lis les interventions (hors traduction) tous les jours, sinon en ce qui concerne la traduction j'ai tendance à attendre plusieurs jets que je lis d'un bloc
 
2 - aucune origine de loin ou de pret  
 
3 - "                    "
 
4 - le coté drâme humain me concerne mais ce n'est pas QUE sur ce sujet, c'est un tout : en globalité c'est la question primordiale du comment peut on en arriver la et que peut on faire pour eviter à nouveau ceci(s'aurait été tout autre chose qu'un barrage ca m'aurait tout autant "interessée" si on peut employer ce terme) Je suis de par ma profession dans un cursus social, ceci expliquant peut etre cela.
 
5 - Tout :D j'espere aussi que le bouquin traite de l'apres mais pas du coté seulement technique et juridique, mais point de vue humain.


Message édité par fouyaya le 31-07-2005 à 17:04:28
n°6221593
FEYHOU
Posté le 31-07-2005 à 21:39:51  profilanswer
 

Cher Fouyaya, je sais que tu me lis depuis le début et je te remercie pour ces quelques renseignements, en attendant d'autres ... :jap:

n°6223300
Groumfy69
Posté le 01-08-2005 à 10:12:02  profilanswer
 

1) Pour ceux et celles qui se considèrent comme des lecteurs assidus de ce topic, le lisez-vous quotidiennement ou moins souvent?  
=> Moins souvent (3 fois par semaine environ)
 
2) Avez-vous de proches ou lointaines origines italiennes ou pas du tout?  
=> J'en ai, mais tellement lointaines que c'est comme si je n'en avais pas ;)  
 
3) Pour ceux et celles qui ont effectivement des origines italiennes de quelle région êtes-vous originaire?  
=> Aucune idée
 
4) Dans tous les cas, vous sentez-vous concernés, beaucoup, peu ou pas du tout par ce sujet?  
=> Pas tellement "concerné" non (mais intéressé par ce drame dont je n'avais jamais entendu parler avant)
 
5) Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans ce topic?  
=> Le récit en lui même (L'homme qui se mesure à la nature, la science face à l'argent)
=> Les photos


Message édité par Groumfy69 le 01-08-2005 à 10:14:33
n°6223859
FEYHOU
Posté le 01-08-2005 à 12:01:50  profilanswer
 

Groumfy69 a écrit :

1) Pour ceux et celles qui se considèrent comme des lecteurs assidus de ce topic, le lisez-vous quotidiennement ou moins souvent?  
=> Moins souvent (3 fois par semaine environ)
 
2) Avez-vous de proches ou lointaines origines italiennes ou pas du tout?  
=> J'en ai, mais tellement lointaines que c'est comme si je n'en avais pas ;)  
 
3) Pour ceux et celles qui ont effectivement des origines italiennes de quelle région êtes-vous originaire?  
=> Aucune idée
 
4) Dans tous les cas, vous sentez-vous concernés, beaucoup, peu ou pas du tout par ce sujet?  
=> Pas tellement "concerné" non (mais intéressé par ce drame dont je n'avais jamais entendu parler avant)
 
5) Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans ce topic?  
=> Le récit en lui même (L'homme qui se mesure à la nature, la science face à l'argent)
=> Les photos


 
 :jap: Merci Groumfy pour ces quelques renseignements fort utiles. A tout à l'heure pour un autre épisode ...  :hello:

n°6227789
FEYHOU
Posté le 01-08-2005 à 22:02:33  profilanswer
 

Que mes fidèles lecteurs me pardonnent ce petit retard. Suite à un bordel indescriptible sur la route je suis rentré en retard et du coup ...  En tous cas voici l'épisode du jour. :hello:  
 
Pendant ce temps les travaux de percement des galeries sous le lac de retenue sont terminés. C’est l’été, les journées sont belles et chaudes, les nuits claires et fraîches. Et voilà qui arrive ? La joyeuse commission ! Ils viennent au Vajont pour inaugurer la galerie de transvasement. Cependant la SADE est pressée de faire du fric et elle voudrait bien commencer à remplir de suite le réservoir. Elle a déjà perdu six mois avec ces différents contretemps alors elle souhaiterait bien profiter de la fonte des neiges pour alimenter le lac, d’autant plus que la nationalisation de l’industrie hydroélectrique avance à grands pas et menacent d’engloutir la SADE.
 
La SADE veut faire vite … très vite mais la commission ne semble plus tout à fait convaincu de la qualité du barrage. Et bien oui, car entre temps, la commission a changé de président et celui-ci ne voit pas les choses tout à fait de la même façon. Celui-ci refuse de signer le permis d’un nouvel essai d’immersion.
 
Malgré cela, à peine la commission a-t-elle tourné les talons que la SADE remet le barrage en eau. La SADE ne peut plus attendre d’avantage et on commence à ouvrir les robinets puis l’eau commence à monter. On se dit que, comme d’habitude, l’autorisation finira par être donnée de fait. Cette fois-ci la SADE remplit le réservoir très rapidement. En quelques jours seulement, on atteint la côte de 600 mètres. Et oui car la SADE voudrait bien porter l’eau directement à 680 mètres pour s’approcher du niveau définitif. Et finalement l’autorisation arrive mais à la grande surprise de la SADE, le niveau maximum devra être de 540 mètres.  
 
540 mètres ? Mais on en est déjà à 640 ! Le niveau consenti était déjà allègrement dépassé avant même que l’autorisation arrive. Que faire ? Visiblement la SADE est bien déterminée à poursuivre. Les dirigeants s’emploient donc à faire consentir quelques mètres de plus à la commission mais rien à faire, elle refuse net. Il n’y a pas à dire, avec son nouveau président, la commission tourne à un autre régime.
 
Peu importe, la SADE continue comme si de rien était à remplir le lac. Bien entendu lorsqu’on atteint la côte de 650 mètres, la montagne recommence à trembler. Bien sur, tout ce qui a été fait depuis le premier glissement de terrain, c’est une stupide galerie qui ne sert strictement à rien. On ne s’est absolument pas occupé du problème en lui même. Le glissement lui est toujours bel et bien là. D’un côté, on ne peut pas se permettre de faire monter l’eau trop haut mais d’un autre, on ne peut pas non plus attendre que ces stupides bureaucrates de Rome donne le permis. Il y a un chantier ici, non de dieu ! On ne peut pas non plus mettre tous les ouvriers au chômage !
 
Alors on continue. L’eau monte, respectant des calculs et des rythmes proposés par Müller, dans l’espoir de provoquer le détachement et l’éboulement progressif de petits blocs de roches et de terre. Comme vous les voyez, ils essaient de provoquer un glissement de terrain contrôlé. Le test suivant prévoyait des périodes de montée lente de l’eau, alternant avec des périodes d’arrêt suivies de vidanges partielles de l’eau introduite. Comme s'ils voulaient faire des chatouilles au rivage, le rendre sensible aux sollicitations et provoquer des tassements ou détachements contrôlés. Creusons, remplissons … creusons, remplissons … et voyons si le glissement … et ben non ! Il est contrariant ce glissement. Maintenant il se stabilise alors qu’au contraire il devrait … On pense que le glissement est stabilisé. Oui en surface mais en profondeur c’est une autre histoire.  
 
Alors on recommence à remplir et à vider avec insistance. On joue les apprentis sorciers avec la montagne. On la chatouille, on la titille, on l’agace. A force de jouer ainsi à « tirer pousser », le glissement finit par avancer brutalement de 6 mètres. Personne ne l’annonce officiellement mais la SADE met tout en œuvre pour désarticuler le glissement afin d’en provoquer la rupture dans l’espoir de le morceler en petits morceaux.
 
Mais malgré tous ces beaux efforts, le glissement ne se morcelle pas, il avance mais reste compact. Les ingénieurs commencent à perdre patience.  
- Mais vous n’avez pas l’autorisation de jouer ainsi avec l’eau !
- Bah ! L’autorisation finira bien par arriver un jour …
 
Et en effet, ils ont raison, l’autorisation de remplir le lac jusqu’à la côte 680 arrive le 23 décembre 1961 comme un joli cadeau de noël. De toute façon la SADE a déjà atteint ce niveau depuis deux mois.

n°6227967
hpdp00
Posté le 01-08-2005 à 22:29:04  profilanswer
 

FEYHOU a écrit :

- Pour ceux et celles qui se considèrent comme des lecteurs assidus de ce topic, le lisez-vous quotidiennement ou moins souvent?
** à peu près tous les jours
 
- Avez-vous de proches ou lointaines origines italiennes ou pas du tout?
** pas du tout
 
- Dans tous les cas, vous sentez-vous concernés, beaucoup, peu ou pas du tout par ce sujet?
** pas du tout, mais le sujet m'intéresse, curiosité
 
- Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans ce topic?
** et je t'en poses des questions moi?? :D
je ne sais pas, le style de l'auteur est plaisant, et il y a des aspects techniques et humains (et historique sur l'italie des années '50-60)
 
Vos réponses m'aideront surtout à améliorer ce topic et à le rendre encore plus attrayant pour d'autres lecteurs. C'est aussi un premier sondage d'opinion avant de me lancer complètement dans une traduction intégrale du récit, dans le but de le faire publier dans le futur. Merci d'avance. :jap:  :hello:
** n'essaye pas de faire venir du monde par de "l'animation", la trad devraient suffire par elle-même, si le sujet n'intéresse pas, inutile de les faire venir


au fait de trad, t'as pas intéret à partir en vacance avoir d'avoir fini, avis!!


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C'est une chose extraordinaire que toute la philosophie consiste en ces trois mots : "Je m'en fous".  
n°6229989
FEYHOU
Posté le 02-08-2005 à 10:54:56  profilanswer
 

au fait de trad, t'as pas intéret à partir en vacance avoir d'avoir fini, avis!!
 
Je te promets à toi comme aux autres lecteurs de faire le maximum pour ne pas avois à couper le récit en deux à cause des vacances. Ceci dit ce n'est pas si évident dans le sens où parallèlement à cette traduction, j'ai le devoir de terminer aussi tout ce que j'ai à faire au boulot ... du coup ça me fait de grosses journées. Très honnètement ce n'est pas gagné et ça me fait d'ailleurs très peur car je risque ainsi de perdre mes lecteurs ... :cry:

n°6230017
fouyaya
J'veux du soleil !!!
Posté le 02-08-2005 à 10:59:23  profilanswer
 

non mais jp ca va pas ? tu vas quand meme pas te rendre esclave de ce topic. Serieusement le topic peut attendre (d'autant plus que je vois la taquinerie d'hpdp  :D )
 

n°6231888
FEYHOU
Posté le 02-08-2005 à 14:56:27  profilanswer
 

fouyaya a écrit :

non mais jp ca va pas ? tu vas quand meme pas te rendre esclave de ce topic. Serieusement le topic peut attendre (d'autant plus que je vois la taquinerie d'hpdp  :D )


 
Bien sur qu'il y a de la taquinerie derrière tout celà mais je suis comme ça, j'aime pas laisser les choses trainer. Ceci dit je ne suis vraiment pas certain de pouvoir atteindre mon objectif sur ce coup là !!! Tant pis, ça attendra ... après tout si je prends des vacances c'est pour me reposer car j'en ai bigrement besoin! :sleep:  

n°6231948
_gilou_
foad
Posté le 02-08-2005 à 15:02:37  profilanswer
 

fouyaya a écrit :

jp un petit conseil de lisibilité pour un forum, pourrais tu aerer le texte car ca fait tres pavé.  :D


+12 tes messages bien que sans doute tres intéressanst sont quasiment illisbles en l'etat :/


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-= Association l'estafette [lestafette] =-
n°6233957
FEYHOU
Posté le 02-08-2005 à 18:29:35  profilanswer
 

_gilou_ a écrit :

+12 tes messages bien que sans doute tres intéressanst sont quasiment illisbles en l'etat :/


 
Je suis sincèrement désolé mais compte tenu qu'il s'agit d'un texte issu d'un bouquin, je peux difficilement faire mieux. Depuis la première remarque qui m'avait été faite à ce sujet, je me suis mis à respecter scrupuleusement les paragraphes de la version originale ... Il faut reconnaitre que le support informatique n'est peut-être pas le plus adapté pour partager ce genre d'entreprise! Je fais de mon mieux en tous cas ...

n°6233966
FEYHOU
Posté le 02-08-2005 à 18:30:53  profilanswer
 

En m'excusant par avance de la taille du pavé, voici cependant l'épisode du jour :
 
 
Dès les premiers jours de novembre, on peut voir la digue telle qu’elle avait été imaginée par les ingénieurs. Comme je le disais plus haut, la commission signe l’autorisation le 23 décembre mais entre temps, l’ingénieur Carlo Semenza est décédé, demandant sur son lit de mort pardon à dieu et à la montagne si parfois il leur avait manqué de respect. Dans la foulée on s’empresse de construire à la hâte un petit refuge dans la montagne et on le baptise « Refuge Semenza ». Et oui parce qu’ici en Italie on ne se contente pas de dédier les refuges aux alpinistes, on les dédie également à ceux qui font du bien à la montagne. Vous savez ces personnes que les américains appellent « Pionniers » … ces personnes qui réussissent à penser en grand, à faire grand pour leur nation.
 
C’est vrai, ce sont des gens extraordinaires. Si vous en connaissez un en particulier et là je m’adresse spécialement aux dames qui ont épousé une personne d’une telle envergure ; n’oubliez pas de temps à autres de lui donner un coup de pieds dans les couilles histoire de le faire redescendre sur terre. Blague à part, si vous connaissez une telle personne, soyez bien attentifs car ces gens là ont besoin de vous, pour votre bien certes, mais surtout pour le leur. Donc en cette fin d’année 1961, un de ces hommes extraordinaires est mort car Carlo Semenza était extraordinaire. Je plaisante dans le but de l’exorciser, de le mettre en boîte.  
 
Carlo Semenza est mort, les rênes du pouvoir sont donc confiées à son adjoint qui s’appelle Biadene. Il entre dans la salle des commandes du Vajont pour la première fois au mois de janvier 1962. La tradition veut que les « élèves » soient moins brillants que les « maîtres » mais enfin … Ce monsieur là doit décider comment seront gérées les affaires avec ce barrage. Par un drôle de hasard, au moment où Biadene prend les commandes, la SADE et le ministère ont trouvé un compromis pour le moins surprenant. Le ministère renonce à envoyer la commission de contrôle au Vajont, la SADE se contrôle toute seule et fait parvenir ses rapports à Rome au service des digues.  
 
Un jour, Biadene contrôle les rapports qui sortent de ses services, à destination du ministère, et découvre que des techniciens zélés ont signalé : « des secousses sismiques relatives aux opérations d’immersion de la retenue ».  
- Mais vous êtes malades ? Qu’avez vous dit au ministère ?
- Avec les sismographes nouvellement mis en service, chaque fois que la montagne respire, on le voit sur les relevés.
- Mais ce sont des secousses légères !
- Oui mais nous devons en référer quand même aux autorités.
- Il est inutile d’alarmer les gens avec ça. Il s’agit là de secousses dues au tassement du terrain, si les secousses deviennent plus prononcées alors nous en réfèrerons au ministère. Tant qu’il s’agit de petite choses comme celles-ci, je veux que nous les gardions pour nous et que nous les gèrerions seuls.
 
Finalement les tassements durent jusqu’au mois d’octobre, c’est à dire jusqu’à la fin de ces fameux tests d’immersion. On enregistrait jusque là des secousses égales à deux ou trois degrés sur l’échelle de Richter. Selon les relevés conservés de l’époque, il y aurait eu 5 « tremblements de terre » en mars, 11 en avril, 17 en mai et 21 en juin. Cela signifie qu’à l’entrée de l’automne 1962, toutes les maisons de la vallée avaient les fondations touchées voire fissurées à la suite de ces secousses, y compris la caserne de gendarmerie flambant neuve.
 
Justement les gendarmes inquiets envoient un rapport à la préfecture. La préfecture demande une enquête au génie civil. Sans se dégonfler, le génie civil envoie une copie de l’unique étude géologique officielle réalisée par Giorgio Dal Piaz il y a 20 ans de cela. Bien sur l’étude en question est complètement obsolète et soufre de carences. Toutefois elle mentionne que la vallée peut être sujette à de fréquentes secousses sismiques dont l’épicentre se trouve dans le Frioul, dans d’autres vallées. Par exemple, quinze plus tard, le 6 mais 1976, une partie du Frioul fut victime de terribles tremblements de terre qui fit de nombreuses victimes et provoqua d’importants dégâts. Cependant, selon Caloi, seuls 20% des secousses enregistrées étaient imputables à l’activité même du barrage. D’après lui, les 80% restants seraient de l’activité sismique naturelle. La préfecture rassure ainsi les gendarmes qui ne semblent pourtant pas très convaincus.
 
 :hello:

n°6235121
fouyaya
J'veux du soleil !!!
Posté le 02-08-2005 à 21:33:37  profilanswer
 

FEYHOU a écrit :

Je suis sincèrement désolé mais compte tenu qu'il s'agit d'un texte issu d'un bouquin, je peux difficilement faire mieux. Depuis la première remarque qui m'avait été faite à ce sujet, je me suis mis à respecter scrupuleusement les paragraphes de la version originale ... Il faut reconnaitre que le support informatique n'est peut-être pas le plus adapté pour partager ce genre d'entreprise! Je fais de mon mieux en tous cas ...


 
pas de souci, on sait que tu fais de ton mieux, l'idée des paragraphes similaires à la version est beaucoup plus agréable par rapport au début, apres le support informatique est tel qu'il est on peu pas faire plus. Merci encore pour ton boulot, et fait surtout comme tu peux surtout en fonction de tes occupations réelles. :jap:

n°6238169
FEYHOU
Posté le 03-08-2005 à 10:17:06  profilanswer
 

Merci Fouyaya, ça fait du bien de se savoir parfois défendu ...
De toutes façons, je me rend compte qu'effectivement je ne serai pas en mesure de terminer ma traduction avant de partir. Donc nous aurons le plaisir de nous retrouver à partir du 27 août sur ce topic. Avant celà je ferai en sorte de publier un nouvel épisode cet après-midi, un autre demain et le dernier vendredi soir ...
à + et encore merci :jap:

n°6238555
FEYHOU
Posté le 03-08-2005 à 11:10:38  profilanswer
 

Voici une partie de l'épisode du jour:
 
A ce propos, dans un second rapport les gendarmes font remarquer à la préfecture qu’en pratique, ils subissent des secousses sismiques deux jours sur trois, ce qui, bien entendu, est totalement anormal. La préfecture durci alors le ton et répond : « Gendarmes, faites fi de la pratique et mentionnez qu’en théorie, les sismographes de la digue ne relèvent aucune activité sismique ». Les gendarmes rétorquent qu’en pratique … Contentez-vous de la théorie !!! Ce n’est pas la terre qui tremble ce sont vos os. Désormais les choses sont claires, il faut nier les évidences et faire passer la population locale pour folle.  
 
Lorsque se termine le second essai d’immersion de la retenue, durant le mois d’octobre 1962, l’activité sismique cesse miraculeusement. Quel synchronisation ! En octobre donc, la SADE retire l’eau du barrage pour contrôler l’état du fond du lac après l’immersion, surtout que ces derniers temps, des secousses plus prononcées que d’habitude se sont fait ressentir. Mais selon eux, il n’y a pas à s’inquiéter.  
 
Pendant ce temps mais autre part, on procède à d’autres essais. On a fait des simulations à l’université de Padoue sur une maquette du Vajont au 1/200. C’est le brillant professeur Augusto Ghetti, titulaire de l’institut hydroélectrique de l’université de Padoue qui a dirigé les opérations. En réalité il s’agit là d’une maquette digne du petit train miniature avec lequel nous avons tous joué étant petits. On a simulé le lac avec une espèce de piscine de 22 mètres de long autour de laquelle on a disposé des talus recouverts de matériaux en glissement. On a simulé ce glissement avec des graviers ramassés dans la vallée du Piave, histoire de faire plus vrai et pour simuler l’accélération du glissement de terrain en cas de détachement de la masse, on a relié ces graviers à un petit tracteur agricole chargé de tirer l’ensemble au moment voulu.  
 
Bien sur c’est une vaste plaisanterie ! Qu’est ce qui ne va pas là dedans ? Et bien oui, il y a quelque chose qui ne va pas. Ce sont les graviers, bien évidemment ! Sur la maquette il roulent car ils sont trop légers et leur masse globale n’est pas compacte. Le glissement de terrain au Vajont en revanche est d’un seul bloc et il s’agit de roches, de terre et de végétation mélangés. Cela semble pourtant évident non ? Bah pas forcément pour des ingénieurs … Ce qui est encore plus grave, c’est que durant le procès qui suivra le drame, lorsque le juge leur demandera pourquoi il ont procédé à une simulation fausse ? Ils répondront tout simplement : « Ce sont les hydrauliciens qui nous ont dit de faire comme ça ! »
C’est affligent !
 

n°6241905
FEYHOU
Posté le 03-08-2005 à 18:00:38  profilanswer
 

Voici la seconde partie de l'épisode du jour. Les choses commencent à se préciser ...
 
Ce genre d’excuse bidon me rappelle fortement celle des criminels nazis au procès de Nuremberg. « Nous n’avons fait qu’obéir aux ordres ! » On ne connaîtra les conditions de ces simulations que plusieurs années après la catastrophe, lorsque la plupart des gens ayant trempé dans cette histoire seront morts. Et encore on nous dévoile l’expérience que par brides publiées ça et là dans des revues scientifiques très spécialisées. Les deux géologues auteurs de ces articles, Menotti et Valdinucci, mettent l’accent sur une chose : Le choix des matériels est d’une importance capitale pour reproduire, comme dans le cas présent, un phénomène de glissement de terrain qui comporte des roches stratifiées. En vérité, le fait d’avoir utilisé des graviers pour simuler le volume de roche, donne des résultats totalement différents de la réalité.
 
Durant le procès on demandera au professeur Ghetti :  
- « Pourquoi avez vous utilisé des graviers pour une telle expérience sachant que les résultats ne correspondraient pas ? »
- Je sais bien que les graviers ne reproduisent pas correctement les effets d’une masse rocheuse compacte, mais selon nos calculs, la vitesse du tracteur pouvait compenser le manque de cohérence de la masse.
 
Quelques années plus tard, une autre simulation sera réalisée à l’université de Nancy avec des plaques de béton vissées entre elles pour simuler la chute de l’éboulement du Mont Toc. Les résultats obtenus seront très proches de la réalité, contrairement à ceux obtenus à Padoue.  
 
Et pourquoi cette simulation a-t-elle été réalisée en France ? Parce que, au moment du procès, je juge avait besoin de ces éléments primordiaux pour dégager les responsabilités de chacun. Comme il ne pu trouver en Italie aucun institut en mesure de réaliser une telle expérience, il du se tourner vers la France. Les universités italiennes étaient tout à fait capables de la réaliser elles même mais il n’est guère aisé pour un directeur d’université de donner la preuve qu’un confrère, ou peut-être un ami a commis de graves fautes. Voilà tout l’étalage de l’extraordinaire sens civique de la communauté scientifique italienne.
 
Mais revenons à l’année 1962. Après deux ans d’expériences, le professeur Augusto Ghetti rend son rapport à la SADE : « Nous avons simulé la chute dans le réservoir du Vajont d’un amas rocheux de 200 millions de mètres cube, en deux fois … »
- Pourquoi en deux fois ?
- Parce que vu sa forme en M, il serait fort étonnant que l’intégralité de la masse rocheuse tombe en une seule fois.
- Il n’y a aucun risque que toute la masse descende d’un coup ?
- Aucun !
- Mais bien sur …
- Et nous avons vérifié que, à l’impact de cette masse rocheuse avec le réservoir, si l’eau se trouve à la côte 700, cela provoquerait une vague de 25 à 30 mètres.  
 
Si cela vous paraît peu, ça représente quand même un immeuble de 8 à 9 étages de hauteur d’eau. Mais bon, les villages sont plus hauts, donc pas de danger. Erto est à 780 mètres et Casso à 930. Si un tel phénomène devait se produire, on peut imaginer que quelques cabanes isolées pourraient être touchées, ainsi que la digue qui pourrait subir de faibles dommages. Mais le rapport du professeur Ghetti se poursuit :
 
Soyons toutefois attentifs au fait que, si vous avez l’eau au maximum du réservoir, disons 715 mètres, le même glissement provoquerait une vague dont la proportion serait infiniment plus grande, avec des conséquences désastreuses pour les agglomérations voisines ».
 
Voilà ce que tout le monde aurait du retenir !

n°6244432
Sp3ctr Ent​ite d'Or
Il a fait : Kapouéééé !
Posté le 03-08-2005 à 23:44:55  profilanswer
 

:hello:  :hello:  
 
1) Pour ceux et celles qui se considèrent comme des lecteurs assidus de ce topic, le lisez-vous quotidiennement ou moins souvent?  
Quotidiennement bien sûr  :)  
 
 
2) Avez-vous de proches ou lointaines origines italiennes ou pas du tout?  
Absolument aucune  :D  
 
 
4) Dans tous les cas, vous sentez-vous concernés, beaucoup, peu ou pas du tout par ce sujet?  
Concerné n'est pas le mot, mais totalement interessé par la progression de faits et de décisions stupides ayant lentement mené à une catastrophe prévisible, voire attendue.
 
 
5) Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans ce topic?  
Tout, le récit, les photos ...

n°6248095
FEYHOU
Posté le 04-08-2005 à 19:11:32  profilanswer
 

Chers lecteurs, voici l'épisode de ce jour:
 
Voilà six ans que cette « guerre » à commencé et c’est seulement qu’entre en scène la protagoniste : Longarone. Jusqu’alors on ne parlait que de petits villages comme Erto et Casso, d’expropriations de paysans hébétés … Seulement, maintenant on s’aperçoit que tout ce trafic pourrait bien menacer également Longarone. Cela peut paraître curieux lorsqu’on sait que Longarone est à plus de deux kilomètres derrière la digue. Comment est il possible que Longarone soit menacée ? C’est d’ailleurs pour ça que le professeur Ghetti a carrément négligé le paramètre Longarone dans sa maquette.  
 
Cependant le fait qu’il puisse arriver quelque chose à Longarone en cas de pépin sur le vajont était tout à fait plausible… Et savez vous ce que le professeur demande à la SADE en conclusion de son rapport ? Souhaitez vous financer une autre série d’expériences pour simuler les risques encourus par la ville de Longarone en cas d’anomalie sur le barrage ? La SADE répond gentiment « non merci » ! Alors le rapport est terminé, merci de votre visite et à bientôt … C’est ça à bientôt …
 
Après tout, la SADE a payé pour connaître les conséquences éventuelles du glissement de terrain sur ses installations, non sur les habitations civiles qui se trouvent autour. Le rapport final du professeur Ghetti est rédigé en deux exemplaires. Le premier est fourni au demandeur, c’est à dire la SADE, le second est conservé par le rédacteur, c’est à dire l’université de Padoue. En résumé un exemplaire est enfermé dans un tiroir à Venise, l’autre dans un tiroir à Padoue. Malheureusement aucune copie n’arrive sur le bureau du ministre, ni sur celle du président de la commission du service des digues et bien entendu il n’est publié sur aucune revue scientifique.
Rien ne met en évidence d’éventuelles conséquences sur Longarone. C’est une affaire privée entre la SADE et l’université de Padoue. Ce n’est que quelques jours après la catastrophe, qu’une assistante du professeur Ghetti remettra une copie de ce fameux rapport à la presse, ce qui fera éclater un scandale sans précédent. On y apprenait entre autre qu’une expérience avait démontré la présence de taches jaunâtres très évocatrices dans le lac et que la catastrophe semblait inévitable dès lors mais il était déjà trop tard … Le rapport mentionnait également un avertissement pour le moins alarmiste disant :  « Vous ne devez plus dépasser la côte 700 dans le réservoir, sinon vous ne serez plus en mesure de contrôler la vague qui résulterait d’un éventuel glissement de terrain ».
 
Cela paraît pourtant clair non ? Le professeur ajoute même : « On peut considérer que la côte 700 représente la sécurité absolue même dans des cas extrèmes … »
 
Au mois d’octobre 1962 donc, en parfaite synchronisation avec les essais d’immersion de la retenue, l’activité sismique cesse brusquement dans la région. Les techniciens de la SADE interprètent ces résultats comme des signes de tassements du glissement de terrain. Alors dans ces conditions rien n’interdit que l’on puisse procéder au troisième essai d’immersion qui sera la mise en eau définitive.  
 
L’automne 1962 est instable et même violent. Le 12 octobre s’ouvre le conseil écuménique Vatican Deux. Quelques jours plus tard Kennedy annonce au monde que Cuba est un arsenal russe. Sur ce, la flotte américaine investit les îles des caraïbes et le monde entier tremble. Mais cette tempête ne dure que quelques jours, le temps que les présidents américain et russe acceptent de parlementer. La retenue est basse et les habitants de la vallée semblent apaisés puisqu’ils n’entendent plus le Mont Toc gronder au-dessus de leurs têtes. Le temps est clair jusqu’en  novembre et on parle même d’été indien, c’est exceptionnel. Tout va pour le mieux alors on remplit à nouveau le lac.
Stop ! Le 6 décembre 1962 la loi qui décrète la nationalisation des entreprises hydroélectriques est publiée sur les journaux officiels.

n°6258666
vajont2005
Posté le 06-08-2005 à 19:58:10  profilanswer
 

Salve Jean Paul!!
 
Sono Tiziano, di Udine (http://www.wineathomeit.com/vajont2003/indice.html).
Due precisazioni, che ritengo doverose.
 
Dove lei scrive "Ce livre s'intitule "Sulla pelle viva" ce qui signifie litéralement "Sur la peau vive" ce que l'on pourrait traduire avec un peu plus d'élégance par "A fleur de peau"."
 
La lettura corretta di "Sulla pelle viva" (il concetto, cioè) è "Sulla pelle scorticata", ossia "Sulla carne viva".
Nel modo di dire locale, bellunese, sta a significare la esasperata sensibilità che avviene quando ci si trova senza la protezione dell'epidermide. Per capirci, come quando ci si ustiona una grande parte di epidermide (la "pelle", appunto).
prima che essa ricresca, ogni alito di freddo o di caldo, fa gridare di dolore.
 
Un'altra ragione di questo titolo scelto dalla Merlin (e di questa "sensazione" che essa prova) la troviamo nel libro di Mario Passi "Vajont senza fine", dove l'autore - un altro giornalista de "L'Unità come la Merlin - inviato sul disastro descrisse così i cadaveri che venivano recuperati: "erano come agnelli scuoiati". Si riferiva appunto alla completa mancanza di pelle (e capelli)di quei corpi, dovuto questo all'effetto dello spostamento d'aria.
Comprende quindi che la sua "traduzione" poetica  "A fleur de peau" risulta inesatta. "Sans le peau" è piu' aderente alla realtà, alla lettera e allo spirito dell'Autrice. Non trova??
 
Mario Passi e il suo libro: http://www.wineathomeit.com/vajont [...] PASSI.html
 
Saluto tutti voi e la ringrazio ancora.
 
P.S. = Credo sarebbe molto, molto interessante una sua traduzione in francese della storyboard di Marco Paolini, quella cioè che fa da traccia al suo monologo, e che puo' trovare QUI:  
http://www.wineathomeit.com/vajont [...] lini1.html
 
Tiziano Dal Farra, il bellunese a Udine.  mailto:inf251k1@ud.nettuno.it


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n°6266948
Marnie
Posté le 08-08-2005 à 13:22:25  profilanswer
 

Dunque una traduzione esatta sarebbe forse : "La chair à vif" ?


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Prison d'été, prison d'hiver, prison d'automne et de printemps, bagne pour petits et grands - Prévert, Le Roi et l'Oiseau
n°6272768
simchevelu
Oui mais non...
Posté le 09-08-2005 à 10:33:31  profilanswer
 

FEYHOU a écrit :

Chers lecteurs, voici l'épisode de ce jour:


 
 :bounce: merci JP, continue ! C'est vraiment du beau boulot ! :bounce:

n°6272824
_gilou_
foad
Posté le 09-08-2005 à 10:42:29  profilanswer
 

FEYHOU a écrit :

Je suis sincèrement désolé mais compte tenu qu'il s'agit d'un texte issu d'un bouquin, je peux difficilement faire mieux. Depuis la première remarque qui m'avait été faite à ce sujet, je me suis mis à respecter scrupuleusement les paragraphes de la version originale ... Il faut reconnaitre que le support informatique n'est peut-être pas le plus adapté pour partager ce genre d'entreprise! Je fais de mon mieux en tous cas ...


en effet. un livre n'est pas fait pour etre présenté sur un support informatique comme un site web. le mieux serait de présenter des morceaux choisi de ta traduction sur le topic, en les aérant par des sauts de ligne, puis, ta traduc finie, proposer un fichier du texte compler que les gens pourront imprimer puis lire "au calme".


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mood
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