fredomodian a écrit :
1) Les pores du latex.
D.Barlow avait, en 1977, avancé l'hypothèse de l'existence de certains pores dans la membrane de latex du préservatif pour expliquer que celui-ci ne protégeait apparemment pas contre les urétrites non gonococciques et les infections génitales à condylomata acuminata. Cette hypothèse a été reprise pour rendre compte d'infections à VIH acquises lors de rapports sexuels "protégés" par l'utilisation d'un préservatif. Certes, différentes études en laboratoire, in vitro, ont montré que les membranes de latex des préservatifs arrêtaient de façon efficace les agents des MST: Neisseria gonorrhoea, virus de l'herpès simplex type 2, cytomegalovirus, virus de l'Hépatite B, Chlamydia trachomatis. Cependant, ces résultats ont été mis en question - en particulier lors de la Vth International Conference on AIDS à Montréal - après que des préservatifs bien contrôlés, issus de fabricants connus, aient montré une perméabilité à des microsphères de taille supérieure à celle du VIH (6 préservatifs sur 69). La "Consumers Union", institution américaine spécialisée dans le test des produits mis en vente commercialement, a soumis à son étude une large variété de préservatifs provenant de différents fabriquants et a trouvé que certains présentaient des fuites substantielles, avec de nettes différences selon les compagnies productrices. De plus, les contraceptifs provenant d'un tiers des 41 manufactureurs présentaient certains degrés de détérioration. Carey et coll. ont observé le passage de particules de la taille du VIH au travers de 33% des membranes des préservatifs en latex qu'ils ont étudiées. Pour Gordon ces résultats montrent que les méthodes actuelles de contrôle de la qualité des préservatifs ne sont pas suffisantes pour que l'on puisse en déduire que ceux-ci sont réellement imperméables au VIH. Le VIH est en effet un organisme très petit (90 à 120 nm) (0,1 micron). Il est 60 fois plus petit que la bactérie qui cause la syphilis, et 450 fois plus petit que les spermatozoides. Ceci est en accord avec son passage au travers de filtres en polycarbonates de 0.1 à 0.2 µm de porosité . C'est du reste le fait que le VIH ait pu passer la filtration destinée à retirer les éléments micotiques et les bactéries du plasma qui amena les premiers chercheurs à identifier comme virus l'agent causal du SIDA. ll est clair que l'utilisation d'un préservatif de latex comme barrière de protection contre un virus pose un autre problème que celui de la prévention d'une infection bactérienne ou du passage de spermatozoïdes. L'efficacité de l'effet de barrière et l'intégrité des préservatifs en latex est testée au travers d'une épreuve de fuite. Pour les VIH, tout orifice plus grand que 0,10µ serait à considérer comme une fuite au travers de laquelle le virus pourrait passer. Mais la sensibilité du test de fuite pour de petits défauts de la membrane n'est pas très grande. On a calculé que le plus petit orifice détectable par ce test sous des conditions idéales devait mesurer 10-12 microns. Cette limite de sensibilité du test rend critique le problème des défauts des membranes des préservatifs. L'intégrité de la structure du latex dépend de la formation d'un film cohérent par coacervation et coalescence des particules de latex. Dans le latex naturel ces particules mesurent de 0.1 à 5 microns. Bien que l'on puisse supposer que la structure initiale capillaire du latex, d'avant lavage, traversée par des passages interstitiels, s'effondre lorsque le film sèche, l'examen en microscopie optique suggère la persistance d'une structure rappelant les particules originelles du caoutchouc. Cette structure se manifeste sous forme d'un réseau étendu de pores dans le matériel initial, obtenu par trempage dans un coagulant, avant que la membrane ne soit épaissie par apports de couches supplémentaires de latex . Ces pores ont des diamètres atteignant 1,5 microns, comme le montre les images en microscopie électronique. Le lavage par gel humide semble diminuer la porosité de la surface, suggérant que la structure poreuse est un reflet de la présence de résidus hydrosolubles qui empêchent la coalescence des particules de latex.
Les gants en latex produits par quatre manufactures différentes, examinés au microscope électronique, montrent des creux allant jusqu'à 15 microns de largeur et 30 microns de profondeur. C.M.Roland déclare avoir trouvé dans tous ces gants, sur des sections fracturées par congélation, de véritables passages de 5 µm de large, traversant toute l'épaisseur de la membrane. A ce témoignage de la microscopie électronique doivent être ajoutées les anecdotes relatant le passage de secrétions corporelles au travers des gants en latex portés par les médecins et les infirmières. Les chirurgiens, en cours d'intervention, enfilent d'ailleurs une paire de gants supplémentaire lorsqu'ils arrivent au niveau des tissus particulièrement exposés à l'infection, tels que les os. En se basant sur ces faits, les chercheurs ont recommandé aux personnes manipulant des éléments infectés par le VIH de porter deux paires de gants superposés. Une même recommandation a été faite en ce qui concerne les préservatifs. Donc, la présence de défauts dans le latex, due à la structure en particules de ce matériel, est bien établie, tant par le passage de microsphères de la taille du VIH que par la constatation, en microscopie électronique, de véritables failles . On dit que, puisque le VIH est associé aux spermatozoïdes, et puisque les spermatozoïdes ne passent pas au travers de ces "pores" du latex, trop petits, le VIH, lui non plus, ne peut pas passer. Ces "pores", même s'ils existent, n'auraient donc pas une telle importance. Mais ceci est trompeur. En fait le VIH est présent dans le sperme sous la double forme de l'association à des cellules (spermatozoïdes et leucocytes) et du virus libre . Anderson souligne qu'"il y a une grande chance pour que des virus VIH-1 sous forme libre, présents dans le sperme, puissent passer dans l'organisme du partenaire". Il est également dit qu'un préservatif asséché pourrait laisser passer le VIH (et d'autres virus) par ses pores, mais que l'humidification le rendrait imperméable au VIH, à cause de la tension hydrostatique qui empêche tout passage de particules. Le latex laisse cependant passer le virus de l'hépatite.
http://216.239.59.104/search?q=cac [...] atif&hl=fr
|