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Second tour Mélenchon - Le Pen, que faites-vous ?




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Auteur Sujet :

LFI - 6ème République, écosocialisme, paix - Free Palestine

n°18804674
Profil sup​primé
Posté le 12-06-2009 à 07:41:40  answer
 

Reprise du message précédent :
http://www.dailymotion.com/video/x [...] homag_news
 
Bon, une fois de plus on feint de ne pas savoir, dans ce reportage, que la loi européenne impose une proposition de reclassement. Mais ce qui est le plus singulier dans cette vidéo, c'est de constater le degré de soumission de cet employé qui le pousse à réfléchir et à argumenter en défaveur d'une proposition de toute façon inacceptable. Il évoque même la crainte d'un manque d'intégration. Une vidéo qui au delà de la monstruosité des délocalisations, se cache en réalité une formidable emprise de l'entreprise sur la conscience humaine, pour le meilleur et pour le pire...
 
Reportage surréaliste.
 

mood
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Posté le 12-06-2009 à 07:41:40  profilanswer
 

n°18805238
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 09:55:39  profilanswer
 


 
Oui, mais tes chiffres montrent en moyenne une corrélation entre chômage et protection. Ce qui est logique : plus le licenciement est difficle, plus l'embauche est difficile. C'est un fait fondé sur la rationalité du comportement humain. Il faut dès lors peut-être changer le mode de protection contre le chômage : protéger la personne (comme au Danemark) et non l'emploi. Ce que certains appellent déjà  la "sécurité professionnelle".
 
Par ailleurs la précarité de l'emploi, le besoin de flexibilité des entreprises s'expliquent largement (pas seulement) par leur sous-capitalisation : en cas de coup dur, elle n'ont pas de matelas pour encaisser le choc. On rejoint le problème général d'une économie fondée aujourd'hui beaucoup trop sur l'endettement et pas assez sur les fonds propres (l'épargne), çàd un capitalisme sans capital. Il faudrait réfléchir à gauche sur le moyen de favoriser le capital au détriment de la dette, ce qui sécuriserait les emplois. On aurait ainsi plus de CDI, moins de CDD et moins de chômeurs. Mais c'est une révolution conceptuelle à gauche où l'on a tendance à idolâtrer les relances de la consommation et à stigmatiser l'épargne et où l'on chérit les relances par l'endettement public ou l'endettement privé (via la baisse des taux d'intérêt) : on voit où ça nous mène... Précarité et crise financière.

n°18805412
moonboots
Posté le 12-06-2009 à 10:12:34  profilanswer
 

mais n'importe quoi

n°18805415
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 10:12:37  profilanswer
 


 
Bien sûr que c'est inacceptable : qui quitterait son pays, ses attaches pour un salaire moindre et un pays dont on ignore tout (la langue, la culture, les gens).
 
Mais, c'est un fait, certaines entreprises le proposent : on ne peut nier cette réalité. La question, au-delà de l'émotion, c'est de savoir : que fait-on ? si on interdit ces délocalisations, ça n'empêchera pas cette entreprise de licencier. Si on interdit le licenciement, on empêche les coûts de baisser dans ce secteur, ce qui empêche l'émergence de nouveaux secteurs en croissance et créateur d'emplois. En fait, il faut savoir que dans une économie en croissance, il y a forcément destruction d'emplois dans les secteurs à maturité qui réalisent de forts gains de productivité, et création ailleurs, dans les nouveaux secteurs : c'est la "destruction créatrice" (je n'ai rien inventé). Par exemple, avant la crise financière actuelle, il se créait en France 10.000 emplois par jour, compensés par la suppression de ... 10.000 emplois par jour. Ce jeu est iincessant.
 
En revanche, dans les sociétés sans croissance (par exemple les sociétés rurales traditionnelles), il n'y a pas de chômage car les mêmes activités sont reconduites de génération en génération, sans progrès technique. Croissance et recomposition des emplois sont donc liés : et c'est parce que les emplois se recomposent qu'il y a croissance.
 
Il y a donc un choix à faire entre chômage et croissance : soit moins de chômage de transition (en soutenant les entreprises en difficulté, en interdisant les délocalisations ou certains licenciements), mais avec une croissance plus faible (çàd par exemple des salaires et un niveau de vie qui augmentent moins vite), soit une plus grande croissance mais au prix d'un chômage transitoire (le temps de passer du secteur en déclin vers le secteur émergent) plus important.  
 
Pas facile d'avoir le beurre ( la croissance) et l'argent du beurre (la garantie de l'emploi dans la même entreprise). A la gauche de réfléchir sur cette difficulté.  

n°18805444
Quesque
Posté le 12-06-2009 à 10:15:41  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
..... Mais c'est une révolution conceptuelle à gauche où l'on a tendance à idolâtrer les relances de la consommation et à stigmatiser l'épargne et où l'on chérit les relances par l'endettement public ou l'endettement privé (via la baisse des taux d'intérêt) : on voit où ça nous mène... Précarité et crise financière.


 :bounce:  
Ces salauds de communistes sont en train de foutre le monde par terre !
 :jap:  :lol:  

n°18805515
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 10:25:04  profilanswer
 

Quesque a écrit :


 :bounce:
Ces salauds de communistes sont en train de foutre le monde par terre !
 :jap:  :lol:

 

En écrivant ça, je savais que j'étais maladroit, et que je susciterais ce type de réaction : un point pour toi, donc !  ;) . Je me suis mal exprimé en fait.

 

Je ne dis pas que la gauche est responsable de la crise des subprimes ou de la précarité. Je dis que les politiques qui favorisent la dette au détriment du capital favorisent les crises financières et la précarité des emplois : nuance. Car ces politiques ont été aussi bien pratiquées à gauche qu'à droite, aussi bien en France qu'aux Etats-Unis ou ailleurs. La droite en France est par exemple quasiment aussi keynésienne que la gauche : gauche et droite sont dirigées par des énarques qui à l'ENA n'apprennent en gros que la vulgate keynésienne ("quand la croissance ralentit, il fait relancer la consommation, baisser les taux d'intérêt, distribuer des allocations, financer des grands travaux..." ).

 

Cette emprise du keynésianisme est "récente" quand même. Avant 1936, la gauche n'était pas keynésienne, et pour cause... Le lien entre gauche et keynésianisme n'est donc pas si évident : il mériterait d'être questionné en tout cas. L'esprit critique, c'est remettre en cause ce qu'on croit etre des évidences, et non aduler les vaches sacrées.

Message cité 1 fois
Message édité par limonaire le 12-06-2009 à 10:26:49
n°18805531
Profil sup​primé
Posté le 12-06-2009 à 10:27:18  answer
 

limonaire a écrit :


Je dis que les politiques qui favorisent la dette au détriment du capital favorisent les crises financières et la précarité des emplois : nuance.


http://www.lemonde.fr/la-crise-fin [...] r=RSS-3208
tu veux peut être que je te rappel que la dite dette a baissée sous un gouvernement socialiste (ainsi qu'un certain nom commun: le chômage)
Les gouvernements favorisants le capital sont souvent ceux qui trouvent un intérêt à faire exploser la dette, prétextant par la même occasion a une réduction "salvatrice" des services publics et sociaux pour mettre ces dits services en pâtures aux entreprises privées, quand ils ne sont pas simplement annihilés

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 12-06-2009 à 10:34:35
n°18805641
moonboots
Posté le 12-06-2009 à 10:35:21  profilanswer
 

d'autant que c'est la droite qui a privatisé la dette publique et par conséquent qui l'a fait exploser, avec un simple intérêt sur la dette de bien plus de 1 000 milliards d'euros en 30 ans, mais bon on ne va pas reprendre point par point ce qu'affirme Limonaire depuis quelques posts...    :/

n°18805712
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 10:40:22  profilanswer
 


 
Tu vas dans mon sens : la dette publique s'est réduite sous Jospin, et il y eu une baisse du chômage. Je ne dis pas autre chose.  
 
Mais j'ai une conception plus large de la dette : je parle aussi de la dette privée (des ménages et des entreprises). Il y a trop de dette privée et pas assez d'épargne/fonds propres/capital.
 
Quand à la droite, elle ne favorise pas le capital : elle favorise les riches, mais elle les fait s'enrichir plus par la dette que par le capital. On voit bien que sous la droite, la dette publique explose ainsi que la dette privée (voir les années Bush aux Etats-Unis)
 
On est donc d'accord : il faut moins de dette et plus d'épargne.

n°18805734
moonboots
Posté le 12-06-2009 à 10:42:06  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Mais j'ai une conception plus large de la dette : je parle aussi de la dette privée (des ménages et des entreprises). Il y a trop de dette privée et pas assez d'épargne/fonds propres/capital


et en quoi la gauche favorise la dette privée stp ?

mood
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Posté le 12-06-2009 à 10:42:06  profilanswer
 

n°18805765
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 10:44:24  profilanswer
 

moonboots a écrit :

d'autant que c'est la droite qui a privatisé la dette publique et par conséquent qui l'a fait exploser, avec un simple intérêt sur la dette de bien plus de 1 000 milliards d'euros en 30 ans, mais bon on ne va pas reprendre point par point ce qu'affirme Limonaire depuis quelques posts...    :/


 
Je n'ai pas dit le contraire : relis bien ! Droite et gauche sont dirigées par des énarques qui ont les mêmes conceptions économiques keynésiennes. La droite est donc aussi responsable de la dette, publique et privée, que la gauche. Mais c'est bien le PS et le PG qui trouvent le plan de relance insuffisant et qui voudrait le quadrupler, çàd augmenter la dette publique ?

n°18805796
deedlit
Posté le 12-06-2009 à 10:45:52  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Bien sûr que c'est inacceptable : qui quitterait son pays, ses attaches pour un salaire moindre et un pays dont on ignore tout (la langue, la culture, les gens).
 
Mais, c'est un fait, certaines entreprises le proposent : on ne peut nier cette réalité. La question, au-delà de l'émotion, c'est de savoir : que fait-on ? si on interdit ces délocalisations, ça n'empêchera pas cette entreprise de licencier. Si on interdit le licenciement, on empêche les coûts de baisser dans ce secteur, ce qui empêche l'émergence de nouveaux secteurs en croissance et créateur d'emplois. En fait, il faut savoir que dans une économie en croissance, il y a forcément destruction d'emplois dans les secteurs à maturité qui réalisent de forts gains de productivité, et création ailleurs, dans les nouveaux secteurs : c'est la "destruction créatrice" (je n'ai rien inventé). Par exemple, avant la crise financière actuelle, il se créait en France 10.000 emplois par jour, compensés par la suppression de ... 10.000 emplois par jour. Ce jeu est iincessant.

En général j'suis assez régulièrement d'accord avec toi, en revanche là il ne s'agit pas tant d'un problème de délocalisation ou de croissance, mais d'une offre de reclassement inacceptable.
 
La législation oblige à une proposition de reclassement. Que faire? En l'occurrence, c'est assez simple, considérer que ce type de propositions n'entre pas dans le cadre d'un reclassement.  Cela forcera peut-être l'entreprise à trouver de vraies offres ou autres solutions, là, c'est clairement jouer avec l'ambigüité des textes.
 
Imagine une assurance auto qui doit, lors d'un accident de remplacer ton véhicule par un autre le temps des réparations ou du remboursement de la voiture. Elle remplace ta voiture par une.......  trottinette.  Ben oui, on doit remplacer un véhicule, mais on n'a pas précisé par quoi.  [:pingouino]

Message cité 1 fois
Message édité par deedlit le 12-06-2009 à 10:50:26
n°18805811
Profil sup​primé
Posté le 12-06-2009 à 10:46:47  answer
 

L'épargne implique un revenu moyen qui ne soit pas calculé par les lobbiystes de la grande distribution pour finir la fin du mois à +/-0.25€, le reste étant dépensé dans ces dites enseignes et pour les factures.
Ce qui induit forcement une vigilance accrue de la part de l'état de la répartition de l'argent des boites privées comme il est sacrement doué pour le faire sur le quidam.
Et surtout l'instauration d'un salaire plafonné

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 12-06-2009 à 10:51:53
n°18805813
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 10:46:54  profilanswer
 

moonboots a écrit :


et en quoi la gauche favorise la dette privée stp ?


 
Quand elle dit que depuis sa création la Bce praique des taux d'intérêt trop élevés qui empêcheraient les entreprises d'investir. La gauche plaide donc pour une baisse des taux qui pousserait les entreprises à s'endetter un peu plus, ce qui en cas de retournement de la conjoncture, les fragilise.

n°18805891
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 10:51:50  profilanswer
 

deedlit a écrit :

En général j'suis assez régulièrement d'accord avec toi, en revanche là il ne s'agit pas tant d'un problème de délocalisation ou de croissance, mais d'une offre de reclassement inacceptable.
 
La législation oblige à une proposition de reclassement. Que faire? En l'occurrence, c'est assez simple, considérer que ce type de propositions n'entre pas dans le cadre d'un reclassement.  Cela forcera peut-être l'entreprise à trouver de vraies offres ou autres solutions, là, c'est clairement jouer avec l'ambigüité des textes.
 
Imagine une assurance auto qui doit, lors d'un accident de remplacer ton véhicule par un autre le temps des réparations ou du remboursement de la voiture. Elle remplace ta voiture par une.......  trottinette.  Ben oui, on doit remplacer un véhicule, mais on n'a pas dit précisé lequel.  [:pingouino]


 
Inacceptable, je suis d'accord, je l'ai écrit. Moi-même je n'accepterais pas. Maintenant, si cette entreprise fait ça, c'est pour réduire ses coûts : si elle ne peut pas délocaliser, elle trouvera d'autres moyens (par exemple le licenciement). Et si tu l'en empêches, elle et d'autres, tu auras moins de croissance : ça ne me gêne pas forcément, je veux juste que chacun soit cohérent dans ses choix et sa logique. Refuser les licenciements, c'est refuser la hausse du niveau de vie à long terme : c'est pénible à écrire et à dire, mais c'est ainsi. Maintenant, on peut penser que notre niveau de vie nous satisfait et arrêter la course à la croissance...

n°18805930
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 10:54:54  profilanswer
 


 
Non, ça implique par exemple que les intérêts d'emprunt ne soient plus déductibles des bénéfices imposables, ou que l'Etat n'aspire pas toute l'épargne disponible en émettant des titres de dette très attractifs car théoriquement sans risque... C'est toute une culture fiscale et financière à remettre en cause.  

n°18805931
Profil sup​primé
Posté le 12-06-2009 à 10:54:56  answer
 
n°18806024
moonboots
Posté le 12-06-2009 à 11:01:49  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Je n'ai pas dit le contraire : relis bien ! Droite et gauche sont dirigées par des énarques qui ont les mêmes conceptions économiques keynésiennes. La droite est donc aussi responsable de la dette, publique et privée, que la gauche. Mais c'est bien le PS et le PG qui trouvent le plan de relance insuffisant et qui voudrait le quadrupler, çàd augmenter la dette publique ?


je n'ai pas entendu parler de ça, au contraire le PG veut réintroduire une progressivité de l'impôt, bref redistribuer, c'est le meilleur moyen de réduire la dette, d'autre part lorsque le PG défend le principe de la dépense publique il ne défend pas le principe de la dette en soi, c'est une nuance de taille, la dépense publique (bien menée) est une dépense intelligente, c'est un investissement qui rapporte à terme. Aujourd'hui je ne vois pas la droite investir dans les secteurs clés : éducation, recherche, santé, infrastructures... ceux qui rapporteront dans les décennies à venir. Au contraire ils coupent les robinets et menacent l'avenir de la France.

n°18806325
deedlit
Posté le 12-06-2009 à 11:22:58  profilanswer
 

limonaire a écrit :


 
Inacceptable, je suis d'accord, je l'ai écrit. Moi-même je n'accepterais pas. Maintenant, si cette entreprise fait ça, c'est pour réduire ses coûts : si elle ne peut pas délocaliser, elle trouvera d'autres moyens (par exemple le licenciement). Et si tu l'en empêches, elle et d'autres, tu auras moins de croissance : ça ne me gêne pas forcément, je veux juste que chacun soit cohérent dans ses choix et sa logique. Refuser les licenciements, c'est refuser la hausse du niveau de vie à long terme : c'est pénible à écrire et à dire, mais c'est ainsi. Maintenant, on peut penser que notre niveau de vie nous satisfait et arrêter la course à la croissance...

On est d'accord la dessus et personnellement je le conteste pas.
 
Mais, dans ce cas, cette proposition de reclassement, ça revient à un licenciement. Personne ne peut accepter ou alors un cas de temps en temps, le truc complètement anecdotique.  
 
Après, si on parle de cohérence, on ne peux pas se dire contre l'interdiction des licenciements et en même temps préférer tout (et en l'occurrence n'importe quoi) plutôt qu'un licenciement, même si je devine assez facilement que ce n'est pas ta position. C'est le prix à "payer", après cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire, formation, reconversion, fiscalité incitative ou pénalisante pour les entreprises etc etc. Encore une fois, on parlait d'un exemple précis.   ;)

Message cité 1 fois
Message édité par deedlit le 12-06-2009 à 11:23:31
n°18806456
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 11:32:26  profilanswer
 

moonboots a écrit :


je n'ai pas entendu parler de ça, au contraire le PG veut réintroduire une progressivité de l'impôt, bref redistribuer, c'est le meilleur moyen de réduire la dette, d'autre part lorsque le PG défend le principe de la dépense publique il ne défend pas le principe de la dette en soi, c'est une nuance de taille, la dépense publique (bien menée) est une dépense intelligente, c'est un investissement qui rapporte à terme. Aujourd'hui je ne vois pas la droite investir dans les secteurs clés : éducation, recherche, santé, infrastructures... ceux qui rapporteront dans les décennies à venir. Au contraire ils coupent les robinets et menacent l'avenir de la France.

 

J'ai entendu parler d'un plan de 100 milliards d'euros, soit 4 fois le plan Sarkozy (26 milliards). Pour le financement, il me semblait que c'était par la dette. Mais même si c'est en prélevant plus sur les hauts revenus, comme ce sont ces hauts revenus qui épargnent le plus, cela diminuera leur épargne. On retrouve le capitalisme sans capital. D'où moins de fonds propres pour les entreprises, un cycle économique amplifié et des emplois précarisés.

Message cité 1 fois
Message édité par limonaire le 12-06-2009 à 11:35:04
n°18806490
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 12-06-2009 à 11:34:24  profilanswer
 

deedlit a écrit :

On est d'accord la dessus et personnellement je le conteste pas.
 
Mais, dans ce cas, cette proposition de reclassement, ça revient à un licenciement. Personne ne peut accepter ou alors un cas de temps en temps, le truc complètement anecdotique.  
 
Après, si on parle de cohérence, on ne peux pas se dire contre l'interdiction des licenciements et en même temps préférer tout (et en l'occurrence n'importe quoi) plutôt qu'un licenciement, même si je devine assez facilement que ce n'est pas ta position. C'est le prix à "payer", après cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire, formation, reconversion, fiscalité incitative ou pénalisante pour les entreprises etc etc. Encore une fois, on parlait d'un exemple précis.   ;)


 
Oui, mais on voyait bien la généralité que l'on tirait de cet exemple précis. Les gens sont effrayés par les délocalisations alors que cela représente moins de 10% des suppressions d'emplois. Le chômage a d'autres causes.

n°18807170
moonboots
Posté le 12-06-2009 à 12:42:40  profilanswer
 

Le PG, du moins la gauche authentique, est en faveur de bénéfices réinvestis dans les salaires et l'investissement, plutôt que dans la rémunération des actionnaires et des hauts revenus, c'est absolument nécessaire au bon fonctionnement de l'économie, la crise actuelle vient en grande partie d'un grand déséquilibre en faveur de l'économie financière


Message édité par moonboots le 12-06-2009 à 13:08:17
n°18807300
W0r1dIndu5​tri35
Posté le 12-06-2009 à 13:00:08  profilanswer
 

limonaire a écrit :


J'ai entendu parler d'un plan de 100 milliards d'euros, soit 4 fois le plan Sarkozy (26 milliards).  


 
Sauf que c'est pour l'Europe. Donc tu ne peux pas comparer un budget européen à un budget français.
 

Citation :

Pour le financement, il me semblait que c'était par la dette.

 
 
Ils veulent aussi annihiler le secret bancaire et récupérer les 200 milliards de fraude fiscale qu'il y a en Europe chaque année. Si ces deux choses sont faîtes simultanément, le financement se trouvera assez facilement...

n°18811111
Profil sup​primé
Posté le 12-06-2009 à 18:42:40  answer
 

Une émission intéressante où ça parle du FdG
http://sites.radiofrance.fr/chaine [...] f613c0125f

n°18816510
Profil sup​primé
Posté le 13-06-2009 à 10:27:24  answer
 

limonaire a écrit :


 
Oui, mais tes chiffres montrent en moyenne une corrélation entre chômage et protection. Ce qui est logique : plus le licenciement est difficle, plus l'embauche est difficile. C'est un fait fondé sur la rationalité du comportement humain. Il faut dès lors peut-être changer le mode de protection contre le chômage : protéger la personne (comme au Danemark) et non l'emploi. Ce que certains appellent déjà  la "sécurité professionnelle".


 
Aurais-tu omis de lire ce que je notais juste au dessus du tableau, à savoir que tout le mythe du taux de chômage extrêmement bas des USA et plus généralement du modèle anglo-saxon reposait sur une falsification organisée du décompte des sans-emplois ?
 

Citation :

   Mais les gros titres, une fois encore, ne reflètent pas la réalité vécue par les Américains. A 5,0% en avril, en baisse par rapport à 5,1% en mars, le taux de chômage du Bureau US des statistiques de l’emploi est relativement bas selon les standards historiques.
 
    Cependant, le nombre d’Américains sans emploi mais en âge de travailler — c’est-à-dire d’hommes âgés de 24 à 54 ans — est historiquement haut, à 13,1%. La plupart de ces gens ne sont pas qualifiés de chômeurs ; pourtant, ils sont sans emploi”.
 
    “Pourquoi ces travailleurs potentiels n’apparaissent-ils pas dans les statistiques officielles ? En grande partie parce que la définition gouvernementale du chômage ne comprend que les gens qui n’ont pas d’emploi, ont cherché activement un poste durant les quatre semaines précédant l’enquête et sont actuellement disponibles.
 
    Elle ne tient pas compte des personnes travaillant en indépendant et ne trouvant pas assez de contrats, des personnes qui travaillent à temps partiel ou seulement à la commission, et des personnes sous-employées (comme les agents immobiliers travaillant comme serveurs ou les courtiers en prêts hypothécaires transformés en caissiers de supermarchés).
 
    Elle ne compte pas non plus ceux qui ont simplement abandonné la recherche d’emploi — une catégorie connue sous le nom de ‘travailleurs découragés’, que l’on définit comme des gens qui ne cherchent pas pour l’instant spécifiquement parce qu’ils pensent qu’il n’y a pas d’emploi disponible pour eux.
 
    Certains analystes affirment que cette catégorie bien particulière de chômeurs américains — qui pensent que leurs perspectives sont de plus en plus moroses, mais qui ne figurent même pas dans les calculs du taux de chômage — représente la triste situation de la main d’oeuvre du pays.
 
Selon les statistiques calculées par John Williams — une des principales sources de données économiques objectives — si l’on tenait compte des ‘travailleurs découragés’, le véritable taux de chômage d’avril est passé à 13,1%, en hausse par rapport aux 13,0% de mars. Voilà qui est récessionniste !”


 

n°18816525
Profil sup​primé
Posté le 13-06-2009 à 10:30:51  answer
 


 
Je me suis cogné l'émission en entier, elle n'est pas si intéressante que ça.  ;)  
 
Un débat PS gauche/ PS droite / libéral pur jus pour évoquer quelques minutes un absent, ça ne pouvait rien donner de bon.
 

n°18817073
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 13-06-2009 à 12:11:11  profilanswer
 


 
La situation n'est-elle pas la même en France avec des gens découragés de chercher un emploi, des étudiants qui n'en sont pas, des pré-retraites ou des dispenses de recherche d'emploi, les radiés des listes... ?  
 
Oh, et puis, John Williams, déjà que je ne l'aimais pas trop comme compositeur de musique de film, alors maintenant qu'il est statisticien tu penses... :D  

n°18817100
Profil sup​primé
Posté le 13-06-2009 à 12:16:25  answer
 

Donc quand les chiffres du chômage US sont bons, c'est parce qu'ils sont consignés par des bons statisticiens.
 
Et quand ils ne sont pas bons, ce sont les nôtres qui sont sous-évalués, c'est ça ?  
 
 
Dans ce cas tu évalues à combien notre chômage réel ?

Message cité 2 fois
Message édité par Profil supprimé le 13-06-2009 à 12:16:45
n°18817179
W0r1dIndu5​tri35
Posté le 13-06-2009 à 12:30:33  profilanswer
 


 
En 2008 (donc à présent, c'est pire) :
 
2,2 millions d'individus (chiffre officiel) étaient au chômage soit 8,8%.
 
Le chiffre officiel du chômage comptabilise seulement les personnes sans emploi immédiatement disponibles à la recherche d'un emploi à durée indeterminée et à temps plein (cat 1). Ils ne concerne plus que 49% des inscrits à l'ANPE contre 90% au début des années 80. Il ne prend pas en compte les 675 000 demandes d'emplois à temps partiel, à durée déterminée, saisonnier ou temporaire (cat 2 et 3), les demandeurs non immédiatement disponible (souvent en stage) ou pourvu d'un emploi (souvent aidé) (cat 4 et 5), les 657 000 emplois en activité réduite (cat 6, 7 , 8), les 411 800 dispensés de recherche d'emploi (demandeurs âgés), auquel il faut encore ajouter 79 000 préretraités.
 
En clair, le chiffre réel du chômage en France est de 4 millions soit 16,2%.
 
Bien entendu, cela n'inclut pas les personnes qui sont :
 
- Au RMI mais qui rechechent tout de même un emploi,
- Les personnes qui n'ont plus le droit de toucher le chômage car ils sont arrivé en fin de droit,
- Les jeunes de moins de 25 ans qui recherchent un emploi sans jamais avoir travailler (donc dans l'impossibilité de toucher des indemnités chômage) et ne pouvant pas, non plus, toucher le RMI.

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Message édité par W0r1dIndu5tri35 le 13-06-2009 à 12:53:34
n°18817300
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 13-06-2009 à 12:51:45  profilanswer
 


 
 
Je ne défends pas le modèle US, j'essaie de comprendre, c'est tout. Je ne prétends pas avoir la vérité...
 
Chez nous, je ne sais pas mais tu as 2 millions de chômeurs officiels et peut-être 3 millions de plus qu'on peut considérer comme du sous-emploi (radiés, étudiants qui prolongent leurs études faute de meiux, pré-retraites, temps partiel subi...). Ca fait une zone grise du sous-emploi de 5 ou 6 millions de personnes au total, à mon avis. Il faut bien voir que le taux d'emploi en France est plus faible qu'aux EU (63% contre plus de 70%). http://www.robert-schuman.eu/quest [...] ?num=qe-45  On travaille moins en Europe et moins longtemps, notamment parce que le travail est très taxé. Comme je l'écrivais l'autre jour, si l'on met une taxe sur les tomates qui en double le prix, il y aura moins de tomates sur le marché. C'est un peu la même chose pour le travail.  
 
Maintenant, c'est aussi un choix de société : on peut vouloir une meilleure qualité de vie (moins de temps de travail, plus de loisirs), et accepter plus de chômeurs, réels ou déguisés, plutôt que des travailleurs pauvres comme aux Etats-Unis. Je connais aussi des chômeurs qui vivent la période de manque d'emploi comme une pause pour se former, faire le point, souffler, s'investir dans le monde associatif. Le chômage n'est pas forcément un drame pour tout le monde, tout dépend des situations individuelles (quand on a un réseau, une famille, des amis, des projets, un logement dont on est propriétaire, on le supporte mieux). On se dit parfois qu'il vaut mieux être au chômage que d'accepter un boulot de con.  
 
On retrouve l'idée du revenu d'existence, pour permettre à chacun de se libérer de la recherche du travail à tout prix, pour faire autre chose qu'occuper un emploi marchand alimentaire. Peut-être un moyen de faire l'an O1 (  ;) ), de se construire soi-même et de prendre du recul par rapport au "système" qu'en être un rouage sans autonomie.


Message édité par limonaire le 13-06-2009 à 12:54:20
n°18817542
Profil sup​primé
Posté le 13-06-2009 à 13:31:03  answer
 

W0r1dIndu5tri35 a écrit :


 
En 2008 (donc à présent, c'est pire) :
 
2,2 millions d'individus (chiffre officiel) étaient au chômage soit 8,8%.
 
Le chiffre officiel du chômage comptabilise seulement les personnes sans emploi immédiatement disponibles à la recherche d'un emploi à durée indeterminée et à temps plein (cat 1). Ils ne concerne plus que 49% des inscrits à l'ANPE contre 90% au début des années 80. Il ne prend pas en compte les 675 000 demandes d'emplois à temps partiel, à durée déterminée, saisonnier ou temporaire (cat 2 et 3), les demandeurs non immédiatement disponible (souvent en stage) ou pourvu d'un emploi (souvent aidé) (cat 4 et 5), les 657 000 emplois en activité réduite (cat 6, 7 , 8), les 411 800 dispensés de recherche d'emploi (demandeurs âgés), auquel il faut encore ajouter 79 000 préretraités.
 
En clair, le chiffre réel du chômage en France est de [b]4 millions soit 16,2%.[/b]
 
Bien entendu, cela n'inclut pas les personnes qui sont :
 
- Au RMI mais qui rechechent tout de même un emploi,
- Les personnes qui n'ont plus le droit de toucher le chômage car ils sont arrivé en fin de droit,
- Les jeunes de moins de 25 ans qui recherchent un emploi sans jamais avoir travailler (donc dans l'impossibilité de toucher des indemnités chômage) et ne pouvant pas, non plus, toucher le RMI.


 
Il faut donc rajouter un peu plus d'un million de RMIstes, et des centaines de milliers de personnes qui n'entrent dans aucune des autres catégories (stage de "remise à niveau", stages d'orientation, stages "CV", en procédure de licenciement, marginaux, etc, etc,...). Sans parler des 400.000 sans papiers qui n'apparaissent nulle part (et dont une bonne partie travaille).  
 
A la fin de l'année, on approchera donc les 7 millions de personnes précaires en ce qui concerne la seule population active (sans parler des précaires qui possèdent un emploi, y compris en CDI avec des emplois non tenables sur le long terme ) qui compte un peu moins de 27 millions de personnes, soit 26% de précaires, soit plus d'une personne sur 4...
 
Pourtant, le PIB a cru de 71% en 26 ans.  
 
 
Est-ce finalement le bon modèle de société ?

Message cité 3 fois
Message édité par Profil supprimé le 13-06-2009 à 13:50:05
n°18817659
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 13-06-2009 à 13:48:31  profilanswer
 


 
Je dois filer. Je répondrai ce soir ou demain. Suspense... Tu as posé là une excellente question. Chabot peut aller se rhabiller. :D  

n°18817664
super_pour​ri
חירות, שוויון, אחוה
Posté le 13-06-2009 à 13:49:30  profilanswer
 

 

:ouch: mais que fait Besson ???!!!!!

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Message édité par super_pourri le 13-06-2009 à 13:49:38
n°18817741
Profil sup​primé
Posté le 13-06-2009 à 13:58:56  answer
 

super_pourri a écrit :


 
 :ouch: mais que fait Besson ???!!!!!


 
cela fait 0.63% de la population, et chaque année, on en expulse 0.047%, dont la plupart concerne une immigration illégale à proximité de nos territoires d'Outre-Mer et non la métropole.
 
On a donc là la démonstration que non seulement cette politique est contraire aux valeurs de la France, non seulement elle est vaine, inutile et couteuse (l'Espagne a choisi d'autres solutions => financement direct du retour au pays) mais surtout, la conclusion principale est:
 
Cette politique est exclusivement destinée à flatter l'aile droite de l'UMP ainsi que le FN.


Message édité par Profil supprimé le 13-06-2009 à 14:00:43
n°18820853
Profil sup​primé
Posté le 13-06-2009 à 21:10:37  answer
 

limonaire a écrit :


 
Je dois filer. Je répondrai ce soir ou demain. Suspense... Tu as posé là une excellente question. Chabot peut aller se rhabiller. :D  


 
Par contre, je te préviens, si c'est pour venir raconter que la hauteur des prélèvements est trop haute en France, je ne te lirai même pas  :o  
 
Il faudra tout de même que tu nous parles des + de 700 niches fiscales, des déductions fiscales qui soulagent uniquement la moitié des français qui ont la chance d'avoir un emploi et qui payent l'IR, des 74 milliards d'aides aux grosses entreprises, de la PAC qui méprise les petits producteurs,  des phénomènes de rente, du coût de l'armée, et surtout de la TVA qui est l'impôt le plus injuste qui soit.

Message cité 1 fois
Message édité par Profil supprimé le 13-06-2009 à 21:11:48
n°18820888
Profil sup​primé
Posté le 13-06-2009 à 21:13:45  answer
 

ah oui, limonaire, je sais que tu es un peu old-school, mais je ne t'ai jamais entendu parler d'écologie. C'est voulu ?
 
Peut-on tenter de partager la richesse en utilisant cet axe et comment ?
 
Tip: le Parti de Gauche a déjà de nombreuses solutions.
 

n°18824847
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-06-2009 à 13:06:27  profilanswer
 

W0r1dIndu5tri35 a écrit :

 

Sauf que c'est pour l'Europe. Donc tu ne peux pas comparer un budget européen à un budget français.

 
Citation :

Pour le financement, il me semblait que c'était par la dette.

 

Ils veulent aussi annihiler le secret bancaire et récupérer les 200 milliards de fraude fiscale qu'il y a en Europe chaque année. Si ces deux choses sont faîtes simultanément, le financement se trouvera assez facilement...

 

1- Non, non, pour les 100 milliards, il me semblait bien que c'était pour la France. Si tu as le temps de vérifier...

 

2- Si on récupère ces 200 milliards de fraude fiscale, sans diminuer à due concurrence les impôts sur les bas revenus, c'est assimilable à une hausse des prélèvements obligatoires. On sait ce que cela donne, passé un certain seuil : moins d'accumulation du capital, moins d'investissements, moins de croissance. Il faut bien voir le raisonnement : si certains planquent leur argent en Suisse ou sous-déclarent leurs revenus, c'est qu'ils trouvent la pression fiscale trop élevée. On peut les trouver égoïstes mais ils sont comme ça, et à moins d'un lavage de cerveau... Donc, ces individus investissent et créent des richesses en France car ils arrivent à se soustraire partiellement à l'impôt, ce qui préserve leur revenu net. Si tu fais une chasse à la fraude rigoureuse, ils vont trouver que la rentabilité de leurs investiissemenrts n'est plus assez élevée et que le jeu n'en vaut plus la chandelle : ils n'investiront plus, ou beaucoup moins, ou quitteront le pays. Moins de capital en France, d'où moins de productivité du travail (les deux sont liés) d'où moins de salaires distribués. C'est un choix, mais il faut en peser toutes les conséquences.

 


PS : a titre personnel, je trouve que je ne paie pas assez d'impôts. La pression fiscale ne me gêne pas. Seulement, tout le monde n'est pas comme moi. Je peux bien sûr traiter les autres de salauds ou d'égoïstes, mais cela ne fera pas avancer les choses. Ce qui pose d'ailleurs une autre question : la politique est-elle une affaire morale (il faudrait combattre les salauds et les égoïstes, ce qui suppose d'avoir défini une échelle de valeur et de distinguer le bien du mal) ou uniquement d'efficacité (choisir de façon pragmatique, utilitariste,  la politique qui permette le plus grand bien de tous) ? Question redoutable...

Message cité 5 fois
Message édité par limonaire le 14-06-2009 à 14:18:49
n°18825166
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-06-2009 à 13:56:45  profilanswer
 


 
26% pas tout à fait car des gens considérés comme inactifs (pré-retraités forcés, certains étudiants, les radiés...) seraient dans la population active si le marché du travail était plus actif. On peut peut-être estimer la population active réelle à 30 millions et non 27, d'où environ 20 % de sous-emploi.  
 
Ce chiffre est plus complexe à analyser qu'on ne le pense. Il faut le voir de façon dynamique et non statique. Si l'on a 20% de sous-emploi mais avec une durée moyenne de 3 mois dans cette situation, ce n'est pas bien grave : beaucoup perdent leur emploi mais en retrouvent un rapidement. Un jeune qui serait précaire quelque temps mais qui aurait l'assurance ensuite d'occuper un CDI durablement pourrait relativiser sa situation de précarité, celle-ci n'étant que temporaire et pouvant être perçue comme le prix à payer pour entrer dans le système. Si en revanche, la durée moyenne est de 3 ans, c'est plus embêtant. Avec des gens qui peut-être toute leur vie se retrouvent à naviguer entre chômage, temps partiel subi, formation bidon... Le fait est qu'en France on cumule chômage assez élevé et durée moyenne assez élevée.
 
Tu fais le parallèle entre croissance du PIB (71%) et persistance du chômage, ce qui pour toi est un paradoxe. Tu vis sur l'idée que la croissance résorbe le chômage et que c'est l'absence de croissance qui entraîne le chômage. J'ai déjà écrit ici que ce n'était pas si simple.
 
La croissance vient de nouvelles activités qui se créent et qui dégagent des rendements croissants, car ce sont des activités jeunes (informatique, télécom, activités financières, services à la personne). Or, à population constante, on ne peut créer ces nouvelles activités et y embaucher que si d'autres secteurs licencient : tu ne peux avoir 500.000 informaticiens de plus en France sans licencier 500.000 ouvriers par exemple, à population en âge de travailler constante. Si les industries gardent leurs effectifs ouvriers, on empêche de nouvelles activités d'émerger, au nom de la défense à court terme de l'emploi : le secteur informatique ne peut embaucher. Le problème bien sûr est qu'un ouvrier qui perd son emploi ne peut pas se reconvertir en un claquement de doigt. D'où dans les sociétés en croissance comme la nôtre un chômage de transition (bel euphémisme) qui peut pour certaines personnes durer longtemps. Mais sur longue période, ce chômage ne dure pas : par exemple, le France a multiplié par 14 sa productivité entre 1900 et aujourd'hui, sans que le chômage ne touche 90% de la population (et pourtant 7% des travailleurs de 1900, çàd 100/14, suffiraient aujourd'hui pour produire ce qu'on produisait en 1900 avec 100% de la population active). Les emplois agricoles ont en fait été remplacés, au cours du siècle, par des emplois industriels qui eux-mêmes aujourd'hui sont remplacés par des emplois de services.    
 
C'est ce qu'on observe aujourd'hui compte tenu du fort progrès technique (internet, automatisation...) mais aussi du progrès organisationnel (flux tendus, juste-à-temps). Le chômage est en partie le signe de forts gains de productivité, çàd d'une société en croissance, donc en mouvement. Par exemple, dans les années 2000, même les années où le chômage était stable, la France détruisait 10.000 emplois par jour dans les secteurs en déclin ou à maturité... et en créait autant, dans d'autres secteurs ou entreprises. A contrario, dans les sociétés sans croissance, où l'on retrouve les mêmes emplois de génération en génération (paysan de père en fils par exemple), il n' y a pas de chômage : mais ce sont des sociétés immobiles, comme les sociétés rurales traditionnelles, d'avant la révolution industrielle. Pas de chômage, mais pas de croissance des revenus non plus.
 
Cela dit, le chômage depuis 30 ans a fortement augmenté, dépassant ce chômage transitoire (ou frictionnel) défini plus haut. Il y a en fait une longue file d'attente de gens qui veulent travailler. Et la demande de travail par les entreprises qui elle est insuffisante. Or, la demande diminue souvent quand le prix augmente. C'est ce qui s'est passé pour le travail : le SMIC a été multiplié d'un facteur 4 en termes courants entre 1980 et aujourd'hui ( http://fr.wikipedia.org/wiki/SMIC ). Même en défalquant cette forte progression de l'inflation, le SMIC en termes réels a augmenté plus vite que la croissance du Pib et que la croissance des autres salaires (conséquence des coups de pouce). On s'étonne ensuite que les entreprises veuillent moins embaucher. Il n'est pas anodin de constater que ce sont les changements de règles d'indexation du salaire minimum (passage du Smig en 1950 au SMIC en 1968) qui ont entraîné l'apparition du chômage. Les Trente Glorieuses ont connu le plein-emploi non pas parce que la croissance créerait de l'emploi (on a vu plus haut qu'elle en détruit autant) mais parce que les salaires en bas de l'échelle étaient faibles, ce qu'on oublie de rappeler (ah, le mythe des Trente Glorieuses !).  
 
Augmenter le SMIC plus rapidement que la productivité du travail, comme on le fait depuis 30 ans,c'est l'assurance de créer du chômage : c'est pas drôle, moi aussi j'aimerais qu'il en soit autrement, mais c'est ainsi. Le seul moyen d'augmenter durablement les salaires, c'est donc d'accroître la productivité du travail : cela passe par l'accumulation du capital (çàd de l'épargne investie dans l'achats de machines ou la construction d'infrastrcutures publiques), par la formation et l'élévation du niveau de compétences de chacun, par la recherche, l'innovation, le dépôt de brevets, etc. Ce serait ça, une politique de gauche favorable à l'augmentation durable des bas salaires. Assorti d'une politique qui protège moins l'emploi que la personne (sécurité des parcours ou sécurité professionnelle)
 
Pardon d'avoir été un peu long et place au débat.

n°18825210
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-06-2009 à 14:03:56  profilanswer
 


 
Et pourquoi les prélèvements obligatoires ne seraient-ils pas, passé un certain stade un frein à l'embauche ?  
 
Pour le reste, j'ai déjà parlé des 65 milliards d'aides aux entreprises : il faut évidemment les supprimer, de même que les niches fiscales, et diminuer les impôts à due concurrence. Si cela se chiffre à 100 milliards, on pourrait diviser la TVA par deux, au moins.
 
Maintenant, il faut savoir que ces aides aux entreprises sont pour la moitié des dégrèvements de charges sociales pour compenser le passage aux 35h ou pour réduire le coût du travail des salaires proches du SMIC... Que la droite subventionne ses copains et ses électeurs, soit. Mais que la gauche ait pu le faire ! Je suis tout autant choqué que toi. D'autant que ces aides profitent plus aux grandes entreprises qu'aux petites...

n°18825292
limonaire
Savoir renoncer avec grâce
Posté le 14-06-2009 à 14:16:34  profilanswer
 


 
Bah, j'ai pas réfléchi à tout, et pas vraiment à l'écologie.  
 
Ce que je trouve drôle (enfin, non, je comprends en fait, bien sûr), c'est que pour toi, implicitement, le partage des richesses est consubstantiel à la gauche. Ce n'est pas pour moi une évidence. En 1789, la gauche de l'époque a aboli les privilèges, et proclamé l'égalité en droits, mais n'a pas proclamé ou promu l'égalité des conditions, la redistribution des richesses. C'est venu plus tard, bien plus tard, avec le socialisme. Mais, la gauche, est-ce uniquement le socialisme ? Est-ce uniquement le "droit à" (droit au logement, droit au travail, droit au revenu) ou le "droit de" ? et finalement la redistribution des richesses, au-delà d'un certain seuil, aide-t-elle vraiment, sur le long terme, les plus pauvres ? la gauche ne devrait-elle pas plutôt lutter contre les privilièges, les rentes, les monopoles, les professions protégées, les interdictions qui protègent ceux en place de la concurrence de nouveaux venus, issus des couches les plus populaires de la société ? Je pense qu'il y a moins de gens intelligents, créatifs, innovants chez les héritiers, qui ne se sont donnés que la chance de bien naître et qui n'ont pas eu besoin de donner le meilleur d'eux-mêmes, que chez les "déshérités" (au sens propre) qui ont tout à prouver.  
 

n°18825846
theredled
● REC
Posté le 14-06-2009 à 15:24:47  profilanswer
 

limonaire a écrit :

Il faut bien voir le raisonnement : si certains planquent leur argent en Suisse ou sous-déclarent leurs revenus, c'est qu'ils trouvent la pression fiscale trop élevée.  


Ou est-ce simplement parce que c'est une manière comme une autre d'augmenter son capital ?


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Contes de fées en yaourt --- --- zed, souviens-toi de ma dernière lettre. --- Rate ta musique
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