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    - [TU] Michel Sardou.
 

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Auteur Sujet :

[Politique LR ] 1er parti des municipales 2026 - Deal with it

n°11242653
Fructidor
Posté le 19-04-2007 à 21:24:26  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Je reçois aujourd'hui les professions de Foi de candidats. Elles commencent ainsi :
 
Sarko : JE VEUX ETRE LE PRESIDENT DE LA VALEUR TRAVAIL
Sego JE VEUX AVEC VOUS REHABILITER LA VALEUR TRAVAIL.
 
C'est une blague ou quuoi ?

Message cité 3 fois
Message édité par Fructidor le 19-04-2007 à 21:24:43
mood
Publicité
Posté le 19-04-2007 à 21:24:26  profilanswer
 

n°11242671
la questio​n
Posté le 19-04-2007 à 21:26:08  profilanswer
 

Fructidor a écrit :

Je reçois aujourd'hui les professions de Foi de candidats. Elles commencent ainsi :
 
Sarko : JE VEUX ETRE LE PRESIDENT DE LA VALEUR TRAVAIL
Sego JE VEUX AVEC VOUS REHABILITER LA VALEUR TRAVAIL.
 
C'est une blague ou quuoi ?


 
le mauvaise élève a souvent tendance à copier.[:cbrs]
 
P.S: sinon, président d'une valeur:[:blessure]


Message édité par la question le 19-04-2007 à 21:28:10

---------------
Le rôle d'un ministre [...] est-il de jouer avec les mots, les notions et les chiffres [...] pour sauver la mise de son patron qui lance une idée idiote par jour ?
n°11242675
pantalaimo​n
Posté le 19-04-2007 à 21:26:42  profilanswer
 

Fructidor a écrit :

Je reçois aujourd'hui les professions de Foi de candidats. Elles commencent ainsi :
 
Sarko : JE VEUX ETRE LE PRESIDENT DE LA VALEUR TRAVAIL
Sego JE VEUX AVEC VOUS REHABILITER LA VALEUR TRAVAIL.
 
C'est une blague ou quuoi ?


 
Royal sa proposition est extensive (avec vous)  :D  :D

n°11242699
Fructidor
Posté le 19-04-2007 à 21:29:37  profilanswer
 

pantalaimon a écrit :

Royal sa proposition est extensive (avec vous)  :D  :D


 
Mais Sarkozy dit "Ensemble" juste au dessus  tandis que Sego dit "les nouvelles règles"  ;)  

n°11242721
nicklaus57
Posté le 19-04-2007 à 21:32:34  profilanswer
 

Urinoir Desir a écrit :

Il a fait exprès de redoubler pour salir l'image de l'enseignement publique [:ocube]

Spoiler :

C'est une blague, hein, n'allez pas écrire un article sur Agoravox la dessus.



 
Il a dit ce matin chez JJG que c'est parce qu'il a eu trop de liberté d'un coup  :)

n°11242777
sisi38
Posté le 19-04-2007 à 21:38:50  profilanswer
 

Fructidor a écrit :

Je reçois aujourd'hui les professions de Foi de candidats. Elles commencent ainsi :
 
Sarko : JE VEUX ETRE LE PRESIDENT DE LA VALEUR TRAVAIL
Sego JE VEUX AVEC VOUS REHABILITER LA VALEUR TRAVAIL.
 
C'est une blague ou quuoi ?


Le travail...est-ce pour attirer les voix du (des ?) partie des travailleurs  :??:  
 

n°11242884
AKA44
YGBSM
Posté le 19-04-2007 à 21:48:37  profilanswer
 

Le travail c "in". :o

n°11242895
sisi38
Posté le 19-04-2007 à 21:49:31  profilanswer
 

AKA44 a écrit :

Le travail c "in". :o


L'immigration c'est "out"  :o  
 
je plaisante  :hello:  
 
 
 

n°11243128
Altarius
As de la digression
Posté le 19-04-2007 à 22:10:52  profilanswer
 

Citation :

Nicolas Sarkozy se présente en rempart contre "le pire"
...
 "C'est parce que j'ai voulu tous les débats que j'ai été injurié, insulté, traîné dans la boue par tous les adeptes du politiquement correct et de la pensée unique et par tous ceux qui, n'ayant rien à dire voudraient que les autres les imitent", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a fait mine de s'étonner de la capacité d'"invention" de ses adversaires.
 "Les insinuations, les procès d'intention, j'ai été étonné qu'on puisse en inventer autant me concernant", a-t-il dit. "Quand des candidats n'ont pas d'idée, pas d'argument, pas de conviction, quand ils ne croient en rien et que, de surcroît, ils ne travaillent pas, ils n'ont pas d'autres recours que l'insulte, le mensonge et l'insinuation. Je ne crois pas que les Français seront dupes de tels comportements."
 
 Il a de nouveau dénoncé la "repentance systématique", qu'il fustige depuis le début de la campagne - "La France n'a commis aucun génocide, la France n'a pas inventé la solution finale."


http://fr.news.yahoo.com/19042007/ [...] -pire.html
 
Non mais serieux   :lol:  
 
et il persiste avec le genocide et la solution final  :pfff:

Message cité 1 fois
Message édité par Altarius le 19-04-2007 à 22:11:10

---------------
Dsl pour les fautes - ne pas juger est une clé qui change le monde - Mensonge, propagande et manipulation, bienvenue chez les médias.
n°11243159
Prozac
Tout va bien
Posté le 19-04-2007 à 22:14:26  profilanswer
 

Urinoir Desir a écrit :

Competance =/= études.
 
On peut avoir fait des études modestes et être compétant (Comme sarko <3)
Ou avoir fait l'ENA et être une buse :o


Et on peut être compétent mais mettre ses compétences au service d'une idéologie à côté de la plaque
 
[:aloy]


---------------
La ligne droite n'est en aucun cas le plus court chemin entre deux points. Sauf, bien sûr, si les deux points sont bien alignés l'un en face de l'autre
mood
Publicité
Posté le 19-04-2007 à 22:14:26  profilanswer
 

n°11243164
muzah
Bal Musette @ HFR depuis 1997
Posté le 19-04-2007 à 22:15:07  profilanswer
 

http://muzah.free.fr/forum/fluffy-sarko-02.jpg


---------------
un instant monsieur ça-va-chier
n°11243386
toum_toum
Vivons masqués
Posté le 19-04-2007 à 22:34:42  profilanswer
 

Altarius a écrit :

http://fr.news.yahoo.com/19042007/ [...] -pire.html
 
Non mais serieux   :lol:  
 
et il persiste avec le genocide et la solution final  :pfff:


 
 
Il fait de la peine...
 
 
"Le projet du candidat de l'UMP c'est de prendre le pouvoir. Le mien, c'est de vous le rendre !" S.Royal


---------------
2026 : Stupid is still Norm
n°11243430
Altarius
As de la digression
Posté le 19-04-2007 à 22:38:10  profilanswer
 

Clair que c'est bien dit  :jap:


---------------
Dsl pour les fautes - ne pas juger est une clé qui change le monde - Mensonge, propagande et manipulation, bienvenue chez les médias.
n°11243578
Dantiste
Posté le 19-04-2007 à 22:48:00  profilanswer
 

P_erf_ide a écrit :

Pour satisfaire son ego surdimensionné [:yulara]

Prendre la revanche sur le père et l'assassiner : Tu quoque, fili...  


---------------
Mariupol, heroes forever. - Zelensky, Dudaev. - Boum !
n°11243645
chris-of-p​aris
Posté le 19-04-2007 à 22:52:30  profilanswer
 

toum_toum a écrit :

Il fait de la peine...
 
 
"Le projet du candidat de l'UMP c'est de prendre le pouvoir. Le mien, c'est de vous le rendre !" S.Royal


 
 
Parler de la "solution finale et de Genocide" en ponctuant par une phrase qui se veut incisive mais qui a pourtant de mauvais accents historiques et transpire de démagogie c'est pour le moins ironique.  
 
Gardons notre sang froid et arrêtons de parler de fachisme et tutti qanti concernant un candidat Républicain jusqu'au bout des ongles. Qu'on aime ou pas ses idées, là est le sujet, mais il n'est ni faciste, ni raciste. Ce sont des termes graves et souvent galvaudés.  
 
Le "tout sauf" est à réserver aux extremistes dangereux et pas forcément qu'à droite. Ca a de mauvais accents, là encore, de pensée unique : "pensez comme moi sinon [...]". Et c'est totalement puéril, vous ne mourrez pas si Sarkozy est président, il a été ministre de l'intérieur et il n'y a aucun Reich ou ratonnade à la Papon que je sache...
 

n°11243890
el muchach​o
Comfortably Numb
Posté le 19-04-2007 à 23:08:01  profilanswer
 

'tain, j'ai entendu le discours de Nicolarmes, j'en ai eu les larmes aux yeux :lol:

n°11244115
freestylor
Posté le 19-04-2007 à 23:23:20  profilanswer
 

Pourquoi France 2 rediffuse à 3 jours des élections un reportage sur l'économie souterraine en banlieue,déja passé en 2005?
Ce reportage présente plutot la politique de Sarko comme la solution et ça va sans doute décider pas mal d'indécis.
 
Une habile manière de recentrer le débat sur l'insécurité..
 
Les guignols de l'info ont ptetre vu juste tout à l'heure, en parlant des 72 heures de campagne pro Sarko!

n°11244126
jimmythebr​ave
Posté le 19-04-2007 à 23:24:37  profilanswer
 

reset.smith a écrit :

J'en connais pas mal qui ont virés de bord. A mon bouleau j'ai 2 collègues Sarkozystes qui s'en sont détournés. Le récent rapprochement avec Lepen les ont choqués semble t'il.
 
J'ai donc bon espoir que Sarkozy se prenne un rateau aux élections.


 
Aucune chance. Il gagnera. Il aurait eu un vrai adversaire en face, je dis pas, mais là c'est foutu.

n°11244137
Profil sup​primé
Posté le 19-04-2007 à 23:26:09  answer
 

jimmythebrave a écrit :

Aucune chance. Il gagnera. Il aurait eu un vrai adversaire en face, je dis pas, mais là c'est foutu.


 
 
+1 :jap:

n°11244152
Thordax
Shop smart. Shop S-Mart !
Posté le 19-04-2007 à 23:27:37  profilanswer
 

jimmythebrave a écrit :

Aucune chance. Il gagnera. Il aurait eu un vrai adversaire en face, je dis pas, mais là c'est foutu.


Oula, ne nous assurons de rien ! Tenir des propos si hâtifs relève de l'inconsience !
 
Enfin, je pense comme toi, cela dit (à mon grand dam) :/

n°11244159
Profil sup​primé
Posté le 19-04-2007 à 23:28:22  answer
 

Faudra voir son score dimanche...

n°11244164
Thordax
Shop smart. Shop S-Mart !
Posté le 19-04-2007 à 23:28:49  profilanswer
 
n°11244165
P_erf_ide
Posté le 19-04-2007 à 23:28:54  profilanswer
 

Thordax a écrit :

Oula, ne nous assurons de rien ! Tenir des propos si hâtifs relève de l'inconsience !
 
Enfin, je pense comme toi, cela dit (à mon grand dam) :/


Je croyais t'avoir convaincu [:klemton]

Message cité 1 fois
Message édité par P_erf_ide le 19-04-2007 à 23:29:14
n°11244173
Profil sup​primé
Posté le 19-04-2007 à 23:29:41  answer
 


Oui je sais on me le dit souvent.

n°11244178
muzah
Bal Musette @ HFR depuis 1997
Posté le 19-04-2007 à 23:29:51  profilanswer
 

L'article de l'hebdomadaire "Marianne" péché sur le site www.marianne-en-ligne.fr concernant Sarkozy.

 
Citation :


LE VRAI SARKOZY  

Ce que les grands médias n’osent pas ou ne veulent pas dévoiler

 

de Jean-Francois Kahn, avec Serge Maury, Philippe Cohen, Laurence Dequay et le service France de "Marianne"

 

Glaçant ! Il a dit glaçant. Mais s’il ne l’avait pas dit ?

 

Car enfin, sept jours avant que François Bayrou ne laisse tomber ce
glacial jugement, le généticien Axel Kahn avait déjà, dans Marianne,
agité le grelot. Ainsi Nicolas Sarkozy, qui, déjà (ceci explique cela),
voulait faire repérer chez les marmots de 2 ans les bourgeons de la
délinquance, avait pu, dans Philosophie Magazine, déclarer que, selon
lui, la pédophilie et le suicide des adolescents étaient d’origine
génétique, qu’on était en quelque sorte biologiquement programmé pour
la déviance ou l’autodestruction, que l’action éducative ou sociale n’y
pouvait rien, le rachat ou la miséricorde divine non plus - retour
terrifiant du concept eugéniste du gène du crime - sans que, pendant
dix jours, aucun journal quotidien ou hebdomadaire, aucune radio ou
télévision réagisse.

 

Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, avant la riposte bayrouiste,
notre confrère le Monde, que des dérapages de Le Pen qui allaient
beaucoup moins loin faisaient immédiatement monter au créneau, n’avait
même pas consacré 10 lignes réprobatrices à cette stupéfiante rémanence
de l’idéologie socio-biologique de l’extrême droite païenne. Comme s’il
était beaucoup plus dangereux de tacler le patron de l’UMP que de
stigmatiser le leader du Front national.

 

Comme si Sarkozy faisait peur.

 


Or cette sortie intervenait après l’annonce de la création, en cas
de victoire de la droite, d’un « ministère de l’intégration et de
l’identité nationale », annonce qui avait littéralement sidéré, et pour
cause, la presse allemande, et dont même l’extrême droite autrichienne
de Jôrg Haider avait tenu à dénoncer les « nauséeux relents ». Et,
surtout, après la série de furieuses philippiques, telles qu’on n’en
avait plus entendu depuis quarante ans, inimaginables dans quelque pays
européen civilisé que ce soit, relents de propagande stalinienne des
années 50 et de rhétorique fascisante d’avant-guerre, qui revenaient à
décrire les concurrents du leader UMP, qu’ils fussent centristes ou
sociaux-démocrates, comme les candidats protégeant les délinquants, le
vol et la fraude, donc du crime, les suppôts des voyous, les
représentants du parti des malhonnêtes gens et de la dégénérescence
morale, l’anti-France enfin, c’est-à-dire l’incarnation de la haute
trahison. Or, cela n’avait nullement empêché que Jean-Louis Borloo,
même malheureux comme les pierres, s’aplatisse ; que Simone Veil,
fût-ce de la plus mauvaise grâce possible, assure la claque et, dans un
premier temps au moins, que les médias, presque tous les grands médias,
s’écrasent.
Tant le personnage fait peur.

 


SES MOTS POUR LE DIRE

Pourquoi ? Parce que ses entreprises de séduction envoûtent. Parce
qu’il dispose, partout, et surtout dans les médias, d’amis dans la
place et très haut placés ? Ou parce qu’on redoute la brutalité de ses
réactions ?

 

La preuve par l’affaire Azouz Begag. La scène se passe en 2006 :
le ministre délégué à l’Egalité des chances, interpellé à propos de
quelques fortes saillies du ministre de l’Intérieur, s’excuse : « Je ne
m’appelle pas Azouz Sarkozy. » En guise d’agression, on a connu plus
destructeur ! Aussitôt, explosion de fureur de Sarkozy qui menace « de
casser la gueule de l’insolent » et lui hurle, par saccades rageusement
répétitives, qu’il est « un connard, un salaud, qu’il ne veut plus
jamais le voir sur son chemin ». On imagine, un instant, Malek Boutih
racontant, dans un livre, que Ségolène Royal lui a aboyé à la figure
que François Hollande allait « lui casser la gueule » parce qu’il
aurait osé murmurer : « Je ne m’appelle pas Malek Royal. » Aussitôt,
invitation sur tous les médias à raconter l’histoire, comme
l’ex-socialiste Eric Besson. Là, service minimum. C’est Sarkozy qui a
obtenu, comme toujours, le temps de parole. Pour expliquer que ce d
était là qu’infâme menterie. D’ailleurs, a-t-il expliqué sur iTélé, il
« croit n’avoir jamais rencontré Azouz Begag ». Surréaliste ! Depuis
deux ans, ils font partie du même gouvernement. On imagine ce que
signifierait le fait qu’effectivement, bien que siégeant sur les mêmes
bancs et participant aux mêmes conseils, Sarkozy ait refusé de voir
Begag !

 

Pour une fois, cependant, le démenti sarkozyen fait flop. Tout le
monde sait, en effet, que les mots que rapporte Azouz Begag sont les
siens et pas les pires ; que ces derniers jours, par exemple, il n’a
cessé de traiter de « connards » ses propres conseillers et animateurs
de campagne, accusés d’être responsables de la moindre difficulté de
campagne. Un article qui le défrise dans Libération ? Il téléphone au
propriétaire, qui est un ami : « Vous êtes un journal de merde ! Avec
des journalistes de merde ! » Il refuse, contrairement à Royal et à
Bayrou, pourtant très maltraité par Libé, de se rendre dans ce journal
pour un entretien avec la rédaction : « Libé n’a qu’à se déplacer ! ».
Il considère qu’il n’a pas été reçu à France 3 national avec les
honneurs qui lui sont dus. A l’adresse de la direction il hurle : « Si
je suis élu, je vous ferai tous virer ! »

 


INSULTES...

C’est d’ « enculés » que se font traiter les confrères d’une radio
qui lui ont apparemment tapé sur les nerfs... qu’il a sensibles. Il
soupçonne un journaliste d’être favorable à François Bayrou. « Ils
couchent ensemble », commente-t-il. Evoquant certains de ses
adversaires, il prévient, carnassier : « je vais tous les piquer. Les
niquer ! » Plus macho, tu ouvres un harem. Parlant de Michèle
Alliot-Marie, qu’il soupçonnait, à tort, d’avoir joué un rôle trouble
dans l’affaire Clearstream, ne l’appelle-t-il pas « la salope » ?
L’économiste et expert financier Patrick Artus critique certaines
propositions du candidat UMP Il reçoit aussitôt un mail de son chef de
cabinet « On s’en souviendra ! » Même expérience rapportée par un
industriel qui eut le malheur de déplaire « On se retrouvera. On est
pour moi ou contre moi ! » « Je n’ai jamais été confronté, raconte ce
patron, à un entourage aussi agressif, aussi belliqueux. » Pourquoi le
préfet Dubois, responsable des relations presse de la Préfecture de
police, est-il débarqué du jour au lendemain : parce qu’il aurait
ricané des ennuis conjugaux du ministre !

 

Une enquête télé avait été réalisée dans les Hauts-de-Seine. Elle
montrait l’incroyable pesanteur des pressions (avec carotte et bâton,
promesses et chantage) qui se sont exercées sur les élus UDF de ce «
Sarkoland » pour qu’ils lâchent Bayrou. V enquête en question a été «
trappée », comme on dit, sur ordre de la direction. Elle aurait déplu !
Sur une radio, interdiction a été faite à un confrère de rappeler,
statistiques à l’appui, que le bilan du ministre en matière de sécurité
n’est pas bon. Ça eût dérangé !

 


IL N’A PLUS BESOIN D’INTERVENIR

Or, comme on ne prête qu’aux riches, on soupçonne systématiquement
Sarkozy d’être intervenu. Mais, le plus souvent, ce n’est pas le cas.
Ce n’est pas la peine. Il n’a même pas besoin. Quand Paris Match avait
publié un reportage sur les amours new-yorkaises de Cécilia et de son
chevalier servant, il avait, effectivement, proclamé à la cantonade
qu’il aurait la peau du directeur de la rédaction, Alain Genestar. Mais
il en resta là. Mieux il obligea Arnaud Lagardère à attendre plusieurs
mois avant de le virer. Au Journal du dimanche, mieux encore : parce
qu’il avait appris qu’on s’apprêtait à virer le directeur de la
rédaction du journal, soi-disant pour lui complaire, il n’intervint
cette fois, après avoir reçu et sans doute retourné le confrère, que
pour exiger qu’il reste en place. Il a même tenu à donner son avis sur
la journaliste politique que devrait embaucher une radio et sur le
directeur que ne devrait pas engager Libération ! Ne prend-il pas un
malin plaisir à lancer aux journalistes qui lui font cortège : « je
connais très bien votre patron. Je sais ce qui se passe dans votre
rédaction. »

 

On s’interroge donc : outre ses très fortes accointances avec les
grands patrons des groupes de médias, est-ce la crainte qu’il suscite,
la peur des représailles s’il est élu, qui expliquent cette relative
impunité dont bénéficie Sarkozy quand il tient des propos ou prend des
initiatives qui, venant de Le Pen ou de Ségolène Royal, provoqueraient
une irruption réprobatrice dans le landernau ?

 

Pourquoi toutes ces angoisses affichées en privé, peut-être
excessives, mais qui ne s’expriment jamais en public : cette star de la
télévision évoque, en cas de victoire du candidat UMP, « un risque de
contrôle quasi totalitaire des médias » ; cette consœur de LCI se dit «
terrorisée à l’idée d’une présidence sarkozyste » ; cette journaliste
du Figaro, qui connaît bien le candidat, et livre une description
effectivement assez dantesque de son caractère. Mais pas question de se
dévoiler. Il fait peur. « Ma rupture avec lui, confie Jean-François
Probst, ex-secrétaire général adjoint du RPR des Hauts-de-Seine et
collaborateur de Charles Pasqua, c’est le gaullisme. Je voulais,
j’espérais qu’il serait l’homme de rassemblement. Or, il ne cesse de
semer la division. Et j’ai passé l’âge de me laisser impressionner par
un Hortefeux hystérique. » Mais les autres ?

 


LES CONFRÈRES ETRANGERS OSENT, EUX !

Les confrères étrangers, eux, n’ont évidemment pas ces pudeurs. Le
correspondant à Paris d’une radio suédoise interroge tout de go : «
Sarkozy ne représente-t-il pas un risque de dictature ? » Un
journaliste de la télévision croate qui a suivi le candidat dans ses
pérégrinations en dresse un portrait, d’ailleurs exagéré, à faire
dresser les cheveux sur la tête. Le Süddeutsche Zeitung Munich dépeint
« un macho sans scrupule et brutal qui joue avec la peur des gens ». Le
Frankfurter Allgemeine Zeitunglui décerne le prix de « l’homme
politique le plus ambitieux et plus impitoyable d’Europe qui n’a pas de
vraie conviction, mais s’aligne sur l’humeur du peuple ». Le quotidien
espagnol El Pais voit en lui un héritier populiste des «
régénérationnistes de la droite espagnole de la fin du XIX> siècle
». Le Tageszeitung de Berlin (de gauche, il est vrai) décrit un George
Bush tricolore qui veut imposer en France l’idéologie de la droite
néoconservatrice américaine. La presse italienne insiste sur sa
proximité avec la droite postfasciste de la péninsule (qui s’est, avec
Gianfranco Fini, ouverte à la modernité). Si la presse conservatrice
britannique identifie volontiers, avec admiration, Sarkozy à Mme
Thatcher, la plupart des journaux européens, en particulier
scandinaves, l’assimilent plutôt à un aventurier néobonapartiste qui
représenterait une grave menace pour la démocratie.

 

LA PEUR DE LA TRAPPE

En France, en revanche, tout se passe comme si ce type d’analyse
était indicible. On n’ose pas. On a peur. De quoi ? Des représailles si
Petit César l’emporte ? De la trappe qui s’ouvrira aussitôt ?

 

Celle qui s’est ouverte, par exemple, sous les pieds de la députée
UMP Nadine Morano. Elue de Lorraine, fervente sarkozyste, talentueuse
femme de tempérament, n ayant pas froid aux yeux, elle faisait partie
de la task force du candidat. Et, soudain, à la trappe !
Officiellement, parce qu’un reportage diffusé sur France 3 lui a
attribué un rôle un peu ridicule. Mais il se trouve qu’étant l’une des
rares à oser s’adresser avec franchise à son héros elle lui avait fait
remarquer que, entouré d’une nuée de courtisans qui passaient leur
temps à chanter ses louanges et sa gloire, il était devenu allergique à
la moindre remarque critique. Elle s’était en outre inquiétée de sa
tendance à s’immerger compulsivement dans les sondages qui lui
renvoyaient constamment sa propre image. Résultat : out ! « Cramée »,
disent les « bonnes camarades » de la pécheresse. Il fait peur.

 

Eh bien, il est temps de soulever cette chape de plomb. De braver cette conspiration du silence.

 

CATHERINE NAY ENTRE LES LIGNES

Il y a quelques mois, Guillaume Durand consacrait deux heures de
son émission « Esprits libres », au livre plutôt hagiographique de
Catherine Nay consacré à Nicolas Sarkozy. Les livres hostiles au
candidat UMP, assez nombreux, n’ont jamais eu cette chance. Or la
lecture de cet ouvrage, honnête malgré tout, laisse une impression
étrange. Certes il est censé vanter les qualités du « grand homme » ;
mais, en même temps, et au second degré, il en dresse un portrait
psychologique extraordinairement préoccupant : celui d’un homme dont
l’unique véritable sujet de préoccupation est lui-même, sa propre saga
et sa quête obsessionnelle du pouvoir. L’histoire qui le fascine, c’est
la sienne ; de l’humanité, il ne retient que sa part ; son ascension, à
quoi se réduit son seul idéal, débouche sur l’arrivée au sommet qui
constitue son seul rêve. Il ne lit qu’un livre, celui dont son ambition
constitue la trame. N’écoute qu’une seule musique, celle qui lui permet
sans répit de chanter son épopée. Aucune ouverture sur une autre
perspective que celle dont sa personne dessine l’horizon, sur un autre
monde que celui dont il occupe le centre.

 

Analyse-t-il les changements qui se produisent autour de lui, dans
la société ? Non... Mais, sans cesse, il revient sur le seul changement
qui l’obsède et rythme ses discours : son propre changement, dont il
fait comme un ressort. « C’est vrai, explique-t-il à Catherine Nay,
j’étais égoïste, dépourvu de toute humanité, inattentif aux autres,
dur, brutal... Mais j’ai changé ! » Sans cesse ensuite, au grand
désarroi de ceux qui l’idolâtraient quand il était, à l’en croire, si
mauvais, il fera l’aveu de tout ce que lui reprochent ses adversaires
pour mieux magnifier l’ampleur des métamorphoses par quoi il se
transcende. Quitte à se révéler, à l’usage, plus égotique et plus
brutal encore. Au philosophe Michel Onfray il déclare, dans Philosophie
Magazine : « Je vais peut-être vous consterner, mais je suis en train
de comprendre la gravité des choix que j’ai faits. Jusqu’à présent, je
n’avais pas mesuré. »

 


IL N’A PAS LE DROIT DE LE DIRE

Finalement, le livre de Catherine Nay, bien que non suspect de
malveillance, ne révèle-t-il pas une certaine folie et des pulsions
autocratiques chez cet homme qu’elle qualifie elle-même de «
bonapartiste » ? L hypothèse formulée suscite, aussitôt, une levée de
boucliers indignée sur le plateau de l’émission. On n’a pas le droit de
dire ça ! Verboten ! Le directeur du Point, Franz-Olivier Giesbert,
siffle le hors-jeu. Lequel Giesbert, pourtant, ne se gêne nullement
pour déclarer Dominique de Villepin passible de l’asile d’aliénés. Un
talentueux éditorialiste de droite convient, en coulisse, qu’il y a «
un vrai problème ! ». Halte là ! On n’a pas le droit de dire ça ! C’est
tabou !

 

Pourtant, sur toutes les ondes. Eric Besson, l’ex-responsable
socialiste, a pu expliquer que Ségolène Royal, Bécassine dangereusement
allumée, déjà comparée par Brice Hortefeux à Pol Pot, au fasciste
Doriot et à Staline, représente un mixte du maréchal Pétain et du
général Franco.

 

Concernant Chirac, Villepin, Le Pen ou José Bové, on peut
également tout oser. Ce n’est qu’à propos de Nicolas Sarkozy qu’on
n’aurait « pas le droit de dire ça ! ». Mais qu’en revanche il serait
loisible, comme Paris Match la semaine dernière, de lui consacrer, sur
des pages et des pages, des dithyrambes grotesques dignes de Ceausescu,
certains journalistes de ce magazine dussent-ils nous avouer qu’ils en
auraient « pleuré de honte », mais qu’on ne peut rien contre un ordre
d’en haut ! (L’Express a même fait, sur deux pages, ce titre ubuesque :
« Sarkozy : il gardera son calme. »)

 


ET, POURTANT, EN PRIVE, ILS LE DISENT

Tous les journalistes politiques savent, même s’ils s’interdisent
(ou si on leur interdit) d’en faire état, qu’au sein même du camp dont
Sarkozy se réclame on ne cesse de murmurer, de décliner, de conjuguer.
Quoi ? Ça ! Lui confier le pouvoir, c’est, déclara Jacques Chirac à ses
proches, « comme organiser une barbecue partie en plein été dans
l’Estérel ». Claude Chirac a, elle, lâché cette phrase : « J’aurais
préféré Juppé. Lui, au moins, c’est un homme d’Etat. » Le ministre
libéral François Goulard ne le dissimule pas : « Son égotisme, son
obsession du moi lui tient lieu de pensée. La critique équivaut pour
lui à une déclaration de guerre qui ne peut se terminer que par la
reddition, l’achat ou la mort l’adversaire. » Sa principale faiblesse ?
Son manque total d’humanisme. « Chirac, lui, a le souci des autres, de
l’homme. Sarko écrase tout sur son passage. Si les Français savaient
vraiment qui il est, il n’y en a pas 5 % qui voteraient pour lui. »

 

Un des plus importants hiérarques l’UMP, officiellement soutien
fervent d candidat (comment faire autrement ?) renchérit : « Sarkozy,
c’est le contraire l’apaisement. Chirac, vous verrez, on regrettera.
Lui, il n’a jamais eu de mots violents. » « Attention, met en garde le
minis de l’Agriculture, Dominique Bussereau, on va très vite à la
révolte aujourd’hui. « La France, c’est du cristal », dit, inquiet
Jean-Pierre Raffarin.

 

Dominique de Villepin a mis sa langue dans sa poche. Il n’en pense
pas moins... que Sarko « a loupé sa cristallisation » ; que « sa
violence intérieure, son déséquilibre personnel, l’empêchent
d’atteindre à hauteur de la présidence ». Les chiraquiens du premier
cercle, Henri Cuq (ministre délégué aux Relations avec le Parlement) ou
Jérôme Monod, le conseiller, ne veulent pas déroger à la consigne du
silence. Mais, en petit comité, les mêmes mots reviennent : « Ce garçon
n’est pas mûr. Il n’est pas fini. Il a un compte à régler avec la vie
qui le pousse à créer de l’affrontement partout, et non à rassembler. »
D’autres brodent « C’est un enfant qui n’atteindra jamais l’âge adulte.
» A quoi Roselyne Bachelot réplique : « Mais tous les hommes sont
immatures ! » On ne parle plus, on n’ose plus parler, comme hier - du
moins tout fort -, de « malfrat » ou de « petit voyou » (pourtant, ce
qu’on l’a entendu !). Mais, dans les coulisses de l’Elysée, on laisse
simplement tomber : « On fait confiance au peuple français ! » Et,
justement, il y a encore trois semaines, on se communiquait, en
jubilant, les sondages qui indiquaient une montée en puissance de
François Bayrou. Non point qu’on l’aime, celui-là, ce «
démocrate-chrétien jésuitique » mais, enfin, on ne va pas « laisser la
France tomber entre les mains de Catilina », dangereux aventurier
populiste romain dénoncé par Cicéron.

 

COMME UNE BANDE DES « CITES »

Un député UMP spécialiste des problèmes juridiques, eut le malheur
de s’opposer au ministre de l’Intérieur à propos des « peines plancher
». Il est, et reste, sarkozyste. Pourtant, il fait part de son
effarement. Cette simple prise de distance lui valut d’être désigné du
doigt, menacé de représailles, ostracisé parle clan avec une violence «
digne d’une bande des cités ». C’est d’ailleurs un ex-haut responsable
du RPR qui raconte : « En septembre 1994, aux journées parlementaires
de Colmar, alors que Balladur était donné gagnant par tous les
sondages, on eut affaire à la garde rapprochée de Sarkozy.

 

Elle respirait l’arrogance, elle y allait de toutes les menaces.
On disait aux députés restés fidèles à Chirac qu’il allait "leur en
cuire" »L’ancien vice-président du RPR des Hauts-de-Seine Jean-François
Probst confirme : « Sarkozy croit toujours, comme en 1995, qu’il peut
intimider les gens. Quand je l’ai rencontré, dans les années 80, il
avait déjà ses qualités - énergie, ténacité -, et ses défauts, dont
j’imaginais qu’il les corrigerait. Je pensais, notamment, qu’il
comblerait son inculture. Bernique ! Il n’a fait que courir d’une
lumière l’autre. Il est fasciné par ce qui brille, les nouveaux riches,
le show off, les copains à gourmettes même s’ils trichotent avec les
règles communes, Tom Cruise qu’il reçoit à Bercy, ébloui, et fait
raccompagner en vaporetto. »

 

Bien sûr, si les chiraquiens maintenus, les derniers
villepinistes, les ultimes vrais gaullistes, quelques libéraux ou
ex-centristes ralliés à l’UMP confient, à qui veut les entendre (mais
les journalistes qui les entendent n’en rapportent rien), que
l’hypothèse d’une présidence Sarkozy les terrifie ; qu’il y a « de la
graine de dictateur chez cet homme-là » ; que, constamment, « il pète
les plombs », de très nombreux élus UMP, les plus nombreux, sont
devenus des groupies enthousiastes de l’homme qui seul peut les faire
gagner et dont personne ne nie les formidables qualités de battant. Et
le courage. Mais même eux n’étouffent pas totalement leur inquiétude et
soulignent volontiers sa violence. « Oui, c’est vrai, reconnaît l’un
d’eux, il antagonise, il clive, il joue les uns contre les autres avec
la plus extrême cruauté. » « Il n’est vraiment totalement humain,
confie un autre, que quand il s’agit de lui-même. » « Il a un problème
de nerfs, de paranoïa, admettent-ils tous, mais il s’arrange, il mûrit,
il se densifie. » Voire...

 


UN LOURD SECRET

Donc, il y aurait, s’agissant du caractère de Sarkozy et de son
rapport à la démocratie, comme un lourd secret qui, au mieux, préoccupe
ses amis, au pis, angoisse ou affole ceux qui savent, un terrible
non-dit dont bruissent les milieux politico-journalistiques, mais que
les médias s’interdisent, ou se voient interdire, de dévoiler. Il fait
peur ! La gauche elle-même participe de cette occultation. Sans doute
s’attaque-t-elle à Sarkozy, parfois même avec outrance et mauvaise foi.
Mais que lui reproche-t-elle ? D’être de droite, ou même,
stigmatisation suprême, une sorte de « néoconservateur américain à
passeport français », comme le clamait Eric Besson avant de retourner
sa veste. Est-ce un crime ? La diabolisation de la différence est aussi
contestable venant d’un bord que de l’autre. Le débat démocratique
implique qu’il y ait une gauche, un centre, une droite, cette dernière
n’étant pas moins légitime que ses concurrents. De même qu’une partie
de l’opinion reproche au PS d’avoir trahi l’idéal socialiste ; de même
une autre partie, importante, estime que Jacques Chirac a blousé son
électorat en menant une vague politique de « centre gauche » et exige
un fort coup de barre à droite.

 

C’est cette aspiration « à droite toute » que Sarkozy incarne avec
énergie et talent. Le combattre n’exige nullement qu’on criminalise a
priori cette incarnation.

 


IL EST DE DROITE, ET APRES ?

Oui, Sarkozy, en son tréfonds - et même si on l’a convaincu de ne
plus rien en laisser paraître -, est « atlantiste » et entend rompre
avec la politique gaulliste d’« orgueilleuse » prise de distance à
l’égard des Etats-Unis. Oui, il se réclama de George Bush à l’époque où
celui-ci triomphait ; oui, il est le candidat quasi unanimement soutenu
par le CAC 40, le pouvoir financier et la très haute bourgeoisie ; oui,
ses convictions en matière économique et sociale en font plus le
disciple de Mme Thatcher que de Philippe Séguin ; oui, il se sent
beaucoup plus proche du modèle néolibéral anglo-saxon que du modèle
français mixte tel que l’ont façonné les gaullistes, les
sociaux-démocrates et les démocrates-chrétiens. Le publicitaire Thierry
Saussez, qui lui est tout acquis, explique que « sa manière de faire de
la politique renvoie à ce que les patrons et les salariés vivent dans
leurs entreprises ». Tout est business.

 

Mais, finalement, en tout cela, il ne se distingue guère des
droites européennes qui, comme lui, veulent démanteler l’Etat
providence et approuvèrent la guerre de George Bush en Irak.

 

Au demeurant, son pragmatisme, son cynisme même, son « populisme »
de tonalité bonapartiste, son intelligence instinctive, ne permettent
nullement de le décrire en ultralibéral ou en idéologue illuminé.
Enfin, même si sa proximité avec la droite néofranquiste espagnole ou
berlusconienne italienne n’en fait effectivement pas un « modéré »,
loin de là, et même si la rhétorique agressivement extrémiste qu’il
déroule, depuis quelques semaines, le déporte loin du centre, le
qualifier de « facho » ou de « raciste », comme s’y risque l’extrême
gauche, est une stupidité.

 

Pourquoi faudrait-il (à condition de ne pas abuser des camouflages
logomachiques comme le fait le champion UMP quand il cite jean Jaurès
ou multiplie les envolées « ouvriéristes ») que se situer à droite
constitue, en soi, un délit ? On accuse également Sarkozy, ici de
soutenir « l’Église de Scientologie », et là d’avoir promis à Chirac
une amnistie contre son soutien. Mais il n’existe aucune preuve. Donc,
on ne retient pas.

 

CETTE VERITE INTERDITE

Le problème Sarkozy, vérité interdite, est ailleurs. Ce que même la
gauche étouffe, pour rester sagement confinée dans la confortable
bipolarité d’un débat hémiplégique, c’est ce constat indicible : cet
homme, quelque part, est fou ! Et aussi fragile. Et la nature même de
sa folie est de celle qui servit de carburant, dans le passé, à bien
des apprentis dictateurs.

 

Oh, évidemment, cela se murmure, au point même de faire déjà, au
sein de la couche supérieure de la France qui sait, et au fond des
souterrains de la France qui s’en doute, un boucan d’enfer. Les
médiateurs savent, les décideurs le pressentent. Mais les uns et les
autres ont comme signé un engagement : on ne doit pas, on ne doit sous
aucun prétexte, le dire.

 

Etrange atmosphère que celle qui fait que, dans cette campagne
électorale, ce qui se dit obsède peu, mais ce qui obsède énormément ne
se dit pas ; que ce dont on parle au sein des médias et chez les
politiques, les médias, précisément, et les politiques n’en parlent pas
!

 

« Fou », entendons-nous : cela ne rature ni l’intelligence, ni
l’intuition, ni l’énergie, ni les talents du personnage. « Fou » au
sens, où, peut-être, de considérables personnages historiques le furent
ou le sont, pour le meilleur mais, le plus souvent, pour le pire.
Ecoutons ce que nous confie ce député UMP, issu de l’UDF,
officiellement intégré à la meute « de Sarkozy » : « On dit qu’il est
narcissique, égotiste. Les mots sont faibles.

 

Jamais je n’ai rencontré une telle capacité à effacer spontanément
du paysage tout, absolument tout, ce qui ne renvoie pas à lui-même.
Sarko est une sorte d’aveugle au monde extérieur dont le seul regard
possible serait tourné vers son monde intérieur Il se voit, il se voit
même constamment, mais il ne voit plus que ça. »

 


PLUS FORT QUE LUI...

Au fond, où est le mystère ? Sarkozy, c’est peut-être une qualité,
est transparent. Aux autres et à lui-même. Moins il regarde, plus il se
montre, s’affiche, se livre. D’autant, comme le reconnaît un
publicitaire qui a travaillé pour lui, qu’il ne sait pas se réfréner,
se contraindre. « Il est tellement fort, ajoute-t-il drôlement, qu’il
est plus fort que lui. » La raison ne parvient jamais à censurer son
tempérament. Prompt à interdire, il ne sait pas s’interdire. Quelque
chose en lui, d’irrépressible, toujours, l’entraîne au-delà. « Sur un
vélo, rapporte Michel Drucker qui a souvent pédalé à ses côtés, même
quand il s’agit d’une promenade, il se défonce comme s’il devait
constamment battre un record. »

 

Tous ses proches emploient spontanément la même expression : « Il
ne peut pas s’empêcher » Par exemple, de dire du mal de Chirac, même
quand la prudence exigerait qu’il s’en abstienne. Ainsi, en 1994, cette
salve : « L’électroencéphalogramme de la Chiraquie est plat. Ce n’est
plus l’Hôtel de Ville, c’est l’antichambre de la morgue. Chirac est
mort, il ne manque plus que les trois dernières pelletées de terre. »
Il ne peut pas s’empêcher, non plus, de se livrer à un jubilatoire jeu
de massacre en direction de ceux, de son propre camp, qui ne sont pas
de sa bande ou de sa tribu. « Jamais, peut-être, un leader politique
n’avait aussi systématiquement pris son pied- dixit une de ses victimes
au sein de l’UMP-à assassiner, les unes après les autres, les
personnalités de son propre camp pour, après le carnage, rester seul
entouré de ses chaouches. »

 

Après la défaite de 1995, ne s’est-il pas livré, dans le journal
les Echos, sous pseudonyme, à une descente en flammes de ses propres
comparses : François Fillon ? « Un nul qui n’a aucune idée. » Michel
Barnier ? « Le vide fait homme. » Philippe Douste-Blazy ? « La lâcheté
faite politicien. » Alain Juppé ? « Un dogmatique rigide. Fabius en
pire. » Quant à Villepin, il s’est plu, si l’on en croit Franz-Olivier
Giesbert, à lui promettre de finir « pendu au croc d’un boucher ».
Vis-à-vis des autres, fussent-ils des amis politiques, aucune tendresse
! Jamais !

 


IL SUFFIT DE L’ÉCOUTER

Sarkozy, il suffit, au demeurant, de le lire ou de l’écouter. De
quoi parle-t-il ? De lui. Toujours. Compulsivement.
Psychanalytiquement. Que raconte-t-il ? Lui ! Qui prend-il comme témoin
? Lui ! Qui donne-t-il en exemple ? Lui ! Il est, jusqu’au délire
parfois, sa propre préférence. Jamais hors « je ». Ce « je » qui, à
l’entendre, est forcément « le seul qui », « le premier à », « l’unique
capable de », « le meilleur pour ». Comme si l’univers tout entier
était devenu un miroir qui ne lui renvoie plus que son reflet, quitte à
entretenir constamment chez lui l’angoisse que le miroir lui dise un
jour, comme à la marâtre de Blanche Neige, qu’il n est « plus la plus
belle ».

 

C’est pourquoi, d’ailleurs - et même ses proches s’en effarent-,
il vit constamment immergé dans les enquêtes d’opinion, qui, plusieurs
fois par jour, ont pour objet de le rassurer sur l’évolution de son
image. Un argument ne passe pas ? On y renonce. Un mot fait tilt ? On
le répète à satiété. Une peur s’exprime ? On la caresse dans le sens du
poil. Le public veut des expressions de gauche ? On lui en servira. Une
musique d’extrême droite ? On la lui jouera. Il a même été jusqu’à
faire l’éloge de la violence sociale... des marins pêcheurs.

 

Il commande tellement de sondages qu’il est devenu le meilleur
client de certains instituts, qui, du coup, ont quelques scrupules à ne
pas satisfaire son contentement de soi. Il a même réussi à inspirer à
l’Ifop des sondages, publiés dans le Figaro, dont les questions
quasiment rédigées par son entourage (sur l’affaire de Cachan ou la
polémique avec les juges) ne permettaient pas d’autres réponses que
celles qui le plébiscitaient.

 


IL EST « LE SEUL QUI... »

Etrangement, si, constamment confronté à son reflet, il ne cesse
d’intervenir pour en corriger les ombres, sa capacité d’écoute (ou de
lecture) est extrêmement faible. Invite-t-il des intellectuels
médiatiques à déjeuner au ministère de l’Intérieur que l’un d’eux,
Pascal Bruckner (qui pourtant le soutient), explique que, loin de
s’imprégner de leurs analyses, il a pratiquement parlé tout seul. Reçue
par lui, la démographe Michèle Tribalat lui écrit « J’ai pu apprécier
votre conception du débat. Vous n’imaginez pas qu’un autre point de vue
(que le vôtre) présente un quelconque intérêt. » D’ailleurs, il refuse
les débats. Lors de ses prestations télévisées, on s’arrange pour qu’il
n’ait jamais de vrais contradicteurs pouvant exercer un droit de suite.
Le plus souvent, il choisit, d’ailleurs, lui-même les autres
intervenants.

 

Cette abyssale hypertrophie du moi, à l’évidence, entretient chez
Sarkozy cette hargne de conquête, de contrôle, cette boulimie de
pouvoir exclusif, le conduit à éradiquer toutes les concurrences
potentielles et à neutraliser, à étouffer contestations et critiques.
Il suffit, d’ailleurs, de l’écouter, mais aussi de le regarder « être »
et « faire ». Jamais il ne se résout à n’être qu’un membre, fût-ce le
premier, d’un collectif. Forcément l’unique, le soleil autour duquel
tournent des affidés. D’où sa prédilection pour un entourage de
groupies de grandes qualités et de grands talents, à la vie à la mort,
« une garde rapprochée » comme on dit, mais aussi de porte-serviettes
et de porte-flingues, de personnages troubles encombrés de casseroles
et de transfuges. Avec eux, peu de risques !

 

DOUBLE DISCOURS

Il y a, chez Sarkozy, une incroyable dichotomie du discours (ou
plutôt du double discours). Seul peut l’expliquer le fait que le
rapport à lui-même est, chez lui, à ce point central que cette
centralité de l’ego épuise en elle-même, et donc en lui-même, toute
contradiction. Ainsi, au lendemain de ses brutales tentatives de
criminalisation de ses concurrents, Bayrou l’ayant épinglé sur
l’affaire du déterminisme génétique, il déclare benoîtement « Un
candidat devrait s’abstenir de toute attaque contre ses adversaires ! »
Le jour même où il décide de jouer à fond, contre les candidats qui lui
sont opposés - et avec quelle violence ! -, la stratégie guerrière de
l’affrontement manichéen, il présente un opuscule dans lequel il
explique (sous la rubrique « J’ai changé ») qu’il eut, certes, sa phase
brutale, mais qu’il est désormais totalement zen et apaisé. Azouz
Begag, dans son récit, rapporte que, lorsqu’il osa critiquer l’emploi
du mot « racaille », le ministre de l’Intérieur hurla qu’il s’agissait
d’un scandaleux manque de solidarité gouvernementale, qu’il était
inconcevable qu’un ministre critique un collègue. Or, depuis des mois,
il avait lui-même déclenché un tir nourri contre Chirac et Villepin,
son président de la République et son Premier ministre.

 

D’une façon générale, il en appelle volontiers à une solidarité
sans faille des siens, tout son camp devant se mettre à sa disposition,
mais, pendant la crise du CPE, alors qu’il avait lui-même, le premier,
préconisé ce type de contrat de travail, non seulement il en pointa
soudain l’inanité et exigea son retrait, mais, en outre, il incita l’un
des leaders de la révolte estudiantine à « tenir bon ». Il s’agissait,
évidemment, d’achever Villepin.

 


COMME ON ASSASSINE TOUS LES CONCURRENTS...

A entendre les chiraquiens, même ceux qui se sont ralliés à son
panache, c’est lui, Sarkozy, qui, ministre du Budget de Balladur, lança
la justice sur la piste du scandale des HLM de Paris après que, dans
l’espoir d’un étouffement, l’industriel Poullain, le patron d’une
société de revêtement, e emmené le dossier à son lieutenant, Brice
Hortefeux. Objectif ? Abattre Chirac ! C’est lui encore,
prétendent-ils, qui aurait fait révéler, au Canard enchaîné, l’affaire
d l’appartement d’Hervé Gaymard, en qui voyait un adversaire.

 

C’est lui encore q fit distiller, dans la presse, de quoi faire
continuellement rebondir le feuilleton du scandale Clearstream
transformé e machine à broyer et achever Dominique de Villepin. Quand,
dans un grand meeting parisien, il lança que la victoire d oui au
référendum européen permettrait de sortir, enfin, du modèle social
fiançai n’était-il pas conscient qu’il favorisait de sorte le camp du
non et, par voie de conséquence, plombait le pauvre Jean-Pierre
Raffarin ? Autrement dit, soyez avec moi qui ai profité de toutes les
occasions pour être contre vous. En fait Sarkozy vit ses contradictions
comme une cohérente unicité de parcours dès lors que c’est lui,
l’unique, le point central, qui porte et justifie cette cohérence.
Ainsi, lorsqu’il accuse ses concurrents, de gauche ou centristes,
d’être les candidats de la fraude, de la voyoucratie et de la
dégénérescence morale, c’est le jour où Tapie, l’un des rares
affairistes qui lui manquait encore, se rallie à lui.

 

FAILLITE MORALE, DIT-IL

Quelle capacité d’auto-amnistie cela révèle !

 

Car, enfin, se faire, fût-ce en partie, offrir un luxueux
appartement aménagé par le promoteur qu’on a systématiquement favorisé
en tant que maire, et dans l’espace dont on a, toujours comme maire,
financé l’aménagement, est-ce un exemple d’attitude hautement morale ?
Permettre, après qu’on fut devenu ministre, à son ancien cabinet
d’avocats, en partie spécialisé dans les expulsions de locataires après
vente à la découpe, de continuer à porter son nom - société Arnault
Claude Nicolas Sarkozy-, ce qui s’avère d’autant plus intéressant qu’on
continue à détenir un gros paquet d’actions et à toucher des dividendes
-, est-ce le modèle même du comportement impitoyablement moral ?
Publier un livre consacré à l’ancien ministre Georges Mandel qui se
révèle, pour partie au moins, être un plagiat coupé-collé de la thèse
universitaire de Bertrand Favreau, certaines erreurs comprises, est-ce
la quintessence du moralisme intégral ?

 

Est-ce une moralité sans faille qui permit à Thierry Gaubert
d’organiser son vaste système de gestion arnaqueuse du 1 % logement
dans les Hauts-de-Seine à l’ombre des réseaux sarkozystes dont il fut,
un temps, l’un des principaux rouages ? Est-ce sous le drapeau de la
moralité qu’on envoya de gros clients très évasifs au banquier suisse
Jacques Heyer qui, d’ailleurs, consuma leur fortune (celle de Didier
Schuller en particulier) ? Les rapports d’affaires (ou de tentatives
d’affaires) avec l’intermédiaire saoudien Takieddine étaient-ils placés
sous le signe de l’intégrisme moral ? Le soutien constant apporté aux
intérêts du groupe Barrière dans les casinos et les machines à sous ne
fut-il dicté que par des considérations moralistes ? Pourquoi, enfin,
avoir promis de rendre public son patrimoine et être le seul à s’en
être abstenu ?

 


UN SYSTEME CLANIQUE

Sarkozy n’est pas du tout un malhonnête homme. Simplement il est,
fût-ce à son corps défendant, le pur produit d’un système, celui du RPR
des Hauts-de-Seine, dont Florence d’Harcourt, l’ex-députée gaulliste de
Neuilly, a crûment décrit l’irrépressible mafiosisation, renforcée par
le déferlement des flux financiers immobiliers générés par le
développement du quartier de la Défense, dont Sarkozy tint d’ailleurs à
présider l’établissement public.

 

Son suppléant, en tant que parlementaire, fut d’ailleurs le maire
de Puteaux, Charles Ceccaldi-Raynaud, puis sa fille qui, bien
qu’adjointe à la mairie de Puteaux, bénéficia en même temps d’un emploi
fictif à la mairie de Neuilly. Quand Sarkozy voulu récupérer son siège
de député, hop ! , on la nomma au Conseil économique et social. Devenu,
à tort ou à raison, le symbole d’une certaine « ripouïsation » d’un
demi-monde de politiciens locaux, Ceccaldi-Raynaud, petit dirigeant
socialiste en Algérie française, dû regagner précipitamment la
métropole à la suite des graves accusations dont il était l’objet, y
compris d’avoir toléré des mauvais traitements dans un camp de
prisonniers dont il était responsable. En France, élu de la gauche SFIO
à Puteaux, il passa à droite et, lors de l’une de ses premières
campagnes électorales, ses gros bras tuèrent un militant socialiste et
en blessèrent d’autres.

 

Ensuite, il traîna derrière lui tellement de casseroles (dernière
affaire : il est mis en examen dans une affaire de marché truqué de
chauffage urbain) qu’il devint une sorte de mythe. Sarkozy, ce qui
plaide peut-être en faveur de son sens de la fidélité, ne l’a jamais
lâché, même quand, ministre des Finances, il aurait pu ou dû. Quand la
fille Ceccaldi-Raynaud, députée-maire à son tour, mécontente des
critiques d’un journaliste blogueur, laisse publier sur le site de la
mairie une lettre laissant supposer une inclinaison infamante, Sarkozy
ne moufte toujours pas. Il resta pareillement fidèle à son grand ami le
député-maire de Levallois Patrick Balkany.

 

Quand ce dernier, archétype lui aussi du roi de la magouille
affairisto-municipale, employeur à son seul profit du personnel de la
mairie, accablé par la justice et accusé, en prime, de se livrer à des
fellations sur menace de revolver, écarté du RPR, est défié par un
gaulliste clean, Olivier de Chazeaux, qui soutint Sarkozy ? Patrick
Balkany. C’est-à-dire le délinquant. Notons que les Levalloisiens, par
suite d’une gestion que soutient Sarkozy, supportent une dette de 4 000
à 6 000 € par habitant. C’est, d’ailleurs, le cabinet d’avocats Sarkozy
qui défend, en autres, la mairie de Levallois, laquelle accumule les
contentieux.

 


QUI SONT SES SOUTIENS ?

Faut-il rappeler que ses principaux et premiers supporteurs dans le
monde politique ne furent et ne sont pas spécialement vêtus de probité
candide Alain Carignon, Gérard Longuet, Thierry Mariani, Manuel
Aeschlimann (150 procédures, 600 000 € de frais d’avocats par an) et
même Christian Estrosi n’ont pas précisément défrayé la chronique à
cause de la blancheur immaculée de leur curriculum vitae. Il paraît
même que Pierre Bédier en pince désormais pour lui.

 

Quant à son fan-club, qui prétendra qu’il n’est constitué que de
parangons de vertu : Doc Gyneco, chargé comme un sherpa, Johnny
Hallyday qui répudie la France pour ne plus payer d’impôts, comme
Jean-Michel Goudard, l’un de ses principaux conseillers en
communication, Antoine Zacharias, le Napoléon des stock-options ?

 

Certes, à l’image de Simone Veil ou de l’écrivain Yasmina Reza, de
très nombreuses personnalités de grande qualité, représentant tous les
milieux et toutes les professions, soutiennent également Sarkozy, y
compris certaines en provenance d’une haute intelligentsia réputée de
gauche, mais droitisée par leur soutien à la guerre d’Irak. Reste que
le profil de ses partisans les plus enthousiastes et les plus engagés,
y compris les plus faisandés des ex-petits marquis mitterrandolâtres,
ne font pas nécessairement de Sarkozy (dont il n’est pas question de
mettre en doute l’intégrité ou l’allergie à la déviance) le mieux placé
pour dépeindre l’ensemble de ses adversaires en défenseurs de la
fraude, de la délinquance et de la décadence morale.

 


« L’IDENTITÉ NATIONALE », PARLONS-EN...

Est-il, en revanche, fondé à se proclamer seul défenseur de «
l’identité nationale » ? Mais qui se déclarait « fier d’être surnommé
Sarkozy l’Américain » ?

 

Qui affirma, aux Etats-Unis, qu’il s sentait souvent « un étranger dans son propre pays » ?

 

Qui regretta que la France ait bran son droit de veto pour s’opposer à la guerre d’Irak ?

 

Qui stigmatisa, depuis l’Amérique « l’arrogance » dont aurait fait
preuve Dominique de Villepin lors de son fameux discours devant le
Conseil de sécurité de l’ONU ?

 

Qui, avant de confier au chiracoséguiniste Henri Guaino le soin de
rédiger ses interventions, opposa sans cesse le ringardisme du « modèle
français » à la modernité du modèle anglo-saxon ?

 

Nicolas Sarkozy pourrait d’ailleurs largement figurer dans la
rubrique « Ils ont osé le dire », tant ses propos, depuis quinze ans,
illustrent éloquemment tout ce qui précède, c’est-à-dire une dichotomie
rhétorique qui se cristallise dans l’unicité de son exaltation du moi !

 

Citons, presque au hasard : « Il y en a combien qui peuvent se
permettre d’aller à La Courneuve ? Je suis le seul [toujours le seul !]
à être toléré dans ces quartiers. Je suis le seul ! » « J’irai
systématiquement, toutes les semaines, dans les quartiers les plus
difficiles et j y resterai le temps nécessaire » (2005).

 

« Kärcher en septembre, 200 000 adhérents [à l’UMP] en novembre. » « Racaille, le vocable était sans doute un peu faible. »

 

« Vous savez pourquoi je suis tellement populaire ? Parce que je parle comme les gens » (avril 2004).

 

« Maintenant, dans les réunions publiques, c’est moi qui fais les
questions et les réponses et, à la sortie, les gens ont l’impression
qu’on s’est vraiment parlé » (le Figaro, mai 2005).

 

« Les gens qui habitent Neuilly sont ceux qui se sont battus pour
prendre plus de responsabilités, pour travailler plus que les autres. »

 

« Si je ne faisais pas attention, tous les jours je serais à la
télévision jusqu’à ce que les téléspectateurs en aient la nausée »
(1995).

 

« Le rôle du politique est de tout faire pour ne pas exacerber les
tensions. Plus la société est fragile, moins le discours doit être
brutal. La meilleure façon de faire avancer la société, c’est de la
rassurer, non de l’inquiéter La réforme doit être comprise comme un
ciment, non comme une rupture » (juillet 2006 dans Témoignages).

 

« Je n’aime pas étaler ce qui, finalement, appartient à ma vie privée. »

 

« La France souffre de l’égalitarisme et d’un état de nivellement. »

 

« Dans un monde où la déloyauté est la règle, vous me permettrez
d’afficher, de manière peut-être provocante, ma loyauté envers Jacques
Chirac » (juin 1992).

 

« Je refuse tout ce qui est artifice pour façonner à tout prix une
image, les photos avec femme et enfants, la success-story, vouloir se
faire aimer, poser en tenue décontractée. »

 

On nous dira, ensuite : il faut lui faire confiance, il faut le croire. Mais où est le filet de sécurité ?

 


LE VRAI DANGER

On évoque obsessionnellement le danger Le Pen. Il existe un risque,
en effet. Un terrible risque que, comme en 2002, le leader de l’extrême
droite déjoue tout les pronostics et porte ainsi un nouveau coup à
notre système démocratique. Mais tout le monde sait que Le Pen, lui, ne
sera pas élu président de la République. Heureusement, il ne dispose,
lui, contrairement à son adversaire - concurrent de droite (à l’égard
duquel il fait preuve d’une certaine indulgence), ni du pouvoir
médiatique, ni du pouvoir économique, ni du pouvoir financier. Pouvoirs
qui, en revanche, si Sarkozy était élu - et il peut l’être -, ainsi que
le pouvoir policier et militaire, seraient concentrés, en même temps
que les pouvoirs exécutif et législatif, entre les mêmes mains,
lesquelles disposeront, en outre, d’une majorité au Conseil
constitutionnel, au CSA et au sein de la plupart des institutions du
pays.

 

Hier, le journal la Tribune trappait un sondage parce qu’il
n’était pas favorable à Sarkozy ; une publicité pour Télérama était
interdite dans le métro parce qu’elle était ironique à l’égard de
Sarkozy ; un livre était envoyé au rebut, le patron d’un grand magazine
également, parce qu’ils avaient importuné Sarkozy ; Yannick Noah était
censuré, parce que ses propos déplaisaient à Sarkozy. Aucun journal,
fût-il officiellement de gauche, n’a échappé aux efficaces pressions de
Sarkozy.

 

Voter Sarkozy n’est pas un crime. C’est même un droit. Nous ne
dirons pas, nous, que ce candidat représente la fraude, la délinquance,
l’anti-France et la faillite morale.

 

Nous voudrions simplement qu’on se souvienne plus tard - quitte,
ensuite, à nous en demander compte - que nous avons écrit qu’il
représente pour la conception que nous nous faisons de la démocratie et
de la République un formidable danger.

 

S’il est élu, nous savons que nous pourrions en payer le prix. Nous l’acceptons !

 

14 au 20 avril 2007 / Marianne

 


 


---------------
un instant monsieur ça-va-chier
n°11244184
THE REAL K​RYSTOPHE
ストリートファイターBrasileiro NTSC-J
Posté le 19-04-2007 à 23:30:48  profilanswer
 

freestylor a écrit :

Pourquoi France 2 rediffuse à 3 jours des élections un reportage sur l'économie souterraine en banlieue,déja passé en 2005?
Ce reportage présente plutot la politique de Sarko comme la solution et ça va sans doute décider pas mal d'indécis.

 

Une habile manière de recentrer le débat sur l'insécurité..

 

Les guignols de l'info ont ptetre vu juste tout à l'heure, en parlant des 72 heures de campagne pro Sarko!

 

lepen au 2eme tour et sarko a 100 % de chance d'etre president

 


au fait ki est le boss de france television ? :ange:

 


lepen vient de gagner 3 points ce soir.


Message édité par THE REAL KRYSTOPHE le 19-04-2007 à 23:31:16
n°11244213
Thordax
Shop smart. Shop S-Mart !
Posté le 19-04-2007 à 23:32:51  profilanswer
 

P_erf_ide a écrit :

Je croyais t'avoir convaincu [:klemton]


Tu m'as convaincu sur la légitimité de la candidature de Ségo, et de sa position dans la  campagne, et de sa capacité à gagner :d
 
Maintenant, je m'en tiens encore à ma conviction première (qui n'aura de cesse de changer en fonction des évènements à venir :d)
 
Enfin, il ne faut pas confondre prédiction et conviction, je voterai Ségo car son programme paraît à mon sens le plus porteur d'avenir (notamment en terme de recherche, et pour la démocratie participative).

n°11244219
Thordax
Shop smart. Shop S-Mart !
Posté le 19-04-2007 à 23:33:19  profilanswer
 

Muzah, tu nous dois une molette à tous :o

n°11244296
muzah
Bal Musette @ HFR depuis 1997
Posté le 19-04-2007 à 23:40:54  profilanswer
 

Thordax a écrit :

Muzah, tu nous dois une molette à tous  :o


Si je suis élu :o


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un instant monsieur ça-va-chier
n°11244318
jimmythebr​ave
Posté le 19-04-2007 à 23:42:43  profilanswer
 

Thordax a écrit :

Oula, ne nous assurons de rien ! Tenir des propos si hâtifs relève de l'inconsience !
 
Enfin, je pense comme toi, cela dit (à mon grand dam) :/


 
Moi je suis pas tres enchanté qu'il gagne mais ça ne m'empecheras de vivre. Je pense , qu'il pourrait être le catalyseur d'une révolte contre le système. Donc sa victoire est souhaitable. Royale, si elle gagne, ce serait un grand malheur. Elle ralentirait la chute de la maison France ainsi les souffrances seront encore plus longues.

n°11244340
sisi38
Posté le 19-04-2007 à 23:44:37  profilanswer
 

jimmythebrave a écrit :

Moi je suis pas tres enchanté qu'il gagne mais ça ne m'empecheras de vivre. Je pense , qu'il pourrait être le catalyseur d'une révolte contre le système. Donc sa victoire est souhaitable. Royale, si elle gagne, ce serait un grand malheur. Elle ralentirait la chute de la maison France ainsi les souffrances seront encore plus longues.


Et Bayrou selon toi ?
 

n°11244368
Drizzt
Posté le 19-04-2007 à 23:47:28  profilanswer
 

sisi38 a écrit :

Et Bayrou selon toi ?


 
Mr Bayrou, tu parles du futur président de la république française là :o

n°11244369
Dantiste
Posté le 19-04-2007 à 23:47:33  profilanswer
 

Thordax a écrit :

Tu m'as convaincu sur la légitimité de la candidature de Ségo, et de sa position dans la  campagne, et de sa capacité à gagner :d
 
Maintenant, je m'en tiens encore à ma conviction première (qui n'aura de cesse de changer en fonction des évènements à venir :d)
 
Enfin, il ne faut pas confondre prédiction et conviction, je voterai Ségo car son programme paraît à mon sens le plus porteur d'avenir (notamment en terme de recherche, et pour la démocratie participative).

J'ai convaincu ma vieille voisine de 70 ans (qui vient taper causette de tps à autre avec une bouteille d'apéro :lol: ).  
Elle cherchait pour quel motif réellement sain elle pourrait voter, parce que ayant voté toujours à droite (de Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac), elle se rend enfin compte que leurs discours, c'était du flan. Lui ai démontré que pour les jeunes et les femmes, Ségo était la plus sincère et prometteuse. Et la cerise, je lui ai dit que Ségo avait eu une éducation religieuse et familiale très stricte, donc elle était la moins tordue...  
J'espère croiser sa copine samedi midi : je lui porte ses paquets dans les escaliers, et un gentil jeune homme, ca la rassure   :fou:  :fou:  
 


---------------
Mariupol, heroes forever. - Zelensky, Dudaev. - Boum !
n°11244399
jimmythebr​ave
Posté le 19-04-2007 à 23:51:13  profilanswer
 

sisi38 a écrit :

Et Bayrou selon toi ?


 
C'est du Royal en plus intelligent et un chouia plus convaincant.

n°11244400
muzah
Bal Musette @ HFR depuis 1997
Posté le 19-04-2007 à 23:51:31  profilanswer
 

Dantiste a écrit :

J'ai convaincu ma vieille voisine de 70 ans (qui vient taper causette de tps à autre avec une bouteille d'apéro  :lol:  ).
Elle cherchait pour quel motif réellement sain elle pourrait voter, parce que ayant voté toujours à droite (de Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac), elle se rend enfin compte que leurs discours, c'était du flan. Lui ai démontré que pour les jeunes et les femmes, Ségo était la plus sincère et prometteuse. Et la cerise, je lui ai dit que Ségo avait eu une éducation religieuse et familiale très stricte, donc elle était la moins tordue...
J'espère croiser sa copine samedi midi : je lui porte ses paquets dans les escaliers, et un gentil jeune homme, ca la rassure    :fou:    :fou:


[:rofl] Excellent.


---------------
un instant monsieur ça-va-chier
n°11244411
Dantiste
Posté le 19-04-2007 à 23:52:21  profilanswer
 

jimmythebrave a écrit :

Moi je suis pas tres enchanté qu'il gagne mais ça ne m'empecheras de vivre. Je pense , qu'il pourrait être le catalyseur d'une révolte contre le système. Donc sa victoire est souhaitable. Royale, si elle gagne, ce serait un grand malheur. Elle ralentirait la chute de la maison France ainsi les souffrances seront encore plus longues.

Pensais que tu voterais Cheminade   :sarcastic:  
 


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Mariupol, heroes forever. - Zelensky, Dudaev. - Boum !
n°11244540
jimmythebr​ave
Posté le 20-04-2007 à 00:09:06  profilanswer
 

Dantiste a écrit :

Pensais que tu voterais Cheminade   :sarcastic:


 
tiens j'y pensais plus à lui. Finalement ses 500 signatures, lui auront échappés.

n°11244572
qedepieds
et en plus c'est vrai!
Posté le 20-04-2007 à 00:14:09  profilanswer
 

Dantiste a écrit :

J'ai convaincu ma vieille voisine de 70 ans (qui vient taper causette de tps à autre avec une bouteille d'apéro :lol: ).  
Elle cherchait pour quel motif réellement sain elle pourrait voter, parce que ayant voté toujours à droite (de Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac), elle se rend enfin compte que leurs discours, c'était du flan. Lui ai démontré que pour les jeunes et les femmes, Ségo était la plus sincère et prometteuse. Et la cerise, je lui ai dit que Ségo avait eu une éducation religieuse et familiale très stricte, donc elle était la moins tordue...  
J'espère croiser sa copine samedi midi : je lui porte ses paquets dans les escaliers, et un gentil jeune homme, ca la rassure   :fou:  :fou:


 
 
à quel age ça commence le détournement de vieillard ?  :lol:  :lol:  

n°11244592
Dantiste
Posté le 20-04-2007 à 00:16:23  profilanswer
 

qedepieds a écrit :

à quel age ça commence le détournement de vieillard ?  :lol:  :lol:

Un caractère altruiste, c'est génétiquement détectable à la maternelle  :na:  
 
 
 
 


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Mariupol, heroes forever. - Zelensky, Dudaev. - Boum !
n°11244693
toum_toum
Vivons masqués
Posté le 20-04-2007 à 00:30:50  profilanswer
 


 
-1  
 
(= 0)


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2026 : Stupid is still Norm
n°11244950
Mxtrem
Posté le 20-04-2007 à 01:06:21  profilanswer
 

Drizzt a écrit :

Mr Bayrou, tu parles du futur président de la république française là :o


 
Je vais t'apprendre quelque chose d'utile, on dit M. et non pas Mr. (qui signifie Mister)...
A+ :D

mood
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