Citation :
La réforme générale du système des retraites qui est envisagée par le gouvernement et le Medef
n'est pas non plus acceptable dans ses objectifs : passer d’un dispositif à « prestations définies » à
un système « à cotisations définies ».
Nous voulons préserver et consolider le double acquis de 1945 :
o maintenir un régime par répartition, c’est à dire dans lequel les cotisations des actifs
paient les retraites versées. Ce régime s’oppose à celui de la capitalisation, dans lequel
l’épargne que représentent les cotisations est accumulé dans des fonds de pension, et ensuite
reversé sous forme de rente viagère. Faut-il souligner combien dans une économie casino un
tel système est un miroir aux alouettes, l’épargnant/retraité risquant à tout instant de perdre
son capital ; c’est ce qui est arrivé au Chili, c’est ce qui est arrivé à tous ceux dont le
retraites sont tributaires des fonds de pension anglo-saxons. Dans un tel système il n’y a pas
de droit, il n’y a que des risques. Ce serait une formidable régression.
o préserver et élargir le système de « prestations définies » qui est celui du Régime
général. Dans ce cadre, la future pension de retraite pour une carrière complète est connue :
50% du salaire jusqu'à un montant de 2.885 euros - et les critères du départ à la retraite sont
définis à l’avance : nombre d’annuités, âge de départ à taux plein. Ce sont les cotisations qui
doivent être calculées en conséquence pour arriver à l’équilibre financier. Nous refusons
clairement d’aller vers un système à « cotisations définies », tel que étudié par le COR, car
dans le cas des régime par points ou celui des comptes notionnels, le montant de la pension
est inconnu. Nous refusons que nos retraites puissent être remises en cause subrepticement.
STOP aux reculs
L'indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires (1987), l'augmentation de la durée
de cotisation de 37.5 ans à 40 (privé Balladur 1993, public Fillon 2003) et le calcul du salaire de
référence sur les 25 meilleures années et non plus 10 (1993) devaient tout régler. Le résultat est
connu. Les comptes sont encore en rouge et le nombre de retraités pauvres est reparti à la hausse.
o Conséquence du calcul sur les 25 meilleures années, le taux de remplacement, c'est-à-dire le
rapport entre le montant de la retraite et le salaire de fin de carrière, qui était de 78% en
1993, 72% en 2007 devrait selon les prévisions du Comité d’Orientation des Retraites
(COR) ne plus être que de 65% en 2020 et 59% en 2050.
o Cumulé avec la dégradation de l’emploi, ce mode de calcul des pensions entraîne la
paupérisation d’un grand nombre. Aujourd'hui 10% des 14,5 millions de retraités ont un
revenu inférieur au seuil de pauvreté de 910 euros. Les femmes sont les premières touchées
puisque 30 % d'entre elles doivent attendre 65 ans pour pouvoir prendre une retraite à taux
plein contre 5% des hommes. Les femmes partent d'ailleurs plus tard en retraite (61,4 ans
contre 59,5 pour les hommes), 41% d'entre elles seulement effectuant une carrière complète
contre 86% des hommes ce qui entraîne une différence de 20 trimestre cotisés (137 contre
157). En conséquence le montant moyen des retraites des femmes est inférieur de 38 % à
celle des hommes (retraite moyenne des femmes : 826 euros) ).
o Le pouvoir d‘achat des retraités est bloqué ! Mais une telle indexation masque en réalité une
diminution car l’indice des prix sous estime la réalité, notamment pour les foyers non
propriétaires de leur logement. De plus, avec l'âge, les retraités sont particulièrement touchés
par la part de plus en plus importante des coûts de santé restant à la charge des assurés sous
forme de moindre remboursement et d'augmentation des coûts des complémentaires santé.
Le recul des droits ne touche donc pas que les futurs nouveaux retraités, il atteint aussi les
anciens retraités.
Le retour à l'équilibre est possible : nos propositions
Le problème des retraites n’est pas essentiellement lié à la démographie mais à l’insuffisance
d’emplois.
Le nombre de retraités est passé de 7 millions à 15 millions de retraités en 3 décennies sans
quasiment de hausse de cotisation. C'est la création d'emploi, environ 2 millions en 10 ans, qui a
permis de financer cette augmentation. Le document d’orientation présenté par le gouvernement
reconnaît lui-même qu’une baisse du chômage diminuerait fortement le besoin de financement.
Mais il ne propose rien pour y parvenir. Et il prend comme base de ses calculs un chômage de 7 ou
4,5%, excluant par avance le retour au plein-emploi.
L'insuffisance actuelle de recettes est très largement due aux effets de la crise et à la montée du
chômage qui en est la conséquence. 680 000 emplois net ont ainsi disparu en moins de 18 mois ce
qui représente environ 300 milliards de perte pour les régimes de retraite pour les 15 ans à venir en
raison de la chute de la masse salariale.
Les seules hypothèses envisagées relèvent quasiment exclusivement des mesures d'âge et auront
comme conséquence de faire baisser les pensions, contrairement aux affirmations du gouvernement.
Pour notre part, nous considérons qu'il existe un autre paramètre pour faire face aux besoins de
financement : celui de recettes nouvelles et c'est celui que nous privilégions.
Il est possible de garantir l’équilibre de tous les régimes de retraites à très court terme et jusqu’à
l’horizon 2020. A législation constante, selon le COR, il faut parvenir à mobiliser entre 1,7 et
2,1 points de PIB, soit 56 à 80 milliards d'euros (dans l'hypothèse d'un PIB croissant) à
l’horizon 2020 pour retrouver l’équilibre financier. Le déficit de 2010 de 32,2 milliards est à
comparer avec les profits distribués qui représentent 4% du PIB soit 76,84 milliards et servent
surtout ou à spéculer ou à des dépenses somptuaires par ailleurs très souvent néfastes pour la
planète.
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