Le truc, c’est que les profs qui veulent monter le niveau se font harceler par de nombreux parents, qui considèrent que les notes doivent contribuer à l’équilibre psychologique des élèves (et au leur) au lieu de valider un travail, une progression, un niveau.
Pour avoir quelques amis profs, j’ai des comptes-rendus de rdv parents effarants. Ces derniers excusent sans vergogne le manque de travail personnel de leur enfant, et rejettent (avec agressivité) la faute sur le professeur, qui fait juste son boulot. En langue vivante, un élève ne pourra jamais appliquer ce qu’il n’a pas appris (vocabulaire, règles de grammaire), mais, pour les parents en question, il faudrait presque que le prof rédige à la place de l’élève les bonnes réponses sur les copies.
Résultat : il existe de nombreux professeurs, harcelés et menacés, non soutenus par leur hiérarchie, qui surnotent les élèves pour acheter la paix sociale, mentant ainsi aux élèves sur leur niveau réel, et aux établissements supérieurs sur le niveau réel des élèves qu’on leur envoie.
L’EN, incapable d’affirmer son autorité face aux parents omnipotents, courbe l’échine, brade ses diplômes, et envoie tout le monde dans le supérieur. Toute idée de sélection est bannie du système scolaire, mais une fois le diplôme en poche, il faut atterrir.