CR du Belfortrail 58 km / 3400 m D+
Avant de prendre le départ, j'étais plutôt partagé.
J'avais fait une préparation plutôt correcte, notamment cet été avec des rando-courses en mode fast hike accumulant plus de 3 000 m de D+ par jour. Cependant, depuis une bonne vingtaine de jours, je suis sujet à des migraines accompagnées d'autres soucis nécessitant un suivi médical. Le médecin ne m'ayant pas déconseillé de prendre le départ, go ! Sur un malentendu, ça peut passer.
J'ai réussi à plutôt bien me reposer durant la semaine (presque 9 heures de sommeil en moyenne) malgré les migraines, et je n'ai fait que 3 mini sorties (lundi, mercredi et samedi).
La dernière nuit a été compliquée (forcément) : le stress habituel, la peur de rater le réveil et les migraines. Au final, je me lève avant la sonnerie (ce qui fait plaisir à madame, car je ne la réveille pas
). Tisane, riz au lait, puis je décolle pour environ 1 heure de route. Il pleut et le thermomètre indique 7 °C ; je ne sais pas encore comment je vais m'habiller...
Arrivé sur place assez tôt, je me gare dans un petit parking repéré au préalable, ce qui m'évite les parkings officiels. Je récupère mon dossard et, miracle, la pluie s'est arrêtée ! On ressent quand même bien le froid avec cette humidité.
Je retourne à la voiture pour me préparer et décide finalement de partir en short et t-shirt à manches longues.
En préparant les flasques et la nourriture, je me rends compte que j'ai oublié mes flasques de gel. Je commence à m'inquiéter, car j'avais prévu une alimentation alternant gels et pâtes de fruits. Est-ce que j'en aurai assez ???
À ma grande surprise, je me sens plutôt bien sur la ligne de départ : ni froid, ni migraine, ni mal de ventre ; juste un rythme cardiaque un peu haut, mais rien d'anormal. Je suis un peu mieux placé que l'année dernière.
Le départ et la 1re montée
Sur la musique d'ACDC, le départ est donné, je vois que la concurrence envoie déjà du bois. Je reste à mon rythme — un peu trop élevé, mais je veux être bien placé car le premier single en côte arrive au bout d'un kilomètre. Je poursuis l'effort en évitant les coups de bâtons (les bâtons en peloton, grrr !).
Petite descente, puis nous attaquons la première grosse montée (600 m D+ sur 6 km avec quelques portions descendantes). Elle me paraît plus longue que l'an dernier, même si j'avance plus vite. En arrivant sur les crêtes, je peux enfin ranger la frontale, toujours sans pluie.
1er ravito et 1re descente
Premier ravitaillement : je prends juste de l'eau, des bananes et des oranges (ma madeleine de Proust en trail). Nous attaquons la première descente technique (annoncée glissante et dangereuse lors du briefing). Je me sens très bien au début et dépasse plusieurs concurrents. Cependant, je me fais dépasser par deux ou trois coureurs en mode "avion de chasse"... Vers la fin de la descente, je ressens une pointe au fessier droit. Après seulement 15 km, c'est tôt pour commencer à avoir des crampes !
2ème montée et passage au Ballon d'Alsace
Aussitôt en bas, nous attaquons la deuxième grosse montée (700 m D+ sur 6 km avec quelques replats). Je sens déjà la fatigue — je suis clairement parti trop vite — et décide de ralentir. Je m'accroche tout de même au groupe de devant. Une fois encore, la montée me paraît interminable. Nous arrivons enfin sur les crêtes du Ballon d'Alsace. J'ai du mal à relancer et perds le contact avec le groupe. Il fait nettement plus froid avec du vent et du brouillard.
C'est parti pour une longue descente. Le début est technique, puis la seconde partie devient plus roulante mais pentue. Cela détruit les cuisses et la pointe au fessier persiste.
2ème ravito et le nid de guêpes
En bas, j'ai du mal à relancer sur les portions plates menant au deuxième ravitaillement. J'y prends un peu plus de temps : recharge des flasques en poudre, coca, eau gazeuse, bananes, oranges et du comté. Je sais que la montée la plus dure (610 m D+ sur 4 km) commence directement après.
Sans surprise, je suis dans le dur mais j'essaye de garder un rythme constant. La pluie fait son apparition, mais je refuse de sortir la veste pour ne pas étouffer de chaud. L'ascension me paraît moins longue que l'an dernier, même si je serai au final 1 min 30 plus lent. S'ensuit une section légèrement descendante sur les chaumes... qui aurait pu être agréable sans l'attaque d'un nid de guêpes ! Le coureur avec moi se fait piquer à la nuque. De mon côté, je prends 3 piqûres: 2 sur le mollet droit et 1 sur le pouce. Je douille et je serre les dents. Après une remontée de 200 m D+ toujours pénible, nous arrivons de nouveau sur les chaumes du Ballon d'Alsace.Je teste enfin ma veste Montbell achetée au Japon. Le produit est top, mais impossible de la fermer par-dessus le sac (le carquois gêne sans doute). Une petite descente bien raide sur une piste de ski me mène au dernier ravitaillement, où je prends à nouveau mon temps. C'est toujours dur de voir des concurrents bénéficier d'une assistance et regagner gratuitement 2 à 3 minutes, mais c'est le jeu.
Dernières difficultés et final au sprint
La descente suivante est particulièrement engagée: technique et glissante, truffée de gros rochers et de cailloux cachés sous les feuilles mortes. C'est piègeux, alors je limite les risques malgré 2 ou 3 belles frayeurs.
En bas, 300 mètres de plat nous permettent de relancer avant d'attaquer l'ultime montée en deux temps. Je me sens mieux que précédemment et que l'année dernière. Mon rythme est bon, même si 2 ou 3 coureurs me dépassent en courant dans du 9 % (ce qui n'est plus dans mes cordes depuis longtemps).
Nous basculons enfin dans la dernière longue descente. La pluie s'est intensifiée et le terrain est de plus en plus glissant. En perdant de l'altitude, la température remonte et je retire ma veste. Encore quelques frayeurs (glissades, pieds qui accrochent les racines), mais je survis sans chuter.
Arrivé au village, je sais qu'il reste le dernier "coup de cul" pour achever tout le monde : environ 300 m D+ sur 2 km. Je fais l'effort pour rattraper le coureur devant moi qui était parti fort. Je le rejoins et me dis que je vais le doubler dans la descente. Pas de chance, il descend comme un fou furieux ! C'est trop glissant pour moi (boue tassée, dévers et épingles dans du -20 %). Je le perds rapidement de vue.
À la sortie de la forêt, nous rejoignons la route à 1 km de l'arrivée. Je balance tout ce qu'il me reste. Je finis très fort avec un dernier kilomètre à 3'50/km, ce qui me permet de dépasser la 2e féminine et de revenir à 150 mètres de la ligne sur le "fou furieux" de la descente. J'échange quelques mots, le félicite pour sa descente impressionnante (surtout pour un gars qui avait des crampes quelques kilomètres plus tôt !) et le laisse franchir la ligne devant moi.
Bilan
Chrono final : 7h22, soit 7 minutes de moins que l'année dernière. Content de ma course, même si avec un meilleur temps, je suis moins bien classé. Le niveau global augmente nettement !
Le parcours toujours aussi magnifique (un bon 80% de single, très peu de route) malgré la pluie, le brouillard et la bruine, offrant une atmosphère presque mystique. Organisation et bénévoles au top.
Note à H+24 : Je douille énormément au niveau du mollet. Je n'ai jamais eu aussi mal pour des piqûres de guêpes. Antalgiques et sessions de froid obligatoires pour dormir... Je commence à me demander si c'était vraiment des guêpes !
Note alimentation : Finalement je n'ai pas été gêné par l'absence de gels. J'ai consommer au total 4 flasque de 500 ml de avec poudre, 1 flasque d'eau, une flasque de mix cola + eau, 5 pates de fruits decathlons et une gaufrette pistache
Message édité par le-cortex le 19-10-2026 à 13:02:25