http://www.gp2004.com/features/fea [...] &year=2005
29 Avril 2005 - [17:14]
Infos Volées à Imola - Partie 1
Vive la Formule Un ! Le spectacle du Grand-Prix de Saint Marin fut dune qualité rare et dune intensité revigorante. Seules déceptions du week-end : laffluence ne fut pas toujours au rendez-vous et une piste étroite et ne favorisant pas les dépassements a empêché lhomme le plus rapide en piste de simposer. La vétusté de lAutodromo Enzo e Dino Ferrari piste et paddock claque à la figure après la jouissance procurée par les infrastructures de Sepang. Michael Schumacher accusait un retard de 36.5 secondes sur Alonso au 21è tour, écart quil a comblé en totalité à 13 tours du but, avant dentamer un duel épique avec Fernando Alonso, qui restera gravé dans les mémoires et en rappelle dautres. Monaco 1992 était du même tonneau : piste étroite et impossibilité de dépassement, Mansell navait jamais pu déborder Ayrton Senna, dont la McLaren semblait prendre toute la largeur du tracé. Le Brésilien sétait imposé avec 215 millièmes davance. Alonso précédait Schumacher des mêmes 215 millièmes sous le drapeau à damier dImola. « Il est impossible de dire lequel était le meilleur » estime Gerhard Berger, « ils ont tous les deux démontré, pour des raisons différentes, quils sont les meilleurs pilotes du moment. »
Alonso a dû se battre avec deux handicaps. Après la course de Bahreïn, toutes les écuries étaient inquiètes pour leurs moteurs. 11 pilotes utilisaient leur bloc pour la seconde fois. Les ingénieurs Renault ont pu se rendre compte, après analyse de son huile, que le moteur dAlonso avait peut-être souffert et que la cause de labandon de Fisichella à Bahreïn pourrait se répéter sur la voiture de lEspagnol. Problème de piston. Alonso na donc couvert que 20 tours en essais libres, afin de ménager son bloc. Avec aussi peu de tours à son actif, il a dû choisir son set-up en se basant sur les données de Fisichella. Ses réglages course nétaient de toute évidence pas optimums. Les rainures situées sur le bord extérieur de ses pneus arrière avaient disparu à larrivée, ce qui témoigne dun mauvais choix de cambrure. La R25 avait un déficit dadhérence à larrière, ce qui explique ses problèmes dans certains virages. Les pneus avant ont également souffert et la monoplace française avait du mal à sinscrire dans les virages.
Pour couronner le tout, le moteur dAlonso était bridé de 400 tours/min durant la majeure partie de la course. Renault a même pensé changer le bloc de Viry-Châtillon dans la nuit de Samedi, car les données étaient alarmantes sur la voiture dAlonso, qui aurait dû sélancer juste devant Michael Schumacher, de la 12è place sur la grille. Renault avait initialement planifié dintroduire une nouvelle spécification moteur pour Barcelone : cure damaigrissement de 4kg et gain de puissance de 15cv. Fisichella a utilisé certaines pièces de cette spécification dès Imola, grâce à sa casse moteur de Bahreïn. Renault a finalement préféré prendre le risque et fournir à Alonso un moteur neuf et plus efficace pour le Grand-Prix national de Fernando.
Dans ces conditions, Alonso a brillamment défendu sa position de leader face au retour de Schumacher. Il freinait tôt et ralentissait Michael jusquau point de corde pour placer sa monoplace le plus en ligne possible dans les bouts droits et réaccélérer vite et fort et avoir la meilleure traction possible pour prendre quelques mètres davance sur la Ferrari numéro 1. Michael navait donc aucune chance de porter une attaque. « La seule chance aurait été de tenter une manuvre Harakiri » a admis le champion du monde en titre. « Le plus difficile était de maintenir ma position à la Tosa, mais je devais également faire attention de bien sortir de la Variante Alta et de la chicane précédant la ligne droite de départ/arrivée » a révélé Alonso. Une autre finesse tactique fut de ne pas se jeter dans les dépassements de retardataires, Liuzzi et Webber. Les ingénieurs Renault ont demandé à Fernando de rester à distance de ces deux derniers, sans quoi il aurait pu se mettre dans une position délicate, lune de celles qui a valu à Button de se faire déposséder de la deuxième place.
Une remontée d'anthologie
Duel somptueux
Michael Schumacher a fait une course inouïe. Une fois que la piste était dégagée devant lui, il était constamment 1.5 à 2 secondes plus rapide que nimporte qui. Il ne lui a fallu que 29 tours pour combler lécart de 36.5 secondes qui le séparait dAlonso. Pas besoin dêtre un brillant mathématicien pour comprendre que Michael a perdu la course lorsquil sest retrouvé bloqué derrière Button lespace de 5 tours, à partir du 42è passage. La Ferrari a alors baissé de rythme, à raison de 2 secondes au tour. Michael a en outre dû devancer son second pit stop dune boucle pour éviter le trafic. Cette poignée de secondes perdues lui a fait défaut au moment de sortir des stands à lissue de son second ravitaillement : Alonso le précédait de trois secondes.
Le second paramètre qui a empêché Michael de simposer pour la première fois cette année et de briser lhégémonie Renault fut son erreur de Dimanche matin. Ferrari ne pouvant viser la Pole Position, elle a envoyé Schumacher en qualifications avec la quantité dessence nécessaire pour 27 tours de course. A lissue des deux premiers secteurs, Michael semblait en mesure de se qualifier en 4è position. Il aurait alors été un sérieux prétendant à la victoire. Mais il est sorti large à Rivazza après avoir heurté un vibreur au freinage, ce qui lui a coûté 3 secondes. La tactique Ferrari était à mettre au panier avec une 13è position sur la grille de départ. Tout comme Wurz, Sato, Villeneuve, Barrichello, Heidfeld, Webber et Ralf Schumacher, Michael fut ralenti par Jarno Trulli, qui nest jamais descendu sous 1min 24sec de toute la course. Dun côté, le rythme de lItalien a aidé la remontée de lAllemand : ses pneus étaient quasiment neufs après 21 boucles passées à rouler en dedans des possibilités de la F2005. Michael a eu lintelligence de préserver ses pneus et son carburant, contrairement à Webber qui a tout tenté pour passer Trulli sur la piste plutôt que lors des pit stop. Les pneus arrière de Webber étaient ruinés après sa charge agressive de début de course, ce qui explique la piètre performance de lAustralien à Imola. Il a commis deux fautes en sortant trop large, écart de trajectoire imputable à des pneus usés.
Ferrari a refait son retard. En 7.000 kilomètres avalés en essais privés, sur trois circuits, Bridgestone a pu tester 20 gommes différentes. Résultat du travail de fond : une nouvelle construction de pneu arrière, alors que le train avant était le même que celui utilisé à Bahreïn. Ferrari a inauguré un nouveau package aérodynamique à Imola, avec un des ailerons avant et arrière et des déflecteurs modifiés. Les deux bolides rouges ont utilisé les mêmes moteurs quà Bahreïn car ils navaient que 300 kilomètres dans les pistons ; ce qui a permis à Schumacher et Barrichello de plus tourner quà laccoutumée le Vendredi. Ce fut dune grande aide pour choisir les bons pneus et peaufiner les réglages. On ne saura cependant si le bond en avant de Ferrari est suffisant quà Barcelone. Imola a la même topographie que Melbourne, un tarmac peu exigeant pour les gommes, et les températures étaient dans les deux cas assez fraîches. Avec ces mêmes paramètres, la F2004M était rapide en Australie. Le fait que la F2005 était incroyablement supérieure aux autres à Imola prouve que Ferrari a sérieusement progressé mais ne permet en aucun cas de tirer des plans sur la comète, malgré le gouffre séparant les meilleurs temps au tour de Schumacher et Alonso. Lusure des pneus était faible sur lAutodrome Enzo e Dino Ferrari, ce qui a bien aidé Bridgestone, qui a eu beaucoup de mal à faire bonne figure et à trouver ladhérence sur des asphaltes abrasifs comme à Sepang et Sakhir.
Malchance pour Kimi...
... et pour Giancarlo
Michelin était peut-être trop confiant, et a apporté des pneus trop tendres à Imola. Excellents en qualifications, beaucoup moins en course. Ferrari et Bridgestone ont donné un aperçu de leur compétitivité en configuration course dès le Vendredi, lors des longs runs entrepris par la Scuderia. Aucune des écuries équipées en Michelin navait pu rouler en 1min 22 sec. Selon Michael, Imola nétait quune première étape, « mais dautres améliorations viendront ». Hisao Suganuma, directeur technique Bridgestone, était ravi : « Nous avions un pneu très constant et constamment très performant. Mais nous avions du mal lors du premier tour lancé. Nous devons maintenant trouver un pneu capable dêtre performant à tout moment. »
Dans des circonstances normales, McLaren Mercedes aurait été le principal rival de Ferrari. Lécurie a trouvé comment absorber les vibreurs et comment être rapide en qualifications. « Nous ne pouvions pas faire dessais entre les trois premières courses qui se disputaient loin de nos bases » explique Adrian Newey. « Les essais du Paul Ricard étaient donc nos vrais premiers essais privés avec deux MP4-20. Nous en avons beaucoup appris sur le set-up à cette occasion ». Les ingénieurs ont réparti beaucoup plus de masse sur lavant afin de mieux faire chauffer les gommes avant. « La nature des circuits ne possédant pas de grandes courbes nous permet de privilégier cette option » avoue Adrian Newey. Les pneus Michelin tendres ont fait le reste.
Räikkönen a bouclé un tour de qualifications sensationnel le Dimanche matin. Alonso espérait que le Finlandais embarquait peu dessence, mais à en croire Mario Illien, ingénieur en chef Mercedes, Räikkönen devait observer son premier arrêt ravitaillement au 25è tour ! Soit deux tours après Alonso. Kimi na cependant pas pu aller au-delà du 10è tour. Arbre de transmission gauche cassé. Il avait été changé la veille après que les ingénieurs aient découvert quil était endommagé. Ils avaient expérimenté le même problème en essais privés et nont pas voulu prendre de risque.
Alexander Wurz a aussi bien remplacé Montoya que De la Rosa lavait fait à Bahreïn. LAutrichien de 31 ans disputait son premier Grand-Prix depuis la Malaisie 2000. Il fut un spectateur frustré des 71 manches suivantes, « quittant le circuit à chaque fois au moment du déjeuner le Samedi ». Depuis 2001, Alex a couvert 66.408 kilomètres pour McLaren. Grâce à son statut de pilote de réserve McLaren, il sest vu confier lintérim pour le Grand-Prix de Saint Marin. Après quil ait couvert 1.650 kilomètres avec la nouvelle flèche dargent dans laquelle il est enfin à laise lécurie de Woking navait plus aucune excuse pour ne pas lui donner sa chance en course. Wurz a patienté derrière Trulli, jusquà ce que le pilote Toyota ravitaille pour la première fois. « Javais alors économisé du carburant pour pouvoir faire un tour de plus » se réjouissait Alexander. « Mon expérience des courses dendurance ma aidé à économiser lessence. Une fois Trulli aux stands, mon équipe ma dit que je devais aller 1.5 secondes plus vite par tour. Jai fait ce qui métait demandé et je suis ressorti des stands devant le groupe ». Même si McLaren ne diffuse aucune information sur le sujet il est probable que Wurz remplace Montoya une nouvelle fois, à Barcelone, si le Colombien ne devait pas être rétabli à temps. McLaren attend beaucoup, encore plus, de la prochaine course quImola. Elle a testé une suspension modifiée cette semaine et Mercedes fournira un bloc plus puissant de 12cv.

Message édité par THE REAL KRYSTOPHE le 29-04-2005 à 18:13:45
---------------
AC : SW-5993-1459-0978 / dani / THE REAL KRYSTOPHE (Miss) / Pinacolada Hémisphère sud