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Infos Volées à Montréal - Chapitre 1
Alonso devance largement Räikkönen au classement du championnat du monde Pilotes : 59 à 37 ; mais les deux hommes sont à égalité au nombre de fautes : 1-1. Après lerreur de Kimi sur le Nürburgring un plat sur le pneu avant gauche, entretenu par plusieurs freinages où la roue de la McLaren sest bloquée, une petite erreur aux lourdes conséquences ce fut au tour dAlonso dessuyer un cuisant échec en sortant large au virage 4 et en heurtant le mur bordant le circuit Gilles Villeneuve avec son pneu arrière gauche. Une erreur plus nette que celle de Kimi, et qui la envoyé au tapis sans attendre. Fernando était alors en train de creuser lécart sur Juan Pablo Montoya, et navait aucune raison de se précipiter puisque le pilote McLaren ne pouvait lui revenir dessus. Entre les tours 34 et 38, son avance sur le Colombien était de 0.9, 1.2, 1.3, 2.3, pour culminer à 2.6 secondes juste avant son crash. Räikkönen avait encore plus glissé à larrière (8 secondes le séparait du leader de lépreuve), interloqué par une machine qui tirait à gauche de 3 degrés en ligne droite. Les relevés de la télémétrie nétant pas alarmistes, lécurie et le pilote avaient décidé de poursuivre leur course en composant avec cet inconvénient mineur. Dimanche à Montréal, Montoya était sans lombre dun doute le plus rapide des deux pilotes McLaren. Sa domination avait pointé le bout de son nez dès les essais libres.
Pour Alonso et Fisichella une fois de plus le paratonnerre des pépins mécaniques de Renault ! Montoya représentait une menace certaine, mais elle sétait quelque peu diluée grâce au bouchon Button, et Juan Pablo aurait eu du mal à revenir dans les roues des deux R25 puis à les passer toutes les deux, si elles ne sétaient pas auto-éliminées. Renault dominait donc lépreuve sur un circuit quelle savait convenir à ses machines, avec un choix de pneus durs, alors que McLaren avait opté pour les tendres. « Cest probablement le circuit qui nous convient le mieux de tout le calendrier » jubilait Alonso avant la course. Il se devait donc de saisir cette chance, ce quil ne fit pas. Il rend 10 points à Räikkönen, et sexpose à encore plus de pression de la part de McLaren. Car Kimi ne baissera pas de rythme, et lécurie de Woking peut compter sur un Montoya retrouvé, enfin libéré de ses gênes au niveau de lépaule et en pleine forme mentale et physique.
Montréal fut le premier rendez-vous de la saison dont Alonso et Renault sont rentrés bredouilles. Pire, le double abandon précoce forcera Giancarlo et Fernando à partir très tôt à lassaut du chronomètre sur le circuit dIndianapolis, respectivement avec les dossards 2 et 3. Un inconvénient sur un circuit qui, encore une chance de Renault, sera lun des moins pénalisants pour les premiers pilotes en piste. Renault a commis une bévue en ne remplaçant pas la suspension arrière droite de la R25 blessée. BAR Honda a changé la boîte de vitesses de Sato en 32 minutes, dans le seul but de lui permettre de reprendre la piste pour améliorer son ordre de départ lors des qualifications dIndianapolis. Bien vu ! Lors de son abandon au 22è tour, Takuma était potentiellement le premier pilote à devoir affronter le chronomètre lors des qualifications du Grand-Prix des USA. Grâce aux 20 tours couverts après le changement de sa boîte et avant que ses freins ne prennent feu, il ne sera plus que le 5è à sortir des stands.
Les Renault étrennaient un nouveau diffuseur à Montréal, mais selon Alonso ce nest pas assez : « Les McLaren semblent être 0.3 secondes plus rapides que nous dune manière générale. Mais nous bénéficierons dun gros step aéro à Magny-Cours et dune évolution moteur à Silverstone ! » se réjouit cependant le pilotes des Asturies. « Cela nous ramènera au niveau des McLaren ». Voire même devant elles... Briatore a révélé quà Magny-Cours lécurie inaugurerait un nouveau système devant permettre aux monoplaces bleu et jaune de prendre de meilleurs départs. Ils sont pourtant déjà parmi les meilleurs, même sils ne sont pas aussi tranchants que lannée dernière. « Nous avons concédé un peu de terrain à cause des nouvelles réglementations » affirme Flavio sans rentrer dans les détails, alors quaucun nouveau règlement na été entériné au niveau des éléments permettant à une monoplace de sarracher de la grille... plus sûrement, le système utilisé par Renault lannée dernière était border the line et la délégation technique de la FIA y a mis un terme.
Räikkönen a donc récupéré les 10 points perdu sur le Nürburgring ; il ne faisait pourtant pas figure de vainqueur potentiel jusquà ce quil prenne la tête de la course, au 49è tour. Les McLaren sont retombées dans leurs travers de début de saison en qualification : incapacité à faire chauffer les gommes, et ce malgré leur choix de gommes tendres ! Pour une fois le style agressif de Juan Pablo la aidé à aplanir le problème et il a constamment dominé Kimi, en essais libres, qualifications et course. Le Finlandais estimait que la nature du nouvel asphalte était lorigine de son mal.
Lorsque le Safety Car a pris la piste, afin de permettre de dégager le dernier virage où Button avait éventré sa BAR côté droit contre le mur bienvenue au Québec, McLaren na pas sauter sur la radio pour intimer lordre à Juan Pablo de rentrer ravitailler plus tôt que prévu. McLaren avait pourtant suffisamment de temps ; sa décision est donc soit délibérée soit le résultat dune faute professionnelle grave. Montoya qui avait déjà eu à se plaindre sur ce même circuit de tactiques qui lavaient, pensait-il, empêché de simposer a immédiatement pensé que son écurie avait agi en connaissance de cause, pour donner la victoire à Kimi. Comme un ordre de course caché, les consignes étant désormais officiellement bannies de la F1. Quelques tours plus tôt, le muret des stands McLaren avait demandé au Colombien de ralentir. Sa réponse : « Vous voulez flinguer ma course ? ». McLaren voulait en fait assurer le doublé, sachant que Kimi ne pourrait rejoindre Juan Pablo. Lorsque les hommes de Ron Dennis ont omis de le rappeler aux stands, il a hurlé dans la radio « Vous avez foutu ma course en lair ! ». Probablement pas le genre de propos que Ron Dennis aime entendre sur les ondes de son écurie, mais il était évident depuis le début, quil devrait un jour ou lautre faire face aux conséquences du sang bouillonnant du Sud-Américain. A plus forte raison lorsque Juan Pablo na rien à se reprocher et que son écurie ruine une victoire toute faite. Ron Dennis doit maintenant trouver le moyen de canaliser lénergie de Montoya, et ne pas laisser la gangrène sinstaller, comme ce fut le cas chez Williams en 2003. Lors du GP de France 2003, à de Magny-Cours, Montoya et Williams sétaient brouillés et le Colombien avait distillé sa verve sur les ondes de la radio Williams. Lincident sétait conclu par le départ de Juan Pablo chez McLaren...
McLaren a prétendu quil y avait un malentendu à la radio. « Il y avait trop de discussions entre Juan Pablo, son ingénieur de course, son tacticien et le management de lécurie. Nous avons informé son équipe dattendre, mais avons oublié de dire à Juan Pablo de rentrer aux stands » explique Martin Whitmarsh, directeur de lécurie. Oublié ?! « Les mécaniciens ont été surpris de voir Kimi arriver aux stands, et non pas Juan Pablo ». Tout comme les 120.000 spectateurs et quelques millions de téléspectateurs (hormis les Français bien sûr...) !
Dun côté, la théorie McLaren est difficile à croire. Montoya entrait dans lépingle au moment où le safety car était annoncé. McLaren avait donc 1.5km et 20 secondes pour rappeler son pilote aux stands. Barrichello était 11 secondes devant les McLaren, et la Scuderia na pas failli : Rubens est rentré ravitailler dare-dare, même si la seringue de la pompe à essence du Brésilien nétait pas tout à fait prête lorsque la F2005 sest immobilisée devant son box. Dun autre côté, il peut effectivement sagir dune erreur de la part de McLaren, motivée par sa concentration sur la course de Kimi avant tout. McLaren avait déjà eu du mal à gérer la période de neutralisation de Monaco. « Nous devons changer notre procédure pour la rendre moins compliquée » explique Whitmarsh. La grosse différence entre Monaco et le Canada est que lécurie avait le choix entre deux stratégies à Monte Carlo : soit laisser Kimi en piste car il avait assez dessence et de performance pour tailler la route, sans perdre le leaderhip lors de lentrée du safety car, soit le rappeler aux stands pour calquer sa course sur celle de ses adversaires, et assurer le coup. Le premier scénario a parfaitement fonctionné. Au Canada, il ny avait pas dalternative à un ravitaillement ! Juan Pablo devait ravitailler au maximum 3 tours après la sortie du safety car. Ne pas lui signifier de ravitailler qui aurait dû être un réflexe revenait à tuer ses chances de victoire.
Montoya était tellement furieux quen sortant de son ravitaillement il a brûlé le feu rouge allumé en bout dallée des stands, et quil a débordé Coulthard sous drapeau jaune. La sanction fut sans appel : drapeau noir. Ron Dennis a tenté de vendre une pénalité drive through aux commissaires de piste, mais cétait impossible. Il y a eu deux précédents cas similaires : Trulli en Autriche en 2001 et Frentzen en Australie en 2002. Lexclusion est intervenue au plus mauvais moment pour Juan Pablo, car il effectuait sa meilleure course de lannée. En partie parce que la piste convenait à son style agressif, mais également parce quil ne ressentait enfin aucune douleur à lépaule, enfin car McLaren avait adapté les réglages de sa monoplace à son style de pilotage.
A suivre...
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