Lorraine57 a écrit :
Peaux d'ânes: le Kenya dans le collimateur de Peta
L’association de défense des animaux Peta a demandé jeudi au Kenya de mettre fin à l’abattage des ânes, dont les peaux sont exportées vers la Chine le plus souvent illégalement pour les besoins de la médecine traditionnelle.
L’ONG Peta (Pour une éthique dans le traitement des animaux) a indiqué avoir mené une enquête sur les abattoirs kényans montrant que les ânes y étaient cruellement battus ou bien arrivaient morts après de longs voyages dans des camions en provenance de pays voisins.
"Peta appelle le Kenya à rejoindre beaucoup d’autres pays africains en interdisant l’abattage des ânes. Il n’y a aucun besoin de recourir à une telle cruauté, (la médecine traditionnelle) n’est même pas quelque chose qui a démontré son efficacité", a déclaré Ashley Fruno porte-parole de Peta.
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Le séchage des peaux.
Si la peau d’âne n’a aucune valeur commerciale en Afrique, la gélatine qu’elle contient est très prisée des médecins traditionnels chinois pour traiter l’anémie et la ménopause. Sous le nom d’"ejiao", elle est administrée sous forme de boisson et même servie avec des noix et des graines en guise d’apéritif. Censée améliorer la circulation sanguine, elle était autrefois réservée aux empereurs mais elle est de plus en plus demandée au sein de la nouvelle classe moyenne.
Principale consommatrice, la Chine a vu sa population d’ânes chuter fortement en une vingtaine d’années et s’est tournée vers l’Afrique pour satisfaire la demande. En réponse, plusieurs pays africains ont interdit l’exportation de peaux d’ânes et fermé les abattoirs appartenant à des Chinois. Mais cela signifie aussi que le Kenya reçoit maintenant des milliers d’ânes transportés sur de longues distances depuis l’Éthiopie, l’Ouganda ou la Tanzanie.
Une enquête menée en 2017 par l'association Donkey Sanctuary montrait que le commerce de peaux d’ânes était mené de manière inhumaine: comme c’est la peau qui est essentiellement exportée, «il importe peu qu’un âne soit battu ou blessé quand il est abattu, il n’y a aucun avantage du tout à garder les ânes en bonne santé», explique-t-elle.
En Tanzanie, il est arrivé que des massues soient utilisées pour tuer les ânes. "Nous avons vu des cas au Botswana où les ânes avaient été rassemblés et abattus à la mitrailleuse. En Afrique du Sud, des employés d’abattoirs ont admis avoir utilisé des marteaux pour tuer les ânes ou (...) les avoir dépecés vivants", ajoute l'association.
En Afrique de l’Est, le nombre d’ânes est estimé à 2,4 millions. Au Kenya, entre les quatre abattoirs légaux et les contrebandiers, environ 2 000 sont tués chaque jour. A ce rythme, les ânes pourraient avoir disparu dans la région dans quatre ans, souligne Donkey Sanctuary, rappelant que les ânes ne se reproduisent pas facilement.
Une autre organisation caritative, Brooke, dit avoir recensé au Kenya 60 accidents par semaine au cours desquels des ânes sont volés, ce qui constitue une perte énorme pour leurs propriétaires.
"Les ânes n’aident pas seulement aux tâches domestiques, ils permettent aussi aux propriétaires et à leur famille de vivre de différentes activités commerciales, comme le transport et l’agriculture", souligne Megan Sheraton, une porte-parole de Brooke.
Dans une étude datant de 2015, l’organisation a estimé à jusqu’à 2 200 dollars (1 900 euros) par an la valeur économique d’un âne au Kenya.
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