Sgt-D Modérateur
|
Et surtout en nacre
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3% [...] temporaine
Citation :
La ville de Méru reste le centre d’un important bassin industriel qui s’est développé à partir du XVIIe siècle avec l’introduction progressive d’un artisanat tabletier importé de Paris par le biais des nourrices revenant de Paris.
La tabletterie, qui consiste en la fabrication d’objets divers (usuels, religieux, jeux, boîtes) au moyen de matières premières telles que le bois, l’os, la corne, l’ivoire, l’écaille ou encore la nacre, y fut d’abord pratiquée par les paysans de la région en manque de ressources durant les mois d’hiver.
Au XIXe siècle, cette activité s’industrialise et la production s’intensifie. La profession s’organise et différentes spécialisations émergent : confection de boutons, de dominos, d’éventails, etc. Le travail de la nacre prend de l’importance. Rapidement, la ville de Méru s’illustre en tant que pôle de production sous le surnom de Capitale mondiale de la Nacre. Les débouchés sont nombreux, la clientèle internationale, la qualité du travail est appréciée bien au-delà des frontières de la France (Europe, Russie, États-Unis, anciennes colonies).
Les échanges avec la capitale, où se trouvent la plupart des grossistes, sont très actifs. Les tabletiers méruviens viennent s’y procurer les matières premières qu’ils façonnent et y déposent les produits de leur fabrication. L’ouverture de la gare de Méru, en 1875, facilite ce commerce.
Vue générale de Méru, au tout début du XXe siècle.
À la fin du XIXe siècle cependant, la tabletterie subit une récession économique qui amorce son déclin. Toutefois et malgré les tensions dont témoignent les grèves du début du XXe siècle, l’industrie du bouton connaîtra encore quelques décennies glorieuses avant de disparaître presque complètement du pays de Thelle.
Les reconversions dans la bijouterie ou les matières plastiques n’ont pas suffi à sauver cette industrie autrefois très florissante présentée aujourd’hui au musée de la Nacre et de la Tabletterie où l’on peut découvrir, outre les collections d’objets, de véritables ateliers reconstitués à l’identique. De nouvelles industries ont pris le relais dans la zone industrielle ouverte au sud de Méru dans les années 1950.
La pratique de la tabletterie à Méru a donné lieu à la production de quelques œuvres littéraires telles que La fabrique blanche, de Serge Grafteaux, parue aux éditions Tallandier en 1990.
|
Cross-topic :
Sgt-D a écrit :
Je suis passé dans une des plus anciennes merceries bordelaises (Laffargue, rue des Remparts), pour acheter des boutons. J'ai eu la chance d'être servi par Monsieur en personne, aimable octogénaire avec qui j'ai bien discuté. Comme j'ai pris des boutons en corozo, j'ai eu droit à tout le détail de fabrication, il m'a montré des boutons en couleur naturelle, puis nous sommes partis en digression géopolitique sur les colonies italiennes qui produisaient la matière première (l'Erythrée n'en fait plus, il n'y a plus que l'Ethiopie).
Puis la discussion a dérivé sur les boutons en nacre ; un Français a tenté avant la Première Guerre Mondiale d'élever des huîtres perlières sur la côte érythréenne, mais le gouverneur de Djibouti, jaloux des investissements français, a fait échouer ses projets en terres italiennes.
Et du coup, ce brave monsieur en est venu à m'exposer, tant pis pour les clientes qui attendaient, sa collection de boutons en nacre des années 30-40, tous fabriqués dans l'Oise par un conglomérat de petits artisans. Il paraît qu'il existe un musée, mais j'ai oublié le nom de la commune. Musée de la nacre et de la tabletterie de Méru
Ces boutons sont faits en nacre d'ormeau de Basse-Californie mexicaine, ou d'huître perlière des Tuamotu, en Polynésie Française.
Du coup ça m'a pris une heure d'acheter une douzaine de boutons mais ça valait le coup (Plus un jeu d'aiguille de la dernière fabrique française, Bohin, près de l'Aigle en Normandie, et un rouleau de fil allemand - il paraît que la fabrique se déplace au gré de la pollution des cours d'eau, il lui faut une eau très pure pour les teintes).
Les photos ont été prises avec mon téléphone tout pourri, mais je vous prie de croire qu'IRL la profondeur et les couleurs irisées de certains de ces boutons sont proprement hallucinantes :
|
|