Je pense que le terme d'hyperréalisme colle mieux à leur mouvement que le terme de photoréalisme.
Après tout, il est l'aboutissement de la recherche de réalisme, poussé à son maximum, voir au delà (après tout ça a commencé quand Giotto peignait ses premiers trompes-l'oeil dans des chapelles
), en rejettant pas mal de ce que le "réalisme" ancien cherchait à exprimer, notamment en ne s'intéressant pas spécialement au choix du sujet. Par exemple les ateliers italiens ne s'entrainaient pas à peindre des cailloux pour la beauté du caillou mais pour pouvoir imiter des montagnes; bref le choix du sujet était important, et son traitement plus encore, même si aujourd'hui ils peuvent nous paraitre bien conventionnels.
En ce sens, il est l'autre extrême, opposé à l'abstrait (qui lui a partiellement rejeté les références au monde réel). L'hyperréalisme échoue pour moi, en ce sens que la meilleure représentation reste un trompe-l'oeil, c'est une prouesse technique mais ça ne m'émeut pas spécialement. Par contre je ne leur reproche pas de peindre un blouson bleu, ça n'est pas si différent d'un carré noir dans le choix du sujet, en ce sens que ça se résume à "je mets un humain dedans ou pas?" (je caricature même pas, le dénominateur commun de la majorité de l'art, c'est bien de refourguer l'homme à toutes les sauces; et même quand il est absent, c'est par son importance, on le refuse volontairement, pour des raisons religieuses (*) ou idéologiques)
(*le Bouddha par exemple n'était pas représenté dans les 1ers siècles du bouddhisme mais suggéré par son absence; un bouddha à cheval, c'était un cheval sans cavalier
)
Pour ce qui est des auteurs morts, donc reconnus, ça me rappelle qque chose de Sartre, faudra que je retrouve ce qu'il en disait (en gros, chaque auteur a un public virtuel, auquel il s'adresse, en en ayant conscience ou pas; les auteurs morts étant plus intéressants pour les critiques, mais étant en décalage avec le public, leur public virtuel étant mort depuis belle lurette).
Des sculptures bizarres en junge urbaine et des hommes: c'est vrai que finalement j'en vois chaque fois que je vais faire mon marché. L'art a de moins en moins représenté les pensées d'un peuple et de plus en plus celles de l'auteur, il est logique qu'à un moment le dialogue ne passe plus. Tout grec pouvait se reconnaitre dans les sculptures de ses dieux, moi j'ai un peu de mal avec l'oeuvre métallique en pointe de mon marché (j'ai pas de photo, mais il a un côté esthétique, il reflète bien le côté moderne mais sans vie des immeubles de Sarcelles).