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HISTORIQUE :
Depuis l'antiquité jusqu'au début de l'ère industrielle, les lieux d'écoute étaient conçus pour que la puissance seule de la voix humaine puisse parvenir aux oreilles de milliers de personnes. Dans le courant du 19e siècle, les premières recherches pour transporter les sons sur de plus longues distances -géographique pour le téléphone et temporelles pour les enregistrements-.
Les premiers ancêtres du microphones, disons les premiers correspondants mécaniques, ont été des membranes reliées par un fil tendu. Tout les enfants ont au moins une fois conçus ce système composé de pot de yaourt vides reliés par un fil. Plus ce fil fut remplacé par un stylet, qui grave sur du papier une représentation inutilisable phonautographe. Ce procédé ressemble dans le principe aux appareils de mesures sismiques actuels. Les techniques modernes ont su à partir d'une feuille enregistrée par cet instrument datée de 1860 restituer tant bien que mal le plus vieil enregistrement existant fait par l'homme, que l'on peut écouter ici :
http://upload.wikimedia.org/wikipe [...] 60%29.ogg*
Il sera suivit du phonographe de Thomas Edison, constitué d'un cylindre, il exploitait le même principe entièrement mécanique. La qualité de son était déjà relativement correcte :
http://www.youtube.com/watch?v=pHzCwjBFqaE
Mais à cette époque, les musiciens qui enregistraient en studio devaient s'entasser afin de jouer et diriger le son de leurs instruments dans un grand cornet acoustique.
Il faudra attendre la genèse du téléphone pour que les premiers microphones au sens moderne (interface son-électricité) soient inventés.
Genèse du microphone électrique :
En 1854, Charles Bourseul théorise la "transmission électrique de la parole", sans pouvoir l'expérimenter.
En 1877, Emile Berliner pose le premier brevet sur un transmetteur de voix efficace sur toute distance.
En 1878, David Edward Hughes conçoit le premier microphone à charbon, qui utilise de la grenaille de charbon pour transformer le son en électricité. Idéal pour la voie, il sera le microphone qui équipera les téléphones et le premières stations de radios.
En 1916, le microphone à condensateur (dit statique) a été développé par E. C. Wente, aux laboratoires Bell. Il s'agit de la première technologie permettant une grande qualité de transmission, comme vous le verrez plus bas.
En 1931, un brevet est déposé pour le microphone à bobine mobile (dit dynamique), bien qu'il fut développé dans les années 20).
En 1931 également, Le microphone à ruban est présenté par la compagnie RCA. Il sera très prisé des chanteurs pour sa sonorité très chaude.
Après la seconde guerre mondiale, toujours sur cette même base technologique, la technique évoluera sans cesse, les directionalités également, offrant un large choix de micros pour s'adapter à chaque situation, et chaque goût.
D'autres techniques plus "high tech" comme le micro à fibre optique, à laser, à quartz seront développés pour des applications pointues, mais sur ce topic nous nous concentreront sur la musique, le home studio, le live, le podcast.
LE SON : GÉNÉRALITÉS ET BASE POUR AMÉNAGER UN LIEU DE PRISE DE SON
Le son est une fluctuation de la pression de la matière. Généralement on considère le son comme une vibration de l'air, alors qu'il se propage à des vitesses et résistances différentes dans toute matière (et pas dans le vide, contrairement à ce que George Lucas veut nous faire croire). On le mesure en décibel, dB, qui mesure la pression acoustique (autrement dit l'amplitude de la différence de pression provoqué par l'onde), mais aussi en fréquences (autrement dit la hauteur, du grave à l'aigüe).
Une onde sonore se propage essentiellement à l'intérieur d'un même milieu, la vibration rebondit d'un bout à l'autre d'un élément, en se réfléchissant et se diffusant à l'extérieur, ce qui est à l'origine de la réverbération. Par exemple, c'est en variant la longueur d'une corde vibrante que l'on modifie la longueur d'onde qui la traverse, et donc sa hauteur. C'est ce que se passe sur une guitare, dont la portion de la corde se situe entre le chevalet et la frette appuyée. Dans un instrument à vent, on obtient le même résultat en bouchant des ouvertures, la longueur d'onde étant alors définie par le section entre le bec ou l'embouchure, et le premier trou ouvert, schématiquement.
En coupant partiellement la vibration en frôlant une corde qui vibre, on peut réussir à créer deux sons s'ils sont en emphase, et donc créer des harmoniques. Cette application permet aussi aux bois (clarinette, flutes...) de pouvoir créer une étendue de note bien supérieure au nombre de "trous". Ces phénomènes sont important à prendre en compte au moment d'effectuer une prise de son, car tous les éléments de l'environnement vont contribuer à la réverbération. Il est ainsi à éviter une pièce trop vide, d'une part parce que peu d'objet vont absorber le son et créer une réverbération maximale, et d'autre part parce que la longueur et la largeur de la pièce feront que certaines longueur d'ondes vont parfaitement se réfléchir et d'auto-amplifier.
Pour vous rendre compte du problème, allongez-vous dans votre baignoire, et murmurez par le nez des sons en variant la hauteur du grave à l'aiguë, vous constaterez qu'à une hauteur bien précise, et à chaque octave de cette note, il y a une résonance sourde et puissante qui se crée. Il faut donc multiplier l'ameublement dans votre home studio. Il existe des solutions conçues spécialement pour cela, mais avec peu d'argent il est possible de créer un environnement sain : une bibliothèque chargée des livres et bibelots de différentes tailles, un canapé, un fauteuil placé en coin, un tissu (si possible joli) pour habiller un mur vide de meuble, grand rideaux... En fait, plus il y a de volumes d'air de tailles différentes, et de matériaux isolants (tissu/mousses), au mieux ça sera.
Les boites d'œufs, contrairement à ce que l'on pense, n'isole pas vraiment le mur à moins d'en faire un panneau aussi grand et décollé de celui-ci. Par contre, sa structure particulière va emprisonner en son sein beaucoup de longueurs d'ondes et réduire ainsi la réverbération. C'est une vrai solution de choix pour les petits budgets, quelques boites sur le mur en face d'un micro par exemple feront l'affaire.
Attention à ne pas transformer le studio en un lieu trop étouffé, un peu de réverbération naturelle n'est jamais nocive, surtout si l'on n'est pas fan des effets artificiels.
La phase, qui est aussi un phénomène important, est l'état à un instant donné de la vibration sonore. On peut comparer la propagation du son aux ronds à la surface de l'eau. Si vous mesurez à deux endroits la hauteur des vagues et vous faites la somme, il faut faire attention à ne pas mesurer respectivement au plus haut de la bosse et au plus bas du creux. Il en va de même en plaçant deux micros en même temps sur une source. Le faire est intéressant pour capter différents sons, par exemple capter le son des doigts sur les cordes et le son du manche à la fois. Mais si les micros sont placés de telle sorte que les deux mesures s'annulent, alors on aura un son tronqué de ces fréquences. Il est généralement conseillé d'écarter les micros entre eux de trois fois l'écartement entre ces micros et la source. Dans le cas d'une prise stéréo, cette règle peut être contournée, vu que les sons seront sur des voies différentes et donc ne pourront pas interagir entre elles.
LES TYPES DE MICROPHONES :
Nous nous focalisons sur les microphones servant à faire des prises de sons dans le cadre musical, vocal, donc nous n'aborderons pas les technologies particulières, laser, fibre optique, quartz et autres.
Les microphones dynamiques
De façon très brève, il s'agit du micro le plus connu et répandu. Il s'agit schématiquement d'un haut-parleur inversé. Une membrane capte les variation de pression sonore (le son) et va entrainer dans sa vibration une bobine qui se verra induire un courant électrique par l'aimant autour duquel elle s'embobine. C'est le même principe que la dynamo, à cela près qu'au lieu d'avoir un aimant pivotant au centre d'une bobine, il s'agit d'une bobine bougeant entre les pôles d'un aimant.
C'est une technologie très robuste, utilisant des éléments mécaniques résistants, il est en cela très pratique pour la plupart des applications. Il peut survivre à maintes chutes, capter des sons très puissants sans souffrir. Mais cette robustesse de conception implique une perte de sensibilité nette dans les aigües, et une réponse en fréquence inégale sur tout le spectre, de la même façon qu'aucune enceinte correcte ne peut se contenter d'un seul haut-parleur. Il existe des micros dynamiques ayant des membranes de différentes tailles, pour s'adapter à différentes utilisations (grande membrane pour capter les basses fréquences d'une grosse caisse, par exemple). C'est le micro privilégié en live, pour le chant et pour l'enregistrement des instruments produisant une forte pression sonore.
Le microphone à ruban est un microphone dynamique ou en lieu et place d'une bobine nous trouvons un ruban vibrant entre les pôles d'un aimant. Il est beaucoup plus fragile que le dynamique à bobine, mais peut offrir des propriétés sonores, en terme de richesse et de chaleur, intéressantes. Aujourd'hui très rare, il semble être encore apprécié pour la prise des instruments à vents, et parfois pour la voix.
Les microphones statiques
Ce sont symboliquement les micros de studio. Le public les reconnaissent à leur grande taille, leur fixation faite d'un réseau d'élastiques (suspension), et de la chanteuse à forte poitrine qui fait des vibes en tenant son casque derrière une étrange moustiquaire.
La technologie employée est différente. Là ou le dynamique est un générateur utilisant l'induction, le statique est un condensateur variable. Concrètement, une fine membrane conductrice mobile vibre par rapport à un conducteur fixe, et les infimes variations de distance entre ces deux surfaces va créer une variation de la capacité du condensateur formé du tout. Cette variation de capacité va créer un mouvement de charge qui correspond au son. Cette ensemble est nommé "capsule".
Le premier défaut (qui n'en est plus vraiment un aujourd'hui) est qu'il faut alimenter ce condensateur pour qu'il puisse être chargé, et qu'il faut également que le signal soit amplifié dans le micro-même étant donné sa faiblesse initiale.
Le second défaut est la grande fragilité du système (imaginez que la membrane mobile soit quelquechose entre le film de cellophane et la feuille d'or, d'une fragilité surement comparable au filament d'une ampoule), qui n'a que très peu de chance de survivre à une chute et risque également de ne pas supporter un son trop violent. Inconcevable de le mettre sur un ampli Marshall de 200 W à fond ou dans l'évent d'une grosse caisse, par exemple.
Ces défauts pris en compte, il s'agit de la technologie offrant la plus grande précision, spécialement dans les graves et aigus. Il existe différentes tailles de membranes, les plus grandes membranes permettant un signal plus fort (et donc moins de parasites électriques) et des graves plus riches, au prix d'une réponse un peu moins élevée aux plus hautes fréquences.
Les microphones statiques à electret utilise la même technique, mais en choisissant d'alimenter de façon permanente la capsule. Il permet une miniaturisation franche, ce qui en fait le micro domestique le plus courant, de la téléphonie aux petits micros incrustés dans les ordinateurs, ils ont l'avantage et l'inconvénient de prendre comme leurs grands frères le son dans un grand rayon, ce qui permet l'utilisation de téléphonie main-libre mais aussi de massacrer l'interlocuteur en saisissant un sachet plastique au bruit paraissant pourtant anodin en temps normal.
LA DIRECTIVITÉ DES MICROPHONES :
Il s'agit de la capacité d'un microphone à capter le son en fonction de la position de la source. Attention, un micro bien choisi ne suffit pas à faire des miracles : si une source nuisible est écartée du champ mais que le local réverbère beaucoup, le micro captera quand même cette réverbération à coup sur, voir la catégorie sur les généralités du son.
Selon les micros, la notion "en face" diffère. Si la membrane est parallèle à l'extrémité du micro (ce qui est généralement le cas), en face signifie dans l'alignement du corps du micro, "au-dessus". Si elle est parallèle au corps du micro (le cas des statiques à large membranes), alors le côté face est celui du logo de la marque.
Les cardioïdes
C'est la forme la plus répandue, appelée ainsi de part sa forme de cœur inversé. En clair, ces micros prennent très bien le son en face, et les prend de moins en mois sur ses côtés, et pas du tout les sons à l'arrière.
Cardioïde large
Plus large que la Cardioïde, le micro prendra également un peu des sources opposé au son. Intermédiaire entre le cardioïde et l'omnidirectionnel.
Omnidirectionnel
Encore plus large, il prend tout, tout autour de lui. Enfin... ceci est valable dans les basses fréquences, plus on monte en fréquence et plus il se comporte comme un cardioïde large.
Hypercardioïde
Plus étroit que le cardioïde, il a la particularité de prendre beaucoup en face, très peu sur les côtés et un tout petit peu derrière. Bon pour prendre le chant s'il n'y a rien en face.
Canon, Fusil ou Ultracardioïde
Encore plus resserré, il prend presque aussi bien derrière qu'en face, et rejette beaucoup les côtés. Il est idéal pour le reportage, pour cibler des sources précisément. Il a tendance par sa structure à couper beaucoup les graves.
Bidirectionnel
Il s'agit en fait de deux capsules face-à-face en opposition de phase. Il est souvent utilisé avec un autre micro cardioïde (en configuration "MS", le bidirectionnel pointé sur les côtés et l'autre en face) pour enregistrer des instruments complexes, mais peut convenir pour un dialogue en face-à-face. Les microphones à rubans sont naturellement bidirectionnels.
Message édité par lxl ihsahn lxl le 20-03-2010 à 14:31:00
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