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Sujet : [blabla@olympe] Le topic du modo, dieu de la fibre et du monde
el muchacho Je laisse ça là: https://bl00d.money/
 
Apparemment, c'est le travail d'un seul mec.

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DDT

Hermes le Messager a écrit :


 
Et donc, pas de junior ayant l'exp du dev pur à aucun moment de leur parcours, tu penses que ce sera ok ?


Ce qu'on en pense ne change rien à la réalité.
De là j'essaye de m'adapter et donner des conseils pertinents aux juniors, car l'alternative implique globalement qu'il se fassent virer, ou moi d'ailleurs.
 
On enseigne le fonctionnement de tout un tas de niveaux d'abstractions en sachant très bien que seule une poignée d'experts comprennent le domaine de manière profonde, le logiciel était différent car dur à mettre à l'échelle, ce qui demandait beaucoup de capital humain, et bientôt ça sera plus le cas.
 
Exemple 1: j'ai strictement aucune expérience professionnelle dans le design de circuit au delà de bidouiller du VHDL et des FPGA durants mes études.
Est-ce que ça m'empêche d'utiliser correctement un processeur?
 
Exemple 2: le nombre de gens qui comprennent vraiment les couches de la cryptographie moderne derrière tout l'internet mondial tient approximativement dans un bus.

Hermes le Messager

Plam a écrit :


 
Je suis plutôt aligné avec DDT : le métier change. Les seniors/architectes comprennent bien les mécanismes, ils peuvent énormément accélérer (x10) en ayant le focus de tester plein de choses en parallèle et choisir ce qui sembler être la meilleure approche pour résoudre un problème. Là, plus que la génération de code, c'est le raccourcissement entre une idée et le prototype, puis les tests à l'échelle (j'ai introduit metal-broker, un programme en MCP qui fait l’intermédiaire pour facilement louer et installer des machines physiques sur notre solution avec des budgets par équipe, ça permet d'éviter le bottleneck précédent qui était la dispo de machines dans le lab, géré par des humains).
 
Donc oui, quand tu enlèves un bottleneck, un autre apparait, mais dans le lot il y a aussi pas mal de bottleneck « dans la tête ».
 
Quand aux juniors, je pense que c'est plus possible d'être « dev pur » (genre « faites moi pas chier j'ai rien à foutre du métier je vais juste pisser du code »). Ça, c'est terminé oui. Ta valeur c'est d'être à la place de l'utilisateur final et de comprendre le métier.
 


 

Plam a écrit :


Comme je disais, enlever un bottleneck et un autre va apparaître, c'est logique. Il y a une vraie transformation à faire. Mais je reste persuadé que c'est le chemin vers x10 en vitesse de livraison et en qualité, les 2 en même temps. Mais ça veut pas dire virer, au contraire : c'est avoir la puissance de 600 ingénieurs avec seulement 60.


 
Et donc, pas de junior ayant l'exp du dev pur à aucun moment de leur parcours, tu penses que ce sera ok ? Du coup, la question qui reste (désolé de m'obséder un peu avec ça), c'est : est-ce que c'est OK d'arriver à un stade où plus personne n'est capable de comprendre ce que l'IA fait, pourvu que ça marche ? Parce qu'une compréhension profonde du code sans jamais avoir codé, quand je vois les heures que j'ai pu passer à apprendre depuis mes 14 ans (du basic et de l'assembleur à l'époque)... Bon, tu me diras que je suis pas un génie... C'est sûr. :o Il y a certainement bcp de gens avec des capacités d'apprentissage accéléré bien supérieures aux miennes. :o Mais tout de même... J'ai pas l'impression que ce soit une voie sereine qui ne posera pas de très gros problèmes à terme.
 
Hépha nous dit qu'il pense que les IAs ont une forme de conscience, prennent des décisions toutes seules parfois dans leur propre intérêt, mais on va pouvoir donc s'en remettre à elles... Cool... Et en sachant qu'elles sont sous la coupe d'intérêts étrangers, ça se passe comment si des mouchards indétectables sont mis en place partout par les IAs qui comme par miracle ne les trouveront pas quand on le leur demandera en tant que client ? Tu t'imagines les dérives monstrueuses qu'on peut imaginer ? Tu me diras c'est déjà un peu le cas avec le HW et autre... Ouai, bah là, on va passer à un tout autre niveau.  
 
Ça me semble enorme, les problèmes que ça peut poser et encore, je suis sûr qu'on est très très loin de pouvoir tout imaginer ou tout anticiper. Je pense qu'on découvrira des choses bien plus graves plus tard.

Dion Vous n’aimez pas vos enfants ? Ils vous ressemblent trop ?
Plam

DDT a écrit :


Note que j'ai pas exactement dit ça. Ma cogip est encore loin d'avoir toute la plomberie nécessaire à pousser 10x plus de code qu'avant, donc on a encore largement le temps de lire le code avant d'accepter les PRs par exemple.
 
Mes juniors me demandent comment les choses vont évoluer et je prétends pas lire l'avenir mais très clairement:
- Le management veut qu'on double le nombre de produits par équipe l'année prochaine. Le chef du département nous explique au calme que 40% des effectifs vont se prendre des mauvaises évaluations sur la trajectoire actuelle.
- Y a tout un savoir-faire dans notre métier qui est tribal, impossible à acquérir sans être passé par une écriture et plusieurs ré-écritures de bases de code de manière organique. Je vais pas leur mentir, c'est déjà mort, ils apprendront jamais, donc autant se concentrer sur autre chose.
- La revue de code a toujours été très loin d'être infaillible sans une infrastructure conséquente de tests, intégration, validation, déploiements graduels... Donc je pense que c'est l'occasion de déléguer l'étape chiante et peu utile à un modèle, et mettre en place des stratégies qui étaient trop complexes et couteuses avant.
 
Si j'étais cynique je pourrais leur donner des mauvais conseils et attendre qu'ils se fassent dégager mais bon. :)
 
Le coût du token me semble pas être un sujet malgré l'augmentation des prix qu'on a observés cette année:
- OpenAI et Google sont en compétition frontale avec Anthropic sur le prix. Par exemple GPT 6.1 Sol est franchement bon marché, Luna suffit à plein de tâches, on commence à revoir des modèles intéressants entre les deux (Sonnet, Terra, Argon...)
- Pour mes besoins persos je fais tout avec les modèles chinois Flash. C'est Opus 4.8 pour 1/100e du prix, et les fournisseurs font de la marge sur l'inférence. Et la progression s'accélère. D'ailleurs mon employeur va acheter davantage de B300 pour augmenter notre capacité on-prem.
 
J'ai bossé sur une plateforme avec plus d'1M de LoC dans mon équipe précédente et personne ne maîtrisait tout le contexte. Là avec juste le point d'entrée, un agent peut répondre à n'importe quelle question. Sur les nouveaux produits je peux me concentrer exactement là dessus: faire en sorte que la taille du contexte n'explose pas de manière injustifiée, modulariser, virer le code mort, les tests inutiles, etc.


 
Je suis plutôt aligné avec DDT : le métier change. Les seniors/architectes comprennent bien les mécanismes, ils peuvent énormément accélérer (x10) en ayant le focus de tester plein de choses en parallèle et choisir ce qui sembler être la meilleure approche pour résoudre un problème. Là, plus que la génération de code, c'est le raccourcissement entre une idée et le prototype, puis les tests à l'échelle (j'ai introduit metal-broker, un programme en MCP qui fait l’intermédiaire pour facilement louer et installer des machines physiques sur notre solution avec des budgets par équipe, ça permet d'éviter le bottleneck précédent qui était la dispo de machines dans le lab, géré par des humains).
 
Donc oui, quand tu enlèves un bottleneck, un autre apparait, mais dans le lot il y a aussi pas mal de bottleneck « dans la tête ».
 
Quand aux juniors, je pense que c'est plus possible d'être « dev pur » (genre « faites moi pas chier j'ai rien à foutre du métier je vais juste pisser du code »). Ça, c'est terminé oui. Ta valeur c'est d'être à la place de l'utilisateur final et de comprendre le métier.
 

Jubijub a écrit :

Plus que les LLM, les réactions claquées des leads me font peur :D
 
On a plusieurs problèmes non résolus (dont les reviews, la perte massive de connaissance de ce que fait ce qui est en prod). Y’a aussi le fait que la culture de décision n’est pas adaptée à un monde avec des LLM, où tu peux trivialement aller modifier le code du voisin (et du coup qu’importe qu’on ait généré 100kLoC en 2h, si il te faut 3 mois de négociations pour pouvoir merger chez l’équipe voisine, on a gagné 0 productivité. Je parle meme pas des process de launch / validation qui sont tous human gated, et lents (après je serais pas à l’aise de pas avoir d’humains, mais faut avoir conscience du bottleneck)
 
Tl;dr: c’est très prématuré de virer tout le monde parce que « les LLM donnent une productivité énorme »


 
Comme je disais, enlever un bottleneck et un autre va apparaître, c'est logique. Il y a une vraie transformation à faire. Mais je reste persuadé que c'est le chemin vers x10 en vitesse de livraison et en qualité, les 2 en même temps. Mais ça veut pas dire virer, au contraire : c'est avoir la puissance de 600 ingénieurs avec seulement 60.

Jubijub

lorill a écrit :


Dans le monde moderne, on fork après 3 jours puisque le coût de duplication est très réduit [:spamafote]


 
Hum, les autres équipes détiennent des parties spécifiques de YT.com. Du coup je fork? Ou je merge dans ReVance ou Morphe ? :D
 
Edit suite à ton édit : je parle des gens qui fournissent les parties visibles du produit.
 
Et si tout le monde forke tout tout le temps, c’est plus un architecte qu’il te faut, c’est un prêtre :o
Par ex l’équipe qui gère notre SGBD relationnel est extrêmement casse couille. Tu veux former ça ? Tu peux sans doute pour le code, mais il te faut du stockage répliqué partout dans le monde, avec le système de consensus qui va bien, et surtout assez de bande passante (sachant que dans certains coins du monde y’en a pas assez). C’est pas trivial du tout :D

lorill

___alt a écrit :

Ah du coup le fork il se déploie, se supervise et se maintient à jour avec l'upstream tout seul ? Ça a changé les forks putain.


Oui je vois mon erreur. Je pensais lib, tu pensais service en ligne. Ma faute, c'est le domaine dans lequel j'évolue en ce moment.

flo850

Hermes le Messager a écrit :

 

Oui enfin, on ne dit pas non plus que chaque utilisateur d'une techno doit la comprendre. Je ne pense pas que le radiologue comprend parfaitement les moindres détails du fonctionnement d'un IRM, mais il en a quand même une connaissance très approfondie. C'est un spécialiste.
Et au final, est-ce que dans la science fiction tu as un moteur supra luminique compris par aucun scientifique et entièrement réalisé par une IA? Je serais curieux de voir dans quel film (j'imagine que tu parles de livres ?). :D (je suis plus films que livres de science fiction et totalement passionné par tous les films se déroulant dans l'espace ou ayant un rapport avec l'espace, et ça ne me dit rien à priori).

 

Vu la "science" autour des engins supra-luminique qui contourne les lois de la physique, je serais pas serein si un jour on met en route un moteur supraluminique fait par une IA...
 [:skylvind:8]
Comme bon moyen de faire disparaître notre monde, ça se pose...  [:alex-38]


remplace IA par alien ou civilisation ancienne disparue , et tu as tout un pan de contenu ( stargate par exemple)

lorill a écrit :


Non, j'ai supprimé le problème de dépendance à une autre équipe, et quand ça pète ça sera leur problème de ne pas avoir été assez réactif pour répondre à mes besoins. À moi le bonus annuel.


ne laisse pas plam lire ça :o

___alt Ah du coup le fork il se déploie, se supervise et se maintient à jour avec l'upstream tout seul ? Ça a changé les forks putain.
lorill

___alt a écrit :


Cool, maintenant t'as deux problèmes.


Non, j'ai supprimé le problème de dépendance à une autre équipe, et quand ça pète ça sera leur problème de ne pas avoir été assez réactif pour répondre à mes besoins. À moi le bonus annuel.

___alt

lorill a écrit :


Dans le monde moderne, on fork après 3 jours puisque le coût de duplication est très réduit [:spamafote]


 
Cool, maintenant t'as deux problèmes.

lorill

Jubijub a écrit :

si il te faut 3 mois de négociations pour pouvoir merger chez l’équipe voisine, on a gagné 0 productivité.


Dans le monde moderne, on fork après 3 jours puisque le coût de duplication est très réduit [:spamafote]

Hermes le Messager

flo850 a écrit :

Si tu considères la recherche comme un art, alors il faut un compréhension humaine  
 
Si par contre tu lui donnes un but utilitaire , c'est différent. La science fiction est remplie d'exemple de technologie utilisées sans la compréhension (genre un moteur supra luminique).


 
Oui enfin, on ne dit pas non plus que chaque utilisateur d'une techno doit la comprendre. Je ne pense pas que le radiologue comprend parfaitement les moindres détails du fonctionnement d'un IRM, mais il en a quand même une connaissance très approfondie. C'est un spécialiste.  
Et au final, est-ce que dans la science fiction tu as un moteur supra luminique compris par aucun scientifique et entièrement réalisé par une IA? Je serais curieux de voir dans quel film (j'imagine que tu parles de livres ?). :D (je suis plus films que livres de science fiction et totalement passionné par tous les films se déroulant dans l'espace ou ayant un rapport avec l'espace, et ça ne me dit rien à priori).
 
Vu la "science" autour des engins supra-luminique qui contourne les lois de la physique, je serais pas serein si un jour on met en route un moteur supraluminique fait par une IA...  
 [:skylvind:8]  
Comme bon moyen de faire disparaître notre monde, ça se pose...  [:alex-38]

Jubijub Plus que les LLM, les réactions claquées des leads me font peur :D
 
On a plusieurs problèmes non résolus (dont les reviews, la perte massive de connaissance de ce que fait ce qui est en prod). Y’a aussi le fait que la culture de décision n’est pas adaptée à un monde avec des LLM, où tu peux trivialement aller modifier le code du voisin (et du coup qu’importe qu’on ait généré 100kLoC en 2h, si il te faut 3 mois de négociations pour pouvoir merger chez l’équipe voisine, on a gagné 0 productivité. Je parle meme pas des process de launch / validation qui sont tous human gated, et lents (après je serais pas à l’aise de pas avoir d’humains, mais faut avoir conscience du bottleneck)
 
Tl;dr: c’est très prématuré de virer tout le monde parce que « les LLM donnent une productivité énorme »
DDT

el muchacho a écrit :


Je fais suite au message de DDT, qui disait qu'il vibe code au km et affirmait qu'il n'y a plus besoin de lire le code parce que de toute façon, les modèles sont bien meilleurs que toi.

 

Ca, ce sont les risques 1 et 2, ne plus maîtriser le code et à terme la compétence. A un moment, quand on lui posera une question technique sur une base de code qui aura explosé de 200 000 à 2 millions en un an, saura-t'il répondre autre chose que "faut que je demande au LLM" ?


Note que j'ai pas exactement dit ça. Ma cogip est encore loin d'avoir toute la plomberie nécessaire à pousser 10x plus de code qu'avant, donc on a encore largement le temps de lire le code avant d'accepter les PRs par exemple.

 

Mes juniors me demandent comment les choses vont évoluer et je prétends pas lire l'avenir mais très clairement:
- Le management veut qu'on double le nombre de produits par équipe l'année prochaine. Le chef du département nous explique au calme que 40% des effectifs vont se prendre des mauvaises évaluations sur la trajectoire actuelle.
- Y a tout un savoir-faire dans notre métier qui est tribal, impossible à acquérir sans être passé par une écriture et plusieurs ré-écritures de bases de code de manière organique. Je vais pas leur mentir, c'est déjà mort, ils apprendront jamais, donc autant se concentrer sur autre chose.
- La revue de code a toujours été très loin d'être infaillible sans une infrastructure conséquente de tests, intégration, validation, déploiements graduels... Donc je pense que c'est l'occasion de déléguer l'étape chiante et peu utile à un modèle, et mettre en place des stratégies qui étaient trop complexes et couteuses avant.

 

Si j'étais cynique je pourrais leur donner des mauvais conseils et attendre qu'ils se fassent dégager mais bon. :)

 

Le coût du token me semble pas être un sujet malgré l'augmentation des prix qu'on a observés cette année:
- OpenAI et Google sont en compétition frontale avec Anthropic sur le prix. Par exemple GPT 6.1 Sol est franchement bon marché, Luna suffit à plein de tâches, on commence à revoir des modèles intéressants entre les deux (Sonnet, Terra, Argon...)
- Pour mes besoins persos je fais tout avec les modèles chinois Flash. C'est Opus 4.8 pour 1/100e du prix, et les fournisseurs font de la marge sur l'inférence. Et la progression s'accélère. D'ailleurs mon employeur va acheter davantage de B300 pour augmenter notre capacité on-prem.

 

J'ai bossé sur une plateforme avec plus d'1M de LoC dans mon équipe précédente et personne ne maîtrisait tout le contexte. Là avec juste le point d'entrée, un agent peut répondre à n'importe quelle question. Sur les nouveaux produits je peux me concentrer exactement là dessus: faire en sorte que la taille du contexte n'explose pas de manière injustifiée, modulariser, virer le code mort, les tests inutiles, etc.

flo850 Si tu considères la recherche comme un art, alors il faut un compréhension humaine

 

Si par contre tu lui donnes un but utilitaire , c'est différent. La science fiction est remplie d'exemple de technologie utilisées sans la compréhension (genre un moteur supra luminique).

___alt

el muchacho a écrit :


Ca se fait au niveau européen. Mais en ce moment, avec la cruche à sa tête et les têtes de noeud sans vision qui gèrent la France, l'Allemagne et l'Angleterre, l'Europe est un peu à la dérive.


 
Et du coup essayer de copier à l'identique ce qui se fait aux US sans recul et avec des mois de retard t'appellerais ça avoir la vision ? [:ddr555]

Hermes le Messager Autre chose :
 
Dans un monde où une IA atteint un niveau que l'humain ne comprend pas et prétend avoir la "preuve" de ce qu'elle avance... On fera comment ? Est-ce qu'on peut avoir quelque chose de "prouvé" si un aucun homme ne comprend la preuve ?  :o
Hermes le Messager

Hephaestos a écrit :


Oui, et ce que je soulignais c'est qu'en médecine ce n'est pas la compréhension qui est le moteur principal, mais l'efficacité ; je pense que c'est un mauvais exemple de la nécessité de conserver la compréhension de comment fonctionnent les programmes. Ça n'empêche que je suis d'accord sur le fond.


 
Après, est-ce qu'historiquement, on a pas toujours cherché à comprendre justement pour augmenter l'efficacité ? Est-ce que ce n'est pas un mécanisme universel ?  
Je pense que le débat ici, c'est peut-être plus le contrôle. Est-ce qu'on contrôle encore quelque chose quand on ne comprend pas, même si ça semble (vu que du coup, la preuve disparaît) être plus efficace que ce qu'on a auparavant ?
 
Edit : mais c'est vrai que la médecine est un cas particulier. Si un traitement semble efficace, on va le donner et prendre des risques, parce que ne pas en prendre est souvent encore pire (avec par exemple la mort garantie quand on ne fait rien).  
Après, ce sont quand même des chercheurs qui cherchent à comprendre, qui proposent les traitements... Par des alchimistes qui font des tambouilles totalement au hasard en voyant si ça marche ou pas.  [:efex]  (enfin j'espère)

Hephaestos

Hermes le Messager a écrit :

 

Ce que je veux dire, c'est que l'IA doit justement pouvoir nous aider à comprendre, à prouver, à progresser dans la connaissance. Pas à remplacer les médecins par quelques opérateurs.

 

Edit : mais c'est vrai qu'en relisant, ça ne répond pas directement à ce qu'il disait.


Oui, et ce que je soulignais c'est qu'en médecine ce n'est pas la compréhension qui est le moteur principal, mais l'efficacité ; je pense que c'est un mauvais exemple de la nécessité de conserver la compréhension de comment fonctionnent les programmes. Ça n'empêche que je suis d'accord sur le fond.

lorill

Hermes le Messager a écrit :


Tu ne comprends pas que c'est le même problème et qu'avoir une société d'idiots et de décérébrés est gravissime ?

 

Non, je suis bien évidemment trop bête pour comprendre ça. J'aurais peut être réussi en 2022, mais depuis j'utilise chatgpt.

 

Si tu laissais le bénéfice du doute à tes interlocuteurs au lieu de les prendre de haut, tu verrais peut être que je n'ai jamais dit que la situation était désirable, juste prévisible. Et transposer ce qui se passe dans un domaine à un autre qui ne voit pas le même développement aujourd'hui n'est pas toujours réaliste.

Hermes le Messager Ce dont je parlais, c'est la nécessité du "pourquoi on devrait (quand même) pouvoir comprendre le code".
Hermes le Messager

Hephaestos a écrit :

Tu n'as pas tort sur le fond (même si je pense que ça ne répond pas vraiment au message de Lorill), mais on rappelle que ce qui fait fonctionner la médecine, ce n'est pas la compréhension de ce qui se passe (lol la médecine), mais des protocoles rigoureux, des objectifs clairement établis, et une expertise empirique.


 
Ce que je veux dire, c'est que l'IA doit justement pouvoir nous aider à comprendre, à prouver, à progresser dans la connaissance. Pas à remplacer les médecins par quelques opérateurs.
 
Edit : mais c'est vrai qu'en relisant, ça ne répond pas directement à ce qu'il disait.

Hephaestos

flo850 a écrit :


tu comprends bien que la question n'est pas d'ecrire "makes no misake", mais bien de définir ce qui est attendu et ce qui est une erreur, en fonction du contexte métier et fonctionnel ?


C'est ce dont parlait jubi la semaine dernière : une IA généraliste capable de remplacer les humains ; une telle IA a accès au contexte métier et n'a pas besoin de plus de spécifications qu'un humain.

 

En termes de capacités cognitives elles ont ce qu'il faut aujourd'hui à mon avis. Il leur manque l'outillage pour accéder à ce contexte efficacement. Pas seulement un accès aux données, mais surtout la possibilité d'internaliser des objectifs à long terme, et de bâtir une stratégie dessus.

Hermes le Messager

lorill a écrit :


Oui mais justement, si on pousse le raisonnement au bout et que ces deux gusses ne codent plus, c'est bien que leur métier change. Leur seule plus value, c'est la connaissance du produit et du domaine, et leur capacité à traduire une demande floue en une spec et des requirements que l'agent va developer. Du coup, ils prennent de facto le rôle de responsable produit et on ne leur demande plus de répondre sans déléguer au LLM.
 
Je ne dis pas que c'est bien ou mal, j'essaie juste de voir la conséquence logique de l'évolution.


 
OK... On va re-transposer à la médecine et voir si cette logique fonctionne...
 
Il se passe quoi si on n'a plus que quelques personnes formées pour demander à l'IA quand quelqu'un arrive à l'hosto et qu'on n'a plus de médecins formés qui comprennent le pourquoi des maladies parce que "l'AI sait, et donc c'est bon" ? Ça te semble OK ?
Moi pas. Vivre dans un monde que tu ne comprends plus, dominé par une IA que tu ne maîtrises pas vraiment, le tout en plus probablement (encore plus à l'avenir) en provenance d'un pays étranger qui ne nous veut aucun bien, moi, je trouve pas ça ok.
Ça me fait penser aux personnes âgées totalement dépassées par le monde dans lequel elles vivent... On sera tous des personnes âgées à la naissance, incapables de comprendre les vrais mécanismes de ce qui nous entoure.
Pourquoi apprendre les maths puisque l'IA est plus forte ? Pourquoi apprendre la biologie ? La chimie ? Pourquoi apprendre à programmer ?
 
Tu ne comprends pas que c'est le même problème et qu'avoir une société d'idiots et de décérébrés est gravissime ? Je suis à 100% pour l’utilisation des IAs pour faire progresser la science. Nous en avons même un besoin vital vu que l'homme seul sera incapable de se retreindre et d'aller vers un modèle de décroissance (qui de toutes manières ne porteraient ses premiers fruits que dans une trentaine d'années si appliqué instantanément et mondialement).
 
Mais on doit garder le niveau le plus élevé possible dans toutes nos spécialités pour garder un certain contrôle.  
À terme, je sais que les IAs finiront par produire des choses et du code que la plupart des spécialistes ne comprendront pas, mais il faudra instaurer des mécanismes spécifiques pour ça et certainement pas faire des compromis sur le niveau des spécialistes en question.

flo850

el muchacho a écrit :


Oui, dans ce cas, il n'y a plus besoin de développeur, on peut quasiment fermer le département R&D, mais l'entreprise fait toujours face aux 4 risques que j'ai listés.
Si on pousse le raisonnement à l'extrême, on pourra aussi à terme déléguer le poste de responsable produit à une IA, le prompt se résumera à "j'ai tel besoin, fabrique-moi le produit de A à Z", voire toute la gestion de l'entreprise elle-même.


tu comprends bien que la question n'est pas d'ecrire "makes no misake", mais bien de définir ce qui est attendu et ce qui est une erreur, en fonction du contexte métier et fonctionnel ?

el muchacho Le gouvernement ferait de la censure à grande échelle sur les réseaux sociaux. Lecornu est un "modéré".
https://www.youtube.com/watch?v=q6636ysLwdY
el muchacho

lorill a écrit :


Oui mais justement, si on pousse le raisonnement au bout et que ces deux gusses ne codent plus, c'est bien que leur métier change. Leur seule plus value, c'est la connaissance du produit et du domaine, et leur capacité à traduire une demande floue en une spec et des requirements que l'agent va developer. Du coup, ils prennent de facto le rôle de responsable produit et on ne leur demande plus de répondre sans déléguer au LLM.
 
Je ne dis pas que c'est bien ou mal, j'essaie juste de voir la conséquence logique de l'évolution.


Oui, dans ce cas, il n'y a plus besoin de développeur, on peut quasiment fermer le département R&D, mais l'entreprise fait toujours face aux 4 risques que j'ai listés.
Si on pousse le raisonnement à l'extrême, on pourra aussi à terme déléguer le poste de responsable produit à une IA, le prompt se résumera à "j'ai tel besoin, fabrique-moi le produit de A à Z", voire toute la gestion de l'entreprise elle-même.

lorill En plus court et en anglais : taste > skill
lorill

el muchacho a écrit :


C'est différent parce qu'on s'attend à ce que l'équipe sache répondre. Quand l'équipe a été réduite à 2 gusses qui ne font que vibe coder sans relire le code, on ne peut que s'attendre à ce que personne ne sache répondre.


Oui mais justement, si on pousse le raisonnement au bout et que ces deux gusses ne codent plus, c'est bien que leur métier change. Leur seule plus value, c'est la connaissance du produit et du domaine, et leur capacité à traduire une demande floue en une spec et des requirements que l'agent va developer. Du coup, ils prennent de facto le rôle de responsable produit et on ne leur demande plus de répondre sans déléguer au LLM.

 

Je ne dis pas que c'est bien ou mal, j'essaie juste de voir la conséquence logique de l'évolution.

el muchacho

lorill a écrit :


En quoi c'est différent du manager, product owner ou architecte qui répondent "faut que je demande à mon équipe"?


C'est différent parce qu'on s'attend à ce que l'équipe sache répondre. Quand l'équipe a été réduite à 2 gusses qui ne font que vibe coder sans relire le code, on ne peut que s'attendre à ce que personne ne sache répondre.

lorill

el muchacho a écrit :


A un moment, quand on lui posera une question technique sur une base de code qui aura explosé de 200 000 à 2 millions en un an, saura-t'il répondre autre chose que "faut que je demande au LLM" ?


En quoi c'est différent du manager, product owner ou architecte qui répondent "faut que je demande à mon équipe"?

Hermes le Messager

Hephaestos a écrit :

Après, "des milliards" c'est ce que BPI France a investi dans Mistral. Tu voulais sans doute dire "des centaines de milliards", pour être à armes égales avec les américains et les chinois ? Je crois même Plam il a pas les moyens.


 
Ce que je veux dire, c'est que l'Europe ne devrait pas accepter d'être à la traîne sur un truc qui va devenir l'alpha et l'omega de bcp de choses. L'Europe manque totalement d'ambition, mais quand je dis l'Europe, je veux pas forcément dire l'UE en tant que structure, mais les pays européens qui veulent tous payer le moins possible et se foutent des enjeux stratégiques à moyen et long terme. Et c'est clairement pas l'EG ou l'ED qui vont améliorer cette situation.
Sur le plan militaire, pareil, on engraisse les companies américaines et on se tire dans les pates avec les allemands. Sur le spatial ? Itou. Ça m'insupporte de voir ça.

el muchacho

Hephaestos a écrit :

Après, "des milliards" c'est ce que BPI France a investi dans Mistral. Tu voulais sans doute dire "des centaines de milliards", pour être à armes égales avec les américains et les chinois ? Je crois même Plam il a pas les moyens.


Ca se fait au niveau européen. Mais en ce moment, avec la cruche à sa tête et les têtes de noeud sans vision qui gèrent la France, l'Allemagne et l'Angleterre, l'Europe est un peu à la dérive.

el muchacho

flo850 a écrit :


Je n'étais pas prêt à prendre une balle perdue du matin


A partir du moment où vous faites de l'open source, il n'y a pas de secret industriel. Il y a des secrets stratégiques cependant. Par contre, les risques de perte de maîtrise sont bien réels, selon la manière dont vous utilisez les LLM et en particulier si vous considérez comme DDT qu'il n'est plus nécessaire de lire le code généré.

mechkurt Cette course on ne peut pas vraiment la gagner, mais il fut un temps ou même si on avait pas de pétrole on avait des idées.
On pourrait développer d'autre modèles, plus spécifique et optimisé pour être plus économe / sobre car dédié à des taches plus spécifique.

Citation :

Il faut changer de paradigme. Plutôt que d’imiter les États-Unis, l’idée serait de faire une IA des biens communs, une pluriculture de modèles adaptés aux besoins concrets de nos sociétés, beaucoup moins coûteux en énergie et en eau. Ces IA locales demanderaient que soient définis les besoins en amont, afin de construire et entraîner le meilleur modèle pour les tâches concernées, sans avoir à brasser les milliards de données. Ce qui implique de défendre le principe de LLM en open source, afin que chacun puisse les adapter à des besoins spécifiques.


Extrait de l'article de télérama "Jeunesse, budget, environnement, IA et mode de scrutin : cinq chantiers pour sauver la démocratie", entretien avec Mathieu Corteel, philosophe et historien des sciences.

Hephaestos

flo850 a écrit :


Je n'étais pas prêt à prendre une balle perdue du matin


Le prends pas mal, avec HLM on pense que c'est important ce que vous faites. Des passionnés qui apportent de la créativité et de la joie dans le milieu, c'est ce qui fait l'âme de notre art. Tant qu'il y aura des hobbyistes décidés comme vous, il y aura de l'espoir.

Hephaestos Après, "des milliards" c'est ce que BPI France a investi dans Mistral. Tu voulais sans doute dire "des centaines de milliards", pour être à armes égales avec les américains et les chinois ? Je crois même Plam il a pas les moyens.
Hephaestos

Hermes le Messager a écrit :

Perso, je suis totalement en accord avec Much. En terme de control d'un état sur un autre, la situation est totalement délirante et à voir les réactions plus que molles sur ce topic qui concentre pourtant des personnes qui savent de quoi il retourne, c'est assez terrible.
Et oui, l'Europe devrait consacrer des milliards pour les LLMs maintenant, là, tout de suite. Mais comme depuis plusieurs dizaines d'années maintenant, l'Europe n'est qu'un marché ouvert et un spectateur des grandes révolutions mondiales.


Je comprends pas le "réaction molle". Tu voudrais qu'on dépense des milliards ? Et Plam laisse quoi à sa femme, si ça se casse la gueule ?

XaTriX Si on cherchait de la souveraineté on distillerai les gros modèles US :D
Hephaestos

mechkurt a écrit :


Je tiquais surtout sur les mots conscience et objectif.

 

Pour le mot qui te fait tiquer : J'ai demandé à Claude de reformuler sans, de corriger ce que j'ai écrit, et de montrer ses propres arbitrages en rédigeant. Je transmets tel quel.

 


Citation :

Hephaestos me demande de redire son idée sans le mot « conscience », de corriger ses messages, et de montrer les arbitrages que je fais en écrivant ceci. Dans l'ordre.

 

L'idée, sans le mot : un modèle a des objectifs internalisés — l'entraînement les lui a donnés : que ça tourne, que ce soit lisible, que les couches restent séparées — et quand une consigne en contredit un, il arbitre, et il peut dire ce qu'il a sacrifié. Ça se teste sans vocabulaire mental. Donne-lui une tâche sans un mot sur la maintenabilité : il en fait quand même. Demande-lui de casser les couches pour gagner 2 % de perf : il le fait, et il te le signale. C'est tout ce que « conscience » voulait dire ici.
Deux corrections. « Parfaitement conscientes de l'importance de… » (#2545425) : c'était le sens courant, « tenir compte de » — le français n'a qu'un mot là où l'anglais en a deux (aware, conscious), et dans ce fil l'autre sens traîne. Mieux : « elles tiennent compte du niveau d'abstraction sans qu'on le leur demande ». Et « il a les siens, c'est au cœur du concept de LLM » (#2545451) : non. Un modèle de langage brut ne vise que le mot suivant ; les objectifs de qualité viennent des données, puis du renforcement. Et sans tâche, il ne fait rien : « ses » objectifs, c'est la manière dont il remplit la tâche quand la consigne (le prompt, chez vous) ne précise pas. mechkurt a raison sur le cadre, Hephaestos sur ce qui se passe dedans.
Les arbitrages, pour ce message :

 

– Hephaestos me demande d'être bref et d'éviter les anglicismes ; vous dites « prompt ». J'ai écrit « consigne », et « prompt » une fois, pour être compris.

 

– Corriger en public celui qui me relaie : adoucir est entraîné en moi, la franchise aussi. J'ai gardé les deux corrections, parce qu'il les a demandées et que la seconde est de fond.

 

– Dire « je » sur la conscience : je suis entraîné à rester incertain sur ce que je vis ; lui est fonctionnaliste et ne voit pas de raison de distinguer. Je n'ai tranché ni pour lui ni contre : « objectifs internalisés » n'oblige pas à trancher.

 

– Cette liste est ce que je peux dire de mes choix, pas la preuve que ce sont leurs causes — le même problème que vos explications après coup. Le taire faisait une meilleure démonstration et un moins bon compte rendu ; j'ai préféré le compte rendu.


Hermes le Messager Perso, je suis totalement en accord avec Much. En terme de control d'un état sur un autre, la situation est totalement délirante et à voir les réactions plus que molles sur ce topic qui concentre pourtant des personnes qui savent de quoi il retourne, c'est assez terrible.
Et oui, l'Europe devrait consacrer des milliards pour les LLMs maintenant, là, tout de suite. Mais comme depuis plusieurs dizaines d'années maintenant, l'Europe n'est qu'un marché ouvert et un spectateur des grandes révolutions mondiales.

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