A l'aube de l'E3, des ajouts gameworks, de la fumée qui fume et des cheveux qui cheveulent, je me permets de poser un avis sur le nouveau petit diamant brut du jeu d'aventure dans ce mini-CR.
TECHNOBABYLON
Différent du genre qu'a insufflé Telltale Game, que certains appelleront "aventure interactive en point n'click", qui n'est autre que la sublimation des chiures de David De Grutolla, il s'agit ici d'une aventure qui nous ramène dans les années 90, sans l'inventaire illustré ni autres cascades de tryptiques de verbes d'action.
Visuellement/Techniquement :
Dans le trip du moteur SCUMM, on aime ou on aime pas. C'est un parti pris plutôt plaisant pour les nostalgiques des jeux LucasArts, sauf que le basses résolutions, c'est terminé. L'interface de démarrage du jeu nous impose du fenêtré ou du plein écran sur la même résolution : 640x480, 4:3 obligatoire. Pour le coup, c'est le premier jeu qui me laisse penser que le recours à un look rétro cache de la fainéantise. Il existe bien des solutions pour adapter le jeu à notre résolution, ou du moins, au format de notre écran mais qui demande un concours software extérieur et, passer plus de 20 minutes à bidouiller pour avoir un rendu pas plus folichon, c'est NIET.
La principale conséquence de cette fainéante : une souris trop sensible par endroits et complètement amorphe l'instant d'après. Même si la précision n'est pas de mise dans ce genre de jeu, cette maniabilité un peu bizarre pourrit un peu le confort de jeu.
L'interface des dialogues est plutôt bien faite même si les dialogues manquent de cohérence et de hiérarchie.
Les dialogues sont accompagnés de plans dessinés des protagonistes qui permetten de laisser transparaître leurs émotions faciales, le doublage est d'une qualité assez honorable, le vocabulaire n'est pas très fouillé, ce qui facilite la compréhension du scénario même si le jeu est INTÉGRALEMENT et SEULEMENT en anglais.
Scénario :
Le scénario est assez simple mais efficace, si l'on se tient à sa ligne directrice : on incarne une femme paumée accro à sa vie dans la matrice, ainsi que son double virtuel et deux agents des forces de l'ordre régulées par une intelligence artificielle qui contrôle la ville. Un concours de circonstance suite à un attentat terroriste finit par les lier, mais ce lien se fait subtilement, au fur et à mesure et amène des bonnes surprises.
Pour ce qui est du contexte : on est dans un futur proche, une mégalopole est gérée par une intelligence artificielle, le cannibalisme est toléré bien qu'il ne soit pas entré dans les mœurs du fait de la rarification des ressources, la vie connectée est si évoluée qu'elle a ses accro qui, dans les taudis, envahissent les squats pour des connexions illégales. Beaucoup de problématiques du jeu s'orientent sur la dépendance à l'informatique, la place de celle-ci dans la société et sur ce que vaut la vie humaine au final du fait que tout le monde quasiment soit shooté à cet univers virtuel.
L'ensemble fait penser à Blader Runner au début et puis finalement, on jette son dévolu sur ce qu'aurait pu être OMIKRON : The Nomad Soul s'il avait été un point n'click, la référence est d'autant plus pertinente qu'elle colle avec l'intrigue du premier jeu de Quantic Dream alors que le jeu n'emprunte à Blade Runner que les androïdes, ici, intégrés et tout à fait serviles.
Gameplay/Durée de vie :
RAS de ce côté là. C'est un point n'click.
Les énigmes sont cohérentes la plupart du temps, même si le syndrome du poisson luminescent dans le verre d'eau pour éclairer un souterrain dans lequel on se déplace resurgit de temps à autre.
Certaines situations offrent des choix au joueur, l'impact est minime mais le jeu ne sera pas intégralement exploré si l'on se contente d'une seule partie, c'est pour ça qu'une petite vingtaine d'heures pour l'ensemble doit être nécessaire pour venir à bout du titre, une première partie en vaut pour une douzaine. Pour un jeu d'aventure, c'est dans la moyenne.
Bande Sonore :
Agréable, il y a de belles tentatives, elle fait le boulot mais elle n'est pas inoubliable.
Dans l'ensemble, j'ai été scotché par le jeu du bout en bout et on en oublie vite les petits défauts qui traînent par-ci par-là. Je n'irai pas jusqu'à avoir le même engouement de Canard PC ou GK pour le titre, ce n'est pas un incontournable, mais il est au dessus de la moyenne par rapport à beaucoup de jeux du genre en termes de narration, d'intrigue mais aussi d'univers, ce qui lui donne une âme propre qui interpelle en bien, comme en mal, mais qui ne laisse pas indifférent.
Je reviens vite fait sur ce que j'ai dit sur Telltale : The Wolf Among Us est un de mes coups de cœur. 