Bon ben j'ai resorti un test que j'avais fait pour un fanzine le voila : FINAl FANTASY 10
Présentation
Comme à l'accoutumée, Final Fantasy va vous emmener dans une histoire très romanesque où beaucoup de personnages vont agir et interagir. Aussi, avant de commencer le test proprement dit, voici une petite présentation des personnages que vous jouerez à un moment ou un autre dans ce 10ème volet. Vous commencerez l'aventure avec Tidus, un jeune joueur de Blitzball je viendroais plutard sur ce sport, dont le père (Jetch) fut le grand champion à Zarnakand, la mégalopole où débute notre histoire. Un peu plus tard se joindra à vous Auron, un personnage puissant et assez mystérieux qui ne vous dévoilera ses secrets qu'au compte-goutte. Viendra ensuite Yuna, la fille du grand Invokeur de Spira, le monde où vous vous retrouvez enfermé ducataclysme qui sert d'introduction au jeu.Mais aussi, Wakka (un joueur de Blitzball de Spira); Lulu, une spécialiste de la magie noire; Kimahri, un guerrier de la tribu des Ronsos. Et pour finir, Rikku,peut utiliser des objets de types grenades ou autres... Mine de rien, avec tout ce petit monde, vous vous retrouverez au bout de quelques dizaine d'heures de jeu avec une équipe de 7 personnages à gérer... De belles batailles en perspective !...
- Prévoyez les kleenex...
Autant ne pas y aller par quatre chemins, ce Final Fantasy va dans un premier temps vous visser à votre canapé et vous mettre la larme à l'oeil grâce à des cinématiques d'une beauté inégalée sur la machine de Sony. Je soupçonne fortement Square Pictures, la branche cinéma de Squaresoft, auteur des Créatures de l'Esprit, d'avoir mis à profit leurs grosses machines de calculs 3D, car le résultat est époustouflant, et le mot est faible... On se retrouve plongé dès les premières minutes de jeu dans un univers fantastique somptueux, une ville gigantesque entourée d'eau, sur fond de match de Blitzball. Sport dont on ne connaît absolument rien lorsqu'on en est à ce stade. Ou plutôt si, une chose, Tidus (vous, et donc le personnage central de l'histoire) en est un héros et s'apprête à jouer un match des plus important... Le choc visuel passé, on reprend de nouveau les commandes. Et, deuxième choc, les décors du jeu sont eux aussi sublimes. Et aucun temps de chargement ne s'est fait sentir entre la cinématique et la reprise du jeu... On ne passe plus non plus d'un écran à l'autre avec temps de chargement à la clé lors des déplacements. C'est désormais une caméra automatique qui vous guide et se déplace en même temps que vous, à la manière de Devil May Cry. Du travail de pros en somme...
- Etre (très) patient tu devras...
En effet, si FFX colle une claque visuelle monumentale dans sa phase d'introduction, il n'est est pas exactement de même en ce qui concerne le gameplay qui vous attend durant les premières heures de jeu... Premièrement, beaucoup de lecture en perspective car il faudra apprendre par exemple le fonctionnement du nouveau système de magie. l'ATB ayant disparu pour un système plus souple permettant la permutation des persos en cours de combat, nous y reviendront tout à l'heure. Et deuxièmement, les premières heures de jeu sont d'une linéarité affligeante. Un monstre, une cinématique, un monstre, une cinématique, etc... Mais bon, on leur pardonne, vu que cette impression de ne pas contrôler la partie ne va pas durer si longtemps que ça si l'on se base sur l'ensemble du jeu... Mais les plus impatients d'entre vous risquent fort d'enrager devant tant d'inaction. A ceux-là je dis, persévérez, vous ne serez pas déçus du voyage !...
Du côté des énigmes, que l'on est en droit d'attendre dans un jeu de rôles digne de ce nom, ce n'est vraiment pas la joie non plus. Et les toutes premières feront bien rire les plus aguerris au genre. Ce sont des petits puzzles plus ou moins logiques utilisant des sphères magiques à placer dans les bons orifices. Au fur et à mesure de votre progression vous rencontrerez plusieurs fois ce système car, une fois l'énigme résolu, il permet à Yuna d'apprendre de nouvelles attaques magiques des plus dévastatrices... Evidemment, plus vous avancerez dans le jeu et plus le nombre de sphères à placer au bon endroit augmentera. Ce principe n'apporte pas grand chose à l'aventure et de plus casse un peu le rythme avec parfois des solutions un peu tordues. Peut mieux faire sur ce coup là. Heureusement, plus tard, d'autres énigmes plus crédibles viendront relever le niveau.
Un autre aspect de FFX où votre patience sera également mise à rude épreuve concerne les sauvegardes dans le jeu. En effet, elles se font par l'intermédiaire de plots bleutés disséminés dans le monde. Au début vous en trouverez régulièrement et aucun problème ne se posera. Par contre, plus tard, il n'est pas rare de devoir jouer 1 ou 2 heures (voire plus) avant de tomber sur un de ces satanés plots. Coupez le téléphone et débranchez les fusibles de votre interphone car si vous êtes dérangés en plein milieu d'un combat qui dure déjà depuis 45 minutes, vous allez le regretter fortement !...
- Du nouveau dans FF !
On a beau louer la qualité de cette saga, il faut bien reconnaître que les innovations majeures au fil des épisodes ne sont pas légion. Dans FFX, les systèmes de magie et de combat ont été revus, le résultat final est plutôt plaisant et offre surtout une nouvelle façon d'aborder les combats. En effet, si l'on prend le 9ème épisode, les combats se déroulaient avec une équipe bien définie avant le début des hostilités. Impossible de changer de persos une fois dans la bataille et impossible aussi de s'arrêter à son tour pour analyser la situation et utiliser la meilleur tactique. Ce que l'on peut désormais faire dans FFX. L'approche des combats est ainsi beaucoup plus stratégique et vous verrez que même avec 7 persos bien entraînés vous devrez parfois (souvent même) prendre votre temps afin de définir la meilleur façon d'agir, les boss étant vraiment coriaces et affichent parfois 10, 20 ou 30 fois plus de points de vie que tous vos persos réunis...
Du nouveau aussi du côté de la magie qui cette fois utilise un "Sphérier" pour faire évoluer les persos. On vous demandera d'ailleurs dès le lancement d'une nouvelle partie de choisir entre "Sphérier Standard" et "Sphérier Expert". Le standard étant fortement conseillé pour la première partie. Concrètement, c'est un énorme plan sur lequel sont représentées des centaines de petites sphères reliées entres elles et disposées un peu comme une toile d'araignée. Chaque perso débute la partie au milieu d'une de ces toiles. Ensuite, au cours des combats on gagne des points de compétence (PC). Si l'on ne fait que regarder les autres se battre, pas de points à la fin du combat et donc pas d'évolution possible ! Lorsque ces points atteignent un certain nombre, le niveau d'évolution (Niv.E) du personnage augmente. C'est avec ces derniers que vous vous déplacerez dans le Sphérier. Chacune de ces sphères pourra apporter, par exemple, 3 pts en constitution, 200 pts de vie supplémentaires ou même une compétence physique ou magique. Bref, c'est complexe, c'est énorme et les fous de personnalisation vont pouvoir s'en donner à coeur joie !...
Et bien entendu, l'autre nouveauté, et pas des moindres, est le passage intégral à la 3D, fini les décors pré-rendus de la PSOne... Et quelle 3D, quel univers nous a concocté là Squaresoft ! Un monde immense et magnifique avec un souci du détail et de la perfection omniprésent. Et, chose nouvelle dans la série, le réalisme qui a été apporté à la géographie et donc aux déplacements dans ce monde virtuel. La conception de ce dernier a dû être un véritable casse-tête pour les designers, mais le résultat est là et tous les fans de RPG ne pourront que s'émerveiller devant le travail accompli... Et ce n'est pas encore fini, car pour la première fois dans un FF les personnages principaux ont une voix. Les sept de votre équipe, mais aussi d'autres que vous rencontrerez au fil de l'aventure. Seul bémol, les dialogues sont en anglais sous-titrés en français. Mais on se console en se disant qu'il vaut mieux ça que des doublages en français ratés, ce qui est malheureusement assez fréquent avec les joies de la "localisation".
- Quelques détails supplémentaires
C'est bien connu, FF on aime ou on déteste. Mais ce 10ème opus, si l'on fait abstraction de sa linéarité désolante des premières heures de jeu, favorisée par une grosse flèche rouge sur le plan qui vous indique le chemin à suivre, a peut-être des chances de réconcilier ses détracteurs avec le genre. D'accord le scénario n'est pas une merveille d'originalité et tombe souvent dans le sentimentalisme abusif. Mais la richesse du monde, la nouvelle dimension stratégique des combats, la qualité du système d'évolution des persos et la profondeur de leur personnalité font de ce FF un jeu vraiment très prenant et plaisant à jouer...
Autre point qu'il faut souligner, et là les compliments ne sont vraiment pas de rigueur ! Pourquoi, Mr Sony Europe, avez vous massacré graphiquement le jeu en nous imposant le mode 50 Hertz. Les personnages sont écrasés et si on ne le remarque presque pas, c'est parce que peu de gens ont vu tourner la version 60 Hz.
- Séquence détente
Bien entendu, FF ne serait pas FF sans ses mini-jeux, devenus de grands classiques. Vous retrouverez donc avec plaisir les fameuses courses de Chocobos mais aussi le Blitzball. Un sport aquatique qui mélange un peu le Foot US et le Water Polo, très populaire dans le monde de FFX... A partir d'un certain moment dans le jeu, à chaque point de sauvegarde, vous pourrez bien évidemment sauver votre partie mais aussi jouer au Blitzball. Ces matchs, secondaires dans l'aventure, vous permettront de faire évoluer votre équipe pour peut-être gagner le grand tournoi...
Puis, lorsque vous en aurez marre de cogner du monstre, de jouer au Blitzball ou de faire des courses de Chocobos, il vous restera encore le DVD bonus livré avec le jeu. Celui-ci contient une dizaine d'interviews assez intéressantes mais l'ensemble n'atteint pas la qualité attendue. Le reste propose des bandes-annonces de Kingdom Hearts, rien à voir avec FF ! Et le chapitre "Historique de Final Fantasy" (titre pompeux) ne présente finalement que quelques vidéos tirées des différents épisodes sortis en France et doit durer dans les 45 secondes !... Alors que Squaresoft et Mr Hironobu Sakaguchi faisaient déjà des FF avant 1990, pour la NES avec le tout premier épisode, pour mémoire.
- En conclusion
Au début de l'aventure Final Fantasy X s'apparente plus à un film interactif qu'à un RPG. Mais petit à petit vos rangs vont grossir, vos capacités et vos pouvoirs aussi, puis le scénario va s'étoffer... Vous maîtriserez de mieux en mieux les rouages de la magie et des combats qui sont absolument excellents et apportent beaucoup à l'intérêt du titre. Des rebondissements viendront pimenter votre épopée et l'attachement à certains persos deviendra inévitable. C'est là que FFX fait fort, car les voix des différents protagonistes sont très crédibles et renforcent leur personnalité. On se laisse porter sans mal par l'histoire et ses acteurs, malgré de petits passages qui ralentissent la progression comme les "énigmes" des sphères par exemple. A n'en pas douter, FFX va faire des émules, les fans de la série vont être aux anges et c'est peut-être bien l'occasion pour ceux qui n'y auraient pas encore goûté de se jeter dans l'aventure... Un des meilleurs jeux de la PS2, vraiment dommage qu'il faille attendre des jeux de Polyphony Digital (Gran Turismo 3), de Konami (Silent Hill 2) ou de Squaresoft avec ce FFX pour voir de quoi la PS2 est réellement capable...
Vougnon