Bon. J'ai envie de vous faire partager ma toute première expérience en club libertin qui s’est déroulée mi-juillet. J’avais commencé à rédiger le CR, mais me suis interrompue pour diverses raisons, ce qui finalement n’est pas si mal, ça m’a laissé le temps de murir de le truc, d’y penser tranquillement… Attention, c'est un pavé, mais je ne sais pas écrire sans m'étaler ! Sorry !
Afin de concrétiser une envie qui sommeille en moi depuis longtemps et que nous avons depuis nourrie ensemble, mon amoureux me propose il y a quelques semaines de profiter d’un de mes passages de quelques jours dans la capitale et de passer le 13 juillet au soir dans son club préféré, le Moon City. Pour ceux qui ne connaissent pas, le Moon est un spa libertin, entièrement naturiste, en plein Pigalle.
Nous voilà donc, tout amoureux et excités, à la porte du Moon le soir dit vers 20 heures…
Excité pour mon homme, un peu de pression pour moi…
Bien sûr j’y pense depuis longtemps, et je sais que j’en ai envie, qu’il y a une part de moi qui est un petit démon fait pour la luxure
, mais quand le moment est là, et que je me retrouve dans le club face au garçon que j’aime, ne sachant si je pourrais supporter de l’échanger, je sais que je serai moins à mon aise que je n’aurais pu l’être avec un homme de passage…
Nous entrons au vestiaire et nous déshabillons, pour passer de simples paréos fournis par l’établissement. Il est tôt, nous avons choisi de venir un peu avant le début de la soirée (spéciale, dansante jusqu’à 5 heures du matin, en raison du jour férié du lendemain) afin que j’aie le temps de découvrir les lieux en toute tranquillité, et qu’on puisse se mettre dans l’ambiance et profiter du jacuzzi dans une relative intimité.
Pendant que j’ai les fesses à l’air,
dans un petit ensemble sexy (amené au cas où, car les filles ont droit aux tenues sexy les soirs de fêtes), un homme d’entretien passe en plein milieu du vestiaire.
Tout habillé. Et en chaussures. Normal me direz vous.
Au départ je ne tique pas trop…
Une fois sortis du vestiaire, nus sous nos paréos, nous rejoignons le bar du club. Et là, avant de voir ne serait ce que le bout d’un ventre de bouddha (la déco est orientalisante), le premier truc qui me marque, c’est que le personnel est habillé. Comme en ville… Pendant que nous sommes nus ou presque… Et moi, bah ça me casse mon délire. Je dis pas qu’il faut qu’ils soient à poil. Mais ils pourraient être en maillots, histoire que l’ambiance soit respectée… ça ne me viendrait pas à l’idée de me balader habillée sur une plage naturiste à vrai dire, je me sentirais voyeuse… Et bien je ne vois pas en quoi la proximité du macadam parisien de l’autre coté des portes changerait l’esprit des lieux naturistes… Donc première impression un peu négative…
Passé cela, nous allons faire une petite visite du lieu. Un bar avec de l’espace pour danser, puis un salon dont les tables sont en fait de grandes banquettes molletonnées recouvertes de simili cuir. Parce que baÿser les genoux sur du bois, ça fait mal. Je pense. Nous passons ensuite près du jacuzzi, qui est assez spacieux, dans une sorte de grotte décorée d’un immense bouddha, et où barbotent déjà plusieurs couples. Ensuite des douches, puis à l’étage (plongé dans une quasi obscurité, ce qui n’est pas plus mal pour le coté séduction AMHA) le sauna, le hammam (qui ressemblent tout à fait à ceux d’un spa classique) et les coins câlins. Coins câlins dont certains ferment à clé et d’autres non, mais dans lesquels dans tous les cas on ne peut échapper au regard des voyeurs (ça je ne le réalise pas tout de suite). Tous sont équipés du même genre de banquettes en skaï que dans le salon, avec parfois des coussins assortis… Vous comprendrez plus tard pourquoi je mentionne ces détails.
En continuant notre progression dans le club, nous arrivons devant le plus grand des coins câlins, devant lequel sont attroupés une dizaines de voyeurs.
Les sons qui parviennent à mes oreilles me renseignent immédiatement sur les raisons de l’attroupement.
A grand renfort de « HAN HAN ! » et de « HInnnnnn », plusieurs hommes et femmes sont en train de sexer sauvagement sur les 2 ou 3 banquettes de la pièce. Ca fait du PAF PAF PAF et et des mains s’agrippent violemment à des hanches, dans un déchainement sans aucune sensualité.
Aloooooooors…. Comment te dire ? OK, tu viens ici pour ça. Mais bon, là comme ça, à froid, j’étais pas prête.
Revenons en au cadre… Mon chéri m’avait vendu le lieu comme un endroit dépaysant et assez cosy, et je dois dire que je m’attendais à y trouver moult décoration de choix et des ambiances élégantes et sensuelles… Bah… Comment dire ? J’ai été déçue voilà. Les murs sont en quasi totalité recouverts d’un carton pâte imitation pierre assez grossier peinturluré d’un essuyé à l’éponge dans des teintes orangées du plus mauvais goût (la grotte du jacuzzi est du même acabit), avec parfois quelques inclusions de panneaux en bois orientaux travaillés (et toutefois très jolis), les banquettes en skaï sans tentures ni draps sont trèèèèès désagréables au toucher, parce que faut dire que la température du club est celle d’une forêt tropicale,
alors tu colles à peu près à tout ce qui se trouve à proximité tel un geicko,
et en plus assez laides et affaissées pour certaines. Bref, une déco qui pour moi part d’une bonne idée, ça fait la blague 5 minutes si tu fais pas attention à l’endroit, mais est, soyons honnêtes, assez cheap. Parce que bon, c’est pas comme si l’entrée était gratuite et que le smicard de base pouvait se payer la visite du lieu. C’est cher : 70 euros pour un couple avec le vestiaire, et jusqu’à 150 euros pour un homme seul (gratuit pour les femmes seules la plupart du temps).
Et j’estime que pour ce prix la décoration pourrait être plus recherchée. Après c’est peut être parce que je bosse dans l’architecture, ch’suis p’têt dev’nue trop exigeante…
Après le tour de l’endroit, nous goûtons enfin au plaisir du jacuzzi. Et ça, j’avoue, c’est trèèèès agréable…
D’être nus dans ce grand bain bouillonnant, entourés d’autres couples n’est pas sans nous échauffer un peu l’esprit…
Il est encore tôt, le club n’est pas plein, et les couples qui sont présents n’ont pour l’instant rien de bien folichon… A chaque fois y en avait un des deux qui me déplaisait pour une raison ou une autre… Soit l’âge était canonique,
soit les figures de tanches séchées ne me revenaient pas,
soit l’association vieux bedonnant avec jeunette-à-moitié-en-plastique-dont-on-s’est-demandés-si-c’était-pas-une-escort
ont finit de me blaser… Rien d’excitant à mes yeux donc.
Sauf la situation en elle même.
Les frôlements, caresses, regards, entre nous uniquement certes mais excitants tout de même, finissent de nous mettre en appétit,
et nous nous dirigeons vers un coin câlin qui ferme à clé (n’allons pas trop vite, chuis timide moi !).
Là, nous nous jetons l’un sur l’autre avec envie
et après 15 bonnes minutes torrides
, je rejette la tête en arrière et m’aperçois qu’il y a un miroir au plafond. « Oh t’as vu ? Huuuummm… »
suivi d’un « AAAArghhhh »
quand j’aperçois le mec planté derrière la cloison de bois qui sépare le coin câlin de celui voisin et sur le plafond duquel le miroir continue à courir…
Donc un môssieur la mÿthe à la main nous observait avec un sourire et un regard des plus libidineux, à l’insu de notre plein gré.
Et là, malgré l’obscurité relative, je me rends compte qu’en visitant le club un peu plus tôt j’avais déjà vu cet homme, affairé à prendre une dame sur le bord d’une banquette dans un coin câlin ouvert, plus intéressé par les gens qui passaient dans le couloir que par ce qu’il était en train de faire, un peu du genre personnage de film plein de coke, qui a des tics et qui te dit « t’en veux ? ».
Je m’était fait à ce moment une réflexion très construite du genre « BRRRRR beurk KAHKAH ».
Donc là, pouf. Ca m’a tout coupé d’un coup dis donc…
Bon, pas grave, on tente le sauna et le hammam pour changer un peu... La chaleur dans les deux est plus insupportable que jamais et je demande à m’échapper assez vite, ce qui nous ramène au bar le temps du buffet. Moyen le buffet. Mais bon, passons, on savait qu’on n’était pas à La Tour d’ Argent.
Nous constatons avec plaisir que le club s’est un peu rempli, de gens plus jeunes d’ailleurs, dont certains me semblent pas mal du tout…
Faut dire que mon chéri lui est plutôt partant pour faire mumuse avec pas mal de monde, mais pas moi.
Des regards, alors que certaines femmes dansent mollement, mais rien de plus… Nous retournons dans le jacuzzi.
Il y a du monde. C’est carrément la crise du logement…
Presque plus de place, nous sommes les uns sur les autres, et à vrai dire, ça me gêne… Certains couples sont pas mal,
mais il y a décidemment toujours quelque chose qui me dérange. Je crois que je ne suis pas dans de bonnes dispositions… Je ne me vois pas baÿser avec des inconnus alors qu’il n’y a rien qui est passé, pas d’échange, verbal ou non verbal. Quand je regarde autour de moi, et hormis quelques exceptions, je vois des gens pour la plupart d’âge moyen, qui ressemblent à monsieur et madame tout le monde, la plupart sans sensualité dans leur manière de bouger, d’être… Rien de particulier ne se dégage d’eux.
Exactement le genre de personnes avec qui je ne me verrais pas nouer de relation intime IRL. Donc pour moi, pas de raison que ça change juste parce qu’on est dans un club libertin et qu’on est là pour le sexe. Faire l’amour sans envie je trouve ça d’un triste… Mais quelques couples se détachent à mes yeux… Seulement il y a à présent tellement de monde que les rapprochements sans en avoir l’air sont difficiles. Car là aussi, je ne nous vois pas aller vers les gens directement et leur sortir un truc du genre « salut, vous baÿsez ? ». Alors nous repartons tous les deux vers les coins câlins pour nous amuser de cette ambiance suintante de stupre et de luxure.
Enfermés derrière les portes battantes d’une toute petite pièce où il n’y a guère plus de place que pour la banquette elle-même, j’entreprends de m’occuper avec ma bouche, et ce de manière assez appliquée, de la crampe qui paralyse l’entrejambe de Monsieur…
Les gens qui passent dans le couloir peuvent profiter du spectacle en soulevant les ailettes d’un volet persienné
et je dois avouer que cette exhibition volontaire m’a bien plus excitée que le voyeurisme subi précédemment… Seulement, Psyko m’avait prévenue, les clubs sont des lieux parfois hostiles, où l’insistance de certains peut être mal vécue. Et effectivement je le ressens, lorsqu’un couple passe la porte sans y être invité.
Je fais mine de ne pas y prêter attention, étant dos à la porte et présentant donc mes fesses aux visiteurs.
Au départ ils ne disent rien. Mais je sens leur insistance, je me sens un peu mal à l’aise… Finalement ils demandent la permission de se joindre à nous
à Psyko qui me questionne d’un regard. Je me retourne, un rai de « lumière » parvenant du couloir m’aveugle, et en contre jour, il m’est impossible de voir qui va là. Les yeux mi-clos, je dis non, sans grande conviction dans la voix, et me retourne vers mon amoureux qui s’excuse d’un haussement d’épaule alors que le couple quitte la pièce.
On s’était dit que même s’il ne se passait rien avec d’autres gens, peu importe, ce qui comptait c’était que tout se passe bien pour nous, pour moi surtout, première visite oblige… Mais, je sens bien la frustration
qui monte chez mon chéri, même s’il n’en dit rien, et je dois avouer que ça m’agace.
La tension monte d’un cran lorsque nous finissons nos petites affaires en beauté sur mon cou et ma poitrine
et qu’un petit mot mal placé de mon homme vient achever tout à fait de me faire perdre mon restant d’enthousiasme.
Il voulait rire mais je suis tellement tendue à ce moment là que je me ferme, et après une douche, je lui dis que je veux m’en aller.
Cherry on the cake, une fois dans le vestiaire, le plus gros beauf de la terre
nous adresse la parole pour nous raconter une histoire sans intérêt, et depuis les énormes marques rouges sur ses fesses mes yeux glissent vers le sol où j’aperçois ses ongles de pieds, longs, dégoutants, jaunes.
L’image qui me vient en tête est celle de la pub pour le produit anti-mycoses inguinales où l’ongle parle toussa toussa. Bref, que du bonheur…
Quatre heures à peine se sont écoulées lorsque nous quittons le club, en n’ayant gouté que l’un à l’autre, agacés tous les deux et avec un sentiment de culpabilité pour moi.
En conclusion :
Je n’ai pas aimé le Moon, pas non plus tellement sa clientèle, et je pense que les saunas libertins ne sont pas faits pour moi, je préfèrerais un club sec, où l’on est dans ses plus beaux habits pour séduire
(j’ai toujours préféré la suggestion), maquillée (et ouais, ça aussi, pour éviter le mode panda, faut penser à investir seulement dans un mascara waterproof) ; je crois qu’il y avait trop de monde pour moi, pour une première fois, et que toutes mes peurs m’ont empêchée d’être totalement à l’aise dès le départ. Et sans doute, bien que j’aie du mal à l’accepter, ma peur de partager pour la première fois un homme que j’aime,
et le risque de me retrouver hors-jeu et de mal le vivre. Je suis assez libre, mais quand les sentiments s’en mêlent je ne sais plus raisonner…
Si la perspective de m’amuser avec mon amoureux et d’autres couples m’excitait au départ, elle a assez vite cédé la place à une désillusion sans doute issue aussi bien de mes attentes vis à vis de mon chéri que de mes fantasmes d’un club échangiste où je ne m’attendais à ne trouver que luxe, calme et volupté
et où finalement j’ai vu pas mal de gens et situations un peu glauques…
MAIS…
J’ai adoré la proximité ressentie avec mon amoureux à certains moments
, sentir son excitation latente m’a rendue plus que lascive
, et l’idée que tout soit permis m’a plu. Je crois qu’en fait ce n’était pas le bon endroit et la bonne soirée, mais je compte bien réitérer prochainement dans un lieu peut être plus élégant, plus sobre. Je pense également que je serais moins dans le fantasme la prochaine fois, et ça ne peut pas faire de mal.
Donc, un autre CR à venir peut être…