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Brad Streeter : Le nouvel album I-Empire est la seconde moitié de votre premier album, et j'ai entendu que tu disais qu'il fallait les écouter ensemble. Pourtant, je sais que vous avait fait quelques changements au niveau de la création de cet album. Vous essayez de faire quelque chose de différent avec ce nouvel album ou vos objectifs et le message que vous voulez faire passer restent les mêmes ?
Tom : En fait, sachant qu'on vient tous de groupes qui ont plutôt connu le succès [...] on voulait faire quelque chose de plus grand au niveau artistique. On ne voulait pas se contenter d'être simplement un autre groupe de musique. On voulait plutôt réaliser un projet artistique, une performance dans laquelle on était impliqué avec un message qui restait le même, mais dans un contexte qui changeait au fil du temps. Donc la première décision a été de réaliser l'album dans un ordre chronologique ; où chaque chanson reflétait une période que je traversais à un moment précis, sur une durée de 2 ans, pendant que ma vie, construite autour de ce message, évoluait.
Ensuite on a commencé à travailler sur deux différents films. Le premier, que l'on vient de finir, est un documentaire sur la genèse d'AvA, sur ce que nous avons fait, qu'est-ce qui a changé et ce que nous allons faire. L'autre film est une sorte de voyage philosophique, une métaphore sur les paroles de chansons et la vie elle même. Ce film est en train d'être finalisé.
On veut vraiment faire quelque chose de différent de ce que font la plupart des groupes punk rock en ce moment : s'habiller en noir et avoir l'air énervé ou triste ou maquillé. C'est pas notre truc. On est des adultes maintenant, et on fait de la musique depuis qu'on est adolescent. Donc l'important c'était d'être honnête avec nous mêmes. Qu'est-ce que l'on veut faire de nos vies, et à quoi veut t-on passé le temps qu'il nous reste ? On connait des gens qui ne sont pas satisfait de leur carrière ou on perdu des membres de leur famille. Vous commencez à comprendre que la vie est plus fragile que ce que vous croyiez. Donc on a voulu faire quelque chose de vraiment honnête et vrai. Mais vous savez, on a du faire face à pas mal d'obstacles. Des problèmes étranges, que l'on attendait pas. Mais au final on peut dire que ça a été une sacrée aventure.
BS : Bien... Tu as répondu à pas mal de question que je comptais te poser. Tu as commencé à parler du documentaire "Start The Machine". J'ai lu des trucs à ce propos, et j'ai appris que ça montre vraiment la naissance de ce nouveau groupe et en même temps tes problèmes avec les médicaments anti-douleurs...[...]Tu es à l'aise avec le fait de révéler ces problèmes au public et montrer cette facette de toi ?
Tom : Ben, j'ai pas de problème pour en parler. Depuis que j'ai 17 ou 18 ans, ma vie est public. Donc j'ai l'habitude. Vous apprenez à être une sorte de livre ouvert. Et ce que je pense, comme tu l'as souligné, c'est que ce documentaire devait avant tout parler de notre projet. Mais ensuite je me suis rendu compte que je devais appliquer à moi même le message que je voulais faire passer. Je ne l'ai réalisé qu'a la moitié du parcours. J'étais en train de perdre la tête, je prenais des milliers de médicaments, et je me suis presque tué.
Puis j'ai rencontré Lionsgate, une compagnie qui s'occupe de films à Los Angeles. On était en train de parler avec un ami à moi qui dirige cette firme. Et je lui demandais des conseils pour notre documentaire. Il m'a tout de suite dit "vous devez le proposer au festival de Sundance". Il en a regardé une partie et a continué à dire qu'il fallait l'envoyer à Sundance. Je n'avais jamais pensé l'envoyer à un festival du film. Donc quand j'ai appelé mon ami Mark, qui s'occupe du documentaire, j'ai dis "Mark, finis le, et rend le aussi vrai que possible".[...]
Je n'ai pas participé à la création. Je n'étais pas impliqué. Bien sur je jouais dedans, mais je ne vérifiais pas tout. Je ne donnais pas d'ordres. C'était vraiment le projet artistique de Mark. Je n'ai rien à voir avec ce projet hormis le fait que le sujet c'est mon groupe.
Je ne sais pas du tout ce que ces foutus critiques de films vont en penser. Ce n'est pas un simple documentaire. Il y a beaucoup d'effets spéciaux (CGI footage) qui montrent la conjonction entre la guerre et l'amour, qui est au centre de l'album. Une guerre contre soi même, l'addiction, perdre ses meilleurs amis, son ancien groupe, et en commencer un nouveau. Ensuite trouver sa voie. C'est une histoire humaine.
Ce n'est pas un documentaire classique avec une caméra à l'épaule. Tout est filmé superbement et artistiquement. [...] Je pense qu'avec ma vie avec Blink et jusqu'à maintenant on a eu beaucoup de succès, et beaucoup de hauts et de bas, drogues, fêtes et plein de trucs fous. C'est vraiment quelque chose pour les gens qui regardent et voient ce que traverse les autres, le digèrent, parlent de leurs impressions et avec un peu de chance, en retire quelque chose d'utile. C'est le but de l'art. BS : Parlons du concept de base du film. On sens que vous recherchez une vraie synergie entre le film et d'autre concept visuel liés à la musique. Qu'est-ce qui a entrainé cet intérêt ?
Tom : Le fait que Blink ait vendu tant de disques et fait tant de concerts à guichet fermé dans des stade du monde entier. Ce qui a retenu mon intérêt c'est qu'avec Blink on s'amusait simplement sans avoir de message à faire passer. C'était une sorte d'anarchie. C'était ça qui était génial. Cette jeunesse éternelle que vous avait à travers le monde en étant incroyablement content et sans se soucier de rien. Vous vivez simplement votre vie à fond. Je suppose que ce non-message était le message.
Mais ensuite y a eu AvA, et cette rupture, cette expérience traumatisante. On voulait quelque chose qui soit construit de manière fraternelle, une amitié et une loyauté, et quelque chose qui contienne une vision politique car Blink était vraiment loin de ça. Donc on est parti avec ce concept difficile à faire comprendre aux autres. On voulait immédiatement être le plus ambitieux possible et faire des choses différentes des autres groupes. J'ai accès à beaucoup de ressources que les autres n'ont pas, comme ma compagnie de film où travail un tas de gens brillant. Je voulais montrer ce qui pouvait arriver quand un groupe avait les moyens d'être différent.
[...]
Je pense que les jeunes et les critiques ne comprennent pas vraiment. Mais tout ça va faire changer les choses. C'est de ça que je parlais quand il y a quelques années je disais que je voulais révolutionner le Rock. Et les gens ne l'ont pas bien compris. Enfin j'étais vraiment pas dans mon état normal avec tous les anti-douleurs et je ne réalisais pas ce que je disais.
Mais on travaillait vraiment la dessus. On dépensait des millions de dollars sur ce système appelé MODlife qui est révolutionnaire. C'est vraiment incroyable. On dépense de l'argent sur ces films. Mais les compagnies du monde entier on commencées à vouloir travailler avec AvA. Des compagnies vraiment énormes. Ils voient ce groupe réaliser tout ça, et moi je leur explique que si personne ne le fait alors l'industrie du disque cours à l'échec.
Si les CD deviennent gratuits alors on devra apprendre à communiquer notre art d'une manière différente. Il y a une crise de l'industrie musicale et moi, en tant que personne ambitieuse je veux faire quelque chose de bien pendant que je suis là.
BS : Récemment tu as déclaré à un concert vouloir travailler prochainement avec la Nasa pour vos shows. Peux-tu m'expliquer comment une idée pareil est réalisable.
Tom : Je ne peux pas vraiment en parler. Mais ça a un rapport avec ce système d'exploitation que l'on à construit. On travail avec la Nasa depuis un moment et avec un peu de chance ce sera prêt fin 2008. Les 25 meilleurs sociétés de technologie sont impliquées. Mais ça reste secret pour l'instant. On ne veut pas promettre des choses à l'avance. La Nasa est une des premières compagnie qui a commencé à travailler avec nous. Et avec AvA on sait pas vraiment jusqu'où ça va nous mener. La musique vous frappera d'une façon bien différente qu'un simple signal sonore.
BS : Parlons maintenant des organisations gouvernementales. J'ai regardé une de tes interviews avec Larry King où tu dis que tu souhaite t'impliquer dans les prochaines élections. Qui à ton soutien et pourquoi ?
Tom : Au départ je pensais à Joe Biden mais il a abandonné. Je pense qu'Obama voit bien comment le monde change. Je pense que c'est le meilleur choix. Je pense que Hilary est très bien mais ça fait trop longtemps qu'elle est là. Obama est ce qui se rapproche le plus de JFK. Il est plus jeune, il a grandit avec internet et il est plus largement connecté au monde. Il a une politique plus globale. Il a notamment de la famille au Kenya.
BS : Quand j'ai annoncé sur Absolutepunk que j'allais faire une interview avec toi, 90% de nos membres voulaient des informations à propos de Blink. On sait bien que Blink 182 à eu un impact énorme sur les jeunes, cependant, une grande majorité voit plutôt négativement ton attitude dans la rupture du groupe. Pourquoi penses-tu que les fans t'en veulent encore ?
Tom : Tout d'abord, je pense que c'est parce que je suis celui sous le feu des projecteurs, donc une cible facile. Mais je pense que beaucoup de fans aiment +44... J'aime aussi ce groupe. Quand le documentaire sortira, je pense que tout le monde comprendra mieux comment tout ça s'est écroulé. Je n'ai pas quitté le groupe parce que j'en avais envie. Je suis parti parce que je le devais. Parce que, quand des gens te posent un ultimatum a propos de ta famille, qu'est ce que tu peux faire ? Mais le problème c'est qu'à l'époque, plus personne ne se faisait confiance. J'étais assommé par les médicaments et il y avait un tas d'autres problèmes dans le groupe. Il n'y avait pas de communication, il ne restait plus d'amitié, et il y avait des disputes depuis des mois. Pendant des semaines en Europe on a jamais rien résolu. J'étais loin de ma fille de 2 ans depuis presque deux ans cumulés et j'avais besoin de rentrer chez moi. Je devais partir. Mais j'en ai jamais vraiment parlé, de ce besoin que j'avais de faire des changements importants dans ma vie et m'entourer de personnes qui supportent le fait que je suis responsable de la vie de mes enfants. De personnes qui supportent le fait que je voulais faire des choses positives avec ma musique qui peut changer les gens. Et vous ne pouvez pas faire ça avec des gens à qui vous ne parlez pas. Je veux dire, avec Blink, on ne trainait jamais ensemble, on partageait même pas les loges. On ne répétait jamais, on n'était jamais ensemble parce qu'on n'était plus des amis. Les gens me demande toujours "quand est-ce que vous vous remettez ensemble ?" et je répond "et vous, quand est-ce que vous reprenez contact avec ces trois potes du collège que vous aviez ? Vous savez ces trois mecs avec qui vous étiez tout le temps au collège et que vous ne voyez plus". Le problème c'est qu'on a commencé Blink à l'adolescence, et maintenant qu'on a la trentaine on a simplement plus d'affinité. On est des personnes complètement différentes. Ce sont des mecs formidables et des musiciens excellents et on à vraiment vécu des moments incroyables au début mais ça n'a pas duré. Personnellement je n'en retirais plus rien, ce n'était pas un problème d'argent. C'était à propos du fait que j'avais une famille que je devais élever mais au lieu de ça je devais passer 90% de mon temps en tournée avec des gens a qui je ne parlais jamais et qui n'avaientt pas la même vision des choses que moi. Travis voulait toujours se rapprocher de la scène Hip Hop, Mark voulait continuer les tournées, et rester le plus gros groupe du moment, mais je savais que je devais rentrer à la maison. Ca faisait plus de 6 mois que je n'avais pas vu ma fille et j'essayais d'être un père pour la première fois. Ca ne marchait simplement pas.
BS : Mark et Travis semblaient dire que c'était ta décision. Que c'était toi qui avait changé ton numéro de téléphone, que tu avais fais parler ton manager à ta place...
Tom : Bien sûr que je ne leur ai pas parlé. C'est totalement vrai... et bien sûr que ça les a énervés. Mais c'était après des semaines de disputes et il n'y avait plus rien à en tirer. Vraiment rien. Si on avait recommencé à s'engueuler, ça aurait été comme de revoir le même film pour la 75e fois en un mois. Je pense qu'on avait peur de parler de la même chose encore et encore. On avait des disputes faites de pleurs et de cris depuis des jours en Europe. Ensuite on est rentré à la maison et ils voulaient en reparler alors qu'on avait décidé de faire une pause pour que je puisse être un peu avec ma famille. Mais finalement ils ont voulut repartir en tournée et se sont énervés. Ils avaient toutes les raisons d'être énervés. Je leur ai pris quelque chose qu'ils voulaient continuer, mais je les avais prévenus. Je ne voulais pas quitter le groupe. J'ai créer ce groupe. C'était moi. Ce n'était pas comme ça au départ. Je ne voulais pas en arriver la. Mais on en est arrivé à cette situation où ils m'ont en quelque sorte demandé de choisir la façon dont je voulais être père.
Je ne leur en veux pas du tout. Parce que quiconque mis dans cette situation voit les choses de son point de vue, et là c'était vraiment un point de vue négatif. Ils étaient suspicieux, tout le monde croyait que j'allais faire un album solo. Il n'y avait pas de personne me disant que c'était moi l'essence du groupe. C'était des mensonges. De la paranoïa. Mon manager n'essayait pas de me faire commencer un nouveau groupe. C'était n'importe quoi. Ce n'était que des suspicions et ça a tué le groupe. Rien n'était vrai. C'est +44 qui a été créé pendant qu'on était toujours en tournée européenne. AvA à été créé seulement des mois après la rupture. Les gens pense que j'avais ça en tête et que j'avais tout prévu. Ce n'était pas ça du tout. Ils pensaient déjà à faire un nouveau groupe.
Mais putain, ils me manquent ces mecs ! Ils sont géniaux. Je voudrais être encore amis avec eux, mais c'est vraiment pas d'actualité aujourd'hui. On a juste pris des routes totalement différentes sur comment vivre nos vies. Ils vivent à Beverly Hills et Travis à son show TV. Et moi j'ai ma compagnie à San Diego, on signe des athlètes professionnels sur MacBeth. Je fais des films et je suis avec mes meilleurs amis dans le monde en faisant d'AvA une musique qui est une libération pour moi. Je suis très satisfait de ce que je fais. C'est presque impossible de penser revenir chanter des chansons de bites et de fesses.
BS : C'était blink, on savait ça et on vous aimez pour ça. Pourtant j'ai lu récemment que tu disais "C'est la meilleure musique que j'ai jamais fais, bien plus en accord avec moi-même que ce que j'écrivais avant". Tu ne penses pas que quand les fans de blink lisent ces propos ils peuvent penser que tu discrédite tout ce que tu as fais avec Blink.
Tom : Je ne sais pas. Je pense qu'à chaque fois que j'ai enregistré de la musique je donnais le meilleur de moi même. Si je ne suis pas meilleur, je ne progresse pas. Mais AvA était tellement plus avancé que Blink. C'est vraiment incroyable. Avec Blink on avait pas les mêmes objectifs. Tout le monde était suspicieux de ce que faisait les autres. Donc on pouvait pas vraiment donner le meilleur de nous même. Avec AvA on est tellement libre. Tout le monde supporte les autres. C'est pas que Blink n'était pas bien. J'adorais ce groupe. J'ai crée ce groupe, c'était incroyable. On aurait pu faire n'importe quoi avec ce groupe si on s'était soutenu, qu'on était resté amis et si on s'était plus respecté. C'est sur que parfois pour Blink on s'asseyait et on écrivait les chansons... mais pas pour toutes...parfois on se demandait si c'était vraiment ce genre de musique que les gens voulaient. C'est toujours punk ou c'est commercial ? Avec AvA on ne fait pas ça. C'est totalement différent. On s'élève à un niveau artistique et philosophique. Avec Blink ce n'était pas comme ça et ce n'était pas plus mal.
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