tom morello
Une des grandes controverses avec Rage a été votre signature sur Epic. Vos détracteurs vous reprochaient d'utiliser le système que vous combattiez si avidement.
Avec Lock Up, mon précédent groupe, nous avions signé un deal de deux albums avec Geffen. Or, déçus des résultats du premier, ils nous ont viré sur le champ. Sans avocat et sans argent, il n'y avait rien que nous puissions faire. Je n'étais pas prêt à revivre la même expérience. En signant chez Sony, j'ai sécurisé notre contrat de telle manière qu'ils nous devraient de l'argent s'ils refusaient de sortir notre deuxième et troisième disque. Et c'était une somme suffisamment conséquente pour avoir confiance en eux. Nous n'avons jamais eu à nous battre pour le contrôle artistique. Nous n'avons jamais été victimes de censure de leur part. Notre contrat stipulait que nous avions un contrôle total sur tous les aspects du groupe, des pochettes, t-shirts aux publicités. Si un label fait des pieds et des mains pour te signer, à toi de savoir l'utiliser à ton avantage. Et quand on passait sur MTV au milieu de la soupe ambiante, ce n'était pas Sony qui nous l'imposait de force. C'était notre volonté. A l'instar de The Clash, on ne s'est jamais perçu comme un groupe élitiste. On n'allait pas refuser un live télévisé parce que l'on était coincé entre Britney Spears et Whitney Huston. Notre but est de diffuser notre message par tous les moyens possibles. Nous n'avons jamais eu de problème à être sur une major tant que nous avions un contrôle absolu. Lorsque tu vis dans une société capitaliste, le passage d'information doit se faire à travers ce réseau capitaliste. Nous ne sommes pas intéressés pour parler dans des squatts à des anarchistes convaincus. Notre intérêt est de diffuser notre message le plus largement possible. Noam Chomsky refuse-t-il d'être diffusé dans les grandes librairies ? Non, car c'est là que les gens achètent leurs livres.